Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Des érudits musulmans demandent la réouverture d'un centre islamique en Mauritanie


Un homme marche devant une mosquée, au centre de la capitale, à Nouakchott, le 2 février 2008.

Près de 200 érudits musulmans mauritaniens ont demandé au président Mohamed Ould Abdel Aziz de rouvrir un centre de formation théologique fermé en septembre par les autorités, dans une pétition minimisée par le gouvernement.

"Ils sont 177 sur plus de 9.000 érudits recensés par le ministère des Affaires islamiques, qu'est-ce que cela représente?", a déclaré jeudi soir le porte-parole du gouvernement, Mohamed Lemine Ould Cheikh, interrogé par la presse sur cette pétition exigeant la réouverture du "centre de formation des oulémas" à Nouakchott.

"Nous, signataires de cette missive, demandons au président de la République d'intervenir pour arrêter les mesures prises par le ministère des Affaires islamiques pour la fermeture de ce centre qui est un phare de l'enseignement religieux dans notre pays", affirment les érudits, dont certains sont proches du pouvoir.

Selon les signataires, "rien ne servirait mieux l'extrémisme et le terrorisme que de s'en prendre aux gens de savoir et de droiture et qui sont connus pour leur équité et leur modération".

Le gouvernement a fermé successivement en septembre ce centre et l'université privée Ibn Yacine, deux établissements dirigés par l'érudit Mohamed Elhacen Ould Dedaw réputé proche des Frères musulmans, sinon leur "principal théoricien" dans le pays, et qui forment des étudiants en théologie dont des ressortissants de pays étrangers, notamment ouest-africains.

"Le centre et l'université Ibn Yacine sont les bras scientifiques d'un parti politique, leurs directoires étant membres de ce parti", avait alors affirmé le porte-parole du gouvernement, en référence au parti islamiste Tewassoul.

"L'enseignement pratiqué dans ces deux institutions a dévié de son cadre normal constitué par le rite malékite en vigueur dans le pays", avait poursuivi M. Ould Cheikh, ajoutant que des "remarques particulières ont été faites s'agissant de l'origine des financements de ces institutions", sans autre précision.

Ces mesures font suite à la mise en garde lancée le 20 septembre par le président Ould Abdel Aziz contre l'islam politique, alors que Tewassoul a confirmé son statut de principale force d'opposition aux élections législatives et locales, largement remportées par le parti au pouvoir.

"Il n'est pas normal qu'un seul parti utilise et s'accapare l'islam, ce n'est pas acceptable et ce ne sera plus accepté dans l'avenir", avait déclaré le chef de l'Etat, affirmant que des "mesures (seraient) prises le moment venu".

Avec AFP

XS
SM
MD
LG