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Niger

Couvre-feu levé et mosquées rouvertes au Niger

Le maire de Niamey, Moctar Mamoudou, et l’imam de la grande mosquée de Niamey, lors de l’opération de désinfection de la mosquée "Kadhafi" à Niamey, le 13 mai 2020. (Courtesy Image)

Au Niger, les autorités lèvent progressivement les mesures restrictives de liberté prises pour freiner la propagation de la Covid-19. Après l’annonce de la réouverture prochaine des écoles, les lieux de cultes sont désormais ouverts et le couvre-feu nocturne est levé à Niamey.

Chez beaucoup de fidèles musulmans l’annonce de la réouverture des mosquées a sonné comme une délivrance.

"Al Hamdoulilhah (Dieu merci en langue arabe)", s’exclame Amadou, habitant de Niamey. "Nous étions coincés, on se demandait comment faire. Là nous pouvons nous adresser sincèrement à Dieu et lui demander de nous épargner de cette pandémie".

Dans un communiqué lu à la télévision d’Etat par le ministre porte-parole, le gouvernement indique que la "décision est prise sur proposition des chefs religieux et au vu de la tendance favorable de l’évolution de la maladie".

Un agent de la marie désinfecte la grande mosquée de Niamey, le 13 mai 2020. (Courtesy Images)
Un agent de la marie désinfecte la grande mosquée de Niamey, le 13 mai 2020. (Courtesy Images)

Mercredi les autorités de la ville de Niamey ont lancé une campagne de désinfection des principaux lieux culte de la capitale. A la grande mosquée "Kadhafi" puis à la cathédrale de Niamey, Moctar Mamadou, président de la délégation spéciale de Niamey, annonce que l’opération s’étendra aux autres lieux des différentes communes.

"Nous avons des brigades dans chaque commune", explique-t-il. En plus de la désinfection, "des dispositifs de lavage des mains et des gels hydroalcooliques seront positionnés devants ces lieux", ajoute-t-il. C’est une des conditions prévues pour prendre cette décision.

De même, il n'y a plus de couvre-feu nocturne à Niamey à compter du 13 mai. Pour prendre toutes ces mesures, le gouvernement a consulté le comité d’experts mis en place dans le cadre de la riposte contre la Covid-19.

Pour le professeur Seydou Mamadou, recteur de l’université de Niamey et président du comité, "la courbe est certes descendante, mais le risque d’un rebond est là". Il faut donc accompagner la levée des mesures par une observance plus rigoureuse des gestes barrières, ajoute-t-il.

Depuis le 19 mars, date du premier cas enregistré dans le pays, près de 900 personnes ont été testées positives au virus avec une cinquantaine de décès enregistrés. Le nombre de guérisons est à 658 au 12 mai 2020.

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Boko Haram à nouveau à l'offensive au Niger

Des réfugiés nigérians à Diffa, dans le sud-est du Niger, le 21 juin 2016.

Malgré les fréquentes annonces officielles parlant de victoires et d'innombrables islamistes tués, les jihadistes de la galaxie Boko Haram ont multiplié les attaques ces dernières semaines dans le sud-est du Niger.

Diffa, la capitale régionale de 200.000 habitants située à la frontière avec le Nigeria, a été attaquée à quatre reprises en mai alors que 12 soldats nigériens au moins ont été tués dans l'attaque du poste de Blabrine, au nord-est de Diffa, proche du Tchad.

"Les bruits des armes font partie de notre quotidien. Quand ça commence à tirer +ratatata+, nos coeurs battent très fort", affirme Aïchatou Ibrahim, ménagère à Diffa qui réside près du pont de Doutchi où ont lieu une partie des attaques.

Habitants et autorités sur place ne distinguent pas Boko Haram de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), issu d'une scission de Boko Haram, et parlent indifféremment de "BH".

Mais la propagande jihadiste fonctionne à plein, notamment après l'attaque de Doutchi (pont d'entrée à 10 km de Diffa). Une vidéo de l'ISWAP montre des insurgés s'emparer au milieu de tirs nourris d'un camp de l'armée nigérienne, mettant la main sur des véhicules et des stocks d'armement. La vidéo se termine par un combattant tirant sur un soldat inanimé au sol.

"Les images de la vidéo ont fait peur. Si le pont +tombe+ qu'est-ce qui va se passer?", s'inquiète Lawan Boukar, un journaliste local.

Les habitants vivent avec la menace depuis 2015 et les premières attaques des islamistes nigérians de Boko Haram sur le sol nigérien. Diffa et Bosso, riveraine du bassin du lac Tchad (à cheval entre le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Tchad), avaient été visées.

Après des années de combats incessants, la situation avait connu une accalmie au cours des 8 derniers mois avec trois attaques seulement contre l'armée en octobre 2019 à Blabrine (12 soldats morts), mars 2020 à Chétima Wangou (8 soldats morts) et Toumour (50 combattants de Boko Haram tués).

- Offensive tchadienne -

Fin mars, l'armée tchadienne a déclenché une grande offensive pour venger la mort d'une centaine de ses soldats tués sur la presqu'île de Bohoma, plus lourde perte jamais enregistrée par le Tchad. N'Djamena a affirmé avoir tué 1.000 combattants et chassé les jihadistes de son sol.

Pour certains, "les attaques répétées contre Diffa" sont le contre-coup de cette offensive tchadienne. "Elles sont menées par de petits groupes de rescapés de l'offensive tchadienne qui veulent se réarmer et se restructurer", affirme Mara Mamadou, un acteur de la société civile de Diffa.

"A Blabrine et Doucthi, Boko Haram s'est attaqué aux deux portes d'entrée de Diffa: Blabrine est le seul verrou du côté du Tchad et Doutchi le seul rempart vers le Nigeria", s'alarme-t-il.

Pour un ex-maire de Diffa, il y a une autre explication: l'étiage de la rivière Komadougou qui sert de rempart naturel à la zone pendant une partie de l'année. "+BH+ cherche à reconstituer ses stocks d'armement et de vivres avant la crue en juin de la Komadougou".

Cette rivière, qui sert de frontière naturelle, prend sa source au Nigeria et s'étend le long des 150 km séparant les deux Etats avant de se jeter dans le Lac Tchad, une vaste zone truffée d'îlôts et de marécages servant de refuge à l'Iswap.

La période d'étiage d'avril à mai "met à rude épreuve le dispositif de sécurité", confirme une source sécuritaire.

Autre explication: le vide sécuritaire nigérian.

- Le Nigeria grand absent -

Le président tchadien Idriss Déby Itno a dénoncé à plusieurs reprises l'inaction de ses voisins du Niger et du Nigeria. Le Niger se plaint aussi de l'inaction du Nigeria.

"Ce sont nos militaires qui traversent parfois la frontière (nigériane) pour faire des patrouilles. Tout le problème c'est le Nigeria!", estime Ali Moussa, un résident de Diffa.

"Le Nigeria n'a rien dans cette bande (des 150 km): pas de forces armées, pas d'administration", atteste un douanier à la retraite.

Un élu local résume: "Nous ne faisons plus frontière avec le Nigeria, mais avec BH. Ils nous attaquent et se replient dans leur zone où il n'y a plus aucune force armée pour les contenir".

Contactée par l'AFP, l'armée nigériane n'a pas souhaité répondre à ce sujet.

Amadou Bounty Diallo, un ancien militaire nigérien, pointe également "la collaboration déterminante" dont bénéficie Boko Haram de la part "d'une partie de la population" soucieuse d'accéder au Lac pour assurer sa survie. L'eau du lac permet pêche et culture dans une zone du continent désertique.

D'après une source humanitaire, le retrait en 2017 des soldats tchadiens réputés très efficaces, - appelés en renfort en 2016 après une attaque meurtrière- a "privé la zone d'un solide bouclier" anti-jihadiste.

Le Niger a annoncé en février avoir acquis deux nouveaux hélicoptères de combat pour "renforcer" son arsenal. "Nos forces de défense et de sécurité prennent de plus en plus l'ascendant sur les terroristes", s'est satisfait récemment le président nigérien Mahamadou Issoufou.

La région de Diffa abrite selon l'ONU 300.000 réfugiés nigérians et déplacés, fuyant depuis 2015 les exactions des jihadistes. Le Niger doit aussi faire face dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques des groupes jihadistes sahéliens dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Une nouvelle loi nigérienne autorise l'interception des échanges électroniques

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Le Niger adopte une nouvelle loi sur les écoutes pour lutter contre le jihadisme

Un soldat nigérien monte la garde dans un camp de la ville de Diffa à la suite des attaques des combattants de Boko Haram dans la région de Diffa, Niger, le 18 juin 2016.

Le parlement nigérien a adopté vendredi une nouvelle loi autorisant les interceptions des communications téléphoniques pour lutter contre "le terrorisme et la criminalité transnationale".

Les députés de l'opposition, très minoritaires, ont dénoncé le texte et quitté l'hémicycle avant les débats. Selon la Constitution nigérienne "le secret de la correspondance et des communications est inviolable" et il "ne peut y être dérogé que dans les conditions et les formes définies par la loi".

La nouvelle loi s'inscrit dans "la recherche des renseignements" concernant "l'atteinte à la sécurité de l'Etat" ou dans la "lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée".

"Les preuves recueillies peuvent être utilisées dans le cadre des enquêtes et poursuites pénales diligentées par les autorités judiciaires", selon les termes du document.

Les interceptions des communications seront effectuées par "des services techniques compétents" sur "toute personne contre laquelle il existe des sérieuses raisons", souligne le texte.

"Cette loi n'est pas liberticide. Elle est indispensable et elle procède de la volonté du gouvernement de sécuriser nos populations", a déclaré Barkaï Issouf, le ministre chargé des Relations avec les institutions.

"Vous craignez d'être écoutés? Et bien vous l'étiez depuis et vous l'êtes encore, c'est maintenant que ça va être organisé", a lancé Marou Amadou, le ministre de la Justice.

Dans un communiqué, l'opposition parlementaire a dénoncé "la volonté du pouvoir de priver les Nigériens (...) de toute vie privée dans leurs communications".

"Cette loi permettra (...) de surveiller tous les Nigériens, ainsi que tous ceux qui vivent au Niger, sous de fallacieux prétextes, autres que ceux relatifs à la sécurité et la lutte antiterroriste", selon les termes du communiqué.

Le Niger fait face aux attaques récurrentes des groupes jihadistes sahéliens dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina et dans le Sud-est aux raids meurtriers des islamistes de Boko Haram ou du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap, issu une scission de Boko Haram).

South African Airways ne reprendra pas ses vols intérieurs à partir de la mi-juin

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Surfacturations à l'armée nigérienne: que "lumière soit faite"

Manifestation à Niamey, Niger, contre la corruption au gouvernement, 21 décembre 2016 (VOA / Abdoul-Razak Idrissa)

Une organisation de la société civile du Niger a exigé mercredi que "lumière soit faite" dans la médiatique affaire des surfacturations et des livraisons non effectuées lors d'achats d'équipements militaires ces dernières années.

"Nous sommes engagés à nous battre pour que lumière soit faite : tous ceux qui de près ou de loin sont impliqués dans cette malversation doivent non seulement rembourser l'intégralité des sommes indûment perçues, mais ils doivent également répondre pénalement de leurs actes", a déclaré à l'AFP Maman Kaka Touda, un responsable d'Alternative espace citoyen (AEC), une des plus importantes ONG nigériennes.

"Des centaines de nigériens ont perdu la vie sur les théâtres des opérations (anti-jihadistes) pendant que certains sont dans des bureaux climatisés en train de détourner des milliards de francs CFA", a-t-il dénoncé.

La justice avait annoncé le 8 avril ouvrir une enquête sur cette affaire qui a éclaté en février.

La réaction d'AEC intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux d'extraits d'un rapport d'audit sur ces irrégularités. D'après ces extraits, ces malversations ont causé "un manque à gagner" de plus de 76 milliards FCFA (plus de 116 millions d'euros) pour l'Etat du Niger entre 2017 et 2019.

Les surfacturations représentent 48,3 milliards FCFA (66 millions d'euros) et les montants pour le matériel non-livré s'élèvent à 27,8 milliards FCFA (42 millions d'euros), selon ce rapport.

Interrogé par l'AFP, les services du procureur de Niamey ont indiqué qu'il "s'agit d'extraits du rapport provisoire" de l'audit et "non du rapport définitif" qui avait été transmis par le gouvernement à la justice.

Fin février, le gouvernement avait annoncé qu'un audit demandé par le président Mahamadou Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées dans des achats d'équipements pour l'armée, qui combat depuis 2015 les jihadistes dans le sud-est et l'ouest du pays.

Cet audit avait "passé au peigne fin un total de 177 dossiers dont les conditions de passation, d’exécution et de paiement pour certains d’entre eux" étaient "susceptibles de qualifications pénales".

Le 15 mars, de violents heurts avaient opposé les forces de l'ordre et des manifestants demandant des sanctions dans ce scandale. Au moins trois figures de la société civile sont encore incarcérées.

Le scandale a d'autant plus choqué l'opinion qu'entre décembre 2019 et janvier 2020, près de 200 soldats nigériens ont été tués dans des attaques jihadistes.

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