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Les groupes armés profitent de la pandémie pour attaquer davantage au Sahel


Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à Lahore au Pakistan le 18 février 2020.

Les "groupes terroristes profitent de la pandémie de Covid-19 pour intensifier leurs attaques" au Sahel, affirme dans un rapport le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en réclamant une "coordination plus forte" entre les forces étrangères qui les combattent.

Le défi posé aux autorités s'exerce notamment dans le triangle Liptako-Gourma, une zone dans laquelle Niger, Mali et Burkina Faso se partagent des frontières, précise le document remis cette semaine au Conseil de sécurité et obtenu vendredi par l'AFP.

"Des preuves montrent aussi une coordination et une coopération renforcées entre certains des groupes terroristes opérant au Sahel, de la Mauritanie au bassin du Lac Tchad", ajoute le secrétaire général.

"La situation désastreuse dans la région du Sahel est encore aggravée par la propagation de la pandémie de Covid-19 en Afrique, avec des groupes terroristes qui l'exploitent à des fins de propagande et d'action, avec un impact potentiel grave sur la région", insiste-t-il.

A cause de cette pandémie qui a entrainé la fermeture de la frontière entre Mali et Mauritanie, des opérations de la Force G5-Sahel ont été renvoyées à plus tard. "L'impact de la pandémie sur la capacité de la Force conjointe et des troupes internationales à mener des opérations dans les mois à venir est difficile à déterminer à ce stade et devra être étudiée avec soin", indique-t-il.

Son rapport retraçant l'évolution au Sahel depuis novembre souligne que "les morts dans des attaques terroristes" ont été multipliées par cinq depuis 2016 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, avec plus de 4.000 décès en 2019 contre 770 en 2016.

Depuis novembre, la situation sécuritaire a encore subi une "détérioration au Mali et dans la région sahélienne", avec des "attaques terroristes de plus en plus complexes contre les forces de sécurité", s'inquiète aussi le chef de l'ONU.

Tout en reconnaissant la nécessité de plusieurs acteurs face à ce défi, Antonio Guterres affirme qu'"il y a un besoin pour une coordination plus forte entre les différentes forces et de clarté pour savoir qui commande et qui contrôle".

Outre les armées nationales, le Sahel est un théâtre d'opérations pour la force française Barkhane (5.100 militaires), la force antijihadiste G5-Sahel (5.000 militaires du Niger, Burkina Faso, Mali, Tchad et de Mauritanie) et la mission de paix de l'ONU Minusma (15.000 personnels). Une nouvelle unité internationale, appelée Takuba, regroupant à l'initiative de la France des forces spéciales de différents pays, est aussi en cours de formation.

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