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Deux journalistes en fuite après la diffusion d'un documentaire en RDC

Le réalisateur Gaël Mpoyo a fui la ville de Bukavu après la diffusion du documentaire "Mbobero: la raison du plus fort est toujours la meilleure" ; ici sur une photo publiée le 18 juillet 2018. (Twitter/RSF Africa)

Deux journalistes congolais ont été obligés de fuir leur ville après la diffusion de leur documentaire sur des victimes d'expropriation d'un terrain revendiqué par le président Kabila, a accusé mercredi l'ONG Reporters sans frontières, qui demande aux autorités de garantir leur protection.

Le réalisateur Gaël Mpoyo et le monteur Franck Zongwe Lukawa du film "Mbobero: la raison du plus fort est toujours la meilleure" ont dû fuir la ville de Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 7 juillet, après la diffusion de ce documentaire.

La veille, "les deux journalistes, se sentant déjà menacés, avaient préféré ne pas assister à la première" de leur documentaire, affirme RSF. Ces menaces se sont poursuivies par la suite.

Cette enquête de 27 minutes rassemble les témoignages de plusieurs habitants chassés de leurs villages sur un terrain revendiqué par le président Joseph Kabila, explique RSF.

Après la diffusion du film, Gaël Mpoyo a reçu un appel téléphonique du gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Claude Nyamugabo, lui demandant avec insistance de "ne pas s'exposer en se hasardant de diffuser ce film-documentaire qui, selon son entendement, énervera davantage le Président de la République", note un communiqué du Journaliste en danger (JED), une organisation partenaire de RSF en RDC.

Le documentaire commandé par l'ONG Nouvelle dynamique de la société civile en RDC (NDSCI) fait également intervenir des avocats qui contestent la politique de "déguerpissement" (expulsions) menée par les forces de sécurité. D'après l'enquête, plus de 2.500 personnes ont été délogées, 317 maisons ont été détruites et un hôpital a été rasé depuis 2016, rapporte RSF.

>> Lire aussi : La presse en ligne redoute des pressions comme les réseaux sociaux en RDC

MM. Mpoyo et Zongwe travaillaient, entre autres, pour Vision Shala télévision, une chaîne locale appartenant un homme politique de la majorité au pouvoir.

"En plus des deux journalistes, au moins trois autres personnes ayant participé au documentaire ont dû quitter leur domicile par mesure de précaution", selon RSF.

A Bukavu, l'Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a appelé mardi le gouverneur Nyamugabo à s'impliquer personnellement pour "sécuriser" ces journalistes et leurs proches.

M. Nyamugabo n'a pu être joint par l'AFP.

>> Lire aussi : Demande d'enquête après l'attaque d'une radio-télévision en RDC

La RDC occupe la 154e place dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

Le climat politique est tendu en RDC, à l'approche d'échéances explosives, en perspectives des élections prévues le 23 décembre 2018 qui doivent élire le successeur de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

Avec AFP

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Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

L'OMS appelle à la solidarité régionale dans la lutte contre Ebola

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, lors de la 72ème Assemblée mondiale de la santé à Genève, en Suisse, le 20 mai 2019.

L'appel concerne les neuf pays voisins de la République démocratique du Congo et a été lancé lundi à Brazzaville par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS, lors de la 69e Session du comité régional de l'organisation onusienne pour l'Afrique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à Brazzaville les partenaires des Nations unies, principalement les neuf pays frontaliers de la République démocratique du Congo (RDC) à faire "preuve de solidarité" dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui a déjà tué plus de 1.930 personnes dans ce pays.

"Le moment est venu pour que tous les partenaires, notamment les neuf pays voisins de la RDC, fassent preuve de solidarité pour barrer la route à la propagation d'Ebola", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS.

"La stratégie régionale de surveillance et de riposte de la maladie est si importante. Elle (...) peut combler toutes les lacunes constatées", a-t-il estimé.

"Ebola est une urgence de santé qui est complexe", en RDC où les agents de santé font parfois face à l'insécurité dans les zones touchées puis au manque de confiance de certaines communautés, a-t-il souligné.

Le Dr Ghebreyessus prenait part lundi à Brazzaville à la 69e Session du comité régional de l'OMS pour l'Afrique, qui sera marquée par l'élection du nouveau directeur de l'OMS/Afrique, qui a son siège dans la capitale congolaise.

Au moins 400 participants, dont 47 ministres de la Santé du continent, prennent part à cette session, dont les assises ont été inaugurées par le président congolais Denis Sassou Nguesso.

"Ebola est une maladie évitable et traitable. Nous avons un vaccin qui est à plus de 97% efficace et des médicaments qui le sont à plus de 90%", a affirmé le directeur général de l'OMS.

Par ailleurs, une équipe japonaise spécialisée dans la réponse aux urgences concernant les maladies infectieuses sera déployée à partir de vendredi.

Elle doit permettre le renforcement de la quarantaine et la participations à d'autres activités pertinentes en vue de prévenir la propagation de l'épidémie, a annoncé l'ambassade du Japon en RDC.

En juillet, le comité d'urgence de l'OMS avait élevé la dixième épidémie d'Ebola en RDC au rang d'une urgence de santé publique de portée internationale.

Cette épidémie a déjà tué plus de 1.934 personnes en RDC où elle sévit dans la partie orientale, frontalière de l'Ouganda, du Rwanda ou encore du Burundi.

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