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Visite du président des Comores dans la médina reprise à des rebelles

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président comorien Azali Assoumani a effectué mardi une visite dans la médina de Mutsamudu pour "constater" l’état de la capitale de l'ile d'Anjouan après les violences qui ont opposés durant six jours un groupe de rebelles armés aux forces comoriennes.

"Je suis venu constater de visu, rien ne vaut le contact physique, être sur le terrain…. J’ai constaté la reprise des activités. Mais je suis surtout venu féliciter la population de Mutsamudu pour avoir su gérer cette situation, féliciter nos forces qui ont fait preuve d’un grand professionnalisme", a déclaré à la presse le président Azali.

Un groupe de rebelles armés avait occupé le centre historique de Mutsamudi après l'intervention des forces de l'ordre contre une manifestation d'opposants lundi de la semaine dernière. Des tirs ont fait deux ou trois morts parmi les civils selon les sources avant que l'armée ne reprenne le contrôle des lieux samedi sans rencontrer de résistance, les rebelles ayant réussi à s'échapper.

"L’important maintenant est de récupérer les armes et de rechercher les rebelles (…) qui ont fui avec les armes", a ajouté le président comorien, réitérant sa promesse de clémence et d’impunité à quiconque, civil ou rebelle, qui rendrait son arme.

Encadré par un important dispositif sécuritaire, le président Azali a brièvement traversé la médina, serrant les mains et échangeant des commentaires avec les passants et les commerçants.

Interrogé sur l’arrestation dimanche du gouverneur de l’île, Abdou Salami Abdou, accusé d’être le principal instigateur de la rébellion, le président a répondu: "Je trouve regrettable que des responsables politiques puissent s’impliquer dans des tels actes".

Le procureur de la République d’Anjouan a déclaré à l’AFP que le gouverneur Salami est actuellement gardé chez lui et entendu par la gendarmerie dans le cadre de l’enquête préliminaire.

Référendum sous haute tension politique aux Comores (vidéo)
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"Son dossier sera prochainement transmis au parquet, à un juge d’instruction, il sera jugé par la Cour de sûreté de l’Etat", a expliqué Mohamed Abdallah

"Les charges sont nombreuses: complicité de rébellion, complicité de troubles de l’ordre public, port illégal d’armes, atteinte à l’intégrité territoriale".

Adversaire acharné du président Azali, le gouverneur s’est toujours opposé à la réforme constitutionnelle du président Azali adoptée par référendum en juillet dernier et qui donne à ce dernier la possibilité de rester au pouvoir jusqu'en 2029 en cas de victoire électorale.

Avant la réforme constitutionnelle, le système prévoyait une rotation de la présidence entre les trois principales îles de l'archipel. Il aurait dû revenir la prochaine fois à un représentant d'Anjouan où l'opposition est majoritaire.

Avec AFP

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Remise en liberté du colonel Soilihi Mohamed, un chef de l'opposition comorienne

Le colonel Soilihi Mohamed le 10 avril 2016.

La justice comorienne a remis en liberté lundi une des principales voix de l'opposition, le colonel Soilihi Mohamed, arrêté pour avoir refusé de reconnaître la réélection contestée du président Azali Assoumani, a-t-on appris auprès de son entourage.

L'officier à la retraite, plus connu dans l'archipel de l'océan Indien sous son surnom de "Campagnard", a été discrètement élargi après avoir été présenté à un juge du tribunal de la capitale Moroni, a-t-on confirmé de mêmes sources.

Ces sources n'ont pu immédiatement préciser s'il avait été formellement inculpé par le magistrat.

M. Soilihi n'a fait aucun commentaire à sa libération.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, a été réélu après avoir remporté le premier tour de l'élection présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition refuse de reconnaître sa victoire en arguant de fraudes massives, largement confirmées par la société civile comorienne et les observateurs internationaux.

Arrivé quatrième du scrutin, "Campagnard", un ancien chef d'état-major de l'armée comorienne très respecté, a été arrêté le 28 mars juste après avoir annoncé qu'il prenait la tête d'un "comité national de transition" qui exige un nouveau scrutin.

Il était entendu depuis par les gendarmes de Moroni.

Samedi, un des magistrats de la Cour de sûreté de l'Etat a annoncé à la presse que l'officier à la retraite et au moins huit autres personnes actuellement en garde à vue seraient poursuivies pour avoir tenté de "déstabiliser l'Etat".

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" de M. Azali. Elle lui reproche notamment d'avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et ordonné l'arrestation de dizaines de ses membres.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant

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Tirs à Moroni après l’arrestation d’un opposant au régime Azali

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Tirs à Moroni après l'arrestation d'un opposant au régime Azali

Un officier de police de Hankounou aux Comores le 30 juillet 2018.

La capitale du petit archipel des Comores a été secouée jeudi par de violents échanges de tirs survenus après l'arrestation d'un des chefs de l'opposition, qui refuse de reconnaître la réélection jugée frauduleuse du président Azali Assoumani.

En début d'après-midi, une fusillade a éclaté autour du camp militaire de Kandani, le plus grand de Moroni, ont rapporté des témoins interrogés par l'AFP.

Selon des sources concordantes, ces échanges de tirs ont opposé la garnison à un groupe d'hommes armés qui venait de faire évader de la prison de Moroni un officier condamné pour tentative de coup d'Etat contre le régime, le commandant Faissoil Abdou Salam.

Les tirs ont cessé deux heures plus tard, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

"La situation est sous contrôle (...), maintenant on s'occupe des blessés", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Mohamed Daoudou dit "Kiki", sans plus de précisions.

Au moins un militaire a été blessé, a constaté l'AFP.

Ces affrontements ont provoqué un début de panique dans les rues de la capitale, qui se sont rapidement vidées. L'accès à la présidence et la résidence du chef de l'Etat a été prestement bouclé par les forces de l'ordre, a témoigné à l'AFP une source occidentale dans la capitale.

Ces échanges de coup de feu sont survenus peu après l'arrestation jeudi de l'un des principaux rivaux du président Azali, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard".

- 'Transition' -

Arrivé quatrième du scrutin présidentiel de dimanche, cet ancien chef d'état-major de l'armée très respecté venait d'annoncer avoir pris la tête d'un "comité national de transition" afin de "régler la crise post-électorale" et "assurer une transition pacifique".

"Le scrutin du 24 mars a été une tromperie, une mascarade et une honte, (...) nous allons organiser la résistance", a-t-il poursuivi, exhortant la population à "désobéir civilement" si le vote de dimanche n'était pas annulé d'ici au 3 avril.

A la tête du pays de 1999 à 2006, élu en 2016, le colonel Azali a été reconduit dès le premier tour du scrutin avec 60,77% des suffrages, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale.

L'opposition a hurlé au "hold-up" ou au "coup d'Etat électoral", dénonçant les "fraudes massives" du camp présidentiel.

Les ONG comoriennes et de nombreux observateurs étrangers ont largement confirmé les irrégularités relevées par les douze adversaires du chef de l'Etat sortant.

Le colonel Soilihi était toujours entendu jeudi après-midi par les gendarmes, selon une source militaire.

"Il s'agit simplement de lui rappeler qu'il y a des textes dans ce pays et que, s'il veut contester les résultats des élections, il doit le faire devant les instances compétentes, pas dans la rue ou ailleurs", a justifié le ministre de l'Intérieur.

Les douze candidats opposés au colonel Azali avaient dénoncé dès dimanche de nombreuses irrégularités dans la tenue du scrutin présidentiel.

- Nouveau scrutin -

Lundi, une centaine de leurs partisans qui protestaient contre la "fraude généralisée" avaient essuyé des tirs de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc de la part des forces de l'ordre.

Jeudi matin encore, les gendarmes ont dispersé une centaine de femmes issues de la société civile qui voulaient déposer au siège de la Cour suprême, en charge du contentieux électoral, une motion exigeant "l'annulation immédiate de ce scrutin et l'invalidation des résultats annoncés".

Douze d'entre elles ont été interpellées par les forces de l'ordre puis relâchées à la mi-journée.

L'opposition comorienne a fait savoir qu'elle ne déposerait aucun recours devant la Cour suprême, qu'elle juge inféodée au régime, et exige elle aussi la tenue d'un nouveau scrutin "dans les plus brefs délais".

Le ministre de l'Intérieur a balayé toutes les critiques sur la régularité du scrutin et interdit toute manifestation jusqu'à nouvel ordre. "Ce n'est pas la rue qui va diriger le pays", avait-il assuré lundi.

Jeudi matin, le ministre a ordonné la saisie de La Gazette des Comores, qui a annoncé en "Une" la création du "conseil national de transition" de l'opposition, a rapporté à l'AFP un membre de la rédaction du quotidien.

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" du président Azali. Il a dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et arrêté des dizaines d'opposants.

Azali Assoumani satisfait de sa réélection

Azali Assoumani satisfait de sa réélection
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