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Côte d'Ivoire

La candidature de Soro est un "non-événement" pour Adama Bictogo du RHDP

Guillaume Soro à Abidjan le 26 novembre 2004.

Le parti au pouvoir en Côte d'Ivoire a qualifié de "non-événement" lundi la candidature à l'élection présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire de l'ancien chef de la rébellion, Guillaume Soro, ancien président de l'Assemblée nationale et ancien Premier ministre.

"C'est un non-événement ! Ce qu'on retient de lui, c'est qu'il a été un bon chef rebelle et un mauvais Premier ministre", a déclaré Adama Bictogo, le directeur exécutif du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir), lors d'une conférence de presse.

Ancien allié du président Alassane Ouattara passé dans l'opposition en début d'année, M. Soro, 47 ans, qui a annoncé sa candidature le 18 octobre, est le premier homme politique d'envergure à postuler officiellement à la présidence.

"Il (Soro) annonce sa candidature dans des hôtels inconnus en Espagne ou sur une télévision française. (...).. Quand on respecte son peuple et son pays, on vient dans son pays et on annonce sa candidature dans son pays", a martelé M. Bictogo.

Interrogé sur une éventuelle candidature du président Ouattara, M. Bictogo a répondu : "Les ex-présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo peuvent être candidats et cela ne vous choque pas et quand on parle de la candidature de Ouattara cela vous choque".

"On n'a aucun complexe. Le jour le parti devra se réunir, il décidera en toute âme et conscience" a-t-il souligné, promettant un scrutin présidentiel apaisé en 2020.

Le président ivoirien, âgé de 77 ans, entretient le mystère. S'il aura déjà accompli deux mandats en 2020, il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Près de dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, la présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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Rubrique Economie avec Eric Manirakiza

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La militante Nathalie Yamb expulsée

Nathalie Yamb, expulsée de Côte d'Ivoire pour activités incompatibles avec l’intérêt national.

La suisso-camerounaise Nathalie Yamb, du parti d'opposition ivoirien Lider, a été expulsée lundi de Côte d'Ivoire quelques semaines après son intervention contre la "Françafrique" à Sotchi lors du sommet Russie-Afrique, a affirmé Mamadou Koulibaly, ancien président de l'Assemblée nationale.

La confusion a régné pendant la journée sur le sort de la militante convoquée à la préfecture lundi matin et qui a passé la journée sans pouvoir communiquer avec l'extérieur.

"Ils l'ont mis dans l'avion pour Zurich avec un changement à Paris. Elle a découvert sa destination à l'aéroport. On a pu lui parler brièvement. On lui reproche une +activité incompatible avec l'intérêt national+, nous a-t-elle dit", a rapporté Mamadou Koulibaly, chef de file du Lider en soirée.

"On lui dit qu'elle est une étrangère qui fait de la politique en Côte d'Ivoire, qu'elle critique trop les autorités, que c'est un trouble à l'ordre public....", a-t-il ajouté.

"Normalement, il devrait y avoir un procès. Mais, ils s'abritent derrière un acte administratif et même si on fait un recours cela prendra plusieurs mois", a-t-il précisé.

"L'histoire retiendra que (le président) Alasssane Ouattara qui a fait sa carrière sur des accusations de xénophobie à son égard est lui même un xénophobe. Rien n'interdit à un étranger de faire de la politique. Il est simplement interdit d'être président d'une formation politique", a déclaré M. Koulibaly rappelant que Mme Yamb était installée en Côte d'Ivoire depuis de nombreuses années.

Elle y a travaillé pour un groupe de téléphonie avant de "s'investir pleinement dans cette lutte que nous menons pour une nouvelle Afrique, l'émancipation de ses peuples". "Son combat ne s'arrête pas à Abidjan. Sur le Franc CFA, pour le démocratie, pour les droits de l'Homme, contre les bases militaires que nous avons de plus en plus de mal à accepter. Nous tenons des propos véhéments, durs, mais c'est notre fonction d'opposition politique", a-t-il poursuivi.

"Son expulsion a pour but de fragiliser le Lider en une année électorale" avant la présidentielle de 2020, a-t-il conclu.

A Sotchi fin octobre, Mme Yamb avait notamment déclaré lors d'une conférence: "La France considère toujours le continent africain comme sa propriété (...) Nous voulons sortir du Franc CFA (...) Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui sous le couvert d'accords de défense bidons, ne servent qu'à permettre le pillage de nos ressources, l'entretien de rebellions, l'entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats".

Le polémiste et militant "anticolonialiste" Kémi Séba, Français d'origine béninoise, avait été expulsé de Côte d'Ivoire en mars pour des "risques de troubles" avant de tenir un meeting.

Alassane Ouattara évoque un troisième mandat

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