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Dix Casques bleus tchadiens tués dans la pire attaque contre l'ONU

Des soldats hollandais de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali) contingentés à leur base à Gao, 29 novembre 2017.

L'attaque la plus meurtrière de jihadistes contre l'ONU au Mali, revendiquée par Aqmi, a coûté dimanche la vie à dix Casques bleus tchadiens, au moment où Paris annonce la reprise des opérations de la force du G5 Sahel.

Dix Casques bleus tchadiens ont été tués et au moins 25 autres ont été blessés, a annoncé le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres dans un communiqué. Un précédent bilan faisait état de huit casques bleus tués.

Le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'attaque, indiquant avoir agi "en réaction contre la visite (dimanche) du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Tchad", selon l'agence de presse mauritanienne Al-Akhbar, connue pour recevoir et diffuser régulièrement des communiqués de cette mouvance

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A l'aube, les Casques bleus du contingent tchadien stationnés à Aguelhok, dans le nord-est du pays, à 200 km de la frontière algérienne, ont "repoussé une attaque complexe lancée par des assaillants arrivés à bord de nombreux véhicules armés", a expliqué la mission de l'ONU au Mali (Minusma).

S'ils ont essuyé de lourdes pertes, les Casques bleus ont réussi à "neutraliser nombres d'ennemis" et à "poursuivre les assaillants dans leur déroute".

Déployée en 2013, après que le nord du Mali est tombé sous la coupe de jihadistes liés à Al-Qaïda, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, avait déjà perdu jusque-là plus de 160 Casques bleus, dont une centaine dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l'ONU tués pendant cette période dans le monde.

L'attaque de dimanche est la plus meurtrière pour l'ONU dans ce pays, toujours en proie à la menace jihadiste malgré plusieurs années d'intervention internationale.

Les Casques bleus tchadiens ont payé un lourd tribut: cinq morts dans l'explosion d'une mine près d'Aguelhoc en septembre 2014, puis cinq autres au cours d'une embuscade au nord de cette ville, en mai 2016.

En avril dernier, des tirs sur le camp d'Aguelhoc avaient également coûté la vie à deux Casques bleus tchadiens et en avaient blessé plusieurs autres.

'Attaque ignoble'

L'attaque coïncide avec l'arrivée à N'Djamena de M. Netanyahu, pour la première visite d'un chef de gouvernement israélien dans ce pays africain à majorité musulmane, parmi les plus engagés dans la lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram et Etat islamique dans la bande sahélo-saharienne et en Afrique de l'Ouest.

Les dirigeants israélien et tchadien ont annoncé à cette occasion la "reprise" des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues par N'Djamena en 1972.

Le représentant du secrétaire général de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a condamné une "attaque ignoble et criminelle". Elle "exige une réponse robuste, immédiate et concertée de toutes les forces pour anéantir le péril du terrorisme au Sahel", a-t-il estimé, tandis que le commandement de la force de la Minusma louait la "bravoure" des Tchadiens lors de leur "riposte héroïque".

La ministre française des Armées, Florence Parly, avait indiqué dimanche matin que la force antijihadiste du G5 Sahel était "en train de reprendre ses opérations". Après une lente montée en puissance, cette force, constituée par cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) et qui doit atteindre 5.000 hommes à pleine capacité, a connu un coup d'arrêt avec l'attaque de son QG le 29 juin à Sévaré, dans le centre du Mali.

Les jihadistes avaient pris le contrôle du nord du Mali en mars-avril 2012, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Ils ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre du Mali depuis début 2018, selon les comptages de l'ONU.

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Exécutions extrajudiciaires: l'ONU accuse les armées malienne et burkinabé

Des troupes de l'armée malienne patrouillent dans l'ancienne ville de Djenné, dans le centre du Mali, le 28 février 2020. (AP Photo)

Les forces de sécurité maliennes ont commis 94 exécutions extrajudiciaires entre le 1er avril et le 30 juin, a affirmé jeudi la Mission de l'ONU au Mali (Minusma). Elle accuse également l'armée burkinabé de 50 exécutions extrajudiciaires sur le territoire malien pendant la même période.

La division des droits de l'homme de la Minusma, dans sa note trimestrielle publiée jeudi, s'inquiète d'une "augmentation des violations graves des droits de l'homme imputables aux forces de sécurité maliennes".

L'ONU, qui avait déjà accusé début avril l'armée malienne d'exactions, a "documenté" 94 cas d'exécutions extrajudiciaires pour lesquels l'armée malienne est impliquée, "particulièrement" dans les cercles de Koro (Mopti) et de Niono (Ségou).

Les accusations d'exactions des forces de sécurité se sont multipliées ces derniers mois au Sahel. A plusieurs reprises, les partenaires internationaux des pays sahéliens ont réclamé enquêtes et sanctions.

Le Mali, avec qui l'ONU indique avoir "formellement partagé" cette note, a annoncé lors de précédentes accusations avoir lancé des enquêtes pour situer les responsabilités.

Dans le centre malien, l'armée a été la cible de nombreuses attaques par des éléments de groupes jihadistes (la dernière en date, dimanche dans le cercle de Niono, 5 morts). Alors, des opérations militaires "se sont parfois apparentées à des opérations de représailles contre les populations civiles" accusées de soutenir les jihadistes, selon l'ONU jeudi.

La Minusma se dit également "préoccupée" par la multiplication des "opérations conduites (par l'armée malienne) avec l'appui des chasseurs dozo".

Ces chasseurs traditionnels, réunis pour beaucoup sous la même bannière d'une milice officiellement dissoute mais qui continue d'opérer, ont été à plusieurs reprises accusés par le passé d'exactions.

Toujours dans le centre du Mali, l'ONU a documenté 50 cas d'exécutions extrajudiciaires commises "entre le 26 et le 28 mai" par l'armée burkinabé, "notamment dans le village de Boulkessi et les campements environnants", zone située à la frontière avec le Burkina Faso.

Cette région du centre du Mali, depuis l'apparition en 2015 d'un groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda, connait une multiplication des violences jihadistes, de milices, intercommunautaires ou liés au brigandage, souvent entremêlées.

Les groupes jihadistes évoluant au Mali se sont eux rendus coupables, entre autres attaques contre des postes de contrôle et camps militaires, de 43 meurtres, 25 enlèvements, des attaques contre des écoles et des humanitaires entre avril et juin, selon l'ONU.

Egalement, six cas de violence sexuelle "imputables aux éléments armés extrémistes" ont été documentés par l'ONU dans le centre du Mali (cercle de Douentza).

Entretien avec le professeur Chérif Keita sur la réhabilitation du site de la "Falaise de Bandiagara"

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Crise malienne: le médiateur Pierre Buyoya insiste sur le dialogue direct

L'ex président burundais Pierre Buyoya avec sa femme Sophie (à dr.), en compagnie de l'ancienne présidente d'Irlande Mary Robinson à Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2014. (REUTERS/Noor Khamis)

L'envoyé spécial de l'Union africaine pour le Mali et la région du Sahel, l'ancien président du Burundi Pierre Buyoya, a exprimé mardi son optimisme quant à l'issue des négociations en cours pour résoudre la crise au Mali.

"Les Maliens ont compris qu'il y a eu échec probablement parce qu'il n'y a jamais eu un dialogue direct entre protagonistes maliens", a déclaré l'ancien président dans un entretien avec Frédéric Nkundikije de la VOA. "Je pense qu'on finira par y arriver", a-t-il ajouté.

M. Buyoya, 70 ans, s’y connaît en matière de résolution des conflits. Il a été président du Burundi à deux reprises, d’abord de 1987 à 1993 et ensuite de 1996 à 2003. Dans les deux cas, à la faveur d’un coup d'État. Il quitte le pouvoir suite à un accord de paix négocié par l'ancien président sud-africain Nelson Mandela.

Depuis son départ de la présidence burundaise, M. Buyoya a contribué à divers efforts de médiation. Il a aussi dirigé des missions d'observation électorale dans de nombreux pays du continent. Autant d'expérience qu'il entend mettre à profit pour une résolution pacifique de la crise malienne.

"Le Mali est un pays important dans le dispositif de sécurité en Afrique de l'ouest", a déclaré M. Buyoya.

La coalition M5-RFP dit non au plan de sortie de crise de la CEDEAO
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Comment les Maliens ont passé la Tabaski

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Cinq soldats maliens ont été tués

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