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Décès d'un troisième manifestant en Gambie


Des militaires en patrouillent à Barra, 22 janvier 2017.

Un jeune Gambien blessé lundi par des tirs de la police lors d'une manifestation contre une pollution industrielle a succombé mercredi à ses blessures, portant à trois le nombre de morts, a annoncé un responsable du comité de défense de l'environnement auquel il appartenait.

Amadou Nyang, un étudiant de 24 ans, "est décédé tôt mercredi" à l'hôpital de Banjul où il avait été admis "après avoir été blessé par balle" par la police, a déclaré à l'AFP Pa Job, un responsable villageois de Faraba Banta.

Tôt lundi matin, les unités d'intervention de la police (PIU) étaient intervenues dans cette localité de l'ouest du pays, où les habitants protestent depuis des semaines contre l'exploitation d'un site d'extraction de sable servant à la construction, qui selon eux pollue les rizières de cette région bordant le fleuve Gambie.

Deux jeunes hommes étaient morts sur place. Six civils et 16 policiers avaient été blessés, selon un bilan officiel.

Dans une intervention mardi soir à la télévision, le chef de l'Etat gambien, Adama Barrow, a évoqué une "nation en deuil".

>> Lire aussi : Barrow condamne les violences policières qui ont fait deux morts en Gambie

"J'ai donné des instructions pour qu'une enquête complète soit menée afin de répondre à la situation et empêcher sa répétition à quelque endroit que ce soit dans le pays", a déclaré M. Barrow, arrivé au pouvoir dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest en janvier 2017.

Le successeur de Yahya Jammeh, qui a dirigé le pays pendant 22 ans, a affirmé que les forces de sécurité "ne devraient en aucune circonstance faire usage de balles réelles contre des citoyens non armés et sans défense".

Il a aussi promis des "mesures pratiques et législatives" pour éviter de telles violences, ajoutant : "Dans la nouvelle Gambie, nous sommes déterminés à sauvegarder notre liberté et notre démocratie".

"Cela fait remonter des souvenirs douloureux d'un passé récent", a relevé dans un communiqué une chercheuse d'Amnesty International chargée de l'Afrique de l'Ouest, Sabrina Mahtani. "Les Unités d'intervention de la police ont un historique d'un usage excessif de la force sous le règne violent de l'ancien président Jammeh", a ajouté son collègue de Human Rights Watch, Jim Wormington, cité dans le même communiqué conjoint.

Saluant l'annonce "positive" d'une enquête approfondie, les deux ONG réclament une "accélération" des réformes de la police.

Avec AFP

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