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Des milliers des déplacés vivent difficilement dans les environs de Beni


La vie reprend normalement à Oicha sur cette image un véhicule blindés de la Monusco est coincé sur la route en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Après la vague des tueries qui a secoué le territoire de Beni de 2014 à 2016, une accalmie relative s’est installée dans la région.  Des milliers des ménages ayant fuit les atrocités dans leurs villages se sont déplacés dans les agglomérations mieux sécurisées, telles que Oicha et Mavivi. Leur vie reste un véritable calvaire, selon le correspondant de VOA Afrique sur place

La vie a repris ses couleurs à Oicha à une trentaine de kilomètres de Beni ville, mais derrière ce calme relatif se cache un drame, la vie difficile des milliers des déplacés qui y vivent.

"Des villages ont été totalement vidés, et il n'existe pas de sites officiels ouverts par l'État, la situation est grave", alarme Richard Kirimba, 2e vice-président du conseil de la jeunesse de Beni.

À l’école primaire Mwangaza, le constat est amer. Alors que dans les salles de classe, les élèves suivent le cours, dehors, c’est un autre spectacle d’abandon et de désolation qui s’offre aux yeux.

Des enfants des déplacés dans une salle de classe à l'école primaire Mwangaza qui leur sert de logis, en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)
Des enfants des déplacés dans une salle de classe à l'école primaire Mwangaza qui leur sert de logis, en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)

L’insalubrité est perceptible et, aux alentours de l’école, des déplacés visiblement très affamés sont allongés à même le sol le regard vide en attendant que les cours s’arrêtent.

"Ce sont des gens qui ont fui et vivent dans des conditions très précaires", raconte Janvier Kasairo, président territorial des jeunes de Beni.

Personne ne veut s'exprimer sur les conditions de vie. "Ça ne sert à rien car rien ne va changer", "l’humanité nous a tourné le dos", se lamentent-ils.

Parmi les salles de classe transformées en logis de circonstance pour ces déplacés, une salle sert à la fois de chambre, de salon et de cuisine où enfants et adultes sont exposés aux intempéries.

Dans une salle de classe de l'Ep Mwangaza, en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)
Dans une salle de classe de l'Ep Mwangaza, en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)

"Ce ne sont pas des sites aménagés, où des personnes de tout âge vivent ensemble. Tous les matins, on leur demande de quitter l'école", confie Richard Kirimba.

Les déplacés étaient 900 ménages dans les écoles au début de la crise, selon le bureau de la société civile de Beni. Au fur et à mesure des interventions d'organisations humanitaires, des déplacés ont abandonné les écoles pour louer des maisons à bas prix dans la cité d’Oicha.

Les déplacés trouvent des travaux à faire.

"Certains font des champs, d'autres creusent des toilettes, beaucoup s'occupent du concassage des noix, et les revendent au marché", explique Désiré kimoto, chargé de la planification au sein de la CAD "coordination d’aides au déplacés".

Vue sur la cité d'Oicha en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)
Vue sur la cité d'Oicha en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Selon la coordination d’aides aux déplacés (CAD), une organisation locale basée à Oicha, plus de 3 800 ménages étaient recensés fin mai 2017 dans la commune rurale d’Oicha après plusieurs vagues de déplacements.

Désiré Kimoto souligne que parmi les déplacés recensés à Oicha, 400 ménages bantous et semi-bantous sont encore établis dans des écoles, plus de 200 ménages pygmées sont dans les sites de Mbimbi, Mabasele et Oicha 1er et plus de 3.000 ménages vivent difficilement dans des familles d’accueil à Oicha.

Face à la pénurie d'eau à Oicha, les déplacés tentent de capter l'eau de pluie pour divers besoins en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)
Face à la pénurie d'eau à Oicha, les déplacés tentent de capter l'eau de pluie pour divers besoins en RDC, le 3 mai 2017. (VOA/Ernest Muhero)

​Le président chargé de la supervision de l’axe de Beni-Eringetti au sein de cette organisation, Mutimabisa Nzoghiera ajoute qu’environ 3.000 autres déplacés sont établis dans les agglomérations avoisinantes de Mavivi, Mbau, Mandumbi, Mamove et Mayi Moya.

La population locale témoigne que, depuis peu, on assiste à des interventions des humanitaires aussi bien dans le secteur médical et sanitaire tout en aidant à la scolarisation des déplacés. Quelques ONG internationales donnent de l'argent en liquide à certains ménages déplacés considérés plus vulnérables.

Mais pour le président des jeunes de Beni, Janvier Kasairo, il faut davantage sécuriser les villages de ces déplacés "pour améliorer la situation".

Ernest Muhero, de Oicha, en territoire de Beni au Nord-Kivu

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