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Des doutes sur l'indépendance du parlement de transition au Tchad


Le siège de l'Assemblée nationale qui abrite désormais le CNT, à N'Djamena, au Tchad, le 5 octobre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les 93 membres du Conseil national de transition (CNT) nommés le 24 septembre par le chef de la junte au pouvoir, le général Mahamat Idriss Déby, ont été installés mardi au Palais de la démocratie de N’Djamena.

L’ex-président de l’Assemblée nationale Haroun Kabadi a été élu par acclamation chef du CNT.

Aussitôt installés sur les cendres de l’ex-Assemblée nationale, les conseillers nationaux du CNT ont été vertement critiqués aussi bien par les citoyens tchadiens que par l'opposition, qui disent ne rien attendre d’eux.

"Je cherche dans ma mémoire, un exemple d’une Assemblée nationale nommée par un exécutif et qui est indépendante, il n’y en a pas. Donc ça ressemble beaucoup plus à des fables", a déclaré le Dr Succès Masra, président du parti "Les Transformateurs" et membre de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama.

En revanche, le président de l’Union des jeunes nationalistes, Loweh-Adoum Ngardomti Blanchard, estime que toutes les composantes des forces vives sont représentées. Il salue le choix porté sur M. Kabadi pour diriger le CNT.

"Cela renforce le processus démocratique", a-t-il dit. "Si ils ont su porter aussi leur choix sur la personnalité de Haroun Kabadi pour diriger ce parlement provisoire, c'est une action très positive et nous faisons confiance à Kabadi et son équipe", a-t-il précisé.

Me Théophile Bongoro, un jeune opposant membre du CNT, est conscient du rôle qu’il va jouer au sein de ce parlement provisoire.

"Nous entendons jouer notre rôle en soulevant les aspects qui nous tiennent à cœur", a-t-il assuré, avant d'ajouter qu'il n'hésiterait pas à "suspendre (sa) participation" si le CNT n'a pas d'impact réel.

Le CNT est le troisième et dernier organe de transition à être mis en place au Tchad, après le Conseil militaire de transition (CMT) et le gouvernement de transition.

Le mandat du Conseil national de transition prend fin dès l’installation d'un Parlement élu. Sur le papier, les membres du CNT peuvent interpeller les ministres en leur adressant des questions orales ou écrites auxquelles ces derniers sont tenus de répondre. Une éventualité dont doute l'opposant Succès Masra.

"Les membres de cette assemblée nationale choisie de façon unilatérale vont être aux ordres de celui qui les a nommés. Et donc la seule chose qu’il faut attendre, c’est la dissolution de cette fameuse assemblée qui n’est même pas représentative", a-t-il dénoncé.

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