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"Journée de colère" des journalistes tunisiens après des menaces

Un policier tunisien passe un point de contrôle à Kairouan, Tunisie, le 18 mai 2013.

De nombreux journalistes tunisiens ont observé une "journée de colère" à l'appel de leur syndicat, pour protester contre des menaces et exactions policières après une série d'incidents récents.

"Notre crainte en tant que syndicat, c'est qu'il y ait une politique d'Etat pour ramener la presse en arrière", a déclaré Néji Bghouri, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). "Aujourd'hui ils veulent créer une presse aux ordres, ils veulent une presse qui fasse ce qu'ils veulent".

Une centaine de journalistes arborant pour la plupart un brassard rouge en signe de protestation se sont rassemblés devant le siège du syndicat.

Les manifestants réagissaient à une série d'interpellations de journalistes tunisiens et étrangers, à des menaces de viol envers des journalistes publiées sur facebook par un membre de syndicat de police et des propos du ministre de l'Intérieur tunisien sur "l'interception" d'un correspondant, laissant craindre d'éventuelles écoutes téléphoniques.

Plusieurs journaux ont affiché vendredi en Une un encart "presse en colère" et les présentateurs du journal de la mi-journée sur la chaîne publique Wataniya 1 ont arboré le brassard rouge. Des manifestants ont eux brandi une caricature du ministre de l'Intérieur Lotfi Brahem avec un téléphone.

"Nous voyons pour la première fois depuis la révolution, lorsque des journalistes enregistrent ou vont tourner dans la rue, un policier qui vient leur dire +montrez-moi ce que vous avez tourné+ (...). C'est de la censure préventive", a dénoncé M. Bghouri.

Amnesty International a de son côté appelé dans un communiqué le gouvernement à "cesser les attaques contre la liberté d'expression".

"De tels agissements rappellent des pratiques du passé qui n'ont pas leur place dans la société tunisienne moderne", a souligné Amnesty. "La surveillance et le harcèlement policier de journalistes en raison de leur travail est une violation évidente de la liberté de la presse."

La Fédération tunisienne des directeurs de journaux a elle regretté que "le chef de l'État (...) recommence à critiquer la presse internationale entre autres". "Ça nous (rappelle) un moment que nous croyions à jamais dépassé", a dit son président Taïeb Zahar.

Le président Béji Caïd Essebsi a critiqué mi-janvier la couverture par la presse étrangère de protestations sociales ayant secoué plusieurs villes de Tunisie quelques nuits durant. "Le monde entier nous a nui. Il y a eu de l'exagération dans la presse étrangère", a-t-il estimé.

Reporters sans frontières avait alors condamné des pressions sur les journalistes, tandis que le Club des correspondants étrangers en Afrique du Nord (NAFCC) avait exprimé son "inquiétude" devant la "pression grandissante" après la brève interpellation de plusieurs correspondants.

Avec AFP

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Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

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