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Donald Trump choisit une ligne dure sur l'immigration

Donald Trump à Cincinnati le 1er septembre 2016.

Donald Trump a repris la ligne dure contre les immigrés clandestins qui a fait son succès aux primaires républicaines. Mais cette stratégie pourrait l'empêcher de combler son retard auprès de l'électorat hispanique et des Américains modérés.

Lors d'un discours virulent mercredi à Phoenix, le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre a déclaré que toute personne en situation irrégulière serait susceptible d'être expulsée, et qu'aucune ne serait régularisée, à moins que les sans-papiers ne sortent d'eux-même du territoire et déposent une demande depuis leur pays d'origine. Il a menacé des millions de clandestins d'expulsions, promettant des moyens supplémentaires à la police.

L'arsenal répressif présenté, ainsi que la véhémence de ses propos contre le coût et le danger de l'immigration clandestine pour les citoyens américains, a relégué au second plan sa visite surprise au président mexicain le même jour, à Mexico.

Cette rencontre, sa première avec un chef d'Etat, lui avait permis de hausser sa stature et de prouver qu'il valait mieux que la caricature xénophobe et impulsive dépeinte par ses détracteurs. Il avait témoigné de son admiration pour le peuple mexicain et qualifié M. Peña Nieto d'ami. Le seul couac est venu du fait qu'il n'ait pas discuté directement de la facture qu'il entend faire payer au Mexique pour la construction d'un mur à la frontière, l'une de ses promesses phares.

Le voyage aurait pu être un tournant et initier un début de réconciliation avec les Américains d'origine hispanique, écoeurés par plus d'un an d'attaques sans relâche contre les immigrés.

Le républicain en a désespérément besoin. A 68 jours de l'élection présidentielle, Hillary Clinton recueille 42% des intentions de vote, devant Donald Trump (38%), le libertarien Gary Johnson (7,6%) et la verte Jill Stein (3%), selon la moyenne calculée par le site Real Clear Politics.

Dans le dernier sondage Fox News, seuls 21% des électeurs qui ne sont pas blancs disent soutenir Donald Trump.

- Défections hispaniques -

Le milliardaire ne s'est certes pas engagé à expulser manu militari la totalité des sans-papiers, reconnaissant peut-être le défi logistique qu'une telle opération représenterait. La priorité sera de renvoyer les criminels et les délinquants, ainsi que les visiteurs ayant dépassé leur durée de visa, a-t-il dit.

Mais il a fermé la porte à toute régularisation, alors qu'il avait vacillé la semaine dernière. Concrètement, cela signifierait la prolongation du statu quo pour ces personnes, en majorité mexicaines, qui attendent depuis des années voire des décennies de sortir de l'ombre.

Une majorité d'Américains est pourtant favorable à une réforme migratoire. Les chefs du parti républicain, au lendemain de la défaite présidentielle de 2012, avaient tenté de conduire le parti vers une position plus conciliante, afin de courtiser l'électorat hispanique, mais cette ouverture avait échoué face à l'opposition des ultra-conservateurs.

Aujourd'hui, 77% des électeurs sont favorables à une forme de régularisation des clandestins, selon le sondage Fox News. En juillet 2015, ils étaient 64%. En 2010, c'était seulement une moitié.

Donald Trump a continué à envoyer des signaux contradictoires jeudi.

"Il y a un assouplissement", a-t-il assuré dans l'émission de radio Laura Ingraham Show. "Nous le faisons de façon très humaine". Il a souligné qu'une décision serait prise plus tard sur les clandestins non considérés comme une priorité.

Mais dans un meeting à Wilmington, dans l'Ohio industriel, il a de nouveau présenté l'immigration comme une menace pour les travailleurs américains.

"Nous traiterons tout le monde avec dignité, respect et compassion, mais notre compassion la plus grande sera réservée aux citoyens américains".

Ce virage à droite lui a coûté une première défection: un membre d'un comité hispanique pro-Trump, Jacob Monty, selon Politico. D'autres pourraient suivre.

"Nous espérions que M. Trump présente un plan concret pour stopper l'immigration clandestine future tout en offrant une solution réaliste pour ceux qui vivent ici sans statut", a réagi Todd Schulte, président de l'organisation pro-réforme FWD.us, fondée par Mark Zuckerberg, créateur de Facebook, et d'autres patrons de la Silicon Valley. "Malheureusement, M. Trump a échoué sur les deux tableaux".

Le vice-président américain, Joe Biden, a raillé le positionnement populiste de Donald Trump.

"Je n'en reviens pas", a-t-il lancé dans l'Ohio. "Ce type est né avec une petite cuillère en argent dans la bouche".

Avec AFP

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La famille d'un Afro-Américain tué par la police reçoit 20 millions de dollars

Un activiste de Black Lives Matter crie aux forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le meurtre par la police de Breonna Taylor le jour de la course de chevaux du Kentucky Derby à Louisville, Kentucky, États-Unis, le 5 septembre 2020. REUTERS / Jim Urquhart

La famille d'un Afro-Américain tué par un policier alors qu'il était menotté recevra 20 millions de dollars de dédommagement au terme d'un accord passé avec les autorités, a annoncé lundi l'avocat de la famille.

William Murphy a salué un "accord historique" avec le comté du Prince George (Maryland), près de Washington, dont le montant est l'un des plus élevés pour une bavure policière aux Etats-Unis.

William Green, 43 ans, avait été touché de six balles le 27 janvier alors qu'il était dans une voiture de police, les mains menottées dans le dos. Il est décédé le lendemain de ses blessures à l'hôpital.

Il avait été arrêté par un policier, Michael Owen, pour un accident de la circulation. L'agent avait expliqué avoir tiré en état de légitime défense sur William Green alors que celui-ci tentait de prendre son arme.

Michael Owen, qui ne portait pas de caméra-piéton lors de l'incident, a été depuis licencié de la police et inculpé d'homicide.

"C'est un accord historique qui reflète la nature haineuse, brutale et insensée de ce qui est arrivé à M. Green", a commenté William Murphy lors d'une conférence de presse.

L'avocat a notamment fustigé le manque de réactivité de la police du comté alors que le policier, également Afro-Américain, avait fait l'objet de deux signalements pour violences quelques mois auparavant, selon une enquête du Washington Post.

"Il y a une tendance terrible de violence insensée, des choses dans son passé qui étaient terrifiantes", a-t-il affirmé.

La directrice du comté de Prince George, Angela Alsbrooks, a "accepté la responsabilité" de la mort de William Green.

"Quand nous sommes en faute, nous prenons nos responsabilités", a-t-elle déclaré.

Cet accord intervient deux semaines après celui passé entre la mairie de Louisville dans le Kentucky et la famille de Breonna Taylor, une jeune Afro-Américaine tuée en mars lors d'une perquisition controversée, qui a reçu 12 millions de dollars de dédommagement.

William Murphy avait déjà négocié un accord de 6,4 millions de dollars entre la ville de Baltimore et la famille de Freddie Gray, un jeune Afro-Américain mort dans des circonstances troublantes après son arrestation en 2015.

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Washington fait appel d'une décision de l'OMC sur le bois canadien

Le président Donald Trump rencontre le premier ministre canadien Justin Trudeau dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le jeudi 20 juin 2019, à Washington. (Photo AP / Evan Vucci)

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils faisaient appel d'un verdict de l'OMC favorable aux Canadiens portant sur le bois de construction, au coeur d'un contentieux de longue date entre Washington et le Canada.

Mais la cour d'appel de l'Organe de règlement des différends de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnelle depuis le 11 décembre, faute de magistrats suffisants.

"Comme indiqué dans notre notification à l'ORD concernant la décision américaine de faire appel, nous sommes ouverts à des discussions avec le Canada sur la marche à suivre dans ce différend", a fait savoir lundi la représentation américaine auprès de l'OMC.

Il y a deux ans, le Canada avait déposé plainte auprès de l'OMC pour contester des droits compensateurs imposés par les Etats-Unis sur son bois d'oeuvre résineux. Il s'agissait du 9e litige engagé par Ottawa auprès de cette instance.

Depuis près de 40 ans, les Etats-Unis estiment que les prix du bois de construction canadien sont "injustement sous-évalués" et que ces marchandises sont "subventionnées".

Outre devant l'OMC, de nombreux recours judiciaires ont été effectués au cours du temps devant des juridictions des pays.

En décembre 2017, la commission américaine du commerce international (ITC) avait ainsi conclu que les industriels canadiens exportaient leur bois de construction à des prix de dumping, justifiant les pénalités imposées à la frontière.

Elle notait alors un "préjudice notable" pour les Américains.

Le Canada avait dénoncé une décision sans fondement puis avait demandé en mars 2018 à l'OMC de constituer un panel, dont les conclusions, favorables aux Canadiens, ont été publiées fin août.

Le gouvernement fédéral canadien, comme celui du Québec, s'était "réjoui" de la décision de l'OMC et a appelé les Etats-Unis à en tirer les conséquences. Mais le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, avait alors immédiatement critiqué les conclusions du rapport, estimant qu'il "protégerait les subventions massives du Canada au bois de construction".

Donald Trump n'a payé aucun impôt pendant une décennie, selon le New York Times

Le président Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 23 septembre 2020, à Washington. (AP Photo/Evan Vucci)

Le président américain Donald Trump n'a payé que 750 dollars d'impôts fédéraux en 2016, l'année de son élection à la Maison Blanche, puis autant en 2017, et n'a payé aucun impôt durant 10 des 15 années précédentes, selon une enquête du quotidien New York Times publiée dimanche.

M. Trump, candidat à un second et dernier mandat à la Maison Blanche, a balayé ces révélations du New York Times. Il ne s'agit rien d'autre que des "informations bidon, totalement inventées", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

Selon le quotidien new-yorkais, M. Trump a échappé à l'impôt "en grande partie car il a déclaré plus de pertes d'argent que de gains".

"J'ai payé beaucoup, et j'ai payé beaucoup d'impôts sur le revenu au niveau de l'Etat aussi, l'Etat de New York taxe beaucoup", a au contraire rétorqué sans plus de précisions M. Trump.

Selon le New York Times, au sein de la nébuleuse de sociétés dirigées par le magnat des affaires, de nombreuses d'entre elles ont déclaré des pertes importantes, dont ses clubs de golf, écornant l'image de l'entrepreneur à succès que M. Trump aime se donner.

Les déclarations fiscales de l'ex-magnat de l'immobilier devenu président sont au coeur d'une bataille judiciaire, M. Trump ayant toujours refusé de les publier contrairement à l'usage.

"Le New York Times a obtenu les informations fiscales sur plus de vingt ans concernant M. Trump et les centaines de sociétés qui composent son groupe, y compris des informations détaillées au sujet de ses deux premières années au pouvoir. Cela n'inclut pas ses déclarations d'impôt sur le revenus personnelles pour 2018 ou 2019", affirme le journal qui promet de nouvelles révélations "dans les semaines à venir".

Selon le quotidien USA Today, M. Trump a été le premier candidat de l'un des deux grands partis -- démocrate et républicain -- à l'élection présidentielle depuis quatre décennies à refuser de publier ses déclarations d'impôts.

Bataille pour la confirmation de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême

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