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Déconfinement au Maghreb: la crainte d'un rebond tempère l'optimisme

Une vue générale d'un marché en plein air mis en place par le gouvernement algérien pour éviter l'encombrement à l'intérieur des supermarchés, à Alger, Algérie, le 19 avril 2020.

Tunis et Alger ont commencé à assouplir le confinement en place depuis mars pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, la situation étant maîtrisée dans les hôpitaux et leurs économies à l'arrêt, mais les autorités mettent en garde contre un rebond de la pandémie.

Dimanche, à la veille d'un retour progressif au travail en Tunisie, le ministre de la Santé Abdellatif Mekki a dit avoir "des craintes mais aussi de l'espoir".

"Peur à cause du relâchement que nous observons ici et là, que ce soit par négligence ou par nécessité. Et dans cette situation, les autorités publiques ont la responsabilité de protéger la société, quitte à revenir à une quarantaine généralisée", a-t-il ajouté sur son compte Facebook.

En Algérie, les autorités ont fait refermer de nombreux commerces après quelques jours d'ouverture dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non-respect des règles d'hygiène et de distanciation sociale.

Selon l'Institut national de santé publique (INSP), l'Algérie a enregistré "une augmentation de 27% des cas confirmés" entre le 24 avril, date du début du ramadan, et le 30 avril.

- "Risque de rebond" -

La Tunisie, l'Algérie et le Maroc ont imposé des restrictions strictes dès l'apparition début mars des premiers cas de la maladie Covid-19 en provenance d'Europe, où l'épidémie battait déjà son plein.

Tandis que les pays du Maghreb ne comptaient que quelques dizaines de cas, les écoles ont fermé et le confinement a été imposé dès la troisième semaine de mars, peu après les pays de la rive nord de la Méditerranée.

Les commerces ont fermé, à l'exception des petites et moyennes surfaces alimentaires et d'autres services de première nécessité.

Au Maroc, où 5.053 cas ont été officiellement détectés, dont 179 décès, le déconfinement n'est envisagé qu'à partir du 20 mai.

Les autorités estiment que les mesures drastiques de confinement, la restriction des déplacements et le port obligatoire du masque, soutenus par des contrôles policiers étroits, ont contribué à limiter la contagion dans ce pays de 35 millions d'habitants. Des foyers sont cependant apparus dans des usines qui continuaient de fonctionner.

En Tunisie, le confinement précoce aurait permis de sauver 1.000 vies, selon des estimations. Le pays de plus de 11,5 millions d'habitants a officiellement détecté 1.018 malades, dont 43 décès, et compte chaque jour moins de 10 nouveaux cas.

En Algérie, quatre fois plus peuplée, près de 5.000 (4.838) cas ont été officiellement identifiés, dont 470 décès, et les contaminations continuent de progresser rapidement.

Dans ces deux pays à la démographie très jeune, le nombre de morts restait stable ces deux dernières semaines, quelques uns par semaine en Tunisie, autour de cinq par jour en Algérie.

Mais pour le professeur algérien Idir Bitam, expert des maladies transmissibles, "on est en plein risque d'un rebond vu le relâchement des derniers jours".

"Ca va se sentir dans la prochaine semaine", prédit ce spécialiste, membre de l'IHU de Marseille (sud de la France).

Selon le professeur Bitam, qui développe le dépistage en Algérie, il n'est pas "possible de prévoir le pic" dans ce pays en raison du "manque de moyens de diagnostic".

"Nous n'avons pas atteint 1.000 tests par semaine. C'est trop peu", observe-t-il.

- "La bataille, pas la guerre" -

En Tunisie, "on a gagné la bataille, pas la guerre. On est arrivé à freiner l'épidémie mais il faut que (...) le citoyen soit responsable", estime la docteure tunisienne Hanene Tiouiri Benaissa, membre de la commission nationale de lutte contre la maladie Covid-19 et cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital public Rabta à Tunis.

"Le confinement est le principal facteur qui a aidé à surmonter la crise", affirme la professeure tunisienne Rim Abdelmalik, virologue dans le même hôpital.

Mais des recherches sont en cours sur d'autres facteurs "qui peuvent expliquer cette courbe, y compris la vaccination" au BCG, un vaccin contre la tuberculose qui renforcerait l'immunité face au nouveau coronavirus, ajoute-t-elle, en référence au plateau épidémique atteint en Tunisie.

Les autorités ont donc lâché du lest et, dans certaines villes, la vie revient doucement à la normale.

Lundi, le travail a largement repris avec officiellement 50% des effectifs maximum dans le pays où de très nombreuses usines étaient à l'arrêt. Des embouteillages sont réapparus et la foule se pressait de nouveau dans les grands marchés.

A l'instar de l'Algérie, la distanciation sociale exigée par les autorités tunisiennes est difficile à respecter, du fait de la vétusté des transports en commun et de la difficulté d'encadrer une économie largement informelle.

La reprise est néanmoins nécessaire pour pallier les conséquences sociales désastreuses du confinement.

Si la population, consciente de la fragilité des services de santé, a été rassurée par les mesures drastiques, le début du confinement a été marqué par quelques manifestations de Tunisiens, soulignant qu'à défaut de mourir de la maladie Covid-19, ils risquaient de mourir de faim.

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Les Marocains lancent une application de traçage facultative contre le coronavirus

Un travailleur médical emballe un échantillon d'un chauffeur de taxi lors d'un test de COVID-19 à Rabat, Maroc, le 27 mai 2020.

Les autorités marocaines ont lancé lundi une application mobile de traçage des contacts par smartphone pour lutter contre la propagation de la maladie Covid-19, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué.

Cette application baptisée "Wiqaytna" (notre protection) utilise une technologie Bluetooth (communication entre appareils électroniques situés à proximité), avec un usage "volontaire", selon la même source.

L'application "envoie une notification à l'utilisateur en cas de proximité physique prolongée avec un autre utilisateur positif au Covid-19 et permet au ministère de la Santé de faire "une évaluation du risque d'exposition", puis le cas échéant, d'entrer en contact avec le cas notifié, selon la même source.

Le Maroc, qui compte 35 millions d'habitants, a multiplié les dépistages ces derniers jours, avec environ 208.366 tests menés, 7.819 cas officiellement détectés et 205 morts, selon le bilan publié lundi.

L'application "Wiqaytna" qui s'inspire d'une technologie utilisée à Singapour a été validée par la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), un organisme officiel qui a conditionné son utilisation à plusieurs mesures de protection des données privées.

Différents pays se sont dotés ces dernières semaines de systèmes de traçage, avec parfois des débats très vifs sur leur compatibilité avec les libertés individuelles.

A Singapour, l'application gouvernementale "TraceTogether" lancée mi-mars a connu un succès mitigé, avec un faible nombre d'utilisateurs (1,5 million de personnes, soit à peine un quart de la population) et donc une efficacité limitée.

Au Maroc, la stratégie autoritaire adoptée pour limiter la contagion, --confinement obligatoire, déplacements limités, contrôles policiers fréquents-- suscite une adhésion assez forte de la population, selon les indicateurs officiels.

La prolongation du confinement obligatoire au 10 juin prochain, pour une durée totale d'environ 10 semaines, a cependant suscité des réserves. Dans les faits, beaucoup ont recommencé à retrouver une vie normale ces derniers jours.

Décès d'Abderrahmane Youssoufi, ancien Premier ministre marocain

Abderrahman Youssoufi, alors Premier ministre du Maroc, assiste à un service commémoratif pour les victimes des attaques terroristes de 2001 aux États-Unis, à Rabat, Maroc, 11 décembre 2001. (Photo ABDELHAK SENNA / AFP)

Une des grandes figures de la vie politique marocaine, l'ex-Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, choisi en 1998 par le roi Hassan II pour diriger un "gouvernement d'alternance", est décédé à l'âge de 96 ans, a annoncé vendredi l'agence officielle MAP.

Ce militant socialiste, célèbre pour son engagement pour l'indépendance du pays puis contre le régime du roi Hassan II pendant les années de plomb, est le seul chef d'opposition du monde arabe à avoir fait le pari de la réforme au sein d'un gouvernement de coalition, après des années de lutte et d'exil.

Premier ministre de 1998 à 2002, une période de transition entre le règne d'Hassan II et son fils Mohammed VI, M. Youssoufi avait été hospitalisé dimanche dans une clinique de Casablanca où il avait été admis en réanimation, selon la MAP.

Son retrait de la vie politique en 2003 avait été interprété comme un constat d'échec de la transition vers la monarchie parlementaire promise par la dynastie alaouite.

Il s'était alors astreint au silence, jusqu'à la publication de ses mémoires, au printemps 2018.

Son "Récit du passé" évoque notamment la disparition non élucidée de son compagnon de lutte Mehdi Ben Barka, un opposant historique d'Hassan II enlevé à Paris le 20 octobre 1965 et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Né à Tanger le 8 mars 1924, M. Youssoufi avait rejoint le mouvement indépendantiste alors qu'il était étudiant à Rabat. Cet avocat de formation a pris en 1992 la tête de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) après avoir milité pendant des années au sein de ce parti de gauche.

A ce poste, il avait notamment mené avec Hassan II une longue négociation pour tourner la page du passé, obtenant en autre en 1994 une amnistie générale pour tous les détenus et exilés politiques.

Il avait lui-même été arrêté deux fois pendant "les années de plomb", en 1960 et 1963, libéré en 1964 avant de choisir l'exil.

Ses années en France, de 1965 à 1981 ont été marquées par son engagement politique au sein du parti qu'il avait fondé avec Mehdi Ben Barka et par sa participation à la création de l'Organisation arabe des droits de l'Homme, une ONG basée au Caire.

Une trentaine cas de Covid-19 détectés dans une usine marocaine de Renault

Une usine renault à Melloussa, dans le port de Tanger, le 12 mars 2018.

Une campagne de dépistage menée par le groupe Renault a conduit à la détection de 32 cas de Covid-19 dans son usine de Casablanca (ouest), a annoncé jeudi un communiqué du groupe.

La première vague de tests, menée sur 300 collaborateurs, a permis de détecter 32 cas "asymptomatiques, écartant l’hypothèse d'une contamination du virus à l'intérieur de l’usine" Somaca, selon ce communiqué.

Des dépistages sont également en cours sur le site de Tanger (nord), l'objectif étant de tester tous les effectifs présents, a indiqué à l'AFP une porte-parole du groupe.

Le constructeur automobile qui emploie près de 12.000 personnes au Maroc, dont environ 1.500 à Casablanca, a partiellement relancé ses activités industrielles début mai, après environ six semaines d'arrêt lié à la pandémie et à l'instauration d'un état d'urgence sanitaire au Maroc.

Le groupe a vu ses ventes baisser de 25,9 % à 672 962 véhicules au premier trimestre sur un marché mondial en baisse de 24,6 %, selon les premiers résultats du groupe pour 2020.

Le plan d'économie de deux milliards d'euros que Renault doit dévoiler fin mai en réponse à l'effondrement de ses ventes a suscité des interrogations sur l'avenir des sites délocalisés dans la presse marocaine, alors que le gouvernement français souhaite avant tout préserver la production hexagonale.

Pour conquérir de nouveaux marchés et réduire ses coûts, la marque au losange s'est étendue progressivement à l'international, en particulier en Espagne, en Amérique du Sud, en Turquie, en Slovénie, puis au Maroc et en Algérie.

En 2019, quelques 400.000 véhicules sont sortis des usines Renault de Tanger et Casablanca, pour près de 90% destinés à l'exportation, selon les derniers chiffres publiés par le groupe.

Le développement de l'industrie automobile en zones franches est un des grands axes stratégiques adoptés par le royaume pour diversifier son économie.

Les autorités marocaines ont décidé cette semaine de prolonger le confinement obligatoire jusqu'au 10 juin, invoquant une "situation sanitaire stable mais pas rassurante", du fait notamment des foyers de contamination qui "continuent d'apparaître" dans les familles et les sites industriels.

Le pays de 35 millions d'habitants décompte officiellement 7185 cas de contamination, dont 196 décès, pour environ 110.000 tests menés.

Coronavirus: le Maroc maintient le confinement jusqu'au 10 juin

Le Premier ministre marocain Saad-Eddine El Othmani livre à Laayoune, la plus grande ville du Sahara occidental, le lundi 9 avril 2018. Le Maroc a annexé le Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole, en 1975 et a combattu le Front Polisario. (Photo AP / Abdeljalil Bounhar

Le Maroc va prolonger jusqu'au 10 juin l'état d'urgence sanitaire et le confinement mis en place pour freiner la propagation du nouveau coronavirus, a annoncé lundi le Premier ministre marocain Saad-Eddine El Othmani.

Après le 10 juin, le déconfinement sera "progressif" et prendra en compte "les écarts de contamination entre régions", a annoncé le Premier ministre, sans donner plus de précisions.

"La situation sanitaire est stable mais pas totalement rassurante", a-t-il déclaré devant les chambres du Parlement, à deux jours de l'échéance de l'état d'urgence sanitaire instauré le 20 mars dernier et renforcé par un couvre-feu pendant le ramadan, qui a débuté fin avril.

"Ce qui est inquiétant, ce sont les foyers de contamination qui continuent d'apparaître de temps à autre" dans les familles ou les usines, a poursuivi le Premier ministre.

Le Maroc compte officiellement lundi 6.939 cas de contamination et 192 décès pour un peu moins de 100.000 tests.

"Nous avons aussi constaté un certain relâchement dans le respect du confinement", a ajouté M. El Othmani.

Pour se déplacer, les Marocains doivent d'abord en obtenir l'autorisation et le port du masque est obligatoire. Les contrôles policiers sont fréquents et le non-respect des restrictions est passible d'un à trois mois de prison, parfois assortis d'une amende.

Les autorités ont cessé de publier le nombre d'interpellations quotidiennes. Fin avril, elles en avaient comptabilisées plus de 85.000.

Selon le Premier ministre, le confinement a "permis d'éviter 200 décès et environ 6.000 contaminations par jour" dans ce pays de 35 millions d'habitants.

"Nous resterons flexibles et reviendrons en arrière si l'apparition de foyers (de contamination) venait à s'accélérer. Les règles de distanciation sociale et le port obligatoire du masque dans les espaces publics resteront en vigueur", a-t-il dit, précisant qu'une application de traçage des contacts des cas positifs allait être lancée, "en phase avec la réglementation sur le respect des données personnelles".

Il a aussi annoncé un projet de loi de finances rectificative "pour préparer la relance de l'économie", sans détailler ce plan de relance.

Les milieux économiques ont appelé ces derniers jours à une reprise des activités, alors que la pandémie a mis à l'arrêt quelque 132.000 entreprises, soit environ 60% du secteur structuré.

Environ 950.000 salariés sont temporairement en arrêt de travail et au moins 4,3 millions de familles sont privées de revenus tirés du secteur informel ou d'emplois précaires.

Toute une panoplie d'aides directes ou indirectes ont été déployées par l'Etat marocain pour les entreprises, salariés et travailleurs au noir affectés.

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