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Côte d'Ivoire

Des sculptures parlantes pour une "collection fantôme" en Côte d'Ivoire

Le musée des civilisations à Abidjan, Côte d’Ivoire. (abidjan.city.ci)

Des sculptures qui parlent pour raconter l'histoire d'objets disparus: c'est une des idées fortes de l'exposition sur la "Collection fantôme" du Musée des civilisations d'Abidjan, pillé lors de la grave crise post-électorale de 2011.

Les objectifs de ce projet original sont de "réparer les mémoires", mais aussi de "favoriser les imaginaires et la créativité en travaillant à partir de l'absence des objets pillés, afin de sensibiliser les consciences dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels", explique Silvie Memel Kassi, la directrice du musée.

"Quand le musée a subi ce pillage, l'ensemble des personnes qui travaillent au musée ont continué à conter l'histoire de ces objets. Lorsqu'on a réfléchi à la Collection fantôme, on s'est dit que ce serait intéressant de travailler sur la notion du récit et de la narration parce que la transmission, ici, en Afrique, est toujours orale", raconte Fodé Sylla de l'association l'Art sans Frique.

Si le musée compte encore près de 15.000 objets (masques, sculptures, attributs...) , il a perdu 120 pièces majeures lors du pillage et de l'anarchie qui a régné à Abidjan pendant la crise post-électorale qui a fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire.

Enseignant au Service des arts visuels de Grand Paris Sud, le plasticien français Raphael Tiberghien a encadré des étudiants à Evry, près de la capitale française, puis à Abidjan dans le cadre de ce projet. Chaque étudiant devait créer une sculpture en y intégrant un petit haut-parleur diffusant un message ou des sons, pour l'exposition qui dure jusqu'au 28 décembre.

- Dire non au pillage -

"L'idée est de restituer aux objets leur dimension et leur contexte", pour qu'on "considère un objet d'art comme une prise de parole et non pas juste un objet esthétique", explique M. Tiberghien. "Quand l'objet a disparu, il reste les choses qui entourent cet objet, le contexte des gens qui l'ont créé. Les sculptures sonores, c'est mélanger les objets et les éléments de langages signifiants des personnes qui les ont créées".

A Abidjan, les étudiants du Centre technique des arts appliqués de Bingerville et de l'université Houphouët-Boigny, n'avaient que trois jours pour concevoir, façonner l'argile et fabriquer des tableaux-moulures de plâtre, accompagnés par les enregistrements. Les étudiants français avaient trois mois et ont pu créer des sculptures plus élaborées.

Peu importe. "Je suis fier d'appartenir à ce projet. Parce que tous ensemble on va dire non à ce pillage. En pillant nos propres ressources nous n'irons jamais de l'avant", lance Coulibaly Sangafolo, qui a choisi comme thème de son oeuvre "la bouteille" et les métaphores qui peuvent y être rattachées. "C'est un conditionnement qui vient de l'Europe. Quand ça arrive, il y a déjà des produits dedans. Après l'utilisation, ces objets sont rejetés! Nous essayons de donner encore une autre vie à cet objet".

L'exposition et son thème attire de nouveaux amateurs. "C'est la première fois que je me rends dans une salle d'exposition", sourit Indes Adepo, "J'aime bien. Tout est beau!", dit-elle devant une oeuvre de Sarra Ahoussi, un masque hommage à l'ethnie Goa qui émet des bruits particuliers. "J'ai mis des sons d'éléphants et de pas de danse pour signifier que quand les femmes adorent ce masque, la terre tremble!", explique l'artiste.

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Soro porte plainte à Paris contre le procureur ivoirien

L'ex-président de l'Assemblée National Guillaume Soro

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt sous l'accusation d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire", a déposé plainte à Paris contre le procureur d'Abidjan, ont fait savoir jeudi ses avocats.

"Les avocats de M. Guillaume Soro (...) ont déposé, une plainte auprès du Procureur de la République de Paris (...) pour des faits de captation illicite de la vie privée, diffusion illégale, de montage illicite et de tentative d'escroquerie au jugement", selon son cabinet de communication qui a également transmis le certificat de plainte déposée mercredi.

Ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, M. Soro, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020, avait tenté le 23 décembre de revenir en Côte d'Ivoire, après six mois à l'étranger. Mais, après avoir appris qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt, Soro était reparti en avion vers l'Europe. Plusieurs de ses proches dont des députés ont été ensuite arrêtés.

"Cette plainte fait suite à la diffusion d'un enregistrement par le procureur de la République, Richard Adou, lors d'une conférence de presse au tribunal de première instance d'Abidjan, le 26 décembre et qui a motivé par ce dernier l'émission d'un mandat d'arrêt international contre M. Guillaume Soro", dit le communiqué.

Selon le certificat daté du 22 janvier, M. Soro a porté plainte "contre X" et contre le procureur Richard Adou mais aussi contre trois autres personnes qu'il soupçonne d'avoir participé à l'enregistrement de ses conversations.

Longtemps allié au président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Abidjan détaille les chefs d’accusations contre Guillaume Soro
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M. Soro, figure de la vie politique ivoirienne et populaire parmi la jeunesse, ambitionnait de bousculer l'échiquier politique ivoirien pour la présidentielle de 2020.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, le scrutin s'annonce tendu. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés
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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Le parlement ivoirien à Abidjan, le 9 janvier 2017.

L'Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d'une majorité absolue, a annoncé mardi avoir voté la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro arrêtés après le retour avorté le 23 décembre de l'ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l'immunité a également été levée.

"L'immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l'Assemblée nationale", selon le texte daté de lundi.

La levée d'immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après "une requête du groupe RHDP" (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir. M. Soro avait appris le 23 décembre qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à son encontre alors qu'il était dans un vol le ramenant en Côte d'Ivoire après six mois d'absence à l'étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l'ordre avaient arrêté certains de ses proches dont les cinq députés.

"C'est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l'immunité de députés et encore plus le bureau de l'Asssemblée ne peut pas statuer sur la levée de l'immunité", a réagi Louis Ouattara, un proche de M. Soro.

Longtemps allié d'Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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