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DERNIER DEBAT OBAMA-ROMNEY

Les deux candidats se sont affrontés lundi soir, lors de leur troisième et dernier grand débat télévisé de cette campagne électorale.

Le président Barack Obama et son rival républicain, Mitt Romney, se sont affrontés lundi soir, lors de leur troisième et dernier grand débat télévisé de cette campagne électorale pour la présidentielle du 6 novembre. C’était lundi soir à l’Université Lynn de Boca Raton, en Floride.

Le débat portait sur la politique étrangère des Etats-Unis, mais la santé de l’économie américaine étant le thème central de cette campagne, les deux candidats n’ont pas résisté à la tentation d’y revenir.

Comme lors du précédent débat, il y a eu de vifs échanges entre les deux candidats. Le président a dit que M. Romney avait tort dans toutes ses opinions en matière de politique étrangère. "A chaque fois que vous avez exprimé une opinion, vous avez eu tort. Les Etats-Unis ont besoin d’un leadership fort et constant au Moyen Orient, et non pas d’un leadership mauvais et irresponsable". Ce à quoi M. Romney a rétorqué, en déclarant que « le critiquer ne constitue pas un programme pour arrêter la violence au Moyen Orient ».

Selon M. Romney, le Printemps arabe avait suscité de grands espoirs de modération dans la région, mais qu’on a plutôt assisté à « un certain nombre d’événements troublants », dont la Syrie et la Libye. Il a félicité le président Obama pour avoir tué Osama Bin Laden, tout en ajoutant : « Je le félicite pour avoir liquidé Osama Bin Laden, et s’en être pris au leadership d’Al Qaeda. Mais ce n'est pas seulement en tuant qu'on se sortira de cette pagaille. Nous allons devoir mettre en place une stratégie complète et solide pour aider le monde musulman et d'autres parties du monde à rejeter l'extrémisme radical violent qui certainement n’est pas en débandade, ni ne se cache"

M. Obama a réagi en soulignant que la stratégie de M. Romney consiste à adopter des positions contradictoires, disant qu’il a toujours fait les mauvais choix en politique étrangère, chaque fois qu’il s’est prononcé sur des questions telles que l’Irak, les traités nucléaires avec la Russie, et le chronogramme en Afghanistan.

La stratégie de M. Romney n’est pas destinée à assurer la sécurité de l’Amérique, ni à bâtir sur les progrès obtenus au Moyen Orient, estime le président. Pour lui, a-t-il ajouté, sa responsabilité première, en tant que commandant en chef, c’est d’assurer la sécurité de la nation. Le leadership central d’Al-Qaeda a été décimé, a-t-il dit, et le processus de transfert de la responsabilité sécuritaire aux forces afghanes est en cours.

S’agissant de la Libye, il a trouvé « important de prendre un certain recul » et de penser à ce qui s’est passé après la tragédie de Benghazi. Des milliers de Libyens ont organisé des marches, déclarant « l’Amérique est notre amie ».

Il a expliqué avoir “travaillé dur” avec les alliés pour amener la paix et la démocratie dans la région, et la Libye en est un exemple: " Nous avons été capables, sans envoyer des troupes sur place, et à un coût inférieur à ce que nous dépensons en 2 semaines en Irak, de libérer un pays sous le joug d’un dictateur pendant 40 ans, de se débarrasser d’un despote qui avait tué des Américains. C’est ainsi que malgré cette tragédie, vous avez vu des dizaines de milliers de Libyens marcher, après les événements de Benghazi, pour dire ‘l’Amérique est notre amie, et nous sommes à ses côtés ».

M. Romney a préconisé que l’Amérique encourage le monde musulman à rejeter, de lui-même, l’extrémisme. « Nous voulons pas d’un autre Irak ou Afghanistan ». Il veut que les nations du Moyen Orient créent des societés civiles. Nous avons vu dans ce chaos Al-Qaeda et d’autres terroristes se précipiter dans la région, y créant des « problèmes réels », a-t-il poursuivi, en parlant de la présence d’extrémistes dans le nord du Mali.

En réponse aux critiques de M. Romney sur l’Iran, le président a dit que son administration a fait preuve de fermeté, en appliquant certaines des sanctions “les plus draconiennes et les plus paralysantes qu’on ait jamais vues” contre la république islamique. Pour M. Romney, Téhéran qui est maintenant « 4 ans plus près de la bombe atomique » a vu « de la faiblesse là où les leaders iraniens s’attendaient à voir la puissance de l’Amérique ».

Interrogé sur ce qu’il considérait comme la plus grande menace pour les Etats-Unis, il a répondu « le programme nucléaire iranien ».
Le président a, lui, parlé de la menace continue des réseaux terroristes, ajoutant qu’il nous “faut rester vigilants”.

M. Romney s’est, par ailleurs, opposé au projet de budget de la défense du président, qualifiant d’inacceptable le fait que l’Armée de l’air sera plus petite que depuis sa création en 1947, et la marine depuis 1917. " Cela, à mon avis, est la plus grande responsabilité du président des Etats-Unis, c’est-à-dire maintenir la sécurité du peuple américain. Et je ne couperai pas notre budget de la défense de 1.000 milliards de dollars, ce qui est une combinaison des propres coupes du président et d’autres envisagées. Cela à mon avis, c’est rendre notre avenir moins certain et moins sûr ».
Le président a répondu que le budget militaire ne réduira pas les dépenses, mais les maintiendra. Et il a accusé son rival de suivre des politiques dépassées : "Vous avez mentionné la marine, par exemple, et que nous avons moins de navires qu’en 1916. Eh bien, gouverneur, nous avons moins de chevaux et de bayonettes parce que la nature de nos forces armées a changé ».

Discutant du Pakistan, le président Obama a souligné que les forces américaines n’auraient pas pu avoir Osama Bin Laden s’il avait cherché à obtenir l’autorisation préalable d’Islamabad. M. Romney a répondu ne pas le blâmer pour l’état des relations avec le Pakistan, mais que les Etats-Unis ne peuvent pas simplement tourner le dos à un pays qui a 100 armes nucléaires, et qu’il faut œuvrer avec le peuple pakistanais pour arriver à un comportement plus responsable.
Pendant des mois, les sondages donnaient un grand avantage au président en politique étrangère, se félicitant entre autre du raid de 2011 au Pakistan qui a abouti à la mort d’Osama Bin Laden, le cerveau des attentats terroristes de 2001 aux Etats-Unis.

Mais de plus récents sondages montrent que l’écart s’est rétréci dans ce domaine. M. Romney a critiqué les insuffisances sécuritaires qui ont conduit, selon lui, à l’attaque contre le consulat américain à Benghazi, ainsi qu’à la mort de l’ambassadeur américain en Libye et trois de ses collaborateurs. Il a aussi critiqué l’administration Obama pour avoir dit à la presse que cette attaque était dûe à des manifestations contre un film islamophobe produit aux Etats-Unis.

A deux semaines de la présidentielle, plusieurs sondages renvoient dos-à-dos MM. Obama et Romney. Ils sont chacun crédités de 47% par celui de NBC News et du Wall Street Journal.

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L'Union africaine s'invite dans une controverse raciale aux États-Unis

Des manifestants jettent un matelas sur une voiture en feu devant un magasin près du troisième commissariat de police le 28 mai 2020 à Minneapolis, dans le Minnesota, Etats-Unis. (Photo Kerem Yucel / AFP)

Le président de la Commission de l'Union africaine a condamné vendredi le meurtre présumé par la police d'un homme noir non armé dans l'État américain du Minnesota, un incident qui a déclenché des manifestations à travers le pays.

Moussa Faki Mahamat "condamne fermement le meurtre de George Floyd qui s'est produit aux États-Unis d'Amérique aux mains des forces de l'ordre, et souhaite présenter ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches", lit-on dans une déclaration de sa porte-parole.

La déclaration ajoute que M. Faki, qui est Tchadien, "réaffirme et réitère fermement le rejet par l'Union africaine de la poursuite des pratiques discriminatoires à l'encontre des citoyens noirs des États-Unis d'Amérique".

George Floyd, 46 ans, a été tué lundi par la police après avoir été arrêté parce qu'il était soupçonné d'avoir utilisé un faux billet de banque.

Une vidéo prise par un spectateur montre un policier agenouillé sur son cou alors qu'il est cloué au sol. À un moment donné, on entend Floyd dire qu'il ne peut plus respirer.

Des affrontements avec la police sont entrées dans leur quatrième jour vendredi.

D'autres responsables de l'UA, dont le siège est en Ethiopie, ont également fait savoir qu'ils étaient perturbés par la mort de M. Floyd.

Jeudi, Kwesi Quartey, vice-président de la Commission de l'Union africaine, a publié sur sa page Facebook personnelle que l'UA était "bouleversée d'assister à une nouvelle exécution injustifiée d'un autre Afro-Américain... sans autre raison que d'être noir".

"C'est une exécution de trop. Nous sommes peut-être noirs, mais nous sommes aussi des personnes", a écrit Quartey. "L'Afrique exige une enquête complète sur ce meurtre."

Dans sa déclaration de vendredi, le bureau de M. Faki a appelé les responsables américains à "intensifier leurs efforts pour assurer l'élimination totale de toutes les formes de discrimination basées sur la race ou l'origine ethnique."

Quoi qu'inhabituelle, l'implication de dirigeants africains dans ce qui est une affaire intérieure dans un pays occidental a un certain précédent. En 2003, le sommet des chefs d'État de l'Union africaine a déclaré que la diaspora - y compris tous les descendants d'Africains tels que ceux des États-Unis, d'Europe et du Brésil - constitue la sixième région d'Afrique.

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