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Tchad

Un "Parlement de transition" voit le jour à N'Djamena, sans Wakit Tamma

Le général Mahamat Idriss Deby, au centre, lors des funérailles nationales du défunt président tchadien Idriss Deby à N'Djamena, le 23 avril 2021.

Ces "députés de la transition" vont faire office d'Assemblée nationale intérimaire.

Le chef de la junte militaire au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a "désigné" vendredi 93 députés d'un parlement de transition qu'il avait promis il y a cinq mois en se proclamant président au lendemain de la mort de son père Idriss Déby, tué dans des combats contre des rebelles.

Mais aucun des "députés de transition" n'est issu de la plate-forme de partis de l'opposition et de la société civile qui réclame un pouvoir civil.

Le 20 avril, en annonçant la mort du maréchal Déby, qui venait d'être déclaré réélu après 30 années au pouvoir, le général Mahamat Déby, 37 ans, était proclamé chef de l'Etat à la tête d'un Conseil Militaire de Transition (CMT), composé de 14 autres généraux.

Le CMT avait aussitôt révoqué le gouvernement, dissout l'Assemblé nationale et abrogé la Constitution. La junte promettait des élections "libres et transparentes" dans un délai de 18 mois, renouvelable une fois, et de désigner rapidement un parlement intérimaire en attendant les scrutins, le Conseil National de Transition (CNT).

Il a mis cinq mois à voir le jour.

30% de jeunes, 30% de femmes -

"Les personnalités dont les noms suivent sont désignées membres du Conseil national de transition", lit-on dans un décret signé par Mahamat Déby. Suivent 93 noms, selon des quotas fixés d'avance: notamment au moins 30% de députés de l'Assemblée nationale sortante, 30% de femmes et 30% de jeunes.

Des membres de l'ancienne opposition au défunt président Déby, dont certains avaient accepté le "dialogue inclusif" promis par la junte, en font partie mais aucun de la plate-forme Wakit Tamma, des partis et organisations de la société civile qui dénoncent un "coup d'Etat" le 20 avril.

"Les Conseillers de la transition" ou "députés de la transition" vont, au sein du CNT, "faire office d'Assemblée nationale (...) intérimaire le temps que les institutions légales de la République soient restaurées", précise un dossier distribué à la presse vendredi peu avant le décret.

Carton rouge de Wakit Tamma​

Le général Déby n'a pas exclu, récemment, de prolonger la transition de 18 mois si "certaines conditions" n'étaient pas réunies. Mais sous la pression internationale, il avait nommé, le 11 mai, un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil, Albert Pahimi Padacké.

Pour sa part, la coalition Wakit Tamma s'inscrit en faux: "Nous ne sommes pas dans le CNT. Aucun membre de Wakit Tamma. Nous sommes du côté du peuple", a assuré à l'AFP vendredi soir le coordinateur de cette plate-forme de l'opposition au CMT, Max Loalngar.

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Les Tchadiens alarmés par l'insécurité dans les établissements scolaires

Les Tchadiens alarmés par l'insécurité dans les établissements scolaires
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L'ordre de saisir les véhicules sans immatriculation provoque un tollé dans une province tchadienne

Un policier monte la garde près du site d'un attentat suicide à Ndjamena, au Tchad, le 11 juillet 2015.

La population de Faya, chef-lieu de la province tchadienne du Borkou (Nord), exige le départ de son gouverneur, Ismat Acheik.

Tout serait parti de la décision de rafler tous les véhicules en situation irrégulière pour faire face à l'insécurité qui prévaut dans cette zone. Une manifestation durant le week-end s’est soldée par un mort par balle et deux blessés.

Les manifestants ont brandi une banderole où on peut lire : "Gouverneur, dégage". La population qualifie d’arbitraire la décision du gouverneur demandant aux propriétaires des engins à 4 roues de se mettre en règle. Elles disent n'avoir pas été informées au préalable.

"Le contrôle de véhicules doit se faire dans les carrefours, mais ce n’est pas le cas. Même les véhicules garés, il envoie ramasser pour les parquer au commissariat. C’est ce que nous ne voulons pas", affirme un habitant de Faya joint par VOA Afrique.

"Journée sans tricycle" à N’Djamena, un prêtre violenté par l'armée
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Au gouvernorat, on insiste qu'il s'agit avant tout de préserver la sécurité du public. On cite, par exemple, les cas des véhicules qui circulent avec des vitres fumées ou teintées sans immatriculation.

Tout en admettant la mort d'un manifestant, M. Acheik rejette toute implication des forces de sécurité.

"S’il y a une balle tirée, c’est du côté des manifestants, pas du côté de l’armée", soutient le gouverneur.

La profanation d'une église met en péril la journée nationale de prière au Tchad

Monseigneur Edmond Djitangar Archevêque Métropolitain de N'Djamena, le 20 octobre 2017.

Plusieurs organisations religieuses et laïques condamnent fermement la profanation de la paroisse Bienheureux Isidore Bakandja et l’agression de son curé, abbé Simon-Pierre Madou, par des militaires.

L’Union des Cadres Chrétiens du Tchad (UCCT), une organisation laïque affiliée à l’archidiocèse de N’Djamena, annonce qu’elle ne participera pas à la journée du 28 novembre dédiée à la cohabitation pacifique de la plateforme interconfessionnelle.

"En tant que chrétien, ça serait de l’hypocrisie de prendre part à la journée de prière du 28 novembre", a déclaré Djimhodoum Edmond, secrétaire général adjoint de l’UCCT.

Il confirme que son "organisation suit de près ce problème, et que si le gouvernement ne réagit pas vite, l’Union des cadres chrétiens du Tchad va se constituer en partie pour poursuivre les acteurs et les complices de cet acte odieux".

L'UCCT interpelle le ministre de la Justice et celui chargé de la Défense nationale de retrouver les auteurs de ce sacrilège et les punir conformément aux lois en vigueur.

Pour sa part, le président de l’Union nationale des jeunes étudiants chrétiens et musulmans des universités du Tchad, Toubou Mahamat Bakhit, exhorte les jeunes chrétiens à ne pas boycotter cette journée dédiée à la prière pour la nation tchadienne.

"Envoyer des militaires pour aller violer les lieux de culte, c’est un conflit bien organisé", déplore Toubou Mahamat Bakhit.

C’est un acte condamnable mais en tant qu’acteur de la paix et de la cohabitation pacifique, Toubou Mahamat Bakhit demande aux membres de l’UCCT de prendre conscience et de participer à la journée de la prière.

L’Entente des églises et missions évangéliques au Tchad, membre de la plateforme interconfessionnelle, exprime sa solidarité avec l’église catholique et interpelle l’Etat sur le strict respect de la laïcité et des lieux de culte. Indépendamment de l’incident, l’église catholique dit être en train de repenser l’observation de cette journée de prière.

Amnesty exhorte la junte tchadienne à "arrêter la campagne d'intimidation" contre les dissidents
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Pour Monseigneur Edmond Djitangar, archevêque métropolitain de N’Djamena, l’église catholique a commencé à réfléchir depuis un an déjà sur la question mais les autres confessions n’ont peut-être pas très bien saisi les enjeux.

"Nous sommes en période de transition et donc certaines formes d’activités ou d’institutions doivent être révisées. Nous demandons aux autres de faire la même chose pour qu’on puisse engager véritablement un dialogue afin de trouver une bonne formule sinon chaque confession religieuse va célébrer cette journée de sa manière à l’avenir. Pour cette édition, nous célébrerons dans nos églises", a tranché le chef de l’église catholique du Tchad.

Une messe à N'Djamena, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).
Une messe à N'Djamena, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar).

La journée du 28 novembre a été instituée en 2011 par le défunt président Idriss Deby. Les fidèles catholiques, protestants et musulmans constitués en une plateforme interconfessionnelle se réunissent pour prier pour la paix et la concorde nationale.

Sahel: Macron réunit les dirigeants burkinabé, tchadien et nigérien

Le président français Emmanuel Macron (au centre) escorte le président nigérien Mohamed Bazoum (à gauche) alors que lui et le président burkinabè Roch Marc Christian Kabore (à droite) quittent le palais de l'Élysée à Paris le 12 novembre 2021.

Le président français a reçu vendredi ses homologues burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, nigérien Mohamed Bazoum et le président du Conseil militaire de transition du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, pour évoquer "la situation au Sahel".

Cette réunion a été organisée dans la matinée en marge d'une conférence internationale pour la Libye et le Forum pour la paix. Elle a porté "sur la dimension régionale de la crise libyenne", a précisé une source proche de la présidence.

Elle intervient alors que les relations entre la France, ex-puissance coloniale et partenaire historique, et le Mali se sont dégradées, après un nouveau coup d'Etat à Bamako.

Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment ses trois bases les plus au nord du Mali pour le recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de plus de 5.000 actuellement, à 2.500-3.000 d'ici 2023.

La tension est montée d'un cran en septembre quand le Premier ministre de transition malien Choguel Kokalla Maïga a accusé Paris d'un "abandon en plein vol" en raison de ce plan. Des critiques censées justifier le possible recours par Bamako à la société paramilitaire privée russe Wagner, décrite comme proche du président russe Vladimir Poutine.

Les chefs des diplomaties russe Sergueï Lavrov et malienne Abdoulaye Diop ont réaffirmé jeudi leur volonté de poursuivre le partenariat militaire entre les deux pays, arguant d'un risque terroriste renforcé par le retrait partiel des troupes françaises.

Arrivée de Mahamat Idriss Deby et de Mohamed Bazoum à l'Élysée

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