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Emmy Awards: SNL et "Big Little Lies" mènent la course lors d'une soirée très politique


John Lithgow accepte un prix lors de la 69ème édition des Emmy Awards, le 17 septembre 2017, au Microsoft Theatre à Los Angeles.

L'émission satirique Saturday Night Live (SNL) et le drame familial "Big Little Lies" dominaient les Emmy Awards dimanche, à mi-parcours d'une cérémonie dont la politique et le président Donald Trump étaient les "guest" stars.

"Nous savons que la plus grande star de la télé l'an dernier était Donald Trump. Et Alec Baldwin" bien sûr, a ainsi ironisé le présentateur de la soirée, Stephen Colbert, en lançant la soirée, en référence au comédien qui imite le président Trump dans SNL.

Cette émission était partie en tête de la course aux Emmys, avec 22 nominations, à égalité avec la série "Westworld", et à mi-parcours de la cérémonie dimanche elle avait déjà récolté 4 statuettes, dont une pour Baldwin et une pour Kate McKinnon, pour son imitation de la candidate présidentielle démocrate Hillary Clinton.

"Finalement, Monsieur le président, ceci est votre Emmy", a plaisanté Alec Baldwin en recevant sa statuette, dans une allusion au fait que l'hôte de la Maison Blanche, nommé plusieurs fois pour l'émission "The Apprentice" dont il était la vedette, n'a jamais décroché l'un de ces prix prestigieux.

Trump 'fait regretter Underwood'

Ajoutant qu'après avoir eu trois enfants en trois ans sa femme n'en a pas eu l'année passée, l'acteur, dont la performance a propulsé l'audience de SNL à des records, a ajouté: "Quand vous portez une perruque orange (NDLR: comme la couleur des cheveux de Donald Trump), ça fait office de contraception".

L'ancien porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, qui a démissionné fin juillet, a fait une apparition surprise aux Emmy, sous le regard amusé de Melissa McCarthy, primée dimanche dernier aux Creative Emmys pour en avoir fait une satire survoltée.

Alec Baldwin a d'ailleurs salué en salle de presse le fait que Spicer ose apparaître devant un parterre progressiste comme celui des Emmys, défendant sa prestation controversée comme attaché de presse de Trump: "J'ai fait certains rôles ou des choses que vous ne deviez pas admirer ou respecter, (...), nous avons ça en commun".

Comme souvent, Stephen Colbert a lui multiplié les charges à l'intention de Donald Trump.

Il a même diffusé un extrait d'un débat présidentiel face à Hillary Clinton, lors duquel le candidat républicain expliquait qu'il aurait dû recevoir un Emmy.

"Mais il ne l'a pas eu, parce que contrairement à l'élection présidentielle, les Emmys sont attribués à celui qui reçoit le plus de voix des électeurs", a plaisanté le présentateur du "Late Show", talk-show de la chaîne CBS, sur laquelle sont diffusés les Emmys.

Une référence directe au fait qu'Hillary Clinton a reçu, lors du scrutin, un plus grand nombre de voix chez les électeurs américains à l'échelle nationale.

Les stars d'Hollywood, y compris celles du petit écran, penchent largement du côté démocrate et beaucoup considèrent les cérémonies de prix comme une plate-forme pour faire passer leurs idées politiques.

"Quand le président vous fait regretter Frank Underwood", l'hôte de la Maison Blanche manipulateur et avide de "House of Cards", "on a un problème", avait ainsi déclaré à l'AFP sur le tapis rouge l'acteur Michael Kelly, nommé dimanche pour cette série politique mais qui a dû s'incliner face à John Lithgow et son rôle de Churchill dans "The Crown".

Les prophéties d'Atwood

En réaction à ce raz-de-marée de déclarations anti-Trump, beaucoup de partisans du président républicain avaient d'ailleurs appelé sur Twitter à boycotter la retransmission télévisée.

La mini-série "Big Little Lies" sur des mères de famille, leurs enfants et leurs drames en Californie a pour sa part récolté trois distinctions, pour le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée et les comédiens dans des seconds rôles Laura Dern et Alexander Skarsgard, terrifiant en mari brutal.

Autre série acclamée traitant des violences contre les femmes, "La servante écarlate", adaptation d'un roman de Margaret Atwood sur une Amérique aux mains d'une secte chrétienne totalitaire, avait également déjà glané trois statuettes en milieu de soirée.

Son interprète principale Elisabeth Moss est favorite dans la catégorie de la meilleure actrice dramatique pour son rôle de captive d'une société qui maintient les femmes fertiles en captivité et les transforme en esclaves sexuelles.

A propos de Margaret Atwood, qui a publié "La servante écarlate" il y a trois décennies, le scénariste Bruce Miller, primé dimanche, a appelé à la vigilance face à ses prophéties.

Chez les acteurs, c'est Sterling K. Brown qui est en tête des prévisions du site spécialisé Goldderby.com, pour la saga familiale "This is Us" de NBC.

Côté comédies, comme prévu c'est la satire politique "Veep" qui l'a emporté, tout comme Julia Louis-Dreyfus, son interprète d'une femme politique incompétente et sans scrupule.

Avec AFP

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