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L’EI revendique un attentat dans le Sinaï et dit pouvoir prouver son rôle dans le crash de l’avion russe

Des soldats égyptiens collectent les effets personnels des passagers morts dans le vol russe écrasé dans le Sinaï. (Russian Ministry for Emergency Situations photo via AP)

L'attaque de mercredi a fait au mois trois morts dans le Sinaï. Le groupe jihadiste a par ailleurs affirmé qu'il donnerait, quand il le voudra, des détails sur la manière dont il dit avoir fait "tomber" l'avion russe.

Au moins trois policiers ont été tués, mercredi 4 novembre, dans un attentat-suicide dans le Sinaï, revendiqué immédiatement par la branche égyptienne de l’organisation Etat islamique (EI).

Selon l'agence de presse gouvernementale Mena, un kamikaze a fait exploser sa voiture piégée devant un club de la police à Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï où l'armée combat l’EI.

La télévision d'Etat Nile TV a parlé d'au moins trois policiers tués dans l'attentat d'Al-Arich.

Des responsables de la sécurité dans le Sinaï ont confirmé à l'AFP que cet attentat avait fait des morts.

Province du Sinaï, la branche égyptienne de l'EI qui commet quasi-quotidiennement des attentats et attaques meurtriers visant policiers et soldats, a immédiatement revendiqué l'explosion d'Al-Arich sur ses comptes Twitter habituels, affirmant qu'elle est le fait d'un kamikaze en représailles à "l'arrestation de femmes bédouines par les forces apostates" dans la région.

Des détails en temps voulu, affirme l'EI

Par ailleurs, le groupe jihadiste, qui avait revendiqué la responsabilité du crash de l'avion russe samedi en Egypte, a déclaré mercredi que ce n'était pas à lui d'en faire la preuve et qu'il en livrerait la démonstration quand il le voudra

"Nous n'avons aucune obligation d'expliquer comment il s'est écrasé", affirme un membre de l'EI qui ne livre pas son identité dans un message audio posté le compte Twitter habituel de l’organisation.

"Apportez les débris et fouillez-les, apportez vos boîtes noires et analysez-les, et dites-nous quels sont les résultats de votre enquête", poursuit le membre de l'EI. "Prouvez que nous ne l'avons pas fait s'écraser et comment il est réellement tombé, nous vous livrerons les détails de la manière dont il est tombé au moment que nous aurons choisi", conclut l'homme.

La branche égyptienne de l’EI avait annoncé samedi sur ses comptes Twitter qu'elle avait "fait tomber", sans préciser comment, l'Airbus A321-200 de la compagnie charter russe Metrojet.

L'appareil s'est écrasé dans le désert du Sinaï, bastion de l'EI, après s'être disloqué dans les airs 23 minutes après son décollage de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh. Ses 224 occupants ont péri.

Depuis, l'enquête tente de déterminer si le crash est accidentel ou a résulté de l'explosion d'une bombe à bord.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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