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Des employés du consulat saoudien entendus sur la disparition de Khashoggi

Un journaliste filme derrière une barrière bloquant la route menant au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, le 19 octobre 2018.

Le parquet turc a recueilli les témoignages d'employés turcs du consulat saoudien à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Au total, 15 membres du personnel du consulat ont été entendus, a précisé la chaîne de télévision privée NTV. Les autorités turques avaient fouillé cette semaine ce bâtiment et la résidence du consul saoudien.

Les enquêteurs turcs ont par ailleurs procédé à des recherches dans une vaste forêt à Istanbul, des images de vidéosurveillance prises le 2 octobre, jour de la disparition de Jamal Khashoggi, ayant permis de voir au moins un véhicule muni de plaques diplomatiques y pénétrer après avoir quitté le consulat, selon les médias

Le journaliste n'a pas été revu depuis qu'il s'est rendu au consulat à Istanbul pour une démarche administrative et des responsables turcs affirment qu'il y a été assassiné par un commando spécialement envoyé de Ryad.

La presse turque, disant s'appuyer sur des enregistrements sonores réalisés sur place, publie depuis plusieurs jours des informations accablantes pour Ryad, selon lesquelles Jamal Khashoggi a été torturé et décapité dans le consulat dès le jour de sa disparition.

Pour le New York Times, la monarchie saoudienne pourrait faire porter le chapeau de l'affaire Khashoggi à un haut responsable des services de renseignement, le général Ahmed Assiri, qui est aussi est un conseiller de "MBS", le surnom du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Mais la diffusion, jeudi, de nouvelles images retraçant les mouvements à Istanbul d'un officier des services de sécurité proche de Mohammed ben Salmane, a renforcé les soupçons sur une implication de Ryad au plus haut niveau dans la disparition de Jamal Khashoggi, un chroniqueur du Washington Post installé aux Etats-Unis depuis 2017 après être tombé en disgrâce à la cour royale d'Arabie.

Devant cette accumulation d'indices, le président américain, qui a d'abord cherché à ménager son allié saoudien, a pour la première fois admis jeudi que ce journaliste était très probablement mort, menaçant l'Arabie saoudite de "très graves" conséquences si sa responsabilité était avérée.

"Cela me semble bien être le cas. C'est très triste", a déclaré Donald Trump, interrogé jeudi sur le possible décès Jamal Khashoggi. "C'est mauvais, très mauvais", a-t-il ajouté.

Ces déclarations marquent un net changement de ton de la part du locataire de la Maison Blanche. M. Trump avait en effet dans un premier temps opté pour une posture moins tranchée et avait mis en avant les énormes intérêts stratégiques liant son pays au royaume sunnite, citant la lutte contre le terrorisme, la nécessité de contrer l'influence de l'Iran chiite mais aussi les contrats d'armement et leurs retombées économiques.

Washington a cependant décidé d'accorder un délai supplémentaire de "quelques jours" aux Saoudiens pour expliquer la disparition de ce journaliste, a fait savoir le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, de retour d'un déplacement à Ryad et à Ankara.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a démenti vendredi que son pays ait fourni au secrétaire d'Etat américain au cours de sa visite "un quelconque enregistrement sonore" permettant de déterminer ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi.

"Il est hors de question pour la Turquie de fournir un quelconque enregistrement sonore à Pompeo ou à tout autre responsable américain", a martelé M. Cavusoglu.

Selon M. Trump, les Etats-Unis ont demandé à avoir accès à cet enregistrement "s'il existe".

Le chef de la diplomatie américaine a lui-même démenti des informations de médias américains selon lesquelles il avait eu accès à ce supposé enregistrement.

Devant l'ampleur prise par l'affaire Khashoggi, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a annoncé jeudi qu'il ne se rendrait pas à une conférence économique organisée à Ryad, suivant l'exemple d'un nombre croissant de personnalités de premier plan, dont le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et le Comité de protection des journalistes ont appelé jeudi la Turquie à demander une enquête de l'ONU,"meilleure garantie contre une volonté de blanchir l'Arabie saoudite ou contre les tentatives d'autres gouvernements de passer sous silence le problème afin de préserver des relations commerciales lucratives avec Riyad".

Les Emirats arabes unis, principaux alliés de l'Arabie saoudite dans le Golfe, ont mis en garde vendredi contre toute tentative de "déstabiliser" ce pays.

Sur son compte Twitter, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash a souligné la posture "ferme" d'Abou Dhabi contre la "politisation (de l'affaire), les préjugés et les tentatives de déstabilisation de l'Arabie saoudite".

Avec AFP

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Le Premier ministre australien condamne un tweet "scandaleux" de la diplomatie chinoise

Le premier ministre australien, Scott Morrison, lors d'une conférence à Sydney, 28 février 2020.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a dénoncé lundi avec colère un tweet "scandaleux" émanant d'un porte-parole du gouvernement chinois et a demandé à Pékin de présenter formellement ses excuses.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a suscité l'indignation en postant une mise en scène dans laquelle un homme, habillé en soldat australien, tient un couteau plein de sang contre la gorge d'un enfant afghan.

L'illustration controversée est le travail d'un artiste chinois du nom de Wuheqilin, qui s'était fait connaître par ses créations pro-Pékin lors des manifestations à Hong Kong l'an dernier.

L'affaire intervient quelques jours après la publication d'un rapport sur des crimes de guerre qui auraient été commis par des soldats australiens en Afghanistan entre 2005 et 2016.

M. Morrison a qualifié ce tweet, qui provient d'un compte officiel du gouvernement chinois, "d'insulte scandaleuse et dégoûtante" à l'encontre des forces armées australiennes, et a appelé Twitter à le supprimer.

"Il est scandaleux et ne peut être justifié sur quelque base que ce soit. Le gouvernement chinois devrait avoir honte de cette publication", a déclaré Scott Morrison à propos de ce tweet qui a suscité des milliers de réactions en quelques heures.

"Cela ne (le) grandit pas aux yeux du monde entier", a-t-il ajouté.

Dans son tweet, le porte-parole du gouvernement chinois se dit "choqué par les meurtres de civils et de prisonniers afghans (perpétrés) par des soldats australiens".

"Nous condamnons fermement de tels actes et nous demandons qu'ils en soient tenus responsables", ajoute Zhao Lijian.

Invitée à réagir à cette polémique, sa collègue et porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé devant la presse que "le gouvernement australien devrait avoir honte" des actes de ses soldats en Afghanistan.

L'Australie doit "présenter [...] des excuses officielles au peuple afghan", a-t-elle jugé.

Cette affaire est le dernier exemple d'un nouveau type de communication agressive de Pékin envers les pays étrangers.

Depuis l'an dernier, de nombreux diplomates ont investi Twitter (pourtant bloqué en Chine), où ils défendent parfois avec véhémence et controverse la position de leur gouvernement.

En mars déjà, Zhao Lijian avait provoqué une vive polémique en suggérant que des militaires américains avaient pu apporter le nouveau coronavirus en Chine, où il est apparu à la fin de l'an dernier.

Les relations entre Canberra et Pékin n'ont cessé de se détériorer au cours des derniers mois après que le gouvernement australien a réclamé une enquête sur l'origine du Covid-19.

La Chine, premier partenaire commercial de l'Australie, a annoncé vendredi l'imposition de lourdes surtaxes compensatoires sur le vin australien en raison d'un dumping supposé, dernière en date d'une série de sanctions économiques contre les intérêts de Canberra.

Joachim Löw confirmé comme sélectionneur allemand

L’entraîneur allemand Joachim Löw donne des instructions à ses joueurs lors d’un match entre l’Allemagne et l’Espagne à Vig, Espagne, 18 novembre 2014.

Le sélectionneur allemand Joachim Löw, menacé d'éviction après la déroute 6-0 en Espagne en novembre, a finalement été confirmé à son poste lundi et dirigera la Mannschaft à l'Euro, annonce la Fédération allemande de football (DFB).

"Le présidium de la DFB a décidé unanimement ce lundi lors d'une téléconférence, de poursuivre avec le sélectionneur Joachim Löw le difficile chemin du renouvellement entamé en mars 2019", affirme la DFB dans un communiqué, publié à l'issue d'une réunion au sommet entre ses hauts dirigeants et le coach de 60 ans, en poste depuis 2006.

Le présidium, qui devait se réunir vendredi pour trancher l'avenir de Löw, a donc avancé sa décision et s'est rangé à l'avis "du comité directeur et d'Oliver Bierhoff, directeur des équipes nationales", précise la DFB.

Lundi matin, les cinq plus hauts dirigeants de la Fédération ont rencontré Joachim Löw, dont la tête ne semblait plus tenir qu'à un fil après la défaite 6-0 contre l'Espagne en Ligue des nations le 17 novembre, la plus lourde déroute de l'équipe d'Allemagne depuis 1931.

"Lors de cette réunion, Joachim Löw a informé les participants de ses analyses, de ses conceptions et de ses projets", assure le communiqué de la DFB: "les membres du comité directeur ont conclu unanimement que la haute qualité du travail de l'équipe d'entraîneurs, la relation intacte entre le sélectionneur et l'équipe, et un concept clair sur la marche suivie jusqu'ici et à suivre encore étaient des arguments valables".

"Un match isolé ne peut et ne doit pas servir de mesure pour l'ensemble de la performance de l'équipe nationale et du sélectionneur", ajoute la DFB, en référence à la débâcle espagnole.

"Notre regard doit rester fixé sur la préparation de l'Euro l'année prochaine. Nous avons la ferme conviction que Joachim Löw et son équipe d'entraîneurs réussiront (...) malgré une situation difficile pour tout le monde", ajoute la DFB.

Casque et lunettes à l'appui, voici Bogie, le chien-motard des Philippines

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Joe Biden nomme une équipe de communication à la Maison Blanche entièrement féminine

La porte-parole du département d'État, Jen Psaki, participe à une réunion à Washington, le 27 février 2015.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé dimanche la composition de son équipe de communication à la Maison Blanche, qui sera exclusivement féminine, ce que son entourage a qualifié de première dans l'histoire du pays.

Parmi les personnes désignées figure Jen Psaki, qui occupera le poste très en vue d'attachée de presse de la Maison Blanche.

Jen Psaki, 41 ans, a occupé plusieurs postes haut placés, dont celui de directrice de la communication de la Maison Blanche sous l'administration Obama-Biden.

"Honorée de travailler à nouveau pour @JoeBiden, un homme pour lequel j'ai travaillé sous l'administration Obama-Biden lorsqu'il a contribué à diriger la reprise économique, reconstruit nos relations avec nos partenaires (ce qui se révèle une bonne pratique) et a apporté de l'empathie et de l'humanité dans presque toutes les réunions auxquelles j'ai assisté", a réagi Jen Psaki sur Twitter.

Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris cherchent à mettre l'accent sur la diversité dans les nominations annoncées jusqu'à présent, avant de prêter serment le 20 janvier.

"Je suis fier de présenter aujourd'hui la première équipe de communication pour la Maison Blanche composée exclusivement de femmes", a indiqué M. Biden dans un communiqué.

"Ces professionnelles de la communication, qualifiées et expérimentées, apportent des perspectives variées à leur travail et partagent le même engagement pour reconstruire ce pays", a-t-il ajouté.

Postes économiques

En plus de Mme Psaki, six autres femmes ont été nommées.

Parmi elles, Kate Bedingfield, directrice adjointe de campagne de M. Biden, a été nommée directrice de la communication de la Maison Blanche. Mme Bedingfield a déjà officié en tant que directrice de la communication de Biden alors qu'il était vice-président.

Ashley Etienne deviendra directrice de la communication de Kamala Harris et Symone Sanders est propulsée conseillère et porte-parole de la vice-présidente.

Pili Tobar a été nommée directrice adjointe à la communication de la Maison Blanche et Karine Jean Pierre, attachée de presse adjointe.

Elizabeth Alexander sera la directrice de communication de la future Première dame Jill Biden.

Ces nominations ne nécessitent pas la confirmation du Sénat, contrairement à la plupart des postes du cabinet.

D'autres nominations devraient intervenir dans la semaine. Selon le New York Times, elles comprendront celle de Cecilia Rouse à la tête du Cercle des conseillers économiques du président, première femme noire à ce poste.

Neera Tanden prendrait la direction du Bureau de la gestion et du budget, première Indienne Américaine à cette position.

Cela fait suite à la nomination attendue de Janet Yellen, l'ancienne présidente de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, pour devenir la première femme secrétaire au Trésor, si elle est confirmée par le Sénat.

Violences contre un Noir en France: quatre policiers mis en examen

La scène de tabassage de Michel Zecler par quatre policiers à Paris, le 27 novembre 2020.

Quatre policiers ont été mis en examen et deux d'entre eux écroués dans l'information judiciaire ouverte sur le tabassage du producteur noir Michel Zecler dans la nuit de dimanche à lundi, dans cette affaire qui électrise le débat en France autour des violences policières et de la loi "sécurité globale".

Parmi ces quatre policiers mis en examen par un juge d'instruction, trois l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)" et "faux en écriture publique", conformément aux réquisitions du parquet de Paris annoncées par le procureur de la République Rémy Heitz dimanche après-midi.

Ce sont les trois policiers au cœur de la vidéo de Loopsider dévoilée jeudi qui a fait scandale et provoqué la "honte" du chef de l'Etat Emmanuel Macron, alors que l’Élysée a appelé M. Zecler samedi.

Le policier soupçonné d'avoir jeté la grenade lacrymogène dans le studio de musique du 17e arrondissement où s'est produite l'agression a lui été mis en examen plus tôt dans la soirée principalement pour des "violences volontaires" par PDAP sur Michel Zecler et sur les neuf jeunes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio.

Le parquet avait requis la détention provisoire pour les trois premiers et un contrôle judiciaire pour le quatrième, mais le juge des libertés et de la détention en a écroué deux et laissé deux autres sous contrôle judiciaire.

Me Anne-Laure Compoint qui défend deux policiers et Me Jean-Christophe Ramadier qui en défend un n'ont pas souhaité commenter ces mises en cause à l'issue de l'audience du juge des libertés et de la détention, vers 04H30 du matin.

Placer en détention certains des agents doit permettre "d'éviter un risque de concertation" entre eux "ou de pressions sur les témoins", avait argué M. Heitz en expliquant ses réquisitions de détention provisoire.

A Lagos, les manifestants exigent la fin des brutalités policières
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"Coups pas justifiés"

En garde à vue face à l'IGPN, les trois principaux mis en cause avaient fini "par admettre que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement sous l'effet de la peur", a rapporté le procureur. Ils ont invoqué "la panique" provoquée par le sentiment d'être coincés dans l'entrée du studio de musique de M. Zecler, qui se débattait selon eux.

Ils ont en revanche nié "avoir tenu des propos racistes" alors que M. Zecler a assuré qu'ils l'avaient traité de "sale nègre", une insulte entendue également par "l'un des jeunes" présent dans le sous-sol du studio. Ils réfutent également "le caractère mensonger du procès-verbal".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a promis jeudi "la révocation" des policiers qui ont "sali l'uniforme de la République", "dès que les faits seront établis par la justice".

Cette affaire, mise au jour grâce à la diffusion de vidéos, a semblé doper les opposants à la proposition de loi "sécurité globale", dont la mesure phare prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre.

Plus de 130.000 personnes ont manifesté samedi, selon le ministère de l'Intérieur, 500.000 selon les organisateurs, dans une ambiance globalement bon enfant. Des affrontements parfois violents ont toutefois émaillé certaines manifestations, notamment à Paris.

Controverse

Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, 98 policiers et gendarmes ont été blessés et 81 personnes ont été interpellées. A Paris, un photographe syrien indépendant, collaborateur de l'AFP, a été blessé au visage.

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des policiers frappés par des manifestants, des "violences inacceptables", selon Gérald Darmanin.

En une semaine, la controverse autour de la proposition de loi "sécurité globale", vivement dénoncée par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques, s'est encore renforcée.

L'évacuation brutale d'un camp de migrants à Paris lundi soir et la révélation jeudi du passage à tabac de M. Zecler ont suscité l'indignation et électrisé le débat. Les vidéos de ces deux affaires ont été visionnées des millions de fois sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de lui faire rapidement des propositions "pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations", pour la troisième fois cette année.

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