Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Tunisie

Des Tunisiennes manifestent contre le harcèlement sexuel devant le Parlement

Plusieurs femmes ont manifesté le 13 novembre 2019 devant le Parlement tunisien pour contester la présence d'un député accusé de harcèlement sexuel.

Quelques dizaines de Tunisiennes ont manifesté mercredi en marge de la première session du nouveau Parlement pour protester contre la présence d'un député accusé, images à l'appui, de harcèlement sexuel, une affaire ayant déclenché un déferlement inédit de témoignages sur les réseaux sociaux.

"Le harceleur ne légifère pas", ont scandé les manifestantes devant le palais du Bardo à Tunis, où les 217 nouveaux députés élus lors des législatives du 6 octobre s'apprêtaient à prêter serment, ce qui leur confère une immunité parlementaire pour les cinq ans à venir.

Parmi eux, le député Zouheir Makhlouf, que des images prises le 11 octobre ont montré, semble-t-il, en train de se masturber devant un lycée.

La diffusion virale de ces images a déclenché une vague inédite de témoignages de victimes de harcèlement et d'agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #EnaZeda, "moi aussi", en référence au mouvement #Metoo qui avait libéré la parole de femmes victimes de harcèlement ou d'agressions sexuelles après l'affaire Harvey Weinstein en 2017 aux Etats-Unis.

M. Makhlouf, fraîchement élu à Nabeul (est) sous l'étiquette du parti Qalb Tounes de l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui, a été déféré le 14 octobre devant le parquet de cette ville côtière à 60 km de Tunis.

Visé par une enquête pour "harcèlement sexuel et outrage à la pudeur", il a assuré qu'il était simplement en train d'uriner, en raison d'un diabète. Il est ressorti libre et siégeait à l'ouverture de la mandature 2019-2024, manifestement à l'écart des autres députés.

"L'immunité c'est pour tes missions parlementaires, pas pour tes désirs sexuels", était-il écrit sur une pancarte, tandis que des manifestantes brandissaient des portraits de M. Makhlouf.

L'article 68 de la constitution tunisienne prévoit qu'aucun député ne peut être poursuivi, "arrêté ni jugé en raison d'opinions (...) ou d'actes accomplis en rapport avec ses fonctions parlementaires", une immunité ne couvrant pas en théorie les crimes sexuels ou commis en dehors de ses fonctions.

Mais "la jurisprudence tunisienne fait que (le député) acquiert une immunité qui concerne tous les actes, y compris ceux commis avant l'exercice de ses fonctions", a déploré la juriste Nour Jihène, présente parmi les manifestantes réunies à l'appel d'associations ayant recueilli les témoignages d'#EnaZeda.

Elles ont réclamé une meilleure application de la loi qui, depuis juillet 2017, punit les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel dans les lieux publics. Ce crime est passible d'un an de prison et de 3.000 dinars (environ 950 euros) d'amende.

Toutes les actualités

Onze arrestations après des troubles nocturnes dans le centre-ouest

Les partisans d’Hizb Ut-Tahrir brandissent des drapeaux lors d’un rassemblement à Sidi Bouzid, Tunisie, 17 décembre 2013.

Onze personnes ont été arrêtées à Jelma dans la région tunisienne de Sidi Bouzid (centre-ouest), où des affrontements nocturnes opposent depuis plusieurs jours des jeunes à des policiers, a rapporté mardi le ministère de l'Intérieur.

Depuis le décès vendredi dans cette ville marginalisée d'un jeune de 25 ans, qui s'est immolé par le feu pour protester contre sa situation sociale, des habitants ont manifesté leur colère en bloquant des routes et en s'attaquant aux forces de l'ordre, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Hayouni, et un correspondant de l'AFP sur place.

"Des jeunes âgés entre 11 et 18 ans ont attaqué pendant la nuit (de lundi à mardi) des membres des forces de l'ordre, leur lançant notamment des pierres et blessant au total 20 policiers", a affirmé M. Hayouni.

Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et 11 personnes ont été arrêtées, a-t-il ajouté.

Des centaines de personnes ont par ailleurs incendié des pneus et bloqué plusieurs routes dans la région, selon un correspondant de l'AFP.

Dans un communiqué publié mardi, le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) a exprimé sa "profonde inquiétude de l'état de tension sociale à Jelma", qui montre "l'échec" des gouvernements successifs à présenter des solutions concrètes aux problèmes du chômage et du développement dans le centre du pays.

"L'ignorance des revendications sociales" et le recours à la "confrontation sécuritaire" exacerbent les tensions, a mis en garde le FTDES, appelant les autorités à un "changement radical des politiques économiques et sociales".

En décembre 2010, c'est du centre défavorisé de la Tunisie qu'était partie la contestation sociale qui avait marqué le début des Printemps arabes. Depuis la révolution de 2011, cette région a connu plusieurs troubles sociaux nourris par le chômage et la pauvreté.

En janvier 2016, lors de la dernière importante vague de contestation sociale, la colère déclenchée par le décès d'un chômeur à Kasserine s'était propagée à travers le pays, qui avait dû décréter un couvre-feu des jours durant.

Un accident de bus fait 26 morts

Un accident de bus fait 26 morts
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:31 0:00

26 morts suite à un accident d'autocar

26 morts suite à un accident d'autocar
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:52 0:00

Ennahdha en tête des législatives

Ennahdha en tête des législatives
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:46 0:00

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahdha, élu à la tête du Parlement tunisien

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahdha, élu à la tête du Parlement tunisien
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG