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Nigeria

La première économie d'Afrique en récession

Un homme porte des sacs de riz sur la tête à une frontière entre Abuja et l'État de Nasarawa le 30 mars 2020.

La pandémie de Covid-19 a fait entrer le Nigeria en récession pour la deuxième fois depuis 2016, menacant de faire basculer un peu plus dans la pauvreté les 200 millions d'habitants de la première économie d'Afrique.

Le PIB du premier producteur africain de pétrole s'est contracté de 3,62% au troisième trimestre, après avoir déjà reculé de 6% au trimestre précédent.

"Avant la pandémie, le gouvernement n'arrivait déjà pas à maintenir le pouvoir d'achat des Nigérians", explique à l'AFP Dominique Fruchter, économiste à la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface).

Le pays se remet à peine du choc pétrolier qui l'a très durement touché en 2016. Et si la croissance est repartie l'année suivante, elle était restée trop faible pour combler les besoins d'une population toujours plus nombreuse. Le taux de chômage des jeunes atteint les 40%.

Ainsi "la pandémie a accentué les difficultés antérieures et Nigeria doit désormais faire face à la plus sévère récession enregistrée depuis des décennies", note également Aurélien Mali, analyste pour l'Afrique à Moody's.

Fin mars, les autorités ont décrété un confinement de cinq semaines, une catastrophe pour la majorité de la population qui dépend de l'économie informelle pour survivre, mais aussi pour la classe moyenne.

"J'avais à peine de quoi payer ma nourriture et l'électricité", témoigne Joseph Olaniyan, professeur de français à Abuja, dont l'activité a repris en octobre mais tourne au ralenti.

Dépendance à l'or noir

Au confinement, "s'est ajoutée la chute des prix du pétrole", souligne M. Mali.

En avril, les cours du brut ont chuté en dessous des 20 dollars, et ils ont beau être remontés autour des 40 dollars depuis, l'avenir reste sombre pour un pays qui tire plus de la moitié de ses revenus et 90% de ses recettes d'exportation du pétrole.

Outre la baisse des cours, "la production nigériane de pétrole diminue", relève Benjamin Augé, spécialiste du Nigeria à Institut français des relations internationales (Ifri). "Une partie des gisements est arrivée à maturité et ces derniers ne sont pas compensés par suffisamment de grands projets".

Ainsi, "au moment où le gouvernement devrait soutenir l'économie, ses revenus ont drastiquement baissé", souligne M. Mali.

Le siège de la Banque centrale du Nigeria à Abuja, au Nigeria, le 22 novembre 2020.
Le siège de la Banque centrale du Nigeria à Abuja, au Nigeria, le 22 novembre 2020.

Pour faire face, l'Etat a immédiatement réagi en dévaluant la monnaie. Mais "cette dépréciation a encore appauvri les populations, les prix des biens de première nécessité souvent importés ont augmenté, créant une forte inflation", ajoute l'économiste.

"Avec l'inflation, nous avons été doublement frappés", confirme le professeur Olaniyan, qui affirme que les prix des transports ont presque doublé.

Plus encore, l'inflation a été portée par une hausse des prix de l'alimentation qui ont augmenté de 17,3% en octobre.

"Le sac de riz que nous achetions 100 nairas, coûte désormais 200 nairas", témoigne Edna Anidi, une mère de six enfants qui a récemment perdu son emploi dans le secteur pétrolier dans le sud-est.

La hausse des prix n'est toutefois pas nouvelle, et s'observe depuis plus d'un an.

En cause notamment, la fermeture des frontières avec les pays voisins, décidée en août 2019 par les autorités pour stimuler la production agricole locale.

Car depuis 2016, Abuja tente de diversifier son économie, en imposant des mesures protectionnistes pour développer des secteurs d'activités plus inclusifs.

7 millions de pauvres en plus

Mais d'ici là, "le pays va rester extrêmement dépendant de sa rente pétrolière", ajoute M. Mali. Et à moins d'observer "une envolée des cours, le pays va mettre plusieurs années à sortir de cette récession".

Le gouvernement table sur un retour à la croissance d'ici la fin de l'année ou début 2021, selon la ministre des Finances Zainab Ahmed lundi.

Pour les analystes, cette récession est un fléau: le pays détient déjà le triste record mondial du plus grand nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté.

La crise "devrait faire basculer cinq millions de Nigérians supplémentaires dans la pauvreté en 2020", prévoit la Banque mondiale. Un chiffre qui s'ajoute aux deux millions de nouveaux pauvres déjà prévus cette année.

La récession "va accentuer un peu plus les frustrations de la jeunesse", prévient M. Mali.

En octobre, plusieurs milliers de Nigérians ont manifesté contre les violences policières. La contestation, qui a fait une soixantaine de morts selon Amnesty International, s'était rapidement transformée en mouvement plus large contre le pouvoir.

La manque d'opportunité économique à venir pour ces jeunes, aggravé par la récession, risque de déboucher sur de nouvelles manifestations, préviennent les analystes.

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Le Nigeria s’associe à Ethiopian Airlines pour relancer sa compagnie aérienne

La nouvelle compagnie va dans un premier temps relier les deux principales villes du Nigeria, Abuja et Lagos grâce une flotte de trois Boeing 737-800.

Le transporteur éthiopien devient le principal actionnaire de Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne nationale nigériane attendue prochainement. Abuja souhaite à cette dernière un meilleur sort que la précédente, plombée notamment par la mauvaise gestion.

Ethiopian Airlines a remporté l’appel d’offres international lancé par les autorités nigérianes dans le cadre de la création de Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne nationale du pays. Selon le ministre nigérian de l’Aviation, Sikira Hadi, le transporteur éthiopien a été préféré à plus d’une centaine d’autres soumissionnaires au terme d’un "processus minutieux", débuté en mars 2022.

Ethiopian Airlines devrait ainsi participer à 49% au capital de la future compagnie aérienne nationale nigériane. Les autres actionnaires comprennent un groupe d’investisseurs privés en collaboration avec le Fonds souverain nigérian à hauteur de 46%. L’État quant à lui acquiert 5% des parts.

Sur les ruines de la défunte

Cette structure actionnariale répond au vœu maintes fois répété par le gouvernement de rester en retrait de la gestion de Nigeria Air. Le président Muhammadu Buhari et son équipe espèrent ainsi épargner à la nouvelle compagnie aérienne nationale le sort de Nigeria Airways. Propriété de l’État à 100%, cette dernière a vu sa gestion péricliter avant de cesser ses activités en 2003.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’idée de création de Nigeria Air lancée pour la première fois par Buhari en 2015 suscite encore bien des craintes au sein de la population. Mais le gouvernement parie sur la réussite du projet, fort de l’accompagnement d’Ethiopian Airlines.

Cette dernière est, en effet, considérée comme la meilleure compagnie aérienne en Afrique depuis 2017, selon les classements annuels successifs de l’organisme londonien spécialisé Skytrax. Une telle réussite détonne dans le secteur aérien africain marqué par des compagnies nationales très souvent en difficulté et sous perfusion financière étatique.

Rapprocher le Nigeria du monde

Selon Sikira Hadi, les débuts de Nigeria Air sont attendus après l’approbation du contrat de création par le Conseil exécutif fédéral. Un processus qui devrait s’achever d’ici 6 à 8 semaines, à en croire le ministre cité par la presse locale suite à sa sortie du 23 septembre 2022 sur le sujet.

La nouvelle compagnie va dans un premier temps relier les deux principales villes du Nigeria, Abuja et Lagos grâce une flotte de trois Boeing 737-800. Elle compte acquérir à terme une trentaine d’appareils dans le cadre de son ambition de "rapprocher le Nigeria du monde", comme l’indique son slogan.

C’est un défi de taille au regard des nombreuses compagnies à la fois africaines et internationales desservant la principale économie de l’Afrique de l’Ouest. Mais cette situation concurrentielle ne semble pas émousser l’ardeur des autorités nigérianes.

Élections au Nigeria : la campagne est lancée

Élections au Nigeria : la campagne est lancée
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Le coup d’envoi de la campagne pour les élections générales de février 2023 au Nigeria a été donné aujourd’hui, avec sur la ligne de départ 18 prétendants pour la présidentielle.

Présidentielle de 2023 au Nigeria: début officiel de la campagne électorale

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L'international nigérian John Obi Mikel prend sa retraite

John Mikel Obi s'entraîne avec l'équipe nationale avant le match de qualification pour la Coupe du Monde contre le cameroun, à Uyo, dans le sud du Nigeria.

A Chelsea, Obi s'est construit un solide palmarès avec deux titres de champion d'Angleterre, un sacre en ligue des champions et un autre en Ligue Europa. Avec les Super Eagles du Nigeria, il a été sacré champion d'Afrique en 2013.

Le milieu international nigérian John Obi Mikel (89 sélections), passé notamment par Chelsea, a annoncé mardi sur Instagram qu'il mettait fin à sa carrière, à 35 ans.

"Il y a un dicton qui dit que 'Toutes les bonnes choses ont une fin', et pour ma carrière de footballeur professionnel, ce jour est arrivé", a-t-il écrit dans un long message posté sur le réseau social.

Obi Mikel, joueur polyvalent capable d'évoluer en pivot devant sa défense, en soutien des attaquants, voire en défense centrale, a effectué l'essentiel de sa carrière à Chelsea qui l'a déniché au sein du modeste club norvégien de Lyn Oslo.

Chez les Blues, il a disputé quelque 372 matches entre 2006 et 2017, et s'y est construit un solide palmarès avec deux titres de champion d'Angleterre en 2010 et 2015, un sacre en ligue des champions (2012) et un autre en Ligue Europa (2013). Il a également remporté quatre Coupes d'Angleterre (2007, 2009, 2010, 2012) et deux Coupes de la Ligue (2007 et 2015).

Puis il a été sacré champion d'Afrique avec le Nigeria en 2013, en battant en finale le Burkina Faso 1-0 à Johannesburg.

Poussé sur le banc par le Français N'Golo Kanté, il s'est ensuite exilé en Chine où il a rejoint le club de Tianjin TEDA en 2017 à l'époque où le championnat chinois, fraîchement restructuré, cherchait à attirer des joueurs confirmés évoluant dans des grands championnats européens.

De retour de Chine, il a successivement porté les couleurs de Middlesbrough en 2e division anglaise en 2019, du club turc Trabzonspor (2019-2020) et de Stoke City, à nouveau en Angleterre (2020-2021), avant une dernière pige à Koweït SC où il a disputé son dernier match à la fin de l'année dernière.

"Quand je regarde les vingt dernières années de ma carrière, je dois dire que je suis très satisfait de tout ce que j'ai pu accomplir et, surtout, de l'être humain qu'elle a contribué à façonner", a commenté Mikel.

"Tout cela n'aurait pas été possible sans le soutien indéfectible de ma famille, de mes managers, de mes clubs, de mes entraîneurs, de mes coéquipiers et surtout de mes fidèles supporters", a-t-il poursuivi.

Le club de Chelsea a salué sur Twitter "les souvenirs" partagés avec son ancien joueur en lui souhaitant "une bonne retraite".

Mobilisation des électeurs nigérians avec le lancement de la campagne électorale

Un homme passe à vélo devant un monument décoré d'affiches électorales à Yola, dans l'État d'Adamawa, au Nigeria, le 26 février 2019.

Alors que les candidats sillonnent les États, les acteurs de la société civile se mobilisent aussi de leur côté pour sensibiliser les populations et s’assurer du bon déroulement de la campagne.

Le coup d'envoi de la campagne pour les élections générales de 2023 au Nigeria a été donné mardi. A Abuja, la capitale fédérale, l’atmosphère de campagne se fait déjà sentir. Des milliers de partisans du candidat du Parti travailliste à la présidentielle, Peter Obi, ont organisé une marche pacifique.

Sous l'égide du mouvement "Obidient", ces milliers de partisans de Peter Obi sont descendus dans les rues de la capitale pour soutenir leur candidat à la présidentielle prévue le 25 février 2023. King David était dans le groupe. Il explique les raisons de son soutien à Peter Obi: "A cause de ses compétences, sa gestion transparente, sa crédibilité et toutes les qualités que vous pouvez attribuer à un bon dirigeant, M. Obi les possède", a-t-il lancé, confiant.

Poster du candidat du parti travailliste Peter Obi et son colistier à Abuja, Nigeria, le 24 septembre 2022.
Poster du candidat du parti travailliste Peter Obi et son colistier à Abuja, Nigeria, le 24 septembre 2022.

"C’est un homme intègre. C’est cet homme qui pourra nettoyer tout le système de ce pays et tout ce que nous vivons présentement. Je ne peux pas être esclave dans mon pays. Et si je suis là aujourd’hui ce n’est pas juste pour moi seule mais aussi pour mes enfants, mes grands enfants et pour tout le monde", a renchéri Josephine Nkiruka, qui habite à Abuja.

Pour l'élection présidentielle, les noms de 18 candidats ont été publiés par la Commission nationale électorale indépendante nigériane (INEC).

Parmi eux, les principaux prétendants sont l’ancien gouverneur de Lagos Ahmed Bola Tinubu du All Progressives Congress, le partI présidentiel; l’ancien vice-président Atiku Abubakar, candidat du PDP, le principal parti d’opposition; et Peter Obi, ex-gouverneur de l’Etat d’Anambra.

Les acteurs de la société civile se mobilisent aussi de leur côté pour sensibiliser les populations et s’assurer du bon déroulement de la campagne.

"Ce que nous faisons déjà c’est aider à éduquer les populations sur le rôle qu’elles doivent jouer dans le processus électoral", a expliqué Faith N’wadishi du Centre pour la transparence. "La société civile doit pouvoir suivre de près les promesses de campagne faites par les candidats", a-t-elle ajouté.

La campagne qui s’est ouverte ce mardi se déroulera dans un contexte de la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays le plus peuplé d'Afrique. L'insécurité est donc un des sujets les plus débattus.

Une insécurité qui se traduit par des tueries de masse, le banditisme, le terrorisme, des affrontements entre agriculteurs et éleveurs et des enlèvements contre rançon.

Les candidats vont sillonner les 36 Etats du Nigeria pour tenter de convaincre les électeurs durant les prochains six mois de campagne.

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