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RDC

Destitution du maire de la ville de Beni, dans l'est congolais

Des militants du mouvement de la société civile, Lutte pour le changement (Lucha),à la procession funéraire d'un activiste congolais pro-démocratie tué à Goma, le 14 juin 2018.

Le maire de la ville-martyre de Beni dans l'est de la République démocratique du Congo a été démis de ses fonctions après avoir accusé le gouverneur et les élus d'entretenir l'insécurité dans cette ville, a-t-on appris dimanche de source administrative.

Après le décès le 21 mai à Beni d'un activiste du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) dans la dispersion d'une manifestation contre des massacres des civils par des membres du groupe Forces démocratiques alliées (ADF), des jeunes avaient appelé à la démission du maire.

"Ceux qui tuent à Beni sont les politiciens", a dit le maire Bwanakawa Nyonyi, accusant "les députés nationaux et les députés provinciaux, malheureusement en complicité avec le gouvernement provincial" du Nord-Kivu (est) d'avoir instrumentalisé ces jeunes, dans une interview à une radio locale.

L'objectif poursuivi par ces responsables provinciaux, selon lui, est que la ville de Beni "puisse paraître comme ingouvernable", afin de justifier son remplacement par une personnalité choisie par le gouvernement provincial.

En réaction le gouverneur a décidé de le suspendre "par mesure d'ordre" public, peut-on lire dans l'arrêté consulté par l'AFP.

Le gouverneur reproche au maire suspendu d'avoir "brillé par des actes subversifs allant jusqu'à jeter l'opprobre sur l’exécutif", ainsi que d'avoir manqué au devoir "de réserve sur le plan communicationnel".

Le territoire et la ville de Beni sont le théâtre de massacres effectués par des membres du groupe armé violent ADF qui ont tué au moins 427 civils dans la province du Nord-Kivu depuis novembre, en représailles aux opérations militaires menées contre leurs fiefs.

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Plus de 1000 détenus se sont évadés de la prison de Beni

Un garçon passe devant le mur d'un centre de traitement du virus Ebola à Beni, en RDC, le 1er avril 2019. REUTERS/Baz Ratner

Au moins un millier de prisonniers, dont des présumés membres des Forces démocratiques et alliées (ADF), se sont évadés de la prison de Beni dans l'Est de la République démocratique du Congo, après une attaque attribuée à ce groupe armé, ont indiqué mardi des sources administrative et policière.

"La prison de Kangbayi a été attaquée par des ADF", a déclaré à l'AFP Modeste Muhindo Bwakanamaha, maire par intérim de Beni.

"Seule une centaine de détenus n'ont pas quitté la prison sur les 1.455 qui s'y trouvaient", a-t-il ajouté.

Selon Radio Okapi, les assaillants étaient lourdement armés et ils ont d'abord attaqué une position de l'armée qui surveillait la prison.

"Deux prisonniers (ont été) tués par balles et sur 1.300 détenus, un grand nombre s'est volatilisé dans la nature" après cette attaque conduite "par des rebelles ADF, vers 4h30", a pour sa part indiqué la police sur Twitter.

Des dizaines de militaires et policiers sécurisaient la prison mardi avant midi, tandis que les autorités locales visitaient le lieux, a constaté un correspondant de l'AFP.

Deux véhicules blindés de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) étaient positionnés sur les lieux.

Des riverains venus sur le lieux disaient craindre une recrudescence de "l'insécurité" après cette spectaculaire évasion, d'après les témoignages recueillis par l'AFP.

Les ADF sont accusés du massacre de plus d'un millier de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Ils sont accusés d'avoir tué des centaines de civils rien que depuis novembre l'année dernière, quand l'armée congolaise a annoncé une offensive contre leurs bases et leurs leaders dans la forêt et la jungle autour de Beni.

La radio onusienne Okapi précise que des combattants Maï-Maï faisaient aussi partie de ceux qui se sont évadés lors de l'attaque de mardi.

Les évasions ne sont pas rares dans les prisons surpeuplées de la RDC, construite pour la plupart pendant l'époque coloniale, avant 1960.

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