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Côte d'Ivoire : suspension de trois quotidiens pro-Gbagbo


Le Nouveau Courrier on sale in Abidjan, Ivory Coast, March 10, 2015. (REUTERS/Luc Gnago)

Trois quotidiens ivoiriens pro-Gbagbo, La Voie Originale, LG infos et Aujourd'hui, ont été suspendus vendredi par le Conseil national de la presse (CNP), l'organe de régulation de la presse ivoirienne.

Cette sanction survient à la veille de l'ouverture, samedi, de la campagne pour les élections législatives qui doivent avoir lieu le 18 décembre.

Le CNP reproche à La Voie Originale, suspendu pour 26 parutions, "d'avoir attribué des titres et qualités à des ‘frondeurs’ du Front populaire ivoirien" (FPI - opposition), le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, "créant ainsi, un bicéphalisme à la tête du FPI" alors qu'une décision de justice a officiellement reconnu la direction du parti à Pascal Affi Nguessan, à qui s'oppose les "frondeurs".

LG infos et Aujourd'hui écopent d'une suspension de sept parutions chacun pour avoir publié "de fausses informations", selon le CNP.

"Nous faisons l'objet de graves menaces pour des motifs qui n'ont aucun rapport avec des délits professionnels", a déploré César Etou, directeur de la publication de La Voie Originale.

Deux des trois journaux, La Voie Originale et Aujourd'hui, avaient déjà été suspendus pour 15 parutions pour les mêmes motifs, le 21 octobre, à la veille de l'ouverture de la campagne pour le référendum sur la nouvelle Constitution.

Les journaux suspendus sont proches du camp des "frondeurs" qui appellent à un boycott des législatives du 18 décembre, alors que l'autre camp au sein du FPI y participe.

Deux camps s'opposent au sein du parti, principale formation d'opposition, plongée dans une crise profonde depuis 2013.

D'un côté, les "affistes" - fidèles de Pascal Affi N'Guessan -, qui a été candidat à la présidentielle de 2015 au grand dam de ses rivaux qui ont boycotté le scrutin. Le FPI présente également des candidats aux législatives.

De l'autre côté, les "frondeurs" ou "gbagboïstes", fidèles de Laurent Gbagbo - jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité -, qui font de sa libération "le coeur de la stratégie de lutte du parti".

Avec AFP

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