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États-Unis

Elizabeth Warren, coup de barre à gauche pour conquérir la Maison Blanche

La sénatrice Elizabeth lors de la convention démocrate à Philadelphie, Pennsylvanie, 25 juillet 2015.

Longtemps électrice républicaine, née de parents modestes dans un Oklahoma marqué par la conquête de l'Ouest, la sénatrice Elizabeth Warren incarne l'espoir le plus solide de l'aile progressiste des démocrates qui rêvent de gagner le Maison Blanche en 2020.

La candidate de 70 ans est désormais la favorite de la primaire démocrate. C'est donc à elle que pourrait revenir la mission d'affronter dans les urnes Donald Trump dans un an.

"Notre système politique fonctionne pour les riches et les puissants et laisse tous les autres derrière", répète inlassablement Mme Warren.

Lutter contre les inégalités béantes, protéger le droit à l'avortement... l'élue démocrate fait campagne sur un programme progressiste, voire résolument à gauche quand elle promet de casser les monopoles, mettre Facebook à l'index ou annuler une partie des dettes étudiantes.

Sa "conversion" démocrate, elle l'explique par une histoire familiale qui démarre au coeur des Etats-Unis, dans l'Oklahoma, Etat au fort héritage amérindien, durement frappé par la pauvreté au début du 20e siècle

Enfant, elle découvre l'incertitude économique lorsque son père, seul gagne-pain du foyer, subit une crise cardiaque. Mais sa mère parvient à trouver un emploi payé au salaire minimum, sauvant la famille de la pauvreté.

Aujourd'hui, de mêmes revenus ne pourraient plus suffire, et que la pente est encore plus raide pour les minorités, regrette la sénatrice dans ses discours de campagne, où elle mêle son histoire personnelle à son programme.

Mariée une première fois à 19 ans, elle abandonne rapidement les études. Jeune maman, elle peut toutefois se remettre en selle grâce à des écoles du soir abordables.

A 50 dollars par semestre, loin des sommes astronomiques d'aujourd'hui aux Etats-Unis, ces études "ont été ma deuxième chance", confie-t-elle dans un spot de campagne.

Jusqu'à pouvoir devenir enseignante pour enfants handicapés, puis professeure de droit à Harvard, puis sénatrice en 2013... puis candidate à la Maison Blanche.

Ses trois frères, eux, se sont engagés dans l'armée: "c'était leur ticket pour la classe moyenne".

"Aujourd'hui, il y a moins de voies pour accéder à la classe moyenne, et encore moins de deuxièmes chances", déplore-t-elle.

- "J'ai un projet pour cela" -

Electrice républicaine jusqu'au milieu des années 1990, elle explique avoir été peu militante avant de décider de quitter le parti lorsqu'elle l'a perçu comme trop proche de Wall Street face aux familles qui croulaient sous des dettes accumulées non pas à cause de leur irresponsabilité, mais d'un système biaisé, dit-elle.

Devenue spécialiste des questions de faillite, elle avait mis en garde contre la crise bien avant le krach de 2008, puis avait été appelée au Congrès pour superviser le sauvetage du secteur financier, avant d'inspirer au président Barack Obama la création d'une agence de protection des usagers des banques.

Premier grand nom à entrer dans la course à l'investiture démocrate, le 31 décembre 2018, elle a grimpé peu à peu jusqu'à la seconde place. Au passage, elle a doublé le sénateur indépendant Bernie Sanders. Son ami se revendique socialiste tandis qu'elle s'est dite "capitaliste jusqu'à la moelle".

Elle arrive à ses meetings de campagne d'un pas rapide avec, en fond, la chanson emblème des femmes qui travaillent: "9 to 5", de Dolly Parton. Les petites foules du printemps sont devenues des milliers de personnes attendant parfois des heures pour se prendre en photo avec elle.

Et partout, elle martèle cette phrase devenue emblème de sa campagne: "J'ai un projet pour cela". Pour financer ses mesures, Elizabeth Warren propose une taxe sur les très grandes fortunes.

- Les critiques s'accentuent -

Avec son ascension, les critiques se sont durcies. Ses rivaux plus centristes l'accusent d'être trop vague sur sa proposition de réforme du système de santé.

Une autre polémique menace sa candidature: elle s'est longtemps dite fière d'origines amérindiennes, qui se sont en fait révélées très diluées dans son patrimoine génétique, après un test ADN. Après des excuses auprès d'Amérindiens, elle est parvenue à reléguer la controverse au second plan.

Si elle était désignée candidate, s'inquiètent des démocrates, l'affaire risquerait de ressurgir face à un Donald Trump qui l'avait surnommée "Pocahontas".

D'ordinaire cassant avec ses rivaux, M. Trump a toutefois eu récemment de rares mots élogieux pour sa rivale potentielle. "Elle s'est relevée de ses cendres, et je lui accorde ce mérite", a-t-il déclaré en octobre sur Fox News.

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Irréconciliables, républicains et démocrates débattent de la destitution de Trump

Un document officiel portant mention des chefs d'accusation retenus contre Donald Trump à Washington, le 10 décembre 2019.

Donald Trump, "dictateur" en devenir ou président qui honore ses promesses: démocrates et républicains sont restés campés sur leurs visions diamétralement opposées mercredi soir au Congrès américain, lors d'une étape décisive qui mènera certainement à sa mise en accusation historique.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, s'est réunie pour débattre des deux chefs d'accusation retenus contre Donald Trump dans l'affaire ukrainienne: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump devrait devenir le troisième président de l'histoire des Etats-Unis mis en accusation au Congrès, probablement avant Noël.

Mais il ne sera vraisemblablement pas destitué ensuite par le Sénat, seul habilité à le juger, car il est contrôlé par les républicains qui font bloc autour du milliardaire.

Deux mois d'enquête parlementaire et de longues heures de débats juridiques n'y ont rien fait: parmi la quarantaine de parlementaires siégeant à la commission, républicains et démocrates restent retranchés derrière les lignes de leurs partis.

Pour les démocrates, Donald Trump a abusé de ses pouvoirs en demandant, cet été, à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. Il a fait pression sur Kiev, accusent-ils, en suspendant notamment à la même époque une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.

Les républicains, eux, font écho au président qui nie toute pression sur l'Ukraine. Ils accusent les démocrates de chercher, avec cette procédure "bidon", à se débarrasser d'un président qu'ils ne peuvent pas battre dans les urnes.

- Vote en commission attendu jeudi -

Donald Trump "a placé son propre intérêt au-dessus de notre sécurité, au-dessus de notre système d'élections libres et justes", a dénoncé le chef démocrate de la commission, Jerry Nadler.

"Si le président peut abuser de ses pouvoirs puis bloquer les demandes d'information du Congrès, alors le Congrès ne peut pas accomplir sa fonction de contrepoids face à l'exécutif... et le président devient un dictateur", a-t-il poursuivi, en référence au refus catégorique de la Maison Blanche de coopérer avec l'enquête du Congrès.

Cette procédure de destitution n'est qu'"une vendetta" menée depuis la victoire surprise de Donald Trump en novembre 2016, a répliqué le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

"Les démocrates n'ont jamais accepté la volonté des Américains", a renchéri un autre républicain, Jim Jordan. "Ils ne peuvent pas supporter le fait que le président (...) fasse ce qu'il avait promis de faire".

Après presque quatre heures de déclarations, lors desquelles les parlementaires ont énoncé leurs positions, le débat a été ajourné jusqu'à jeudi à partir de 09H00 (14H00 GMT) pour étudier d'éventuels amendements.

Jerry Nadler a appelé les membres à débattre avec trois questions en tête:

- "Les preuves démontrent-elles que le président a commis ces actes?"

- "Relèvent-ils du niveau de crimes et délits majeurs" passibles d'une destitution selon la Constitution américaine?

- "Quelles sont les conséquences pour notre sécurité nationale, la protection de nos élections et notre pays si nous n'agissons pas?"

Au terme du débat, la commission devrait approuver les chefs d'accusation lors d'un vote, probablement jeudi soir.

Puis la Chambre votera en séance plénière sur ces chefs d'accusation, sans doute dès le début de semaine prochaine.

Avec AFP

Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant 2020

L'avion vedette de Boeing, le 737 MAX, ne revolera pas avant 2020, a prévenu mercredi le patron du régulateur aérien américain. Un coup dur pour le constructeur aéronautique confronté à de nouvelles révélations, lors d'une audition au Congrès, sur la fiabilité de l'appareil.

"Il y a un nombre de procédures, d'étapes importantes qui doivent être franchies et si vous faites le calcul, chacune de ces étapes va prendre du temps", a déclaré Steve Dickson, répondant à la question si son agence comptait encore certifier cette année le Boeing 737 MAX.

"Cela va s'étendre en 2020", a-t-il souligné sur la chaîne CNBC, réduisant à néant les espoirs de Boeing de voir le MAX remis en service, au moins aux Etats-Unis, au cours de ce mois de décembre.

Le 737 MAX est cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Boeing, qui a menacé d'en suspendre la production en cas de prolongement de l'interdiction de vol, a assuré continuer à collaborer "étroitement" avec les régulateurs.

- Un accident tous les deux-trois ans -

L'agence fédérale de l'aviation (FAA), sous le feu des critiques pour avoir confié à Boeing la certification de certains systèmes clés du MAX, dont le logiciel MCAS, mis en cause dans les accidents, entend prendre son temps pour examiner en profondeur les changements apportés par Boeing à l'avion, a répété Steve Dickson.

D'autant qu'une enquête interne, conduite en novembre 2018 après l'accident d'un 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air (189 morts) et dévoilée mercredi par le Congrès, a conclu qu'il pouvait y avoir un accident mortel impliquant cet avion tous les deux ou trois ans si des modifications n'étaient pas apportées au MCAS.

Le régulateur a toutefois laissé le MAX continuer à voler jusqu'à l'accident un peu plus de cinq mois plus tard d'un appareil du même type d'Ethiopian Airlines (157 morts).

- "Pouvez-vous admettre que c'était une erreur ?", a demandé à M. Dickson l'élu démocrate Hank Johnson, lors d'une audition ayant duré plusieurs heures.

- "Clairement, ce n'était pas satisfaisant", a simplement répondu M. Dickson.

"C'est la décision qui a tué les gens, dont ma fille" morte dans l'accident d'Ethiopian Airlines, a fustigé auprès de l'AFP Michael Stumo, père d'une victime. "C'est une grosse négligence".

"Nous avons immobilisé l'avion quand nous avons eu des données allant dans ce sens", a défendu par courriel un porte-parole de la FAA.

"Les mesures que Boeing et la FAA ont prises à l'époque (...) étaient en adéquation avec ce que prévoit la procédure en place", a renchéri un porte-parole de Boeing.

- Alertes ignorées -

La FAA et Boeing faisaient le pari que l'avionneur allait vite effectuer les modifications nécessaires et que des catastrophes pouvaient être évitées si les pilotes étaient informés de la marche à suivre en cas de dysfonctionnement du MCAS.

Dans les deux accidents, ce logiciel s'est activé après avoir reçu des informations erronées d'une des deux sondes AOA, s'est emballé malgré des tentatives des pilotes de le désactiver et a mis l'avion en piqué, selon les conclusions provisoires des enquêteurs.

Boeing avait conçu le MCAS parce qu'il avait repositionné les moteurs dans le MAX. Le but est d'éviter que les pilotes ne tirent trop sur le manche, et ce faisant conduisent au décrochage de l'avion faute de portance suffisante.

Suite aux accidents, l'avionneur a revu la conception du MCAS, lequel sera désormais moins puissant, ne s'activera que si les deux sondes d'incidence AOA, qui mesurent l'angle de vol de l'avion, lui envoient des informations concordantes et se désactivera si le pilote actionne la commande.

Edward Pierson, un ancien cadre de Boeing, a lui témoigné mercredi que ses multiples alertes sur des problèmes dans l'usine de production du MAX à Renton, près de Seattle, avant et après le premier crash avaient été ignorées.

"J'ai assisté à une usine en situation de chaos et ai fait part à la hiérarchie de mes inquiétudes sur la qualité de la production des mois avant le premier accident", a-t-il déclaré aux parlementaires. "J'ai encore fait part de mes craintes avant le second accident. Mais aucune mesure n'a été prise", a déploré cet ancien officier de la Marine américaine, qui a quitté Boeing en août 2018.

Il n'y avait pas par exemple, selon lui, suffisamment d'employés qualifiés, notamment des mécaniciens et des électriciens, face aux augmentations de cadences de production, de 47 à 52 appareils par mois en juin 2018, ensuite à 57 unités mensuelles dès 2019.

Sans y répondre, Steve Dickson, à la tête de la FAA depuis quatre mois, a expliqué que les dysfonctionnements apparus lors de la certification initiale du MAX en 2017 étaient dus à une "communication fragmentée" et à des données parcellaires.

"Nous devons améliorer le système", a-t-il prôné, affirmant que la certification du MAX modifié en était une opportunité.

Donald Trump confiant pour un second mandat

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L'éventuel procès de Trump sera la priorité du Sénat, assure son chef républicain

A gauche, le chef républicain Mitch McConnell, le président Donald Trump et House Speaker Nancy Pelosi.

Le procès de Donald Trump sera la priorité du Sénat début 2020 dans l'éventualité où l'"impeachment" du président américain est approuvé par la Chambre des représentants la semaine prochaine, a déclaré mercredi le chef des sénateurs républicains.

La commission judiciaire de la chambre basse, à majorité démocrate, devait se réunir mercredi soir pour débattre des deux chefs d'accusation retenus dans la procédure de destitution visant Donald Trump: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

En cas d'approbation en commission, la Chambre des représentants pourrait voter en séance plénière dès la semaine prochaine. Le milliardaire deviendrait alors très probablement le troisième président américain de l'histoire mis en accusation au Congrès.

Le Sénat serait ensuite chargé de déterminer si le 45e président des Etats-Unis doit être destitué.

Pour destituer Donald Trump à la chambre haute, les démocrates ont besoin de deux tiers des votes, soit 67 voix sur 100. Or, les républicains contrôlent 53 sièges, et restent pour l'instant fidèles au président.

"Un procès au Sénat devra être notre premier sujet de travail en janvier", a déclaré mercredi le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell.

Il a par ailleurs reproché aux démocrates de s'être précipités, établissant "la mise en accusation la moins minutieuse et la plus injuste dans l'histoire moderne".

"Si la Chambre (des représentants) poursuit sur cette route destructrice et nous envoie les articles de mise en accusation, le Sénat les étudiera après la nouvelle année et procédera à un procès équitable", a poursuivi l'élu du Kentucky.

Les démocrates ont ouvert en septembre une enquête en destitution après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Après plus de deux mois d'enquête, l'opposition a accusé le président d'avoir abusé de son pouvoir pour parvenir à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.

Deux chefs d'accusation contre Trump: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès

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