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Des candidats à l'élection présidentielle rejette la décision du Conseil constitutionnel

Thierno Alassane Sall, à Dakar, Sénégal, le 12 avril 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, 23 candidats à l’élection présidentielle ont décidé de se réunir autour d’un collectif pour rejeter la décision du Conseil constitutionnel et dénoncer ce qu'ils voient comme un coup de force du régime en place.

Le Conseil constitutionnel a en effet invalidé pour des motifs divers 19 candidatures pour la présidentielle de février.

Non-conformité du numéro de la carte d’identité CEDEAO, doublons internes, non-conformité de région ou représentation diplomatique de vote, présence d'un parrain non inscrit sur le fichier général.

Validation de 5 candidats contre 19 refusés
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Voici entre autres les motifs avancés par le Conseil constitutionnel pour expliquer l'ajournement de 19 candidats sur les 27 ayant déposé leurs dossiers. Thierno Alassane Sall est un des candidats recalés, il estime que l'Etat a profité de la refonte du fichier pour fausser le jeu.

De son côté Abdoul Mbaye met en doute la sincérité des autorités en charge du processus électoral. Pour ce candidat recalé, le Conseil constitutionnel et le ministre de l'intérieur ne sont pas fiables.

Contrairement à ses camarades de l'opposition, l'ex Maire de Dakar Khalifa Sall a passé le cap des parrainages malgré le fait qu'il soit en prison. Même si la cour suprême a confirmé le verdict en appel, Mouhamadou Lamine Bara Lo, membre de sa cellule de communication, affirme que rien ne peut empêcher la candidature de Khalifa Sall.



Du côté de la mouvance présidentielle, on estime qu'il faut se fier au jugement du Conseil constitutionnel car il a traité tous les candidats de la même manière

Au Sénégal, une nouvelle loi votée en avril 2019 impose aux candidats à l’élection présidentielle un parrainage de 0,8 % du corps électoral soit 53 457. Sur ce nombre 7 régions doivent être représentées par au moins 2000 parrains.

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Dix pays africains ont déja confié la Primature à des femmes

Des anciennes Premières ministres africaines et l'actuelle Première ministre de la Namibie, Saara Kuugongelwa-Amadhila, en bas à gauche (montage photo).

Le nombre des femmes à la Primature est aussi modeste que celui des présidentes sur le planète, mais on note toutefois une évolution. En tout, 93 Premières ministres ont exercé à travers le monde, dont 15 en Afrique.

Treize femmes sont actuellement cheffes de gouvernement, dont trois en Afrique. Il s'agit de la Togolaise Victoire Tomégah-Dogbé, la Gabonaise Rose Christiane Ossouka Raponda et Saara Kuugongelwa, qui dirige le gouvernement namibien.

Les trois dames en exercice

Togo: Victoire Tomegah-Dogbé

Victoire Tomegah-Dogbé, nommée Première ministre le 28 septembre 2020 par le président Faure Gnassingbé, est devenue la première femme à diriger le gouvernement togolais. Gestionnaire de formation, cette ancienne cadre de l'ONU a succédé à Komi Sélom Klassou qui avait remis sa démission quatre jours avant.

"J'ai une pensée pour toutes ces filles qui travaillent dur pour réaliser leur rêve", avait declaré Mme Tomegah-Dogbé, en remerciant le président "pour le choix historique d'une femme à la Primature et pour son engagement à promouvoir le leadership féminin."

Dans le précédent gouvernement, elle avait la charge des portefeuilles du Développement, de l’Artisanat et de la Jeunesse, tout en cumulant la fonction de directrice du cabinet de la présidence.

Mme Tomegah-Dogbé, 61 ans, a joué un rôle fédérateur au sein de la jeunesse togolaise, qu'elle est parvenue à rassembler autour de projets innovants, y compris dans la lutte contre la maladie COVID-19, notamment en matière de sensibilisation et de production de matériel de protection.

Quatre jour après sa nomination, la Première ministre a nommé le nouveau gouvernement, le 1er octobre 2020, dont une femme à la tête du ministère de la Défense. Son équipe ministérielle est composée de 33 membres dont 10 femmes et plusieurs jeunes. Le précédent gouvernement comptait 7 femmes pour 26 ministères.

La correspondante de VOA Afrique à Lomé, Kayi Lawson, a rapporté que plusieurs organisations avaient fait campagne pour avoir 35% de femmes et 15% de jeunes dans le nouveau gouvernement. Bien que l'on frôle encore ce chiffre, c'est un premier pas encourageant pour le Togo, selon les féministes.

Une amorce qui annonce d'autres ouvertures pour les femmes au sein du gouvernement car les associations féminines ont engagé des échanges avec la présidente de l'Assemblée nationale, Yawa Djigbodi Tségan, pour faire adopter une loi sur un quota des femmes en politique.

Gabon: Rose Christiane Ossouka Raponda

Quelques semaines avant la nomination de Mme Tomegah-Dogbé au Togo, le Gabon avait déjà opté pour une femme à la tête de son gouvernement. Il s'agit de Rose Christiane Ossouka Raponda, 56 ans, nommée le 16 juillet 2020.

Rose christiane Ossouka Raponda, candidate du Parti démocratique gabonais (PDG) aux élections locales, vote dans un bureau de vote à Libreville, le 6 octobre 2018.
Rose christiane Ossouka Raponda, candidate du Parti démocratique gabonais (PDG) aux élections locales, vote dans un bureau de vote à Libreville, le 6 octobre 2018.

Cette économiste spécialisée dans la finance publique, avait fait son entrée au gouvernement en 2012 comme ministre du budget. Deux ans plus tard, en 2014, elle est élue maire de la capitale gabonaise, Libreville. Elle occupe ensuite les fonctions de ministre de la Défense, de février 2019 à juillet 2020.

Durant son mandat de cinq ans à l'hôtel de ville, elle a notamment mené d'importantes réformes et assaini les finances de la mairie, laissant un excédent budgétaire de 27 milliards de francs CFA.

Namibie: Saara Kuugongelwa-Amadhila

La troisième Première ministre en Afrique en poste actuellement est Saara Kuugongelwa-Amadhila, 53 ans. Auparavant, elle a été ministre des Finances durant 12 années sous les présidents Sam Nujoma, Hifikepunye Pohamba et Hage Geingob, l'actuel président de la Namibie, qui l'a nommée à la tête du gouvernement le 21 mars 2015.

Sa carrière dans la fonction publique a débuté en 1994 lorsqu'elle travaillait comme responsable du bureau de Sam Nujoma, premier président de la Namibie. En moins d'un an, elle est nommée directrice générale de la Commission nationale de planification de cette jeune république en 1995.

Saara Kuugongelwa-Amadhila, Première ministre de la Namibie, à Windhoek, le 21 mars 2015.
Saara Kuugongelwa-Amadhila, Première ministre de la Namibie, à Windhoek, le 21 mars 2015.

Son mandat au ministère des Finances a été applaudi pour ses objectifs ambitieux et sa discipline qui a permis de limiter les dépenses publiques et de maximiser les revenus. Elle est aussi devenue la première chef de gouvernement à présenter un excédent budgétaire sur trois ans.

Les anciennes Premières ministres

Sénégal: Mame Madior Boye et Aminata Touré

Mame Madior Boye, née en 1940 à Saint-Louis, a été la première femme Premier ministre du Sénégal, après sa nomination par l'ancien président Abdoulaye Wade, le 3 mars 2001. Elle est issue d'une famille d'avocats qui l'a encouragée à poursuivre une carrière en droit et a passé une grande partie de sa carrière professionnelle au sein de l'administration de la justice, plaidant pour l'autonomisation et les droits des femmes.

Après que M. Wade a renvoyé tout son cabinet en novembre 2002, Mme Boye a poursuivi ses idéaux féministes grâce à un poste à l’Union africaine pour la protection des civils dans les conflits armés et la promotion des droits des femmes et des filles.

Aminata Touré a été la seconde femme Première ministre du Sénégal, du 1er septembre 2013 au 8 juillet 2014, après avoir été ministre de la justice, période durant laquelle elle a géré plusieurs affaires de corruption impliquant d'anciennes personnalités du gouvernement. Elle a été surnommée "Dame de fer" en raison de ce combat et s'est aussi consacrée aux droits des femmes dans sa carrière comme Mame Madior Boye.

Aminata Touré sourit à ses partisans après avoir assisté à une cérémonie de passation de pouvoirs à la Primature, à Dakar, le 8 juillet 2014.
Aminata Touré sourit à ses partisans après avoir assisté à une cérémonie de passation de pouvoirs à la Primature, à Dakar, le 8 juillet 2014.

Aminata Touré est une personnalité qui vaut le détour anecdotique: en 2017, alors qu'elle était envoyée spéciale du président Macky Sall, elle a écrit une lettre ouverte au maire de Montréal de l'époque, Denis Coderre, qui avait publiquement apporté son soutient au maire de Dakar, Khalifa Sall, arrêté en mars pour une affaire de fausses factures.

Ce coup de gueule avait défrayé la chronique au Sénégal. L'ancienne Garde de Sceaux y ressortait les affaires de corruptions de la mairie de Montréal, affirmant que "les conclusions sulfureuses" de la commission Charbonneau mettaient "en exergue un vaste système de corruption basé sur des appels d’offres truqués au sein de la mairie de Montréal avec versement de pots de vin à divers politiciens."

"Monsieur le Maire de Montréal", poursuivait-elle dans sa lettre, "Les affaires qui ont secoué les mairies de Montréal et de Laval ressemblent comme deux soeurs jumelles à celles de la mairie de Dakar. Pour autant, avez-vous eu à adresser des vidéos de soutien aux maires Applebaum et Vaillancourt? Avez-vous eu à suggérer un seul instant que la Justice canadienne est politisée et cherche à régler des comptes politiques?" Et de conclure:"la corruption des élites est tout aussi inacceptable à Montréal qu’à Dakar".

Mali: Mariam Kaïdama Sidibé Cissé

Mariam Kaïdama Sidibé Cissé a été Première ministre du Mali du 3 avril 2011 au 22 mars de l'année suivante, lendemain du coup d'Etat de 2012. Elle a occupé trois postes ministériels entre 1991 et 2002 et été plusieurs fois conseillère à la présidence.

Elle a également été secrétaire exécutive du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (Cilss) et ambassadrice de l'Autorité du Bassin du Niger à la COP21 qui s'est tenue à Paris en 2015. Le 26 mai 2011, Mme Sidibé Cissé était l’un des principaux orateurs du lancement du Partenariat mondial de l’UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes.

Mozambique: Luísa Diogo

Luísa Diogo a été Première ministre du Mozambique pendant six ans, du 17 février 2004 au 16 janvier 2010, tout en continuant d'occuper le poste de ministre des Finances jusqu'en février 2005. Mme Diogo s'est attaquée à la pauvreté et a oeuvré pour la croissance économique.

Entrée dans le monde de la finance à l'âge de 22 ans, cette habile négociatrice est parvenue à obtenir de nombreuses aides extérieures qui ont permis le développement des télécommunications, l'augmentation de la production agricole et une lutte efficiente contre le VIH/sida. Ses réformes ont permis à l'économie du Mozambique de redémarrer progressivement.

Luísa Diogo, ancienne Première ministre du Mozambique.
Luísa Diogo, ancienne Première ministre du Mozambique.

Elle s'est notamment engagée à développer les services de santé et d'éducation, recrutant chaque année des centaines d'enseignants et de personnels soignants. Elle a par ailleurs effectué une refonte du système judiciaire et des forces de police.

Pour rendre son cabinet redevable, Mme Diogo avait créé une plateforme composée de citoyens et de journalistes qui évaluaient périodiquement les stratégies gouvernementales. Et comme ses homologues africaines, la Première ministre mozambicaine s'est concentrée sur l'égalité entre hommes et femmes et l'autonomisation des femmes, notamment à travers le Réseau des femmes ministres et parlementaires.

São Tomé et Príncipe​: Maria das Neves et Maria do Carmo Silveira

Tout comme le Sénégal, São Tomé et Príncipe a déjà eu deux femmes Premières ministres. Il s'agit de Maria das Neves (du 3 Octobre 2002 au 18 September 2004), et Maria do Carmo Silveira (du 8 juin 2005 au 21 Avril 2006). Neves et Carmo Silvera sont toutes deux issues du milieu de la finance de cet archipel, avec quelque 220.000 habitants, isolé dans l'Atlantique.

Maria do Carmo Silveira, ancienne Première ministre de São Tomé et ancienne secrétaire exécutive de la Lusophonie.
Maria do Carmo Silveira, ancienne Première ministre de São Tomé et ancienne secrétaire exécutive de la Lusophonie.

La seconde aura été capable de réaliser des prouesses lors de son très court mandat, notamment la résolution d'un différend salarial avec les syndicats du secteur public et la signature d'un accord de coopération pétrolière avec l'Angola, entre autres succès.

Primatures à haut risque

Rwanda: Agathe Uwilingiyimana

Agathe Uwilingiyimana a été Première ministre au Rwanda, du 18 juillet 1993 au 7 avril 1994, jour de son assassinat au début du génocide.

Mme Uwilingiyimana était une pionnière des droits des femmes et de l'éducation des filles, et, comme Sylvie Kinigi pour le Burundi, elle a tenté de réconcilier Tutsis et Hutus, en vain. En sa mémoire, le Forum des Educatrices Africaines (FAWE) a créé le prix Agathe Innovative, qui finance des projets générateurs de revenus visant à améliorer les perspectives des filles en Afrique.

Cette mère de cinq enfants a enseigné la chimie et les mathématiques au niveau universitaire et a promu ces matières auprès des filles. En 1989, elle a été nommée directrice du ministère du Commerce et ministre de l'Education en 1992.

Elle a aboli le système de quotas ethniques universitaires, attribuant les places et les bourses d'études dans les écoles publiques en fonction du mérite. Ce qui lui a valu l'hostilité des extrémistes durant la guerre civile. Alors qu'elle voulait démissionner, d'éminentes personnalités l'en ont dissuadée.

Sous la présidence de Juvenal Habyarimana, Agathe Uwilingiyimana a eu la tâche ardue de négocier les accords d'Arusha le 4 août 1993, mais les pourparlers entre le président et le Front Patriotique Rwandais n'ont jamais abouti et l'avion du président sera abattu le 6 avril 1994. C'est ainsi qu'Agathe Uwilingiyimana est devenue chef de l'État et du gouvernement pendant environ 14 heures.

Son parcours présente des similitudes avec celui de la Burundaise Sylvie Kinigi. Mais celle qu'on appelait "Madame Agathe" aura eu une fin tragique, au lendemain de la mort d'Habyarimana. Le 7 avril 1994, Agathe Uwilingiyimana et son mari ont été tués par la garde présidentielle rwandaise dans l'enceinte de l'ONU, selon des témoins.

Madagascar: 48h pour Cécile Manorohanta

Cécile Manorohanta est nommée Premier ministre intérimaire par le président Andry Rajoelina le 18 décembre 2009, alors que Madagascar traverse une crise politique majeure. Elle remplace l'éphémère Eugène Mangalaza, limogé après deux mois en poste. Elle quitte la Primature deux jours plus tard.

Avant ce rôle Mme Manohoranta était ministre de la défense. Elle annonce sa démission en février 2009 après des actes de violence perpétrés par les forces de l'ordre contre des civils. Selon le quotidien L'Express de Madagascar, elle a écrit dans sa lettre de démission qu'en tant que mère, elle "ne pouvait accepter la violence qui a eu lieu".

Ancienne rectrice de l'Université malgache d'Antsiranana, Cécile Manorohanta a fait ses études post-doctorales à l'Université de Californie à Los Angeles en 1993, précise le quotidien.

Centrafrique: Elisabeth Domitien, pionnière

La CentrafRicaine Elisabeth Domitien s'est engagée dans le mouvement d'indépendance à l'âge de 20 dans les années 50. Cette jeune charismatique et entreprenante s'est imposée en tant que leader communautaire, devenant rapidement populaire en milieu rural.

Nommée Première ministre par Jean Bedel Bokassa, le 2 janvier 1975, cette agricultrice et femme d'affaires a placé son mandat sous le sceau de l’agriculture, le commerce et la promotion de la femme. Elisabeth Domitien a été la première femme à occuper un poste de Premier ministre en Afrique.

Alors que Bokassa s'affairait a envoyer en prison les voix dissidentes, elle s'évertuait à les faire libérer. Elle a été remerciée le 7 avril 1976 pour avoir conseiller au futur "empereur" de ne pas faire de la Centrafrique un royaume.

Après le renversement de Bokassa en septembre 1979, Mme Domitien purge une peine de prison et se voit interdire de retourner en politique. Treize ans plus tard sous le président Ange-Félix Patassé, elle a reçu une compensation pour le traitement injuste auquel elle avait été exposée.

Elisabeth Domitien est décédée le 26 avril 2005, à l’âge de 80 ans.

L'étudiante sénégalaise disparue, Diary Sow, est bien vivante

Des policiers français sécurisent une zone où quatre personnes ont été blessées dans une attaque au couteau près des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020 à Paris. (Photo AP / Lewis Joly)

La jeune Sénégalaise étudiant à Paris, Diary Sow, dont la disparition a mis son pays en émoi dit aller bien et avoir pris "une petite pause pour retrouver (ses) esprits", dans des échanges publiés jeudi soir par un proche.

Les mots rendus publics par le ministre de l'Eau Serigne Mbaye Thiam, qui a pris l'étudiante sous son aile, sont la première manifestation de vie fiable et publique de sa part depuis sa disparition début janvier.

Diary Sow, 20 ans, inscrite en classe préparatoire au prestigieux lycée parisien Louis-Le-Grand, dit avoir cherché une sorte de "répit salutaire" sans pouvoir en expliquer la raison. Elle se déclare surprise et "désolée" de l'émotion que sa disparition a causée.

Les échanges publiés ne disent rien de l'endroit se trouve la jeune femme, connue au Sénégal comme l'incarnation de l'excellence et de la réussite scolaires.

Le ministre a publié ces extraits d'une lettre et d'échanges avec elle sur son compte Twitter, avec son accord et celui de sa famille. "Ce tweet est bien de moi", a-t-il confirmé à l'AFP. La disparition a donné lieu à nombre d'informations erronées et d'infox.

"Si je ne m’étais pas manifestée jusqu’à présent, c’est pour la simple raison que j’étais dans l’impossibilité de le faire", dit-elle mystérieusement.

"J'ai laissé assez d’indices derrière moi pour qu’on sache que je partais de mon plein gré. Je ne me cache pas. Je ne fuis pas. Considère cela comme une sorte de répit salutaire dans ma vie", dit-elle à son mentor.

Celle qui fut distinguée meilleure élève du Sénégal en 2018 et 2019 assure ne pas avoir cédé à la pression, ni aux doutes. "Je n’ai pas disjoncté à cause du confinement ou de la prépa", dit-elle.

"Ceux qui cherchent une explication rationnelle à mon acte seront déçus puisqu’il n’en a aucune", dit-elle. Elle parle de "désir irrépressible, irraisonné et si profondément irrationnel", et n’aurait "jamais cru que (son) nom allait alimenter autant de débats, qu’autant de gens allaient s’inquiéter".

"Profondément désolée"

Elle prie son mentor "de rassurer les gens qui me cherchent. Je vais bien, je suis en sécurité. Sache que je suis terriblement, profondément désolée".

Après son bac en 2019, Diary Sow, issue d'un milieu modeste, a obtenu une bourse d'excellence qui lui a permis d'intégrer la classe préparatoire de Louis-Le-Grand, où elle étudie physique, chimie et ingénierie.

Son sort passionne le Sénégal. Selon une association d'étudiants sénégalais à Toulouse, la jeune femme a passé les vacances de fin d'année dans cette ville du sud-ouest de la France chez sa meilleure amie, étudiante en médecine. Mais elle ne s'est pas présentée le 4 janvier à la reprise des cours à Louis-Le-Grand, absence qui ne lui ressemblait pas selon ses proches.

Sa disparition a été signalée le 7 janvier et les milieux étudiants sénégalais se sont mis en branle sur les réseaux sociaux et dans le 13e arrondissement de Paris, où elle habite dans une résidence universitaire. Le président sénégalais Macky Sall lui-même a donné des instructions pour la retrouver, selon l'ambassadeur du Sénégal en France, Maguette Sèye.

Une enquête avait été ouverte en France pour disparition "inquiétante". Une source proche du dossier se voulait cependant rasurante ces derniers jours et disiait que la thèse du départ volontaire était privilégiée.

La vaccination va débuter en mars pour les Sénégalais

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Les Sénégalaises embrassent la profession de garde du corps

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Un défenseur sénégalais des migrants écroué pour "fausses nouvelles"

Un migrant est accueilli par des travailleurs de MSF à bord du MV Aquarius, alors que 193 personnes et deux cadavres sont retrouvés vendredi 13 janvier 2017 dans les eaux de la mer Méditerranée à environ 35 km au nord de Sabrata, en Libye. (AP Photo / Sima Diab)

La justice sénégalaise a inculpé et écroué mardi un défenseur des droits des migrants pour "diffusion de fausses nouvelles" après ses propos sur l'argent versé par l'Union européenne pour aider le Sénégal à lutter contre l'immigration clandestine, a-t-on appris auprès de ses avocats.

Boubacar Sèye, président-fondateur de Horizons sans frontières (HSF), une ONG active dans la défense des migrants, avait été arrêté le 15 janvier à l'aéroport Blaise Diagne de Diass, près de Dakar, à son retour d'Espagne.

Il avait dans la foulée été placé en garde à vue par la gendarmerie.

La justice lui reproche de récentes déclarations sur "l'utilisation des fonds alloués par l'UE pour lutter contre l'immigration clandestine au Sénégal", a déclaré mardi à l'AFP un de ses avocats, Assane Dioma Ndiaye.

M. Sèye avait déclaré en octobre-novembre 2020 dans divers médias au Sénégal que "depuis 2005, plusieurs milliards de francs CFA (plusieurs millions d'euros) ont été dépensés et qu'il fallait s'arrêter et évaluer" cette politique, a précisé un autre membre de sa défense, Amadou Diallo.

"Il a été aujourd'hui inculpé pour diffusion de fausses nouvelles et placé sous mandat de dépôt, mais il n'a pas accusé qui que ce soit. Il a simplement demandé qu'on fasse le bilan de cet argent", a dit Me Ndiaye.

Les départs d'embarcations remplies de migrants s'étaient multipliés au milieu de l'an dernier sur les côtes au Sénégal, un pays qui reçoit un appui multiforme de l'UE pour lutter contre l'immigration clandestine, notamment dans le cadre de Frontex, l'Agence européenne de surveillance des frontières.

Un grand nombre de Sénégalais auraient péri pendant cette période en tentant de gagner en pirogue l'archipel espagnol des Canaries, porte d'entrée à l'Europe, au cours de cette nouvelle vague de départs.

L'Organisation internationale des migrations (OIM) a fait état de 140 morts au cours d'un seul naufrage au large du Sénégal fin octobre, bilan contesté par le gouvernement sénégalais.

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