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Deux décennies de relations tendues entre Poutine et les présidents américains


Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président américain Donald Trump à l’occasion de sa commémoration du Jour de l’armistice, cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, à l’Arc de Triomphe, à Paris, le 11 novembre 2018.

Vladimir Poutine, qui doit rencontrer Joe Biden pour la première fois mercredi, a entretenu des relations en dents-de-scie avec les cinq présidents américains qu'il a cotoyés depuis son arrivée au pouvoir fin 1999.

Depuis son entrée en fonction à la Maison Blanche en janvier, Joe Biden affiche une grande fermeté vis-à-vis de son homologue russe.

Bill Clinton: le poids du Kosovo

Si les contacts étaient chaleureux entre Boris Eltsine et son homologue américain Bill Clinton, à peine voilés par les projets d'élargissement de l'Otan à l'Est, c'est la guerre du Kosovo qui gâche la lune de miel post-Guerre froide.

Dès la démission de M. Eltsine le 31 décembre 1999, Washington se méfie déjà de son dauphin, Vladimir Poutine. C'est "un homme dur (...), très déterminé, tourné vers l'action", déclare la cheffe de la diplomatie américaine Madeleine Albright le 2 janvier. "Nous allons devoir surveiller ses actes avec beaucoup d'attention".

Lors du premier sommet Clinton-Poutine en juin 2000, l'Américain fait toutefois en public l'éloge d'un président capable d'édifier une Russie "prospère et forte tout en protégeant les libertés et l'Etat de droit".

George W. Bush: de la camaraderie à la défiance

A l'issue de leur première rencontre, le 16 juin 2001, George W. Bush dit avoir regardé le président russe dans les yeux: "J'ai pu percevoir son âme: celle d'un homme profondément dévoué à son pays (...) Je le considère comme un dirigeant remarquable".

Après les attentats du 11 septembre 2001, Vladimir Poutine, qui a lancé la deuxième guerre de Tchétchénie, offre immédiatement au président Bush sa solidarité dans la "guerre contre le terrorisme".

L'accalmie sera de courte durée: dès décembre 2001, Washington se retire du traité anti-balistique ABM de 1972 pour créer un bouclier antimissile en Europe de l'Est, dénoncé par Moscou.

En 2003, Moscou condamne l'invasion américaine de l'Irak et dénonce un an plus tard l'influence de Washington dans la "révolution orange" en Ukraine.

Barack Obama: un "reset" manqué

En 2009, le président Obama lance le concept de "reset" ("redémarrage") de cette relation. Vladimir Poutine est devenu un an auparavant Premier ministre de Dmitri Medvedev, son protégé.

Peu avant sa première visite en Russie en juillet 2009, le président Obama juge que Poutine "a un pied dans la vieille manière de conduire les affaires, et un pied dans la nouvelle".

"Ce qui m'intéresse, c'est de traiter directement avec mon homologue le président", lâche l'Américain à Moscou.

Malgré des succès initiaux - notamment la signature en 2010 d'un nouveau traité de désarmement nucléaire - la tentative fait long feu. En août 2013, Moscou accorde l'asile politique au fugitif américain Edward Snowden. Quelques jours plus tard, Obama annule un sommet avec le président Poutine, déplorant un retour à "une mentalité de la Guerre froide".

La crise ukrainienne de 2014 - avec l'annexion russe de la Crimée et les sanctions économiques décrétées contre Moscou - puis l'intervention de la Russie en Syrie en 2015 obèrent encore la relation bilatérale.

Donald Trump: le spectre de l'"affaire russe"

Le candidat Donald Trump promet de restaurer de bonnes relations avec la Russie.

Après son élection, son mandat est plombé par les accusations d'ingérence russe dans le scrutin. Lors d'une conférence de presse en juillet 2018 avec Vladimir Poutine, il semble donner plus de poids aux dénégations de son homologue russe qu'aux conclusions du FBI.

"J'ai le président Poutine qui vient de dire que ce n'était pas la Russie (...) Et je ne vois pas pourquoi cela le serait".

Face au tollé qui secoue même son camp républicain, il dira s'être mal exprimé.

"J'aime bien Poutine, il m'aime bien. On s'entend bien", disait-il encore en septembre 2020 lors d'un discours de campagne.

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