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Togo

Le respect des mesures sanitaires varie chez les Togolais

Entrée du Centre hospitalier régional de Lomé-Commun, réquisitionné pour le traitement des personnes atteintes de Covid-19, Lomé, 31 mars 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Le Togo fait partie des 46 pays africains touchés par le nouveau coronavirus, Covid-19. Au 1er avril, le pays a enregistré 36 cas positifs dont 24 actifs, 10 totalement guéris et 2 décès. Le respect des mesures dans le pays varie.

Les dispositions prises par le gouvernement togolais sont relativement respectées, constate-t-on sur place dans le pays. Depuis le 5 mars où le premier cas de Covid-19 a été recensé au Togo, le pays ne cesse de multiplier les mesures pour limiter la propagation du virus.

La fermeture des frontières terrestres et des églises, des mosquées, des écoles et universités, et le bouclage de certaines villes où des cas positifs ont été répertoriés. A part la fermeture des écoles et universités, les autres mesures ne sont que partiellement respectées.

Le président du Mouvement Martin Luther King (MMLK), le pasteur Edoh Komi, dénonce ce qu’il qualifie de l’indifférence de la part de la population togolaise.

"Nous avons atteint le sommet de l’indifférence. En ville un peu partout, les gens ne portent pas les masques. Pas de gants. On se moque même des gens qui portent le gant", a-t-il indiqué. Revenant sur la fermeture des lieux de culte, le pasteur Edoh Komi se désole que ses pairs religieux ne respectent pas les consignes.

"Vendredi, il y a eu une descente pour fermer les mosquées. Ce dimanche, il y a eu encore une descente pour fermer les églises", a-t-il laissé entendre, invitant à plus de prise de conscience.

La circulation interurbaine entre les villes infectées se poursuit, pourtant c’est interdit. Sokodé, située à 340 kilomètres du nord de Lomé, une ville infectée, où des mesures de protection devraient être au maximum.

La Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) dénonce une certaine négligence au niveau de la prison.

"A la prison civile de Sokodé aucune mesure n’est prise, à l’entrée de la prison, pour protéger les détenus contre d’éventuelles infections venues de l’extérieur. Contrairement à ce qui est mis en place au niveau de la prison civile de Lomé, où les visiteurs sont obligés de mettre les gants, les masques et de laver les mains à l’entrée avant de voir les détenus", relate Me Célestin Agbogan, président de la LTDH.

Durant cette période, le pays tourne au ralenti. Les consignes incitent à privilégier l’utilisation des moyens technologiques au détriment des contacts physiques. C’est dans ce contexte que la Ligue des consommateurs du Togo (LCT) fait une doléance à l’attention des opérateurs de téléphonie mobile.

"Nous demandons d’aller vers la gratuité pour le transfert d’argent via le mobile money. Parce que les gens n’ont pas assez d’argent pour qu’on puisse encore continuer à faire des prélèvements de frais de transfert. Certains opérateurs de téléphonie mobile vendent la data, 300 mégas à 500Fcfa. Nous voulons les inviter à peut-être nous les vendre en augmentant le méga. Au lieu de 300 mégas, qu’on puisse aller vers 600 mégas pour le même prix", explique Emmanuel Sogadji, président de la LCT.

L'association demande également la réduction des frais de communication et le report des échéances de paiement des anciennes factures.

Au vu de la virulence de ce nouveau coronavirus et de l’indifférence observée au niveau de la population, le Mouvement Martin Luther King demande à l’Etat de prendre des mesures fortes.

"Il va falloir qu’on aille vers l’état d’urgence et le couvre-feu. On pouvait rapidement arriver au confinement", a proposé le président de ce mouvement, qui se réclame la voix des sans voix.

Par ailleurs, le pasteur Edoh Komi souhaite la fermeture des marchés.

"Dans les marchés, on voit un attroupement ordinaire comme si de rien n'était. Et là c'est la force qui doit primer. Je crois que c'est le moment de faire descendre les forces de sécurité, les militaires même dans l'arène pour faire respecter les consignes, et il faut quand même que ça soit de manière régulière", a-t-il soutenu.

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Première condamnation des pirates marins au Togo

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Neuf pirates condamnés à de lourdes peines de prison au Togo

Des Togolais devant la cour de Justice à Lomé, le 1er septembre 2011.

Neuf pirates qui ont tenté de détourner un navire dans les eaux togolaises en mai 2019 ont été condamnés lundi soir à des peines allant de 12 à 20 ans d'emprisonnement par la Cour d'appel de Lomé.

C'est la première fois que des pirates sont jugés au Togo. Au total dix prévenus(7 Nigérians, 2 Togolais et 1 Ghanéen) étaient jugés pour "piraterie maritime, violences volontaires et groupements de malfaiteurs".

Le Ghanéen, en fuite, a écopé de 20 ans de prison, avec un mandat d’arrêt international.

Un ressortissant togolais a été acquitté. Les huit autres ont été condamnés à des peines de 12 à 15 ans, avec des amendes qui varient de 25 à 50 millions de F.CFA (38.000 à 76.000 euros).

Le tanker G-DONA 1 avait été attaqué dans la nuit du 11 au 12 mai 2019 dans les eaux togolaises par des pirates à bord d'une pirogue louée au port de pêche de Lomé mais la marine togolaise avait réussi à arraisonner le navire.

"Je suis satisfait du verdict. Il faudrait que les gens comprennent que les pirateries et les vols à main armée en mer seront punis. Et pour ces infractions de mer, nous serons intransigeants", a déclaré à la presse Kodjo Gnambi Garba, procureur général près la Cour d'appel de Lomé.

La défense s'est elle dite "déçue". "Nous n'avons pas été convaincus, l'accusation n'ayant pas rapporté les preuves suffisantes à la charge des personnes mises en cause", a dénoncé Me Ata-Quam Dovi-Avouyi.

Perpétrées essentiellement par des pirates originaires du sud-est du Nigeria, les attaques de navires pour enlever leurs équipages et les échanger contre rançon sont devenues très fréquentes ces dernières années dans le golfe de Guinée qui s'étend le long de 5.700 km de côtes en Afrique de l'Ouest.

En 2020, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde, soit plus de 95 %, ont eu lieu dans cette zone, selon un récent rapport du Bureau maritime international (BMI).

Une centaine de transporteurs et compagnies du secteur maritime international ont signé en mai à Lagos (Nigeria), une déclaration appelant à créer une coalition contre ce fléau dans le golfe de Guinée.

La plus grande centrale solaire en Afrique de l'Ouest s'ouvre au Togo

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Flambée des prix suite à la fermeture des frontières du Togo

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Les frontières terrestres toujours fermées pèsent sur les commerçants togolais

Des voyageurs marchent pour traverser la frontière Togo-Bénin située à Hillacondji le 29 avril 2021.

Assis sur un banc à l’entrée d’une petite clinique à Lomé, Kossigan, ancien chauffeur de taxi de l'axe Lomé-Cotonou, se lamente. Depuis la fermeture des frontières imposées il y plus d'un an pour limiter la propagation du coronavirus, il a dû se convertir en gardien de parking.

Le "Covid-19 a tué notre activité. Certains de nos collègues sont malades faute d'activités, d’autres sont retournés au village", raconte ce quadragénaire, les larmes aux yeux.

Le Togo vit sous état d’urgence sanitaire depuis le 2 avril 2020.

Et bien que les chiffres officiels indiquent une incidence faible de la propagation du virus avec quelque 13.000 infections enregistrées et 126 morts en plus d'un an de crise, les populations restent soumises à des mesures restrictives et l'économie est à la peine.

Dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest de 7,8 millions d'habitants, beaucoup dépendent du commerce au sein de la zone de libre échange de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), d'autant que les côtes du Togo ne s’étendent que sur 50 kilomètres.

Le taux de croissance économique a chuté à 1,8% en 2020 contre une prévision initiale de 5,5%, selon des chiffres officiels, conséquence directe de la crise sanitaire mondiale.

"La fermeture des frontières, les mesures de distanciation sociale et la limitation des déplacements (...) ont porté un coup dur à l'activité économique au Togo", avait déjà relevé une étude réalisée en septembre 2020 par la Banque mondiale qui a décidé de débloquer 70 millions de dollars en faveur du pays pour accompagner son économie.

"Mes activités sont pratiquement mortes depuis la fermeture des frontières terrestres, car la plupart de mes clients viennent de l'extérieur notamment de la Côte d'Ivoire et des pays limitrophes du Togo" comme le Bénin ou le Ghana, se plaint Mme Ablavi, 52 ans, vendeuse de tissus au grand marché de Lomé.

Assise non loin d’elle, Edith, 39 ans, vendeuse de produits cosmétiques, renchérit : "Nos autorités n'ont pas pitié de nous. Les frontières aériennes sont rouvertes depuis août, mais pourquoi garder les frontières terrestres fermées? C'est de l’injustice".

"Au point mort"

A Déckon, centre-ville qui compte des dizaines de boutiques, des banques et les sièges de grandes sociétés, les commerçants affichent la même incompréhension.

"Jamais je n'aurais pu imaginer une telle situation. Tout est pratiquement au point mort, car la plupart de nos clients viennent de l'extérieur. Il est vraiment temps de rouvrir les frontières", confie Razack, vendeur de téléphones.

"J’ai plutôt l’impression que les autorités nous maintiennent dans cette situation pour des raisons qui leur sont propres, car le nombre de décès liés au coronavirus enregistrés en un an est largement loin des décès liés au paludisme", dénonce Evariste Govi, 43 ans, responsable d’un hôtel à Lomé.

Ce dernier affirme avoir mis au chômage plus de la moitié de son personnel depuis plus de six mois, les recettes ayant considérablement chuté.

"A cette allure, je vais devoir mettre la clé sous la porte d'ici juillet", prévient ce jeune hôtelier.

La pandémie fait tourner au ralenti le marché des bouteilles de Lomé
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Economie résiliente

Certaines organisations de la société civile sont plusieurs fois montées au créneau.

"Nous avons plusieurs fois alerté le gouvernement sur la situation qui prévaut dans le pays. Il doit rouvrir rapidement les frontières terrestres et procéder à une réduction sensible des taxes" pour relancer l'économie, explique Emmanuel Sogadji, président de la Ligue des consommateurs du Togo.

Mais le gouvernement togolais ne change pas le cap et maintient que la situation sanitaire prévaut.

"Les frontières terrestres seront rouvertes lorsque cela sera nécessaire", a tranché Majesté Ihou Watéba, ministre de l’Enseignement supérieur et responsable du centre de prise en charge des malades du Covid-19 à Lomé, lors d'une interview à une radio privée en mai.

"Faut-il rouvrir les frontières pour le plaisir ou garder l’état actuel de la situation? La situation est sous contrôle, c’est ce qui est important", a affirmé ce membre du Conseil scientifique.

Les autorités se veulent confiantes et assurent que l’économie s'est montrée "résiliente".

"Selon les perspectives pour 2021, la progression de l'activité économique devrait s’accélérer de 4,8%", a rassuré le 15 avril à la télévision publique, le ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya. Mais il n'a pas dit si cela se fera avec les frontières ouvertes ou... toujours fermées.

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