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Les maladies transmises par les animaux explosent en Afrique, selon l'OMS


ARCHIVES - L'écologiste James Koninga travaille sur la fièvre de Lassa dans le village de Jormu, dans le sud-est de la Sierra Leone, le 8 février 2011. Selon l'OMS, le virus de Lassa est transmis aux humains par des rats infectés.

Le nombre d'épidémies zoonotiques (d'origine animale) a augmenté de 63% ces dix dernières années en Afrique, indique jeudi le bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui prévient d'un risque accru du fait notamment de la croissance démographique sur le continent.

"L'Afrique est confrontée à un risque croissant d'épidémies causées par des agents pathogènes zoonotiques, tels que le virus de la variole du singe qui est apparu chez les animaux avant de changer d'espèce et d'infecter les humains", écrit l'OMS-Afrique dans un communiqué diffusé en parallèle à son point de presse hebdomadaire.

L'OMS a relevé entre 2001 et 2022 en Afrique "1.843 événements de santé publique avérés" dont 30% étaient des épidémies de zoonoses. Ces chiffres ont augmenté au cours des deux dernières décennies, mais "un pic particulier a été enregistré en 2019 et 2020, lorsque les agents pathogènes zoonotiques ont représenté environ 50% des événements de santé publique".

"La maladie à virus Ebola et d'autres fièvres hémorragiques virales constituent près de 70% de ces épidémies, notamment la dengue, le charbon, la peste, la variole du singe, et une série d'autres maladies constituent les 30% restants", précise le communiqué. L'OMS avance plusieurs raisons à l'augmentation des cas de zoonoses.

"L'Afrique a la population qui croît le plus rapidement au monde et il y a une demande croissante d'aliments dérivés des animaux", écrit-elle. "La croissance démographique entraîne également une urbanisation croissante et un empiètement sur les habitats de la faune sauvage", constate l'OMS-Afrique. Par ailleurs, poursuit-elle, "les liaisons routières, ferroviaires, maritimes et aériennes s'améliorent (...), ce qui accroît le risque de propagation des épidémies" de zones reculées vers les grandes zones urbaines.

"Nous devons agir maintenant pour endiguer les zoonoses avant qu'elles ne puissent provoquer des infections généralisées et empêcher l'Afrique de devenir l'épicentre des maladies infectieuses émergentes", préconise la Dre Matshidiso Moeti, directrice régionale Afrique de l'OMS.

Elle recommande une intensification de la recherche, ainsi que la collaboration et le partage d'informations entre "divers secteurs, disciplines et communautés". "Ce n'est qu'en abattant les murs entre les disciplines que nous pourrons aborder tous les aspects de la riposte", dit-elle.

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