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L'avion russe s'est disloqué dans les airs : accident ou attentat ?

Des débris du vol A321 au lendemain de son crash dans le Sinaï égyptien, le 1er novembre 2015. (AFP PHOTO / KHALED DESOUKI)

Selon le chef des experts russes, l’avion russe qui s’est écrasé samedi dans le Sinaï s’est disloqué dans les airs. Ses fragments se sont éparpillés sur environ 20 km carrés. Mais il est "trop tôt pour parler de quelconques conclusions".

L’avion charter russe qui s'est écrasé samedi dans le Sinaï avec 224 personnes à bord s'est disloqué en l'air avant de toucher le sol, a indiqué dimanche 1er novembre le chef des experts aéronautiques russes. Cette hypothèse était déjà considérée comme la plus plausible par les experts au vu de la dispersion des débris.

"La dislocation a eu lieu dans les airs et les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés", a déclaré au Caire Viktor Sorotchenko, directeur du Comité intergouvernemental d'aviation (MAK), cité par les agences russes, précisant qu'il était "trop tôt pour parler de quelconques conclusions".

L'enquête a démarré dimanche pour déterminer les causes du crash de l'avion de touristes russes dans le désert égyptien du Sinaï, où le périmètre des recherches s'est élargi pour retrouver les corps des 224 occupants. Pour le moment, 163 corps ont déjà été retrouvés sur les 217 passagers et sept membres d’équipages.

Plus de 24 heures plus tard, le doute subsiste sur la cause du crash même si les gouvernements égyptien et russe contestent la revendication par la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en représailles, selon elle, aux bombardements russes en Syrie.

Les experts n'excluent aucune hypothèse en attendant les boîtes noires

Mais des experts interrogés par l'AFP refusent d'exclure, avant que les boîtes noires ne parlent, qu'une bombe ait pu exploser à bord ou que l'avion ait pu être touché alors qu'il était descendu plus bas pour une raison technique ou autre, par un missile ou une roquette tiré du sol. Ils invoquent l'éparpillement des débris et des corps à l'appui de cette thèse.

Le gouvernement égyptien avait annoncé samedi que les boîtes noires avaient été retrouvées et qu'il se prononcerait seulement à partir de leur analyse.

Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, Lufthansa et Emirates, ont annoncé qu'elles ne survoleraient plus le Sinaï "jusqu'à nouvel ordre", "par mesure de sécurité" et dans l'attente des résultats de l'enquête.

L'avion avait décollé samedi à l'aube de la station balnéaire de Charm el-Cheikh à destination de Saint-Pétersbourg. Le contact avait été perdu après 23 minutes de vol alors que l'appareil se trouvait à plus de 30 000 pieds, une altitude de croisière (plus de 9 000 m).

Avec AFP

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Un chef d'état major refoulé par les familles de soldats tués

Le ministre de la Sécurité nationale, Salif Traoré, sur les lieux de l'attentat à Gao, au Mali, le 13 novembre 2018. (VOA/Souleymane Ag Anara)

Le chef d'état-major de l'Armée de terre malienne venu présenter ses condoléances à Nioro (ouest) jeudi a été conspué par les familles de militaires tués dans le centre du Mali au cours d'une attaque qui a fait 26 morts, a appris l'AFP de témoins et de source militaire.

Un précédent bilan de cette attaque à Dioura le 17 mars, attribuée aux hommes de Ba Ag Moussa, dit "Bamoussa", considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef de la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, s'élevait à 23 morts.

Lors d'une cérémonie officielle jeudi, le président Ibrahim Boubacar Keïta est revenu sur cette attaque, prévenant les chefs militaires qu'"aucune négligence ne saurait plus être tolérée. En tout cas, je ne la tolérerai pas, pour la vie de nos enfants".

"C'est nous qui devons apporter dorénavant la peur ailleurs, pas qu'on nous l'apporte à nous", a-t-il lancé, soulignant qu'il s'agissait d'un "mort d'ordre aux forces armées".

Par ailleurs, des veuves de militaires de la ville-garnison de Kati, à 15 km au nord de Bamako, qui projetaient une marche jeudi, y ont renoncé in extremis à la suite d'une médiation, selon des sources locales.

A Nioro du Sahel, près de la frontière mauritanienne, le général Abdrahamane Baby et sa délégation ont dû rebrousser chemin sans avoir pu présenter leurs condoléances, face à la colère des familles du camp militaire, ont indiqué un élu local sous le couvert de l'anonymat et des témoins.

"Nous ne voulons pas de chef militaire ici, le général Baby, dès son arrivée à Nioro, nous avons dit +Non et non!+. Qu'il retourne à Bamako avec ses condoléances", a déclaré Hatouma Sylla, veuve d'un militaire tué à Dioura, jointe au téléphone par l'AFP.

"Les veuves des militaires ont catégoriquement refusé son entrée au camp, elles ont brûlé des pneus", a expliqué Bakary Séméga, un enseignant de Nioro. "C'est surtout les veuves et orphelins des soldats tombés sur le champ d'honneur. Ils étaient soutenus par la population", a-t-il ajouté.

Exprimant "sa colère contre le gouvernement", Mariam Diambou, une autre veuve de militaire a déclaré de son côté en avoir "assez". "Nos maris, nos enfants, ce sont eux qui meurent à longueur de journée. Ce n'est pas normal, c'est un complot", a-t-elle dit.

Une source militaire malienne contactée dans le centre du pays a affirmé que le bilan de l'attaque s'élevait désormais à 26 morts, mais pourrait encore s'alourdir. "Nous avons découvert des nouveaux corps, c'est ce qui fait que le nouveau bilan est de 26 morts", a précisé cette source.

Sollicité, le ministère de la Défense n'a pas souhaité commenter les événements survenus jeudi à Nioro, fief du chérif Bouyé Haïdara, l'un des plus influents dirigeants musulmans du pays, qui a manifesté son opposition au président Keïta.

Les chefs d'état-major interarmes français et britannique, les généraux François Lecointre et Nick Carter, se trouvent actuellement au Mali, ou ils ont été reçus mercredi par leur homologue, le général M'bemba Moussa Keïta, selon un communiqué militaire malien.

La France conduit l'opération Barkhane qui traque les jihadistes dans le Sahel avec quelque 4.500 militaires, dont 2.700 au Mali, selon Paris.

Le Premier ministre français Edouard Philippe s'est rendu il y a un mois au Mali pour réaffirmer le soutien de son pays à Bamako, tout en appelant à accélérer l'application de l'accord de paix de 2015. Et les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU se rendent au Mali et au Burkina Faso voisin à partir de vendredi.

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