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Deux postes de l'armée attaqués, deux civils tués

Des soldats du régiment blindé lors 35ème Régiment blindé à Kati, Mali, 4 mai 2018, (Facebook/FaMa).

Deux postes de l'armée malienne proche de la frontière avec le Burkina Faso ont été attaqués lundi par de présumés jihadistes, ont indiqué les Forces armées maliennes (Fama), sans donner de bilan, alors que des sources locales font état de deux civils tués lors d'une des attaques.


"Les postes #FAMa de #Mondoro et de #Boulkessy ont été attaqués ce matin, 30 septembre 2019, par des terroristes. C'était respectivement à 01h00 et 04h30", a indiqué l'armée sur Twitter, en ajoutant que "les détails suivront".

"Au moins deux civils ont été tués à Mondoro", a indiqué à l'AFP un élu local.

"Dans la nuit, les jihadistes armés sont venus à Mondoro. Ils sont allés dans le PC (poste de commandement) du camp situé à l'est. Ils ont tiré. L'armée a reculé. Les tirs des jihadistes ont tué deux civils et en ont blessé trois", a raconté cet élu de Mondoro s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"Le bilan de l'attaque est de deux morts et de trois blessés par balle, de deux véhicules pick-up avec des munitions, de deux chameau et de 12 vaches emportés par les jihadistes", a confirmé une source sanitaire sur place, jointe par messagerie.

Aucun bilan n'était encore disponible à la mi-journée pour l'attaque contre le camp de Boulkessy, qui a été la cible de "tirs d'obus", selon une source militaire malienne interrogée par l'AFP.

Mondoro et Boulkessy sont deux localités du centre du Mali, région en proie aux attaques jihadistes et aux violences intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts ces dernières années.

En mars, neuf soldats maliens avaient été tués dans l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule à Boulkessy. Quelques jours plus tôt, 17 habitants d'un village proche avaient été tués dans l'explosion d'un cadavre piégé.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes islamistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

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Des milliers de personnes soutiennent l'armée, 20 corps découverts dans le centre

Général Keba Sangaré lors de la revue des troupes, au Mali, le 8 septembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Bamako à l'appel de l'opposition pour soutenir l'armée malienne et réclamé un meilleur équipement militaire au gouvernement, qui a le même jour annoncé la découverte de vingt corps dans le centre du pays.

"Vingt corps, dont certains abandonnés dans des puits, ont été retrouvés" mercredi à la suite d'une fouille de l'armée dans des "campements voisins" du village de Peh, dans le cercle de Bankas (région de Mopti, centre), a indiqué vendredi le gouvernement malien dans un communiqué.

Cette découverte fait suite à une intervention de soldats mercredi dans cette zone à la suite "d'informations faisant état d'attaque" du village de Peh "par des individus non identifiés, habillés en tenue de chasseurs". Ils "ont abandonné les troupeaux volés et se sont repliés" au moment de l'arrivée des soldats, selon le gouvernement qui ne précise pas les circonstances de la mort de ces vingt personnes.

A Bamako, environ 15.000 manifestants selon les organisateurs, "plusieurs milliers" selon la police, ont participé vendredi au rassemblement de soutien de l'armée, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

"Non au détournement de nos fonds!", "Vive les FAMA" (forces armées maliennes)", pouvait-on lire sur les banderoles et calicots des manifestants.

"L'armée malienne a été trahie. Nos militaires sont mal équipés. Nous devrions nous battre pour que nos militaires soient à la hauteur. La corruption a empêché d'équiper aussi nos militaires", a déclaré le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé.

"On doit combattre la corruption au sein de l'armée. Les militaires et les ministres qui sont à la base de cette corruption doivent être jugés", a dit l'ancien Premier ministre et opposant, Mohamed Aly Bathily.

MM. Cissé et Bathily faisaient allusion notamment à un achat controversé de matériel militaire, dont deux hélicoptères livrés en 2018 à l'armée malienne puis tombés en panne peu après. Une information judiciaire a été ouverte à ce sujet en octobre à Bamako.

Un rassemblement similaire, le 8 novembre dans la capitale, avait réuni des milliers de personnes.

Ces manifestations sont organisées après la perte ces dernières semaines par l'armée malienne d'une centaine de soldats dans les deux attaques djihadistes les plus meurtrières depuis des années.

Ces revers et la dégradation de la situation sécuritaire ont renforcé les interrogations sur la capacité de l'armée à faire pièce aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles ce vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

Des manifestants ont scandé des slogans antifrançais pour dénoncer, selon eux, "le jeu ambigu" de Paris au Mali où est présente la force française Barkhane, qui mobilise 4.500 militaires français au Sahel.

"Si Paris ne fait rien pour que la crise prenne fin, c'est parce que Paris soutient les rebelles. Si les rebelles sont toujours à Kidal, c'est la faute de Paris", a déclaré à la presse Ouleymatou Diarra, 34 ans, enseignante dans un lycée privé de Bamako.

Kidal, ville du nord-est du Mali sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg, échappe de facto à l'autorité de l'Etat malien.

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Lutte contre les groupes terroristes : les FAMa réajustent leur dispositif

IBK à Gao, le 9 novembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Les Maliens sont en colère depuis l'attaque terroriste contre le camp des forces armées maliennes FAMa à indelimane. Une attaque qui a 54 morts côté malien.

Des marches ont été organisées à Bamako et Kati. Sur le théâtre des opérations, les FAMa sont en train de réajuster leurs positions en réunissant les unités isolées.

Situé dans la région de Gao, Indelimane se trouve à 200 km au nord d'Ansongo, sur la route de Ménaka.

Les populations en colère depuis l'attaque d’Indelimane
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Basé là-bas depuis 2018, le poste mixte des forces armées maliennes (Fama) a été attaqué le vendredi, 1er novembre 2019. " Face à une attaque, on avait besoin d'une réponse urgente et forte. Sur la sécurisation des camps, sur l'équipement des camps, il n'est pas normal que des soldats soient cantonnés sans eau et sans électricité", souligne Maître Mountaga Tall, membre de l'opposition.

"Nous sommes en guerre. Les comportements doivent changer, les postures doivent changer. Ils guettent et la moindre erreur est exploitée contre nous", a déclaré le président malien IBK, qui s'est rendu à Gao le 7 novembre dernier. Il étyait dans le camp Firhoun des FAMa.

La colère des Maliens

Pour le chef de file d'opposition Souamaïla Cissé, "la responsabilité du président de la République est engagée dans les différentes attaques contre l'armée malienne". Selon lui, IBK "a banalisé la mort des civils et militaires, en caché le nombre réel, est incapable d'avoir une couverture aérienne et le minimum d'équipement pour nos troupes, cela engage la responsabilité du chef suprême des armées".

Certains parents des soldats victimes ont protesté dans la ville garnison de Kati. Comme Traoré Lalya Bah, qui explique : ''Nous savons qu'il y a une trahison, il y a comme une force obscure, mais la vérité va se savoir. Nous sommes révoltés contre Barkhane et la Minusma. Nos enfants, Papas, et frères meurent sans raison".

À Bamako, le boulevard de l'Indépendance a été investit par des jeunes et femmes en soutien aux FAMa, selon Amadou Cissé, un manifestant. Ils sont sortis pour soutenir les FAMa "et dire que trop, c'est trop, nous soutenons nos soldats, parce que nous ne pouvons que compter sur nos forces d'abord".

Changement de stratégie des FAMa

Sur le théâtre des opérations, les FAMa réajustent leur dispositif. C'est ce qui ressort d'un communiqué du chef d'Etat-major général des armées, le général de division Abdoulaye Coulibaly.

"C'est ainsi que les postes d'Anderaboukane et d'Indelimane ont replié sur Ménaka, ce 9 novembre 2019. Le poste de Labbezanga a replié sur Ansongo", explique Abdoulaye Coulibaly.

"Dans ce choix opérationnel, d'autres unités seront également concernées. Cette décision s'inscrit dans l'exécution d'un nouveau concept d'opération qui vise à mieux adapter la stratégie à la menace des terroristes et autres narcotrafiquants. Il n'est nullement question d'abandonner les populations".

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