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Comores

Le gouverneur d'Anjouan placé sous mandat de dépôt

Des soldats attendent à l'extérieur de la "Médina" à Mutsamudu, Anjouan, Comores, 19 octobre 2018.

Le gouverneur de l’île comorienne d’Anjouan Abdou Salami Abdou a été placé sous mandat de dépôt pour "participation à un mouvement insurrectionnel" à la suite des affrontements de la semaine dernière entre un groupe de rebelles et l’armée.

Le gouverneur est poursuivi pour "atteinte à l’unité nationale, participation à un mouvement insurrectionnel, complicité de meurtre, rébellion, port illégal d’arme et trouble à la sécurité publique", selon l’acte d’accusation établi par la juge Noura Oussene.

Le gouverneur, qui sera jugé par la Cour de sûreté d’Etat, était assigné à résidence depuis le 21 octobre.

Interrogé par l'AFP ce jour-là, il avait nié avoir "un quelconque lien avec les rebelles".

Abdou Salami Abdou est membre du parti d'opposition Juwa de l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, lui-même assigné à résidence depuis près de cinq mois pour corruption et détournement de biens publics.

Au total, ce sont près de dix responsables du Juwa qui ont été arrêtés ces derniers mois dans le petit archipel pauvre de l'Union des Comores, situé dans l'océan Indien.

Adversaire déclaré du président Azali Assoumani, Abdou Salami Abdou avait pris position contre la réforme constitutionnelle du chef de l’Etat, adoptée le 30 juillet lors d'un référendum boycotté par l'opposition.

Cette réforme permet au chef de l'Etat Azali Assoumani, un ancien putschiste, de rester au pouvoir jusqu'en 2029 en cas d'élection.

Elle met à mal le principe de la présidence tournante tous les cinq ans entre les trois îles de l'Union des Comores (Anjouan, Grande-Comore, Mohéli). En vertu de ce principe, la prochaine présidence aurait dû revenir à un représentant d'Anjouan où l'opposition est majoritaire.

L’Union européenne (UE) a par ailleurs décidé cette semaine de "surseoir" sa coopération avec les Comores dans les domaines de la justice et des routes, "compte tenu de la persistance de fortes incertitudes sur le respect des conditions préalables sur lesquelles le gouvernement des Comores s’est engagé".

Des affrontements ont opposé la semaine dernière à Anjouan l'armée comorienne à des insurgés dont les motivations restent floues. Ils ont fait deux morts de source officielle, et trois de source hospitalière.

Vendredi, l'armée continuait à patrouiller Anjouan où le calme est revenu.

Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner avait annoncé que des "insurgés" comoriens étaient arrivés sur l'île française de Mayotte, située à 70 km des côtes d'Anjouan, où ils ont demandé l'asile politique.

Avec AFP

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Remise en liberté du colonel Soilihi Mohamed, un chef de l'opposition comorienne

Le colonel Soilihi Mohamed le 10 avril 2016.

La justice comorienne a remis en liberté lundi une des principales voix de l'opposition, le colonel Soilihi Mohamed, arrêté pour avoir refusé de reconnaître la réélection contestée du président Azali Assoumani, a-t-on appris auprès de son entourage.

L'officier à la retraite, plus connu dans l'archipel de l'océan Indien sous son surnom de "Campagnard", a été discrètement élargi après avoir été présenté à un juge du tribunal de la capitale Moroni, a-t-on confirmé de mêmes sources.

Ces sources n'ont pu immédiatement préciser s'il avait été formellement inculpé par le magistrat.

M. Soilihi n'a fait aucun commentaire à sa libération.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, a été réélu après avoir remporté le premier tour de l'élection présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.

L'opposition refuse de reconnaître sa victoire en arguant de fraudes massives, largement confirmées par la société civile comorienne et les observateurs internationaux.

Arrivé quatrième du scrutin, "Campagnard", un ancien chef d'état-major de l'armée comorienne très respecté, a été arrêté le 28 mars juste après avoir annoncé qu'il prenait la tête d'un "comité national de transition" qui exige un nouveau scrutin.

Il était entendu depuis par les gendarmes de Moroni.

Samedi, un des magistrats de la Cour de sûreté de l'Etat a annoncé à la presse que l'officier à la retraite et au moins huit autres personnes actuellement en garde à vue seraient poursuivies pour avoir tenté de "déstabiliser l'Etat".

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" de M. Azali. Elle lui reproche notamment d'avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et ordonné l'arrestation de dizaines de ses membres.

Trois morts aux Comores après l'arrestation d'un opposant

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Tirs à Moroni après l’arrestation d’un opposant au régime Azali

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Tirs à Moroni après l'arrestation d'un opposant au régime Azali

Un officier de police de Hankounou aux Comores le 30 juillet 2018.

La capitale du petit archipel des Comores a été secouée jeudi par de violents échanges de tirs survenus après l'arrestation d'un des chefs de l'opposition, qui refuse de reconnaître la réélection jugée frauduleuse du président Azali Assoumani.

En début d'après-midi, une fusillade a éclaté autour du camp militaire de Kandani, le plus grand de Moroni, ont rapporté des témoins interrogés par l'AFP.

Selon des sources concordantes, ces échanges de tirs ont opposé la garnison à un groupe d'hommes armés qui venait de faire évader de la prison de Moroni un officier condamné pour tentative de coup d'Etat contre le régime, le commandant Faissoil Abdou Salam.

Les tirs ont cessé deux heures plus tard, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

"La situation est sous contrôle (...), maintenant on s'occupe des blessés", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Mohamed Daoudou dit "Kiki", sans plus de précisions.

Au moins un militaire a été blessé, a constaté l'AFP.

Ces affrontements ont provoqué un début de panique dans les rues de la capitale, qui se sont rapidement vidées. L'accès à la présidence et la résidence du chef de l'Etat a été prestement bouclé par les forces de l'ordre, a témoigné à l'AFP une source occidentale dans la capitale.

Ces échanges de coup de feu sont survenus peu après l'arrestation jeudi de l'un des principaux rivaux du président Azali, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard".

- 'Transition' -

Arrivé quatrième du scrutin présidentiel de dimanche, cet ancien chef d'état-major de l'armée très respecté venait d'annoncer avoir pris la tête d'un "comité national de transition" afin de "régler la crise post-électorale" et "assurer une transition pacifique".

"Le scrutin du 24 mars a été une tromperie, une mascarade et une honte, (...) nous allons organiser la résistance", a-t-il poursuivi, exhortant la population à "désobéir civilement" si le vote de dimanche n'était pas annulé d'ici au 3 avril.

A la tête du pays de 1999 à 2006, élu en 2016, le colonel Azali a été reconduit dès le premier tour du scrutin avec 60,77% des suffrages, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale.

L'opposition a hurlé au "hold-up" ou au "coup d'Etat électoral", dénonçant les "fraudes massives" du camp présidentiel.

Les ONG comoriennes et de nombreux observateurs étrangers ont largement confirmé les irrégularités relevées par les douze adversaires du chef de l'Etat sortant.

Le colonel Soilihi était toujours entendu jeudi après-midi par les gendarmes, selon une source militaire.

"Il s'agit simplement de lui rappeler qu'il y a des textes dans ce pays et que, s'il veut contester les résultats des élections, il doit le faire devant les instances compétentes, pas dans la rue ou ailleurs", a justifié le ministre de l'Intérieur.

Les douze candidats opposés au colonel Azali avaient dénoncé dès dimanche de nombreuses irrégularités dans la tenue du scrutin présidentiel.

- Nouveau scrutin -

Lundi, une centaine de leurs partisans qui protestaient contre la "fraude généralisée" avaient essuyé des tirs de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc de la part des forces de l'ordre.

Jeudi matin encore, les gendarmes ont dispersé une centaine de femmes issues de la société civile qui voulaient déposer au siège de la Cour suprême, en charge du contentieux électoral, une motion exigeant "l'annulation immédiate de ce scrutin et l'invalidation des résultats annoncés".

Douze d'entre elles ont été interpellées par les forces de l'ordre puis relâchées à la mi-journée.

L'opposition comorienne a fait savoir qu'elle ne déposerait aucun recours devant la Cour suprême, qu'elle juge inféodée au régime, et exige elle aussi la tenue d'un nouveau scrutin "dans les plus brefs délais".

Le ministre de l'Intérieur a balayé toutes les critiques sur la régularité du scrutin et interdit toute manifestation jusqu'à nouvel ordre. "Ce n'est pas la rue qui va diriger le pays", avait-il assuré lundi.

Jeudi matin, le ministre a ordonné la saisie de La Gazette des Comores, qui a annoncé en "Une" la création du "conseil national de transition" de l'opposition, a rapporté à l'AFP un membre de la rédaction du quotidien.

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" du président Azali. Il a dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et arrêté des dizaines d'opposants.

Azali Assoumani satisfait de sa réélection

Azali Assoumani satisfait de sa réélection
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