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Emmanuel Macron sous pression après de nouvelles violences

Des manifestants gilets jaunes ont mis le feu à une barricade sur l'avenue des Champs-Élysées, le 16 mars 2019 à Paris.

Sous le feu des critiques face à la nouvelle flambée de violences à Paris ce week-end, le président français Emmanuel Macron entend apporter des réponses sécuritaires, mais reste à la peine pour sortir de l'interminable crise des "gilets jaunes".

"Comment arrêter ça ?" "Insupportable!" "L'impasse"... Les titres de la presse étaient évocateurs lundi, résumant l'exaspération après les nouvelles scènes de violences et pillages ayant marqué samedi la 18e manifestation des gilets jaunes, quatre mois après le début de la contestation.

Alors que le mouvement semblait marquer le pas dans la rue ces dernières semaines, les images de chaos sur "la plus belle avenue du monde" ont de nouveau tourné en boucle ce week-end, provoquant des réactions jusqu'à Berlin qui a qualifié de "terrifiante" la violence parisienne.

Cette nouvelle explosion, plus de trois mois après le saccage des Champs-Elysées et de l'emblématique Arc-de-Triomphe, a mis le pouvoir sous haute pression. Apparu comme pris de court, comme l'ont cruellement illustré les images du président Macron sur des pistes de ski au moment où la violence explosait à Paris, l'exécutif a reconnu "un échec" et des "dysfonctionnements".

"Gilets jaunes": Macron "déplore" les 11 morts
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Emmanuel Macron estime "que la seule réponse possible est une réponse de sécurité", a confié un proche du président après une réunion lundi matin au palais présidentiel de l'Elysée avec les trois ministres chargés de l'Intérieur et de la Justice Christophe Castaner, Laurent Nunez et Nicole Belloubet.

Le chef de l'Etat est "très déterminé" à faire en sorte que les actes de violences s'arrêtent et estime qu'il n'y a "pas de dialogue possible avec ce noyau dur extrémiste", selon la même source.

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, apparaît sur la sellette, et la stratégie de maintien de l'ordre devraient être de nouveau examinée. Un total de 5.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés samedi, mais certains plaident pour une réponse encore plus musclée. "Il faut assumer d'aller au contact et peut-être d'avoir des blessés", estime ainsi Frédéric Lagache, un responsable du syndicat policier Alliance.

Certains secteurs des Champs-Elysées pourraient être interdits aux manifestations (ce qui n'empêcherait pas les casseurs d'aller dans d'autres quartiers de la capitale). L'opposition de droite, qui a directement accusé MM. Macron et Castaner d'avoir "sous-estimé la violence" et "de ne pas avoir apporté de réponse à la hauteur de la crise", va jusqu'à réclamer l'interdiction de manifestations de "gilets jaunes" dans toute la France.

Commerçants "traumatisés"

L'exécutif doit également faire face aux inquiétudes des commerçants et entrepreneurs touchés par les violences.

"Je veux qu'il n'y ait aucun commerçant, aucun artisan obligé de mettre la clé sous la porte à cause de ces mouvements à répétition", a promis lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui devra s'expliquer mardi avec M. Castaner devant le Sénat sur les conséquences économiques de ces violences.

Une centaine de commerces ont été vandalisés samedi, selon la chambre de commerce de la région parisienne. Selon la Fédération française de l'assurance (FFA), les dégâts liés aux manifestations de gilets jaunes se chiffrent à 170 millions d'euros depuis novembre, un chiffre qui ne prend pas en compte les dégradations de samedi.

Ce nouveau rebondissement dans la contestation survient alors que le gouvernement espérait sortir de la crise, née il y a quatre mois d'un immense ras-le-bol social et fiscal, avec le "grand débat national".

Ce grand débat a vu se multiplier les réunions locales en France (plus de 10.000) et les contributions des citoyens sur un site internet dédié.

Fiscalité, pouvoir d'achat, retraites, éducation, santé, transition écologique: de multiples thèmes ont été abordés pendant ce débat, achevé officiellement vendredi. Le gouvernement s'est donné jusqu'à la mi-avril pour décider ce qu'il compte faire des très nombreuses propositions qui ont émergé.

Mais il devra "accélérer certainement la réponse", a estimé lundi une des figures garantes de ce grand débat, Nadia Bellaoui.

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Giscard et l'affaire des "diamants de Bokassa"

Le président français Valery Giscard d'Estaing et le président de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa assistent à une cérémonie à Bangui, lors de la visite officielle du président français, le 5 mars 1975.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, décédé mercredi, s'était retrouvé en 1979 au centre de l'affaire dite des "diamants de Bokassa", suscitant une polémique embarrassante avant la présidentielle de 1981 qu'il allait perdre.

Le 10 octobre 1979, l'hebdomadaire français Le Canard enchaîné révèle que Valéry Giscard d'Estaing (VGE), a reçu en 1973, alors qu'il était ministre des Finances, une plaquette de trente carats de diamants offerte par le président centrafricain Jean Bedel Bokassa

La semaine suivante, Le Canard affirme que la valeur de la plaquette est de 1 million de francs et précise que d'autres diamants lui ont été offerts à l'occasion des ses déplacements à Bangui entre 1970 et 1975.

Le 27 novembre, le président Giscard d'Estaing oppose un "démenti catégorique et méprisant" aux allégations concernant la valeur des cadeaux qu'il aurait reçus. "Il faut, dit-il, laisser les choses basses mourir de leur propre poison".

L'hebdomadaire satirique relance l'affaire un an plus tard, le 16 septembre 1980, en publiant un entretien téléphonique avec l'ancien "empereur" centrafricain Jean Bedel Bokassa, déposé de son trône le 20 septembre 1979.

Il affirme "avoir remis à quatre reprises des diamants au couple présidentiel". "Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai remis à cette famille-là", ajoute Bokassa.

Le 10 mars 1981, VGE déclare à la télévision qu'il "n'y a aucun mystère dans l'affaire des diamants" et que "le produit de ces cadeaux a été versé à des œuvres humanitaires centrafricaines". Il précise que les diamants ont été vendus "au profit de la Croix rouge centrafricaine, d'une maternité, d'une pouponnière et d'une mission".

Selon l'hebdomadaire Le Point du 22 mars 1981, qui a consulté la comptabilité des cadeaux officiels à l'Élysée, les diamants ont été vendus pour une somme de 114.977 francs remise à des œuvres de bienfaisance centrafricaines.

Dans une interview au Washington Post du 8 mai 1981, l'empereur déchu réaffirme avoir offert des diamants à VGE, en présence de témoins, à quatre occasions en huit ans.

Contrairement aux indications du président français, pour qui les diamants reçus n'étaient que de petites pierres, Bokassa affirme lui avoir offert des diamants de 10 à 20 carats. Il soutient également avoir offert à la famille Giscard d'Estaing, dont deux cousins, plus de diamants qu'à n'importe qui d'autre. "Je les ai gâtés", déclare-t-il, ajoutant : "ils sont pourris".

Bokassa reconnaît accorder cette interview, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, dans le but d'empêcher la réélection du président centriste VGE. "Je règle mes comptes avec ceux qui ont provoqué ma chute", termine-t-il. Le 10 mai, le socialiste François Mitterrand remporte l'élection présidentielle en France.

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L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing est mort

L'ancien président français Valery Giscard d'Estaing lors des funérailles d'État de l'ancien chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt à l'extérieur de l'église Sankt Michaelis, à Hambourg, le 23 novembre 2015.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, âgé de 94 ans, est décédé mercredi soir "entouré de sa famille" dans le centre de la France, a appris l'AFP auprès de son entourage, confirmant une information de la radio Europe 1.

Plus jeune président de la Ve République lors de son élection (48 ans) en 1974, le centriste Valéry Giscard d'Estaing avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois pour des problèmes cardiaques.

Pendant son mandat jusqu'en 1981, il a eu une action modernisatrice sur le pays, promulguant d'importantes réformes de société, comme l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement du droit de vote à 18 ans. Il fut aussi le premier président non gaulliste de la Ve République, après l'emblématique général de Gaulle, et son héritier politique Georges Pompidou.

Il n'avait effectué qu'un seul mandat, battu par le socialiste François Mitterrand en 1981.

M. Giscard d'Estaing, qui séjournait depuis le début du confinement dans sa résidence de campagne à Authon (centre), avait été admis quelques jours dans le service de cardiologie de l'hôpital de Tours du 15 au 20 novembre pour une "insuffisance cardiaque".

Il avait auparavant été hospitalisé quelques jours mi-septembre à à Paris pour une légère infection aux poumons. Mais les médecins avaient écarté une infection au coronavirus.

M. Giscard d'Estaing, qui a fêté ses 94 ans le 2 février, a déjà été hospitalisé à Pompidou en cardiologie à plusieurs reprises il y a quelques années pour la pose de stents.

L'une de ses dernières apparitions publiques remonte au 30 septembre 2019 lors des obsèques à Paris d'un autre président de la République, Jacques Chirac, qui fut son Premier ministre de 1974 à 1976.

Il a aussi fait parler de lui en mai, visé par une enquête pour agression sexuelle après la plainte d'une journaliste allemande. Cette dernière l'accusait de lui avoir touché les fesses lors d'une interview plus d'un an plus tôt.

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La Camerounaise Djaïli Amadou Amal récompensée par le Goncourt des Lycéens

L'écrivaine camerounaise Djaili Amadou Amal à Paris, le 17 novembre 2020.

L'écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal a remporté le 33e Goncourt des Lycéens pour "Les Impatientes", roman poignant sur la condition des femmes au Sahel.

"L'écriture est simple et touchante et sonne juste, sans lyrisme superflu. C'est un livre subtil qui permet d'observer la question du mariage forcé par le prisme de ce témoignage émouvant", a déclaré par visio-conférence la présidente du jury lycéen Clémence Nominé.

"Les Impatientes", publiée par la maison d'édition Emmanuelle Colas, est la reprise d'un roman publié dans son pays en 2017 sous un autre titre, "Munyal", mot peul qui signifie patience. S'inspirant de sa propre expérience de femme mariée de force à 17 ans à un polygame, Djaïli Amadou Amal met en scène plusieurs de ces femmes contraintes comme elle d'accepter les codes d'une société patriarcale oppressante.

Emue, Djaïli Amadou Amal s'est dite "très sensible" au choix des lycéens. Pour elle, l'intérêt porté par les jeunes au sujet des violences faite aux femmes "signifie un espoir pour l'avenir".

Pour la phase finale, un jury national composé de 12 lycéens a débattu mercredi matin à huis clos et en distanciel. Créé il y a plus de 30 ans, Le Goncourt des Lycéens est un des prix qui entraîne les meilleures ventes de livres.

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