Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Asie

A la recherche des boîtes noires du Boeing disparu au large de l'Indonésie

Les sauveteurs déposent des sacs mortuaires contenant des restes humains récupérés sur le site du crash du vol SJ182 de Sriwijaya Air au port de Jakarta le 10 janvier 2021, à la suite du crash du 9 janvier du Boeing 737-500 dans la mer de Java. (AFP/ Dany Krisnadhi)

Des plongeurs indonésiens exploraient le fond marin au large de Jakarta lundi à la recherche des boîtes noires du Boeing qui s'est abîmé en mer avec 62 personnes à bord ce week-end, tandis qu'à terre le travail d'identification des victimes commence.

Remonter à la surface les boîtes noires, qui contiennent des enregistrements vocaux et des données de vol du Boeing 737-500 de Sriwijaya Air qui s'est abîmé dans la mer de Java quelques minutes après son décollage samedi, est crucial pour permettre aux enquêteurs de déterminer les causes de l'accident.

Une vaste opération de recherches, en cours, impliquant 2.500 sauveteurs et militaires a permis de localiser le signal de deux boîtes noires de l'appareil.

Les secours ont indiqué dimanche soir avoir récupéré dix sacs contenant des restes humains ainsi que seize gros morceaux de fuselage et dix sacs de débris à quelque 23 mètres de profondeur.

Des images diffusées par la marine montrent un fond marin jonché de débris mais les équipes doivent agir vite car les courants dans cette zone des "mille îles" au large de Jakarta peuvent les emporter.

Au principal port de Jakarta, les sacs contenant des restes humains ont été aspergés de désinfectant et transférés vers un hôpital de la police où les enquêteurs vont chercher à les identifier grâce à des échantillons d'ADN prélevés chez des proches des victimes.

Les 62 passagers et membres d'équipage du vol à moitié plein étaient Indonésiens. Dix enfants étaient à bord, dont 3 âgés de moins de trois ans.

"Aujourd'hui, nous allons élargir la zone de recherche (...) et collecter tout ce que nous pouvons récupérer, des débris ou des victimes", a expliqué lundi à des journalistes Rasman MS, responsable de l'équipe des secours pour cet accident.

"Cela va être une opération de 24 heures. Sans pause. Plus nous pouvons trouver des victimes rapidement, mieux ce sera".

Dernier accident d'une série

L'enquête sur l'accident, le dernier en date d'une série de catastrophes aériennes en Indonésie, pourrait prendre des mois.

Des spécialistes de l'aviation ont souligné que les données de vol indiquent que l'appareil a fortement dévié de sa trajectoire prévue avant de chuter brutalement de quelque 10.000 pieds (3.000 mètres) en moins d'une minute, avant de plonger dans la mer de Java.

Ils estiment que le mauvais temps - des pluies torrentielles qui avaient retardé le décollage - des erreurs de pilotage ou un problème technique ont pu être des facteurs du drame.

Stephen Wright, professeur de systèmes aéronautiques à l'université finlandaise de Tampere, estime que la vitesse relativement basse de l'avion était un signe d'alerte.

"Il s'est passé quelque chose de dramatique après le décollage", a-t-il indiqué à l'AFP.

La compagnie a bas prix Sriwijaya Air, qui dessert des destinations en Indonésie et Asie du Sud-Est n'a pas donné d'informations sur ce qui a pu se passer dans cet appareil vieux de 26 ans, exploité précédemment par Continental Airlines et United Airlines aux Etats-Unis.

C'est le premier accident mortel impliquant Sriwijaya depuis les débuts de la compagnie en 2003.

Mais le secteur du transport aérien en Indonésie a régulièrement connu des tragédies ces dernières années et plusieurs compagnies aériennes de ce pays ont été interdites en Europe jusqu'en 2018.

En octobre 2018, 189 personnes sont mortes dans l'accident d'un Boeing 737 MAX exploité par Lion Air qui s'est aussi abîmé dans la mer de Java, douze minutes après son décollage de Jakarta.

Un accident impliquant le même modèle d'avion en Ethiopie a débouché sur l'immobilisation pendant des mois de ce type d'appareil et une mise en cause du constructeur.

L'avion de Sriwijaya n'appartient pas à la nouvelle génération controversée de Boeing 737 MAX mais est un Boeing 737 "classique".

En 2014, un avion de la compagnie AirAsia reliant Surabaya en Indonésie à Singapour s'est écrasé avec 262 personnes à bord. Et un an plus tard, un avion militaire s'est écrasé sur une zone résidentielle à Medan (Sumatra) faisant plus de 140 morts au total.

Toutes les actualités

Covid-19: Plus de de 2 millions de morts dans le monde

Covid-19: Plus de de 2 millions de morts dans le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:00 0:00

L'inventeur du Web opposé au plan australien pour faire payer Facebook et Google

L'informaticien anglais Tim Berners-Lee, mieux connu comme l'inventeur du World Wide Web, prononce un discours lors d'un événement au CERN à Meyrin près de Genève, en Suisse, le mardi 12 mars 2019 marquant les 30 ans du World Wide Web. (AP/ Fabrice Coffrini / Piscine, Keystone)

Tim Berners-Lee, principal inventeur du Web en 1989, affirme que le projet de l'Australie visant à forcer les géants du numérique à rémunérer les médias pour l'utilisation de leurs contenus est "irréalisable" et sape un "principe fondamental" de l'internet.

Canberra a présenté un projet de "code de conduite contraignant" censé gouverner les relations entre des médias en grandes difficultés financières et les géants qui dominent l'internet, au premier rang desquels Google et Facebook. Cette règlementation, qui pourrait entrer en vigueur cette année, serait une première mondiale.

Dans un mémoire daté du 18 janvier, le physicien britannique Tim Berners-Lee déclare qu'il comprend la nécessité pour les éditeurs de presse d'être "correctement récompensés" pour leur travail. Mais "les contraintes sur l'utilisation des liens hypertextes ne sont pas la bonne façon d'atteindre cet objectif", affirme-t-il.

Dans le cadre d'une enquête du Sénat australien concernant l'initiative, il écrit que "la capacité de créer des liens (hypertextes) librement, c'est-à-dire sans limites quant au contenu du site lié et sans frais, est fondamentale pour le fonctionnement du Web, la façon dont il a prospéré jusqu’à présent et dont il continuera de croître dans les décennies à venir".

Le projet de l'Australie prévoit des pénalités de plusieurs millions d'euros en cas d'infraction et vise le "fil d'actualité" de Facebook et les recherches sur Google. Les deux géants de l'internet ont menacé en retour de limiter leurs services aux internautes australiens.

"Si ce précédent était suivi ailleurs, il pourrait rendre le web inapplicable dans le monde entier", estime Tim Berners-Lee, qui "exhorte donc respectueusement" l'Australie à "retirer ce mécanisme" du code.

Berners-Lee est l'inventeur en 1989 du système de lien hypertexte, soit la possibilité à partir d'une page, de cliquer sur des mots-clés, qui conduisent directement à la page qui leur est consacrée, elle-même contenant des liens vers d'autres pages et ainsi de suite.

Le Bureau du représentant américain chargé du Commerce a également exhorté Canberra à abandonner son plan "accablant", affirmant qu'il pourrait y avoir "des conséquences négatives à long terme" pour les consommateurs et les entreprises.

L'initiative australienne est suivie de près à travers le monde, à un moment où les médias d'information souffrent dans une économie numérique où les revenus publicitaires sont de plus en plus captés par de grandes entreprises de technologie. Elle a reçu le soutien des médias australiens.

La crise des médias a été aggravée par l'effondrement économique provoqué par l'épidémie de coronavirus. En Australie, des dizaines de journaux ont été fermés et des centaines de journalistes licenciés.

Alexeï Navalny a appelé ses partisans à manifester contre le pouvoir russe

Alexeï Navalny a appelé ses partisans à manifester contre le pouvoir russe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:06 0:00

Deux ans et demi de prison pour le patron de Samsung, rejugé pour corruption

Lee Jae-yong, vice-président de Samsung Electronics , face aux journalistes à son arrivée à la Haute Cour de Séoul le 18 janvier 2021.

L'héritier de Samsung Lee Jae-yong a été condamné lundi à Séoul à deux ans et demi de prison dans un retentissant scandale de corruption, une décision qui prive le géant technologique sud-coréen de son principal décideur.

Officiellement, Lee Jae-yong est vice-président de Samsung Electronics, premier fabricant au monde de smartphones et de puces mémoire. Mais dans les faits, il est celui qui a repris le flambeau à la tête du conglomérat depuis que son père Lee Kun-hee, l'artisan du décollage mondial du groupe, s'est mis en retrait en raison de problèmes de santé. Le patriarche est décédé en octobre.

Samsung est, de loin, le plus grand des "chaebols", ces empires industriels familiaux qui dominent la 12ème économie mondiale. Son chiffres d'affaires global représente un cinquième du PIB sud-coréen et est donc crucial pour la santé économique du pays.

M. Lee faisait l'objet d'un nouveau procès dans l'affaire à tiroirs qui avait entraîné la destitution en 2017 de l'ex-présidente Park Geun-hye, puis son incarcération. Il a été reconnu coupable de corruption et de détournements de fonds.

Il "a versé volontairement des pots-de-vin et demandé à la présidente d'user de son pouvoir pour faciliter son accession en douceur" à la tête du conglomérat, a indiqué le tribunal du district central de Séoul.

"Il est très malheureux que Samsung, la plus grande entreprise du pays et un fleuron mondial de l'innovation, soit de façon répétée impliqué dans des crimes dès que le pouvoir politique change."

"Enorme coup dur pour Samsung"

Le dirigeant, âgé de 52 ans, avait refusé de répondre aux questions des journalistes en arrivant libre, au tribunal. Après l'annonce du verdict, il a immédiatement été emmené en détention.

Pour certains analystes, cette incarcération va créer un vide qui pourrait nuire au processus de décision à la tête du groupe, notamment sur les grands investissements futurs.

"C'est vraiment un énorme coup dur, une grosse crise pour Samsung", a déclaré Kim Dae-jong, professeur à l'Université Sejong.

Samsung Electronics n'a pas réagi au verdict. Comme beaucoup de groupes technologiques, il a vu son action monter pendant la pandémie. Mais le titre a clôturé lundi sur un recul de 3,4%.

Dans cette affaire, M. Lee avait en 2017 été condamné à cinq ans de prison. En appel, la plupart des poursuites pour corruption avaient été écartées et M. Lee avait écopé d'une peine de prison avec sursis. Mais la Cour suprême avait ensuite ordonné un nouveau procès.

L'affaire porte sur des millions de dollars que le groupe avait versé à la confidente de l'ombre de la présidente, Choi Soon-sil. Des pots-de-vin qui étaient selon l'accusation destinés à faciliter la passation de pouvoir à la tête du conglomérat, alors que Lee Kun-hee était alité après une attaque cardiaque en 2014.

La Cour suprême a définitivement confirmé jeudi dernier la condamnation de l'ex-présidente Park à 20 ans de prison, notamment pour abus de pouvoir.

Arrêt "regrettable"

Ce scandale avait souligné une fois de plus les accointances troubles entre le pouvoir sud-coréen et les grandes familles qui contrôlent les "chaebols", ces conglomérats à l'origine du prodigieux redressement du pays après la Guerre de Corée.

"C'est fondamentalement une affaire dans laquelle la liberté et les droits de propriété d'une entreprise ont été violés par les abus de pouvoir de l'ancienne présidente", a dénoncé devant les journalistes l'avocat de la défense Lee In-jae.

"Au vu de la nature de l'affaire, je trouve l'arrêt de la cour regrettable."

En mai 2020, l'héritier avait présenté de rares excuses devant les médias, en particulier pour le processus de succession controversé qui lui permet de prendre la tête du groupe fondé par son grand-père Lee Byung-chull.

Lee Jae-yong avait même promis qu'il serait le dernier dans la ligne de succession familiale et que ses enfants n'en hériteraient pas.

Son père et son grand-père ont également eu maille à partir avec la justice, mais aucun n'a purgé de peine de prison.

Par le passé, les grands patrons condamnés pour fraude fiscale ou corruption ont souvent bénéficié d'une grâce présidentielle pour services rendus à l'économie.

Dans un communiqué, la Fédération des industries coréennes s'est inquiétée d'un risque "d'impact négatif" du jugement sur "l'ensemble de l'économie".

M. Lee "a contribué à soutenir l'économie au travers d'investissements audacieux et de créations d'emploi dans le contexte de la crise économique liée au coronavirus".

Samsung Electronics a annoncé il y a dix jours qu'il anticipait au quatrième trimestre un bond de 25% de son bénéfice opérationnel, dopé par la très forte demande en puces induite par l'essor du télétravail pendant la pandémie.

Navalny: rassemblement à Moscou où l'opposant est détenu

Navalny: rassemblement à Moscou où l'opposant est détenu
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:36 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG