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Tchad

Mahamat Idriss Déby Itno en visite au Qatar

Mahamat Idriss Deby Itno et des officiers de l'armée tchadienne se rassemblent dans la ville de Kidal, dans le nord-est du Mali, le 7 février 2013.

Le chef de la junte militaire au pouvoir au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, est au Qatar pour s'assurer de son soutien au processus de transition politique tchadien, a assuré N'Djamena lundi.

Le général de 37 ans, qui a pris les rênes de ce pays d'Afrique centrale le 20 avril à l'annonce du décès d'Idriss Déby dans des combats contre des rebelles, est à Doha depuis dimanche soir pour une visite de 48 heures.

Pour lui, "le Tchad est revenu de loin et (...) le pays doit compter sur ses amis dont l’Etat du Qatar, d’où ce déplacement à Doha", lit-on dans un communiqué de la présidence tchadienne.

Mahamat Déby s'est autoproclamé Président de la République le 20 avril à la tête d'un Conseil Militaire de Transition (CMT) composé de 14 autres généraux, qui a aussitôt dissous le gouvernement et le Parlement et abrogé la Constitution, tout en promettant une "transition" de 18 mois renouvelable une fois avant des élections "libres et transparentes".

La communauté internationale, la France et l'Union africaine en tête, ont apporté leur soutien à Mahamat Déby mais exigé une transition limitée à 18 mois dans ce pays dont l'armée est l'un des piliers, avec celle de Paris, de la guerre contre les jihadistes dans le Sahel.

Mahamat Déby a rencontré l'émir Tamim ben Hamad Al-Thani en tête-à-tête. Les deux hommes ont "pris la ferme résolution de donner une nouvelle dimension" à leur coopération et Doha a "rassuré" N'Djamena sur le fait que "le Qatar est disposé à accompagner le Tchad dans de nombreux domaines", conclut la présidence.

Le général Déby a multiplié ces dernier temps les gestes d'ouverture à destination des groupes rebelles tchadiens pour les inviter à un dialogue national. Or c'est à Doha que vit, en résidence surveillée, l'un des principaux leaders de la rébellion, Timan Erdimi, cousin de Mahamat Déby. Les rumeurs d'une possible rencontre fleurissent dans la presse et les réseaux sociaux au Tchad.

"Au moment où je parle, personne n'a pris contact avec moi pour une rencontre quelconque. On verra demain ce qui se passera", a affirmé Timan Erdimi par téléphone à l'AFP en fin de soirée à Doha.

Mahamat Déby a également rencontré lundi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, venue au Qatar pour des entretiens liés à l'Afghanistan. "Les relations de coopération entre les deux pays sont au beau fixe et le chef de l’Etat s’est félicité du soutien de la France au processus de transition en cours au Tchad", lit-on dans un autre communiqué de la présidence.

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Opération des pro-Haftar contre un groupe tchadien en Libye

Le maréchal Haftar au Parlement d'Athènes.

Les forces armées loyales au maréchal Khalifa Haftar ont mené mardi une opération contre un groupe de l'opposition tchadienne dans le sud de la Libye frontalier du Tchad, selon un média proche de l’homme fort de l’Est libyen.

"Une vaste opération" a été menée par les forces spéciales du bataillon Tarek ben Ziyad, l'une des unités des forces loyales au maréchal Haftar, "contre les mercenaires et des éléments de l'opposition tchadienne présents sur le territoire libyen", a indiqué la chaîne de télévision Libya al-Hadath, bras médiatique du maréchal Haftar.

"Leurs positions ont été visées à Tarbou à la frontière sud", a ajouté Libya al-Hadath dans un communiqué.

Le bataillon Tarek Ben Ziyad, qui a déploré un mort, a indiqué que ses unités avaient "détruit plusieurs véhicules blindés et éliminé ceux qui se trouvaient à l'intérieur", avant de "pourchasser ceux qui se sont enfuis vers la frontière".

Plusieurs groupes rebelles tchadiens sont basés en Libye, au Soudan ou dans les zones frontalières avec ces pays, parmi lesquels le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), à l'origine d'une offensive le 11 avril sur N'Djamena qui a entraîné la mort du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans.

De son côté, le Fact a indiqué dans un communiqué que l'une de ses positions avait été attaquée par "la brigade dite de Tarek ben Ziyad, appuyée par des supplétifs soudanais et encadrée par des officiers de l'armée française de la mission Barkhane".

Le groupe précise lui que les combats ont eu lieu "sur le territoire tchadien".

La Libye tente de s'extraire d'une décennie de conflit depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l'existence de pouvoirs rivaux, par des violences sanglantes et par la présence de milices, de combattants étrangers et de groupes jihadistes.

Portraits d'Africaines du Top 100 des femmes les plus influentes d'Avance Media

La directrice générale de l'Organisation Mondiale du Commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, à son arrivée au siège de l'OMC à Genève, en Suisse, le 1er mars 2021.

L’agence de marketing et de notation Avance Media a publié le Top 100 des Africaines les plus influentes, dans lequel figurent des grands noms aux côtés de jeunes communicantes et entrepreneures. Chez les francophones, plusieurs Sénégalaises, Congolaises et Rwandaises ont été sélectionnées.

Patronnes d’entreprises, artistes, femmes politiques, militantes de la société civile, universitaires... plusieurs profils se retrouvent dans ce classement 2021. Ces Africaines issues de divers horizons ont été sélectionnées en raison de leur travail et leurs réalisations.

"Nous pensons que ce projet nous offre une autre opportunité non seulement de célébrer les femmes africaines, mais aussi de mettre en valeur les réalisations individuelles et collectives de femmes qui inspirent la prochaine génération de dirigeantes en Afrique", a écrit le 31 août Avance Media sur son site Internet.

La Vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata et le président Patrice Talon, Porto-Novo, 23 mai 2021.
La Vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata et le président Patrice Talon, Porto-Novo, 23 mai 2021.

Parmi les femmes politiques les plus connues figurent notamment la patrone de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, les présidentes de l'Éthiopie et de la Tanzanie Sahle-Work Zewde et Samia Suluhu Hassan, la Première ministre togolaise Victoire Tomégah-Dogbé, la vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata et son homologue ougandaise Jessica Alupo.

Bien qu'elle ne soit plus visible sur la scène politique, l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf figure également dans le classement.

Les nominées sont réparties en huit catégories dont la gouvernance, le leadership économique et les médias sociaux, car l'on ne peut exclure d'un tel classement les "influenceuses", terme générique contemporain pour identifier des communicantes très populaires qui apparaissent dans de nombreuses vidéos sur la toile.

On y découvre en effet des noms bien connus sur les réseaux sociaux, comme notamment Edith Yah Brou, jeune blogueuse et militante ivoirienne.

Co-fondatrice du magazine féminin en ligne Ayana et de l'organisation Akendewa, spécialisée dans les technologies et services de l'information, Edith Yah Brou est l'une des militantes numériques les plus influentes en Côte d'Ivoire et au-delà.

"Akendewa s'appuie sur la valeur ajoutée de chacun de ses membres et possède une importante communauté motivée et dynamique", indique le site Internet de cette organisation bénévole, créée par des passionnés des TIC.

A noter que la plus jeune lauréate à figurer sur la liste pour la deuxième fois est la vice-ministre namibienne des TIC, Emma Theofelus, 25 ans.

Chez les anglophones, l'on retiendra notamment des noms comme Amina Jane Mohammed, Angela Kyerematen-Jimoh, Fatima Kyari Mohammed et Monde Muyangwa.

La Ghanéenne Angela Kyerematen-Jimoh est responsable des opérations d'IBM en Afrique. Cette spécialiste du marketing est la première femme à occuper ce poste, qui requiert le lancement de transactions de grande ampleur sur le continent.

Amina Jane Mohammed est la secrétaire générale adjointe des Nations Unies. Auparavant, elle a été ministre de l'Environnement de 2015 à 2016 dans son pays le Nigeria. Cette onusienne s'est illustrée sur les questions de bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.

Fatima Kyari Mohammed, également Nigériane, est l'Observatrice permanente de l'Union africaine auprès des Nations Unies. Elle a notamment fait le plaidoyer pour un mandat renforcé de la force militaire G5 Sahel en 2018.

L'Africaine-Américaine d'origine zambienne Monde Muyangwa est directrice du programme Afrique au centre de recherche Woodrow Wilson International Center for Scholars depuis mars 2014, une agence fédérale américaine dont la mission est de s'atteler aux problèmes mondiaux par le biais de recherches indépendantes.

Les Rwandaises en première ligne

La première dame du Rwanda, Jeannette Kagamé, présidente de la fondation Imbuto, est dans le Top 100 des Africaines les plus influentes, selon Avance Media. Mme Kagamé est reputée pour ses nombreuses actions dans la prévention du VIH/SIDA depuis une bonne vingtaine d'années.

Sa fondation met en œuvre divers projets tels que l'extension des soins de base, l'amélioration des connaissances en santé sexuelle et reproductive, l'éducation des filles et l'entrepreneuriat des jeunes.

Mme Kagamé, qui a occupé des postes au sein de l'Onu, a reçu plusieurs récompenses en reconnaissance de ses efforts pour améliorer la vie des enfants au Rwanda.

Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie.
Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie.

La secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, est parmi les nomminées rwandaises. Mme Mushikiwabo, connue sur le continent pour son charisme, a été ministre des Affaires étrangères du Rwanda, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Information.

Lors d'une conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone, en 2019 à Ndjamena au Tchad, elle avait exhorté les membres de l'OIF à redoubler d’efforts pour que les filles aient le même niveau d’instruction que les garçons.

"Un pays ne peut pas avancer en laissant derrière lui 50% de sa population, et c’est le cas de plusieurs de nos Etats francophones", avait-elle déclaré.

Autre rwandaise du Top 100, la pédiatre Agnès Binagwaho, vice-chancelière de l'Université Global Health Equity, ancienne ministre de la Santé, qui a oeuvré au renforcement du système social dans son pays.

Lorsqu'elle était en charge de ce ministère, Mme Binagwaho -- alors en visite à Washington pour le Global Fund en novembre 2013 -- avait expliqué, dans Le Monde au Féminin de VOA Afrique, le modèle de sécurité sociale rwandais.

Ce système permet à toutes les mères de son pays de bénéficier des soins de santé maternelle, y compris le traitement du VIH-Sida. Pour mettre en œuvre sa politique sociale, le Rwanda utilise un principe de financement basé sur la performance au niveau communautaire.

Dr. Agnes Binagwaho, pédiatre rwandaise, vice-chancelière de l'Université Global Health Equity, ancienne Ministre de la Santé.
Dr. Agnes Binagwaho, pédiatre rwandaise, vice-chancelière de l'Université Global Health Equity, ancienne Ministre de la Santé.

La scientifique rwandaise Agnès Kalibata est également classée comme Africaine influente. Cette agronome est présidente de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique depuis 2014, après avoir été ministre de l'Agriculture et des ressources animales pendant près de sept ans. Cette panafricaine a toujours fait le plaidoyer d'une Afrique autosuffisante sur le plan agroalimentaire.

La cinquième rwandaise sélectionnée par Avance Media est l'économiste, politicienne et diplomate Monique Nsanzabaganwa, vice-présidente de la Commission de l'Union africaine depuis le 6 février 2021, après avoir été vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda pendant 10 ans.

Dr Nsanzabaganwa a permis le développement de programmes tels que le Fonds Rugori, une plateforme de financement pour les petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes.

Les congolaises à l'honneur

Trois féministes congolaises ont été retenues dans le Top 100 des Africaines les plus influentes selon Avance Media.

L'ancienne onusienne Angèle Makombo, présidente de la Ligue des Démocrates Congolais (LIDEC), s'est portée candidate aux présidentielles de 2011 et 2018. Elle est conseillère de la République et membre de la Commission de l'environnement et des ressources naturelles au Conseil économique et social.

Mme Makombo, diplomée de la Sorbonne et de Sciences Po en France, a écrit de nombreux articles sur les questions socio-économiques en RDC et a longtemps soutenu l'éducation de filles issues de familles à faible revenu à Kinshasa.

Julienne Lusenge est une militante congolaise reconnue pour son engagement dans la lutte contre les violences sexuelles dans l'est du pays. Elle est présidente de Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) et directrice du Fonds de la Femme Congolaise (FFC).

Julienne Lusenge, présidente de Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral, directrice du Fonds de la Femme Congolaise, lauréate du prix Femmes de Courage 2021 du Département d'Etat américain
Julienne Lusenge, présidente de Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral, directrice du Fonds de la Femme Congolaise, lauréate du prix Femmes de Courage 2021 du Département d'Etat américain

Elle a été nommée chevalier de la Légion d'honneur par le gouvernement français et est récipiendaire de nombreuses récompenses dont le prestigieux prix Femmes de Courage du Département d'Etat américain en 2021.

Dans un entretien réalisé en mars dernier à VOA Afrique, Mme Lusenge dresse un plan macabre de l'insécurité qui prévaut dans l'est de la RDC, où des dizaines de groupes armés sèment encore la terreur.

Elle y décrit des "déplacés forcés perpétuels", une situation de grande pauvreté avec "des jeunes femmes restées veuves avec beaucoup d'enfants, les leurs et ceux des voisins, et sans ressources."

La congolaise Ève Bazaiba au parcours exceptionnel est connue elle aussi pour son militantisme progressiste. Devenue récemment ministre de l'Environnement avec rang de vice-Première ministre, elle est présidente de la commission socioculturelle de l'Assemblée nationale depuis quelques années.

Mme Bazaiba était un membre influent de l'UDPS, l'actuel parti au pouvoir en RDC, et a occupé le poste de secrétaire générale du MLC de Jean-Pierre Bemba. Elle a été arrêtée plusieurs fois sous le régime de Mobutu, emprisonnée sous celui de Kabila père et poursuivie en justice sous Kabila fils.

En tant que militante de la parité en politique, Eve Bazaiba est présidente de la Ligue des Femmes Congolaises pour les Élections (LIFCE).

L'avocate et militante des droits humains tchadienne Jacqueline Moudeina, est parmi les femmes francophones d'Afrique centrale qui figurent au Top 100 des Africaines influentes, en grande partie grâce à son travail ayant permis de traduire en justice Hissène Habré, condamné à la prison à perpétuité le 30 mai 2016 pour crimes contre l'humanité.

En 2004, Me Moudeina a été nommée présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'homme (ATPDH). Elle a alors recueilli des témoinages et éléments de preuves sur l'affaire Habré pendant une décennie.

Pour Jacqueline Moudeina, la mort de l'ancien président ne doit pas empêcher le Tchad d’honorer ses engagements vis-à-vis des victimes. Après son décès en août dernier, elle a estimé que le dossier devait être repris rapidement afin que les victimes puissent entrer dans leurs droits.

Deux artistes aux multiples influences

Parmi les artistes francophones figurant dans le classement d'Avance Media, l'on peut retenir notamment la chanteuse pop franco-malienne Aya Nakamura, dont les clips décrochent des records de visites sur le net, à commencer par sa chanson à succès Djadja. Ce tube a largement passé la barre des 800 millions de vues sur Youtube ; le clip Copines, plus de 357 millions de vues et Pookie pas loin derrière. Un véritable phénomène.

Le Top 100 des Africaines inspirant la prochaine génération ne pouvait être sans la célèbre chanteuse-compositrice béninoise Angélique Kidjo, qui se consacre aux droits humains depuis de nombreuses années, en centrant ses actions sur l'autonomisation des femmes et l'éducation des enfants, notamment en tant qu'ambassadrice de l'Unicef.

Angélique Kidjo a fondé en 2006 la Fondation Batonga qui soutient des adolescentes en Afrique francophone pour améliorer leurs moyens de subsistance, tout en leur permettant d'être des agents de changement dans leurs communautés.

La chanteuse franco-béninoise Angelique Kidjo au 43e Festival de Jazz de Montreux en Suisse, le 10 juillet 2009.
La chanteuse franco-béninoise Angelique Kidjo au 43e Festival de Jazz de Montreux en Suisse, le 10 juillet 2009.

Lors d'un entretient à VOA Afrique en 2016, elle avait dit regretter que la parité n'évolue pas plus vite, déplorant que les femmes ne soient pas suffisamment solidaires et que l'on ait "des systèmes en place qui font perdurer le patriarcat et qui permettent aux hommes de rester au pouvoir".

Elle y mentionne aussi le fait que l'on soit "toujours en train de parler des droits des femmes ; pourquoi est-ce que les droits des femmes doivent être séparés des droits de l'Homme? Ne sommes-nous pas des êtres humains?!", s'est-elle interrogée.

Angélique Kidjo jointe par Nathalie Barge
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L'Afrique de l'ouest, dominée par le Sénégal

Dans le Top 100 d'Avance Media figure Nafissatou Jocelyne Diop, cheffe du service Genre et Droits Humains au Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Mme Diop milite pour les droits humains, en particulier l'égalité des genres, depuis une vingtaine d'années.

Elle est responsable des questions liées aux adolescentes, à la planification familiale, la santé maternelle et aux pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines. Son service met en œuvre divers programmes pour améliorer la vie des femmes et des filles.

Oulimata Sarr, directrice régionale d'ONU Femmes couvrant 24 pays d'Afrique de l'Ouest et Centrale, est également dans le classement. Elle est membre du Women's Investment Club Sénégal qui fournit des capitaux aux femmes entrepreneures.

Le fonds d’investissement WIC Capital lancé en 2019 rassemble des investisseurs qui mettent en commun leurs ressources pour soutenir des petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

L'autre onusienne d'origine sénégalaise considérée comme modèle de femme qui inspire la nouvelle génération est Awa Ndiaye-Seck, Représentante Résidente d'ONU Femmes en RDC et Représentante spéciale de la Directrice Exécutive d'ONU Femmes pour la création des sections nationales du Réseau des Femmes Leaders Africaines.

Madame Ndiaye-Seck a plus de 30 ans d’expérience dans les domaines du genre, de la prévention des conflits et des processus électoraux. Elle est titulaire de plusieurs distinctions dont celles de Chevalier de l’Ordre National du Lion et Officier de l’Ordre National du Mérite du Sénégal.

La quatrième Sénégalaise retenue dans le classement est Jacqueline Fatima Bocoum, directrice de la société de media Com 7. Elle a été journaliste à la RTS et Sud FM avant de devenir directrice des programmes et de l'information à Radio Nostalgie.


Les autres nomminées ouest-africaines

Djamila Ferdjani est médecin entrepreneure et militante sociale nigérienne populaire auprès des jeunes à travers les réseaux sociaux. Elle s’investit notamment dans la scolarisation des filles, l’insertion des jeunes et la promotion de la femme au Sahel.

En 1992, elle a fondé une clinique privée à Niamey. Pendant l'épidémie de méningite en 2015, elle a initié le programme de vaccination des enfants de la rue au Niger.

Reconnue également dans le milieu du sport, Dr. Ferdjani a été présidente de la Fédération nigérienne de basket-ball, directrice du village olympique des Jeux de la Francophonie à Niamey en 2005, et a levé des fonds pour l’équipe nationale de football du Niger à la CAN 2012.

Nialé Kaba, ministre ivoirienne du Plan et du Développement, à Abidjan, le 11 juillet 2017.
Nialé Kaba, ministre ivoirienne du Plan et du Développement, à Abidjan, le 11 juillet 2017.

Nialé Kaba, ministre du Plan et du Développement de Côte d'Ivoire depuis janvier 2016, est présidente du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement depuis 2019. Entre 2011 et 2016, elle a été ministre de la Promotion du Logement et la première femme ministre de l’Économie et des Finances dans son pays.

Mme Kaba a fait ses armes en Economie Internationale à la Sorbonne à Paris, entre autres prestigieuses universités, et elle est également diplômée de l’Institut du Fonds Monétaire International. Elle a enseigné à l’École Nationale Supérieure de Statistique et d’Économie Appliquée (ENSEA) à Abidjan.

Cette économiste est une ministre particulièremnent active qui s'investit dans de nombreux projets de développement social. Le 30 août dernier, elle a signé à Khartoum un accord pour un prêt de 25 milliards de FCFA avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) destiné au financement du projet de construction du Centre Hospitalier Universitaire d’Abobo.

L'ancienne mannequin guinéenne Tiguidanke Camara a aussi sa place dans le Top 100 d'Avance Media, en tant que PDG des sociétés minières Tigui Mining Group et Camara Diamond & Gold Trading Network.

L'objectif de cette entrepreneure issue du milieu de la mode est d'étendre ses opérations en Afrique de l'Ouest. En 2018, TMG a conclu une Joint-Venture pour ses permis de Siguiri en Guinée et son projet agricole à Dabou en Côte d'Ivoire.

Le souhait le plus cher de Mme Camara est de mettre les ressources minérales d'Afrique au service du développement économique du continent. Membre de Women In Mining International (WIM), Tiguidanke Camara milite pour la présence des femmes dans le développement de l'industrie minière.

Son programme de formation AgroMine, en partenariat avec des entreprises agricoles, vise à autonomiser les femmes, regroupées en coopératives locales, grâce au développement d'opportunités d'agriculture durable à proximité des centres d'exploration TMG.

Mais ce n'est pas tout, car Mme Camara investi aussi dans le développement immobilier, via l'achat de terrains à Bouaflé en Côte d'Ivoire pour des projets de logements abordables.

Sans aucun doute, la démarche originale de Tiguidanke Camara en fait l'une des Africaines les plus influentes, laissant poindre une nouvelle génération d'entrepreneures dont les initiatives valent tout l'or du monde.

Mme Camara et les 99 autres femmes du Top 100 d'Avance Media 2021 ont ceci en commun: ce sont toutes des militantes des droits humains, féministes de surcroit.

Une simple opération de marketing ?

L'agence de relations publiques Avance Media a été créée par le jeune entrepreneur social d'origine ghanéenne Prince Akpah, qui a lui-même reçu plusieurs prix ces sept dernières années en tant que jeune leader émergent.

Il a lancé le Top 100 des Africaines les plus influentes en 2019. Seulement trois petites années pour faire de son classement une publication notoire, reprise par la presse africaine.

Prince Akpah et son équipe de jeunes Africains anglophones sont eux-même des influenceurs de la nouvelle génération qui aspirent au changement positif. Ces jeunes entrepreneurs sont parvenus à se frayer un passage dans l'univers de la Toile, aussi immense soit-elle, pour l'utiliser à bon escient.

Promouvoir en ligne 100 femmes exemplaires annuellement est en effet une simple opération de marketing qui peut inspirer de nombreuses personnes à devenir aussi des vecteurs de changement. Une action humaniste qui mérite des encouragements.

Des centaines de Tchadiens manifestent contre la junte à N'Djamena

Des manifestants défilent dans les rues de la capitale tchadienne, N'Djamena, le 11 septembre 2021, contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d'Idriss Deby Itno.

La marche a été autorisée par les autorités et encadrée par les forces de l'ordre.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à N'Djamena contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d'Idriss Déby Itno, encadrées par un fort dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des associations de la société civile ont appelé à manifester contre la charte du Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le fils d'Idriss Déby, Mahamat Idriss Déby Itno.

Ces marches, régulièrement organisées depuis le décès de l'ex-président en avril, dénoncent aussi l'attitude de la France, l'ancienne puissance coloniale, accusée par une partie de l'opposition de soutenir le nouveau pouvoir.

"Le Tchad n’est pas un royaume", "Non au soutien de la France au système Déby père et fils", était-il notamment écrit sur les affiches des manifestants.

La marche avait été autorisée par les autorités. La manifestation, encadrée par des forces de l'ordre déployées massivement, s'est déroulée dans le calme, selon un journaliste de l'AFP.

Décès de Hissène Habré: les victimes entre surprise et désolation
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Succès Masra, farouche opposant des Déby et fondateur du mouvement politique Les Transformateurs, participait pour la première fois à l'une de ces manifestations depuis la mort du président-maréchal Déby.

"Rien que pour la mémoire de nos martyrs, nous ne devons jamais abandonner la lutte", a-t-il déclaré aux médias. Le 27 avril, six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites.

"Nous marchons aujourd’hui pour exiger la révision de la charte régissant la transition et dénoncer les arrêtés mettant en place les comités non inclusifs du dialogue", a aussi confié à l'AFP Max Loalngar, porte-parole de Wakit Tamma, une plateforme de l'opposition.

Mais un autre organisateur de la marche et opposant au régime, Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l'Homme (CTDDH), a affirmé samedi au cours d'une conférence de presse que son organisation "compte participer au dialogue national inclusif" et "entend désormais s’impliquer dans tout le processus de transition ainsi que dans les institutions et instances" du pays.

Depuis l'annonce de la mort du président Déby le 20 avril, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, a promis des élections "libres et démocratiques" à la suite d'un dialogue national censé réconcilier tous les Tchadiens.

La période de transition est de 18 mois renouvelable, mais la junte n'a pas exclu une prolongation. Mahamat Idriss Déby concentre presque tous les pouvoirs et s'est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées.

Des manifestants à, N'Djamena, le 11 septembre 2021, contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d'Idriss Deby Itno
Des manifestants à, N'Djamena, le 11 septembre 2021, contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d'Idriss Deby Itno

Le chef de l'ONU craint que le scénario afghan ne fasse des émules au Sahel

Des soldats de la force conjointe du G5 Sahel assistent à l'inauguration du nouveau quartier général à Bamako le 3 juin 2020. (Photo MICHELE CATTANI / AFP)

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé jeudi dans un entretien à l'AFP craindre que l'exemple afghan ne donne des idées à des groupes armés jihadistes au Sahel, en réclamant un renforcement des "mécanismes de sécurité" dans cette région.

Au Sahel, "je crains l'impact psychologique et réel de ce qui s'est passé en Afghanistan", avec la prise du pouvoir par les talibans, a-t-il dit. "Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes (au Sahel) peuvent se sentir enthousiasmés avec ce qui s'est passé (en Afghanistan) et avoir des ambitions au-delà de ce qu'ils pensaient il y a quelques mois", a ajouté le chef de l'ONU.

Il y a "une chose nouvelle dans le monde qui est très dangereuse", a aussi relevé le secrétaire général. Même pas très nombreux, "il y a des groupes fanatisés, avec une idéologie où la mort par exemple est désirable, des groupes disponibles pour tout faire. Et on voit des armées qui se désintègrent face à eux", a-t-il ajouté.

"On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique (...). Ce danger est réel et il faut penser sérieusement à ses implications sur la menace terroriste et à la façon dont la communauté internationale doit s'organiser face à cette menace", a précisé Antonio Guterres.

Selon lui, il est "essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité au Sahel". Car "le Sahel est le point faible le plus important, qu'il faut soigner. Ce n'est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant on a des infiltrations en Côte d'Ivoire, au Ghana", a-t-il précisé.

Au Sahel, "la France va diminuer sa présence, il y a des nouvelles sur le Tchad qui veut retirer quelques troupes de la zone frontalière des trois pays, Burkina, Niger, Mali. C'est la raison pour laquelle je me bats pour qu'il y ait une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace", a ajouté Antonio Guterres.

Mais "je crains aujourd'hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace", a-t-il déploré.

Le chef de l'ONU essaye depuis plusieurs années de conférer à la force G5 Sahel, formée par le Tchad, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, un mandat fort de l'ONU accompagné d'un financement collectif de l'Organisation.

Premier contributeur financier à l'ONU et craignant que la force de Casques bleus déployée au Mali ne perde sa neutralité, les Etats-Unis, lui préférant une coopération bilatérale, refusent jusqu'à présent cette approche ardemment défendue aussi par la France.

"Il faut que ce blocage se termine. C'est absolument essentiel", a toutefois demandé Antonio Guterres.

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