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Démission du numéro 1 du parti présidentiel aux Comores

Hamidou Karihila, numéro 1 du parti présidentiel aux Comores, 22 juin 2017. (Facebook/ Hamidou Karihila)

Le numéro 1 du parti présidentiel aux Comores a annoncé son départ de la formation et sa démission de son poste de secrétaire d'Etat, en raison de désaccords avec le président Azali Assoumani.

Dans un communiqué publié jeudi, Hamidou Karihila a expliqué avoir décidé "de quitter le navire CRC (Convention pour le renouveau des Comores) et de retirer" son "soutien politique" et sa "confiance" au président comorien.

Hamidou Karihila, qui occupait depuis 2016 les fonctions de secrétaire d'Etat chargé du monde arabe, a justifié sa décision par sa mise à l'écart "du cercle de décision du parti".

"Ce que j'ai vécu ces derniers mois, ces deux dernières années, n'a rien à voir avec ce que nous nous étions convenus" avec Azali Assoumani, a-t-il expliqué vendredi à l'AFP.

"Il n'était pas question (...) de réforme constitutionnelle, ni de remise en cause de la (présidence) tournante" entre les îles formant l'Union des Comores, a-t-il poursuivi en référence au référendum constitutionnel organisé en juillet.

La réforme constitutionnelle, adoptée lors d'un scrutin boycotté par l'opposition, autorise un chef de l'Etat à briguer deux mandats consécutifs.

Concrètement, elle permet à Azali Assoumani, un ancien putschiste, de rester au pouvoir jusqu'en 2029 en cas d'élection.

Cette réforme met aussi à mal le principe de la présidence tournante tous les cinq ans entre les trois îles de l'Union des Comores (Anjouan, Grande-Comore, Mohéli).

En vertu de ce principe, la prochaine présidence aurait dû revenir à un représentant d'Anjouan où l'opposition est majoritaire.

"On aurait dû laisser filer la tournante à Anjouan en 2021, ça aurait été bénéfique pour le pays et la CRC", a estimé Hamidou Karihila.

Sa défection vient s'ajouter à celle du député Ali Mhadji, qui a quitté récemment la CRC. Le parti présidentiel ne compte désormais qu'un élu à l'Assemblée fédérale.

Les Comores, archipel pauvre de l'océan Indien à l'histoire politique mouvementée, traversent depuis plusieurs mois une crise politique et institutionnelle.

Plusieurs responsables de l'opposition, notamment du parti Juwa de l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi - lui-même en détention provisoire -, sont derrière les barreaux.

A la mi-octobre, un groupe de rebelles armés opposés à Azali Assoumani avaient affronté l'armée durant une semaine à Mutsamudu, capitale de l'île d'Anjouan.

Une élection présidentielle anticipée, à laquelle Azali Assoumani sera candidat, est prévue au premier semestre 2019.

Avec AFP

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Le président réélu Azali reconduit ses fidèles au gouvernement

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président des Comores Azali Assoumani, réélu en mars pour cinq ans à l'issue d'un scrutin contesté par ses adversaires, a nommé un nouveau gouvernement largement composé de fidèles, malgré ses promesses d'ouverture à l'opposition.

La nouvelle équipe, dévoilée jeudi soir par la présidence dans un communiqué, compte comme la précédente douze ministres et trois secrétaires d'Etat, dont deux femmes.

Très contestés, Mohamed Daoudou dit "Kiki" et Mohamed Houssein Djamalilail y conservent leurs portefeuilles respectifs à l'Intérieur et à la Justice. M. Daoudou perd toutefois la fonction de porte-parole du gouvernement, confiée au nouveau ministre de l'Economie Houmed Msaidié Ahmed.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, l'ex-colonel putschiste Azali Assoumani a été déclaré vainqueur du premier tour de la présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition, qui compare son régime à une "dictature", a refusé de reconnaître les résultats en dénonçant, ainsi que la plupart des observateurs, des fraudes caractérisées.

Dans un souci affiché d'apaisement, M. Azali a gracié le mois dernier 17 opposants politiques emprisonnés pour des tentatives présumées de déstabilisation du gouvernement. Mais ses offres de dialogue avec l'opposition ont été rejetées.

"Ce gouvernement ressemble comme deux gouttes d'eau au précédent (...) c'est un non-événement", a réagi vendredi le président de l'Union de l'opposition, Mohamed Ali Soilihi.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant
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"C'est toujours le noyau dur d'Azali qui gouverne", a noté auprès de l'AFP un fonctionnaire ayant requis l'anonymat.

"Ce n'est certes pas un gouvernement d'ouverture comme l'aurait souhaité le président, mais c'est parce que l'opposition n'a pas répondu à sa main tendue", a regretté de son côté le secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (parti présidentiel), Yahaya Mohamed Elliasse.

Le président réélu a promis de faire du petit archipel de l'océan Indien, un des Etats les plus pauvres de la planète, un pays émergent d'ici 2030.

Remise en liberté du colonel Soilihi Mohamed, un chef de l'opposition comorienne

Le colonel Soilihi Mohamed le 10 avril 2016.

La justice comorienne a remis en liberté lundi une des principales voix de l'opposition, le colonel Soilihi Mohamed, arrêté pour avoir refusé de reconnaître la réélection contestée du président Azali Assoumani, a-t-on appris auprès de son entourage.

L'officier à la retraite, plus connu dans l'archipel de l'océan Indien sous son surnom de "Campagnard", a été discrètement élargi après avoir été présenté à un juge du tribunal de la capitale Moroni, a-t-on confirmé de mêmes sources.

Ces sources n'ont pu immédiatement préciser s'il avait été formellement inculpé par le magistrat.

M. Soilihi n'a fait aucun commentaire à sa libération.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, a été réélu après avoir remporté le premier tour de l'élection présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition refuse de reconnaître sa victoire en arguant de fraudes massives, largement confirmées par la société civile comorienne et les observateurs internationaux.

Arrivé quatrième du scrutin, "Campagnard", un ancien chef d'état-major de l'armée comorienne très respecté, a été arrêté le 28 mars juste après avoir annoncé qu'il prenait la tête d'un "comité national de transition" qui exige un nouveau scrutin.

Il était entendu depuis par les gendarmes de Moroni.

Samedi, un des magistrats de la Cour de sûreté de l'Etat a annoncé à la presse que l'officier à la retraite et au moins huit autres personnes actuellement en garde à vue seraient poursuivies pour avoir tenté de "déstabiliser l'Etat".

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" de M. Azali. Elle lui reproche notamment d'avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et ordonné l'arrestation de dizaines de ses membres.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant

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Tirs à Moroni après l’arrestation d’un opposant au régime Azali

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Tirs à Moroni après l'arrestation d'un opposant au régime Azali

Un officier de police de Hankounou aux Comores le 30 juillet 2018.

La capitale du petit archipel des Comores a été secouée jeudi par de violents échanges de tirs survenus après l'arrestation d'un des chefs de l'opposition, qui refuse de reconnaître la réélection jugée frauduleuse du président Azali Assoumani.

En début d'après-midi, une fusillade a éclaté autour du camp militaire de Kandani, le plus grand de Moroni, ont rapporté des témoins interrogés par l'AFP.

Selon des sources concordantes, ces échanges de tirs ont opposé la garnison à un groupe d'hommes armés qui venait de faire évader de la prison de Moroni un officier condamné pour tentative de coup d'Etat contre le régime, le commandant Faissoil Abdou Salam.

Les tirs ont cessé deux heures plus tard, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

"La situation est sous contrôle (...), maintenant on s'occupe des blessés", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Mohamed Daoudou dit "Kiki", sans plus de précisions.

Au moins un militaire a été blessé, a constaté l'AFP.

Ces affrontements ont provoqué un début de panique dans les rues de la capitale, qui se sont rapidement vidées. L'accès à la présidence et la résidence du chef de l'Etat a été prestement bouclé par les forces de l'ordre, a témoigné à l'AFP une source occidentale dans la capitale.

Ces échanges de coup de feu sont survenus peu après l'arrestation jeudi de l'un des principaux rivaux du président Azali, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard".

- 'Transition' -

Arrivé quatrième du scrutin présidentiel de dimanche, cet ancien chef d'état-major de l'armée très respecté venait d'annoncer avoir pris la tête d'un "comité national de transition" afin de "régler la crise post-électorale" et "assurer une transition pacifique".

"Le scrutin du 24 mars a été une tromperie, une mascarade et une honte, (...) nous allons organiser la résistance", a-t-il poursuivi, exhortant la population à "désobéir civilement" si le vote de dimanche n'était pas annulé d'ici au 3 avril.

A la tête du pays de 1999 à 2006, élu en 2016, le colonel Azali a été reconduit dès le premier tour du scrutin avec 60,77% des suffrages, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale.

L'opposition a hurlé au "hold-up" ou au "coup d'Etat électoral", dénonçant les "fraudes massives" du camp présidentiel.

Les ONG comoriennes et de nombreux observateurs étrangers ont largement confirmé les irrégularités relevées par les douze adversaires du chef de l'Etat sortant.

Le colonel Soilihi était toujours entendu jeudi après-midi par les gendarmes, selon une source militaire.

"Il s'agit simplement de lui rappeler qu'il y a des textes dans ce pays et que, s'il veut contester les résultats des élections, il doit le faire devant les instances compétentes, pas dans la rue ou ailleurs", a justifié le ministre de l'Intérieur.

Les douze candidats opposés au colonel Azali avaient dénoncé dès dimanche de nombreuses irrégularités dans la tenue du scrutin présidentiel.

- Nouveau scrutin -

Lundi, une centaine de leurs partisans qui protestaient contre la "fraude généralisée" avaient essuyé des tirs de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc de la part des forces de l'ordre.

Jeudi matin encore, les gendarmes ont dispersé une centaine de femmes issues de la société civile qui voulaient déposer au siège de la Cour suprême, en charge du contentieux électoral, une motion exigeant "l'annulation immédiate de ce scrutin et l'invalidation des résultats annoncés".

Douze d'entre elles ont été interpellées par les forces de l'ordre puis relâchées à la mi-journée.

L'opposition comorienne a fait savoir qu'elle ne déposerait aucun recours devant la Cour suprême, qu'elle juge inféodée au régime, et exige elle aussi la tenue d'un nouveau scrutin "dans les plus brefs délais".

Le ministre de l'Intérieur a balayé toutes les critiques sur la régularité du scrutin et interdit toute manifestation jusqu'à nouvel ordre. "Ce n'est pas la rue qui va diriger le pays", avait-il assuré lundi.

Jeudi matin, le ministre a ordonné la saisie de La Gazette des Comores, qui a annoncé en "Une" la création du "conseil national de transition" de l'opposition, a rapporté à l'AFP un membre de la rédaction du quotidien.

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" du président Azali. Il a dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et arrêté des dizaines d'opposants.

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