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Les boîtes noires décryptées pour percer le mystère du crash de l'avion russe

Les débris de L’avion de la compagnie Metrojet a Al-Hassana, en Egypte, le 31 octobre 2015. Source: AP

En l'absence de toute certitude sur les causes du crash, les autorités attendent beaucoup de l'analyse des "boîtes noires".

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu que l'enquête pourrait être longue.

Il a également fustigé, dans un entretien à la BBC, la "propagande" du groupe Etat islamique (EI), qui a affirmé samedi avoir "fait tomber" l'Airbus A321 en représailles aux bombardements russes en Syrie.

En l'absence de toute certitude sur les causes du crash, les autorités attendent beaucoup de l'analyse des "boîtes noires", les deux enregistreurs de vol - l'un enregistrant les conversations à bord, l'autre les paramètres de vol - qui a commencé en début d'après-midi dans les locaux du ministère de l'Aviation civile au Caire, a annoncé à l'AFP un haut responsable de cette administration, sous couvert de l'anonymat. L'opération peut prendre beaucoup de temps, en fonction de l'état des deux enregistreurs.

Parallèlement, les recherches continuent pour retrouver les derniers corps des 224 victimes et d'éventuels indices disséminés sur une large zone dans le désert du Sinaï.

Outre les experts russes, une dizaine d'enquêteurs français sont à l'oeuvre, représentant Airbus mais aussi le Bureau Enquête Accidents (BEA), aux côtés d'homologues allemands du Bundesstelle für Flugunfalluntersuchung (BFU), comme le prévoit la procédure internationale pour ces deux pays piliers du consortium européen Airbus. De son côté, la commission gouvernementale supervisant le versant russe de l'enquête devait se réunir à Moscou pour faire le point.

Metrojet, la compagnie russe exploitant l'appareil qui appartient au transporteur Kogalymavia, a assuré lundi que seul un facteur "extérieur", qu'elle n'a pas précisé, pouvait expliquer le crash. Elle a ainsi rejeté la possibilité d'"une défaillance technique ou une erreur de pilotage" et souligné l'"excellent état" de l'avion.

L'agence fédérale russe chargée du transport aérien, Rosaviatsia, a toutefois qualifié de "prématurées" les premières conclusions de Metrojet. "Il n'y a aucune raison de tirer des conclusions sur les causes de la destruction en vol de l'appareil", a déclaré son directeur Alexandre Neradko, prédisant "beaucoup de travail".

Pas de 'conclusions hâtives'

Le président égyptien Sissi a également affirmé que "cela prendra du temps pour clarifier cet incident". "Voyez le vol de la Pan American qui s'est écrasé en Europe (à Lockerbie en 1988), cela a pris des années avant de trouver la vérité, les raisons du crash. Nous ne pouvons pas simplement tirer des conclusions hâtives", a-t-il ajouté sur la BBC.

Le 21 décembre 1988, un Boeing 747 de la compagnie américaine s'était désintégré au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie quelques minutes après son décollage, d'une manière semblable à ce qui est arrivé samedi à l'Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet.

23 minutes après avoir décollé samedi à l'aube de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, l'Airbus s'est totalement disloqué en vol comme en atteste l'extrême dispersion des débris et des corps au sol, sur plus de 100 km2 selon certains enquêteurs.

Selon des experts interrogés par l'AFP, l'appareil a dû subir un choc extrêmement soudain, quel qu'il soit, au point que le pilote en a instantanément perdu le contrôle.

Pour la première fois depuis la tragédie, le président russe Vladimir Poutine est apparu lundi à la télévision. Il a remercié les habitants de Saint-Pétersbourg pour la dignité de leur réaction face à cette "terrible tragédie" et a insisté sur la nécessité d'attendre d'avoir "un tableau objectif de ce qui s'est passé".

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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