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Cour suprême : la guerre du neuvième juge aura bien lieu en Amérique

Le président américain Barack Obama lors de son discours sur l'état de l'Union, le 12 janvier 2016. (AP Photo/Evan Vucci, Pool)

Les sénateurs républicains, revendiquant la légitimité populaire qu'aurait perdue M. Obama usé par ses deux mandats, soutiennent que la nomination ultra-sensible doit revenir à son successeur, qui sera élu le 8 novembre.

C'est confirmé, 2016 sera l'année d'une bataille inédite sur la colline du Capitole, opposant les sénateurs républicains jusqu'au-boutistes au président démocrate Barack Obama, avec pour trophée la nomination du futur juge arbitre de la Cour suprême.

Dans ce combat qui s'annonce épique, les belligérants ont pris position cette semaine, les élus majoritaires cimentant mardi au Congrès leur bloc du refus catégorique, le chef de la Maison Blanche promettant lui un remplaçant au magistrat conservateur Antonin Scalia récemment décédé.

Selon la Constitution américaine, le président nomme à vie les neuf magistrats de la plus haute instance judiciaire, le Sénat approuvant ou non ce choix.

Les sénateurs républicains, revendiquant la légitimité populaire qu'aurait perdue M. Obama usé par ses deux mandats, soutiennent que la nomination ultra-sensible doit revenir à son successeur, qui sera élu le 8 novembre.

Assurant au contraire qu'il en va de son "devoir", le président des Etats-Unis entend nommer "dans les semaines à venir" un juge et consulte tous azimuts dans cet objectif.

De façon radicale, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé que l'assemblée irait jusqu'à refuser d'entendre tout candidat d'Obama, quelles que soient ses qualités.

Pourquoi une telle intransigeance ? La Cour suprême, institution qui tranche souvent les grands débats de société aux Etats-Unis, compte désormais quatre juges conservateurs et quatre juges progressistes. Elle penchera donc du côté du successeur de M. Scalia. La droite américaine redoute que celui-ci se révèle être un progressiste.

"Canard boiteux"

Les principaux candidats républicains à la présidentielle, Donald Trump, Ted Cruz et Marco Rubio, invoquent une "tradition" de ne pas nommer un juge à la Cour suprême lors de l'année électorale précédant le départ d'un président, même si l'Histoire offre quelques contre-exemples.

M. Rubio a même qualifié M. Obama de "canard boiteux" (lame-duck president), une expression désignant un leader en fin de mandat, censé expédier les affaires courantes.

Une "notion incorrecte", selon Melissa Hart, professeur à l'université de Boulder dans le Colorado. "Un canard boiteux est un président dont le successeur a déjà été élu. Le successeur du président Obama ne sera pas élu avant neuf mois".

Face au risque d'obstruction à outrance des sénateurs républicains, que peut donc faire M. Obama ?

Le président peut d'abord espérer fissurer le front du "non à tout" au Sénat, qui passe mal chez les élus modérés du Grand Old Party et leurs électeurs.

"En refusant d'examiner tout candidat du président Obama durant tout le reste de son mandat, le Sénat dépasse ses attributions constitutionnelles", souligne Edward Fallone, professeur de droit à l'université Marquette dans l'Etat du Wisconsin.

"Le Sénat exerce un pouvoir de pré-nomination quand la Constitution lui donne un pouvoir de post-nomination", ajoute-t-il.

"Suggérer qu'un président devrait cesser d'accomplir ses devoirs constitutionnels la dernière année de son mandat est irresponsable", abonde Mme Hart. "Tout comme est irresponsable un sénateur qui refuse d'accomplir ses devoirs constitutionnels".

Le candidat d'Obama : un républicain ?

Dans cette partie de billard à trois bandes entre législatif, exécutif et judiciaire, Barack Obama va ensuite vraisemblablement désigner quelqu'un n'offrant aucune prise aux critiques, pour essayer de désarmer ses opposants.

"La personne que je nommerai sera éminemment qualifiée. Lui ou elle aura un esprit indépendant, un intellect rigoureux, avec des références impeccables, une excellence et une intégrité rompues à l'épreuve des faits", a écrit le président mercredi.

Depuis une douzaine de jours divers noms circulent, parmi lesquels celui de la ministre de la Justice Loretta Lynch, première femme noire à occuper ce poste, ou encore Jeh Johnson, chargé de la Sécurité intérieure.

D'autres personnalités moins connues semblent également tenir la corde, comme Sri Srinivasan, un magistrat d'origine indienne aux états de service irréprochables. Le juriste Jeffrey Toobin, auteur de l'ouvrage de référence "The Nine" sur la Cour suprême, a qualifié de "candidat naturel" ce brillant juriste.

Sa carrière, largement passée à plaider dans un cabinet d'avocats privé, n'offre pratiquement aucun angle d'attaque aux républicains et sa promotion à la cour d'appel de la capitale fédérale avait été unanimement approuvée par les élus des deux partis.

Le chef de l'opposition démocrate au Sénat, Harry Reid, a lui suggéré comme neuvième juge à la Cour suprême Brian Sandoval, l'actuel gouverneur du Nevada et membre du parti... républicain.

Si cet élu hispanique était effectivement nommé par M. Obama, les sénateurs républicains se retrouvaient acculés dans leurs retranchements, à devoir justifier le refus d'un de leurs pairs.

AFP

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Journée Martin Luther King 2020 aux Etats-Unis

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Kamala Harris démissionne du Sénat et Alex Padilla la remplace

Le secrétaire d'État de Californie, Alex Padilla, s'exprime par vidéo lors de la Convention nationale démocrate de 2020, le 20 août 2020.

Le remplaçant au Sénat américain de la vice-présidente élue Kamala Harris a été dévoilé: il s'agit d'Alex Padilla, qui deviendra le premier Hispanique à représenter la Californie à la chambre haute des Etats-Unis.

La vice-présidente élue des États-Unis, Kamala Harris, a démissionné lundi de son poste de sénatrice représentant l'État de Californie, selon une lettre envoyée au gouverneur dont une copie est parvenue à VOA Afrique.

Mme Harris, 56 ans, doit prêter serment mercredi en même temps que son colistier, l'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans.

La sénatrice a dû démissionner car, selon la doctrine de la séparation des pouvoirs aux États-Unis, un fonctionnaire ne peut appartenir qu'à une seule branche du gouvernement.

Lorsqu'un sénateur démissionne, son remplaçant est désigné d'une manière prescrite par les lois de l'État. En Californie, c'est au gouverneur qu'il revient de pourvoir le poste vacant, pour une période qui couvrira le reste du mandat pour lequel le sénateur a été élu.

Dans le cas de Mme Harris, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a décidé de nommer Alex Padilla pour la remplacer.

Fils d'immigrés mexicains, M. Padilla, 47 ans, a été désigné par le gouverneur comme un "guerrier pour le droit de vote et le rêve américain".

"Je suis honoré de la confiance que me place le gouverneur Newsom, et j'ai l'intention de travailler chaque jour pour honorer cette confiance", a déclaré M. Padilla dans un communiqué publié sur son site web.

Dans un entretien, M. Padilla a déclaré qu'il avait été submergé par l'émotion lorsque le gouverneur lui avait proposé le poste lors d'un appel Zoom. "Il y a beaucoup de travail à faire, bien sûr, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser à mes parents, venus du Mexique pour poursuivre le rêve américain", a-t-il déclaré. "Tout ce que j'ai entendu étant enfant, c'est travailler dur, étudier dur, et tout ce que j'ai toujours voulu faire était d'honorer leurs sacrifices".

Sa nomination intervient après des mois d'intense lobbying parmi les démocrates de Californie, un Etat où la minorité hispanique représente 40% de la population, en vue de désigner le remplaçant de la future vice-présidente des Etats-Unis.

Élevé par un père cuisinier et une mère femme de ménage, Alex Padilla a grandi dans un quartier de Los Angeles touché par la violence des gangs.

Il a travaillé un temps comme ingénieur informatique sur des logiciels pour satellites avant d'entrer en politique à la fin des années 1990, à un moment où les discours anti-immigration fleurissaient en Californie.

Le nouveau sénateur va prêter serment mercredi.

Les Biden, nouvelle Première famille des Etats-Unis

Le nouveau président américain Joe Biden (3e avant à d), sa femme, le Dr Jill Biden (3e à g), et d'autres membres de la famille marchent le long de la route nationale nommée d'après son défunt fils Joseph R. «Beau» Biden III, à Sojevo, Kosovo, le 17 août 2016. (AP/Visar Kryeziu)

Les Etats-Unis s'apprêtent à accueillir la nouvelle première famille, les Biden. C'est une famille soudée, unie notamment par les drames, qui fait son entrée à la Maison Blanche.

Au cours de sa longue carrière politique, Joseph Robinette Biden Jr a pu compter sur le soutien de ses proches mais a aussi dû surmonter plusieurs disparitions.

La Première dame

Jill Biden, la nouvelle Première dame, est sa première alliée.

Elle et Joe Biden se sont mariés en 1977, cinq ans après un tragique accident de voiture qui avait emporté la première épouse de celui qui était alors sénateur du Delaware, Neilia, et leur fille Naomi de 13 mois, laissant leurs deux fils Beau et Hunter grièvement blessés.

Ce sont ces derniers qui lui suggèrent d'épouser celle qui les considère comme ses propres enfants, et avec qui il aura une seconde fille, Ashley.

Jill Biden, 69 ans, connaît bien les couloirs de la Maison Blanche: elle les a parcourus pendant 8 ans, lorsque son mari était le vice-président de Barack Obama.

Titulaire d'un doctorat en sciences de l'éducation, elle enseigne dans une université du nord de la Virginie, près de Washington, où elle veut continuer à travailler pendant le mandat de Joe Biden, comme du temps où elle était "Second Lady".

Elle sera ainsi la première Première dame à poursuivre sa carrière professionnelle, à l'exception de Hillary Clinton, élue sénatrice à la fin du mandat de son mari Bill.

Les enfants Biden

L'histoire de Joe Biden est indissociable de celle de ses enfants, pour le meilleur comme pour le pire. Après la mort de sa première épouse et de sa fille, le natif de Scranton (Pennsylvanie) tout juste élu au Sénat multiplie les allers retours en train depuis le Delaware, à deux heures de Washington, pour élever ses deux fils survivants, Beau et Hunter.

Beau, enfant brillant, intègre l'armée puis devient procureur général du Delaware. On lui prédit un destin national mais il est emporté en 2015 par un cancer fulgurant, laissant Joe Biden fou de douleur.

Hunter, cadet difficile ayant longtemps lutté avec des addictions à l'alcool et à la drogue, n'en a pour autant pas moins le soutien de son père, qui le défend bec et ongles face aux attaques des républicains lors de la campagne électorale de 2020.

Devenu avocat et lobbyiste, Hunter Biden a siégé au conseil d'administration du groupe gazier ukrainien Burisma lorsque son père était numéro deux de Barack Obama, ce qui vaut aux deux d'être accusés de corruption par Donald Trump.

Ashley Biden, 39 ans, milite pour les questions de droits sociaux.

Des soutiens supplémentaires

Mais Joe Biden ne serait rien sans sa soeur Valerie. Celle qui l'aida notamment à élever Beau et Hunter après le décès de sa première épouse, a été de tous ses combats.

Valerie Biden a passé sa vie à porter la carrière politique de son frère, menant toutes ses campagnes électorales -- y compris délégué de classe au lycée -- jusqu'à laisser la place pour celle de 2020, au cours de laquelle elle a continué à l'accompagner, l'aidant entre autres à se préparer aux débats contre Donald Trump.

Chiens et chat

Le 20 janvier, deux bergers allemands devraient trotter aux côtés du démocrate lors de son installation à la Maison Blanche: Champ, dans la famille depuis 2008, et Major, adopté en 2018 dans un refuge.

Et la famille Biden pourrait encore s'agrandir: selon la chaîne CBS, Joe et Jill pourraient adopter un chat, le premier à la Maison Blanche depuis le départ de George W. Bush.

Les États-Unis bientôt de retour dans l'Accord de Paris

Une raffinerie à Port Arthur, Texas, le 2 décembre 2009.

Dès le premier jour de son mandat, Joe Biden veut faire revenir les Etats-Unis au sein de l'Accord de Paris sur le climat. Le président sortant, Donald Trump, était sorti de l'accord en 2019.

Joe Biden avait déjà annoncé qu'il introduirait auprès des Nations Unies la demande du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris dès le début de son mandat, soit le 20 janvier 2021. Toutefois, conformément au processus, le pays devrait attendre 30 jours avant sa réintégration officielle dans l'accord.

L’accord vise à limiter sous les 2°C l'augmentation de la température moyenne sur Terre, provoquée par l'activité humaine selon le consensus scientifique. Il s’appuie sur des engagements volontaires des Etats de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, c’est le premier accord universel et juridiquement contraignant sur le changement climatique. Le texte a été soumis lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) en décembre 2015. Il a été signé par 197 pays et ratifié par 188 d’entre eux.

Les Etats-Unis, deuxième émetteur mondial, sont le seul pays à être sorti de l’accord.

Pour l'administration Trump, la limite sur le taux d'émissions de carbone imposé par l'accord risquait d'entraver la croissance économique des États-Unis. Washington voyait aussi d'un mauvais oeil les dérogations accordées à certains pays en voie de développement, notamment l'Inde et la Chine.

Le retour des États-Unis dans l'accord fait partie de la première vague d'actions envisagées par Biden dans le but d'annuler les décisions de son prédécesseur jugées extrêmes. D'autres décrets attendus concernent l'immigration, la vaccination anti-coronavirus et la politique étrangère.

Selon le quotidien Politico, un mémo sur les priorités publié samedi par le chef de cabinet de Biden, Ron Klain, ne mentionne pas le retour des États-Unis comme pays membre de l'Organisation mondiale de la santé. L'année dernière, l'administration Trump avait retiré les États-Unis de l'OMS et gelé des millions dollars destinés à cette agence onusienne.

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