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Les législateurs américains mettent en garde contre le transfert de fonds d’Ebola au profit de Zika

Des agents de santé venant de prendre un échantillon de sang d'un enfant à tester pour le virus Ebola dans une zone où un garçon de 17 ans est mort du virus en périphérie de Monrovia, au Libéria, 30 juin 2015. (AP Photo/ Abbas Dulleh,File)

Les dangers que continue de poser Ebola ont fait l'objet d'une audience au Sénat, au lendemain d’une annonce de l’administration Obama sur le transfert de fonds au bénéfice du virus Zika.

Les législateurs américains et les autorités sanitaires internationales mettent en garde contre le siphonage des fonds pour Ebola au bénéfice de la lutte contre le virus Zika.

Ebola a tué plus de 11.000 personnes en Afrique de l'Ouest en 2014 et 2015 et reste une menace, selon le sénateur démocrate Ed Markey.

"Bien que les nouveaux cas d'Ebola aient considérablement diminué, le virus est encore présent, et les conditions qui en ont fait une épidémie persistent", a-t-il déclaré jeudi au Sénat américain.

Mercredi, la Maison Blanche a annoncé qu'elle transférera près de 600 millions de dollars de fonds, en grande partie des ressources Ebola, pour combattre le virus Zika, qui se propage rapidement en Amérique.

Un mauvais calcul, selon Sophie Delaunay de Médecins Sans Frontières.

"S’il s’agit de passer d'une priorité à l'autre, alors c’est inquiétant, parce que l'une des leçons que nous avons apprises d’Ebola [est] que nous devons être prêts. Ça va revenir", a prévenu le docteur.

L'administration Obama dit être obligée de transférer des fonds pour Zika parce que le Congrès n'a pas approuvé une demande de 1,9 milliard de dollars pour répondre à la maladie transmise par les moustiques.

Quoi qu’il en soit, le sénateur républicain Jeff Flake dit qu’Ebola ne doit pas être ignoré.

«L’épidémie [d’Ebola] a anéanti les systèmes de soins de santé déjà faibles dans trois pays touchés [en Afrique de l'Ouest]. Elle a également continué de faire des ravages sur leurs économies, ce qui complique le rétablissement pour les institutions gouvernementales et entrave un retour à la normale», a souligné M. Flake.

Et le démocrate Chris Coons de noter que le virus Ebola est loin d'être éradiqué.

"Il y a un réservoir animal du virus Ebola qui a probablement été actif en Afrique de l'Ouest pendant 40 ans, comme nous l’avons découvert. Il y a probablement eu toute une série de petites épidémies dans les villages reculés dont le reste du monde n'a jamais eu connaissance. Et il y a, bien sûr, la possibilité que ce virus mute et devienne plus mortel", a précisé le sénateur.

Les autorités sanitaires ont exhorté les législateurs à adopter une approche globale pour la lutte contre les épidémies, plutôt que le financement fragmentaire quand les situations d'urgence surviennent.

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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Décès de la juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour suprême américaine

Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des États-Unis, s'exprime à l'Université de Californie à Berkeley, à Berkeley, Californie, le 21 octobre 2019. (Photo AP/archives)

La juge Ruth Bader Ginsburg, l’une des 9 de la Cour suprême, est décédée vendredi à l’âge de 87 ans d’un cancer du pancréas, selon une déclaration de la plus haute juridiction américaine.

Mme Ginsburg est morte à son domicile à Washington entourée des membres de sa famille.

Très adulée par la gauche américaine, Mme Ginsburg avait été nommée à la Cour suprême par le président Bill Clinton en 1993.

Elle a été la deuxième femme nommée à la Cour, après Sandra Day O’connor.

Elle y a siégé pendant plus de 27 ans.

"Notre nation a perdu une juriste d'une stature historique. À la Cour suprême, nous avons perdu une collègue très chère. Aujourd'hui, nous sommes en deuil, mais avec la certitude que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg telle que nous l'avons connue: une championne infatigable et résolue de la justice", a déclaré le juge John G. Roberts, président de la Cour suprême.

Selon les lois américaines, il revient au président américain de nommer un remplaçant, avec l’avis du sénat.

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