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L'opposition offre des garanties au président pour une alternance en 2019 au Mauritanie

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz attend l'arrivée du président français à l'aéroport de Nouakchott, en Mauritanie, le 2 juillet 2018.

L'opposition radicale mauritanienne a invité le président Mohamed Ould Abdel Aziz à organiser une élection transparente en 2019 pour permettre une alternance pacifique, lui promettant en retour qu'il bénéficierait "de sa dignité et de son respect".

M. Ould Abdel Aziz, qui achèvera son second mandat en 2019, répète régulièrement qu'il ne tentera pas de modifier la Constitution pour se représenter, sans apaiser les soupçons de l'opposition, alimentés par les déclarations publiques de ses ministres ou de ses partisans en faveur d'un troisième mandat.

Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion, l'opposition radicale a appelé à une transition en douceur "entre un président élu dont la victoire est reconnue par tous et un sortant jouissant de sa dignité et de son respect".

"Il est de l'intérêt du pays que le président sortant soit assuré, en quittant sa fonction, qu'il ne sera pas inquiété", a expliqué dans une conférence de presse l'un des dirigeants de l'opposition, Mahfoudh Ould Bettah.

Il faisait allusion à d'éventuelles poursuites, alors que l'opposition radicale accuse le chef de l'Etat de mauvaise gestion et d'atteintes aux droits de l'Homme.

L'opposition a par ailleurs dénoncé comme "une restriction des libertés" la fermeture lundi soir du "centre de formation des oulémas" à Nouakchott, accusé par les autorités de "dispenser un enseignement islamiste extrémiste" en relation avec les Frères musulmans.

La direction du centre a rejeté cette mesure, assurant dans un communiqué que l'établissement "dispense un enseignement scientifique et théologique à l'image des mahadras traditionnelles (écoles coraniques en Mauritanie) qui n'a rien à voir avec la politique".

Le créateur du centre, Mohamed Elhacen Ould Dedaw, considéré comme le principal représentant de la mouvance des Frères musulmans dans le pays, actuellement en Turquie pour des soins, a ajouté que son institution, n'avait "pas besoin d'autorisation d'enseigner" et poursuivrait "sa mission d'enseignement d'une manière ou d'une autre".

Cette fermeture intervient après la mise en garde lancée la semaine dernière par le président mauritanien contre l'islam politique, alors que le parti islamiste Tewassoul a confirmé son statut de principale force d'opposition aux élections législatives et locales, largement remportées par le parti au pouvoir.

"Il n'est pas normal qu'un seul parti utilise et s'accapare l'islam, ce n'est pas acceptable et ce ne sera plus accepté dans l'avenir", a déclaré M. Ould Abdel Aziz le 20 septembre, affirmant que des "mesures seront prises le moment venu".

Avec AFP

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Un nouveau gouvernement mauritanien sans les ministres cités dans une enquête sur des malversations présumées

Le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, le 25 septembre 2019.

La présidence mauritanienne a annoncé la formation d'un nouveau gouvernement dimanche soir, après un rapport parlementaire liant d'anciens ministres à des affaires financières de l'ex-dirigeant Mohamed Ould Abdel Aziz.

Adama Bocar Soko, le secrétaire général de la présidence mauritanienne, a déclaré au cours d'une conférence de presse dans la capitale Nouakchott que ce remaniement allait donner aux ministres cités dans le rapport "le temps dont ils auront besoin pour prouver leur innocence".

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani avait procédé jeudi, sans en donner la raison, à un changement de Premier ministre et annoncé un remaniement ministériel, au lendemain de la remise à la justice du rapport d'une commission parlementaire sur la gestion de son prédécesseur, Mohamed Ould Abdel Aziz.

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Jusqu'à l'annonce de dimanche, la présidence mauritanienne n'avait pas établi de lien entre le remaniement et le rapport sur M. Aziz, au pouvoir de 2008 à 2019.

Parmi les dossiers étudiés par les neuf membres de la commission parlementaire, formée en janvier, figurent la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l'État à Nouakchott, la liquidation d'une société publique qui assurait l'approvisionnement de ce pays sahélien en denrées alimentaires ou encore les activités d'une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong, selon des sources parlementaires.

Le parquet d'un tribunal de la capitale a fait savoir mercredi qu'il avait reçu le rapport. Il doit ouvrir une enquête au terme de laquelle une instruction va être éventuellement ouverte et a promis des investigations "en toute impartialité".

Quatre ex-ministres ont été cités dans ce document, dont l'ancien Premier ministre Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, remplacé jeudi.

Selon le quotidien Le Calame, "ce gouvernement ne semble pas marquer une rupture d'avec le gouvernement sortant. Ghazwani garde sa méthodologie qui consiste à procéder par petites touches." En effet, 18 ministres ont été reconduits dans leurs fonctions.​

Le quotidien salue toutefois le fait que, pour la première fois, deux négro-africains occupent des postes de decision, à savoir le secrétariat général de la présidence et le secrétariat général du gouvernement​.

Le nombre des ministères avait été réduit, certains ayant été fusionnés.

"Haute trahison"

L'ex-président mauritanien avait ignoré début juillet la convocation de la commission parlementaire pour s'expliquer sur les dossiers donnant lieu à des investigations, selon une source parlementaire.

Les députés mauritaniens ont ensuite voté fin juillet une loi instituant une Haute cour de justice chargée de juger le chef de l'Etat et des ministres en cas de "haute trahison". La juridiction doit être mise en place dans les prochains mois.

Ce type de juridiction existait déjà en Mauritanie jusqu'à une révision constitutionnelle en 2017, qui a entraîné sa dissolution.

Un éventuel procès de l'ex-président Aziz se déroulerait devant la Haute cour, après un vote des députés sur l'opportunité ou non de le juger.

"La prise en compte du dossier par le parquet est une phase traditionnelle de la justice. Il faudra attendre la phase de l'instruction pour savoir si le dossier sera retourné au Parlement, où il pourra faire l'objet de remise à une commission d’instruction", explique le constitutionnaliste Lo Abdoul Gourmo.

"Cette commission pourra requalifier les faits. S'il s’agit de faits de haute trahison commis par l’ancien président de la République, seule la Haute Cour de justice restera compétente pour le juger".

Le président Aziz avait pris le pouvoir dans ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants par un coup d'Etat militaire en 2008, puis remporté la présidentielle en 2009, suivie d'une autre en 2014.

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui lui a succédé en août 2019, fut son chef de cabinet et ministre de la Défense.

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