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Des organisations de droits de l'Homme déposent un recours contre l'amnistie en Côte d'Ivoire

L'ancienne Première dame Simone Gbagbo a été libérée à Abidjan, le 8 août 2018. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Trois organisations de défense des Droits de l'Homme ont annoncé jeudi avoir déposé un recours contre l'amnistie accordée par le président Alassane Ouattara à quelque 800 Ivoiriens, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, selon un communiqué parvenu à l'AFP.

Ces Ivoiriens étaient poursuivis ou condamnés dans le cadre de la crise ivoirienne.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), et la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme (LIDHO) "demandent aux autorités ivoiriennes de revenir sur" l'amnistie pour "garantir le droit à la justice des victimes", selon les termes du communiqué.

Le document précise que le recours a été déposé le 5 octobre mais qu'il a été decidé de le rendre public à l'occasion de "la journée de la paix" en Côte d'Ivoire, le 15 novembre, jour férié dans le pays.

Le président Ouattara avait au nom de la "réconciliation nationale" amnistié le 6 août quelque 800 prisonniers en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait environ 3.000 morts au terme d'une décennie d'instabilité.

"Les précédentes amnisties de 2003 et 2007, selon le communiqué, n'avaient pas empêché la perpétration de nouveaux crimes graves. La paix durable en Côte d'Ivoire passe par la poursuite des auteurs des crimes les plus graves".

Ces organisations jugent que l'amnistie "est inacceptable" et "vise à anéantir les espoirs de justice des victimes qui ont participé depuis 2011 aux procédures judiciaires engagées".

"Plusieurs dizaines de responsables présumés ont déjà été inculpés. Tirer un trait sur les responsabilités, ce n'est pas consolider la paix, comme cela a été déclaré, mais plutôt préparer les tensions de demain", a notamment déclaré Me Yacouba Doumbia, avocat des victimes et président du MIDH, cité dans le communiqué.

"La FIDH, le MIDH et la LIDHO accompagnent 250 victimes de la crise post électorale de 2010-2011 devant les tribunaux nationaux", souligne le communiqué.

Sur un plan légal, les avocats estiment que "le président de la République ne peut prendre d'ordonnance en matière de justice ou d'amnistie sans y avoir été habilité par l'Assemblée nationale".

Ils soulignent que le recours est "fondé sur l'obligation de l'État de Côte d'Ivoire de garantir le respect des droits humains et ainsi de poursuivre les auteurs des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité" alors que "plusieurs traités internationaux ratifiés par la Côte d'Ivoire (...) excluent toute mesure d'amnistie".

"Nous envisagerons tous les recours, en Côte d'Ivoire, mais aussi devant les juridictions régionales et internationales, voire devant des juridictions nationales étrangères. Les auteurs des crimes de 2010-2011 ne sauraient rester impunis. Et, dans tous les cas, cette amnistie contraire au droit international ne serait pas opposable aux poursuites devant la Cour pénale internationale ni devant d'autres juridictions", a déclaré M. Pierre Adjoumani Kouamé, président de la LIDHO.

Simone Gbagbo, l'ancienne "Dame de fer" de Côte d'Ivoire - épouse de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, actuellement jugé par la justice internationale - a été libérée en août 2018 après sept ans de détention.

Elle a bénéficié d'une amnistie du président Ouattara, alors qu'elle purgeait une peine de 20 ans de prison dans son pays pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" prononcée en 2015.

Avec AFP

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18 millions d'euros de la France pour l'académie antiterroriste en Côte d’Ivoire

Le président ivoirien Alassane Ouattara, à gauche, salut le commandant en chef de la gendarmerie nationale ivoirienne, Nicolas Kouadio Kouakou, accompagné du directeur général de la police ivoirienne, Youssouf Kouyate, à droite, à Abidjan, le 4 janvier201

La France contribuera à la construction de l'Académie internationale contre le terrorisme, en Côte d'Ivoire, à hauteur de 18 millions d'euros, a déclaré lundi le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner en visite à Abidjan.

Depuis l'annonce du projet, né lors du sommet UE-Afrique de 2017, le flou était entretenu autour de la part de financement assumée par la France.

Le montant de la participation de la Côte d'Ivoire n'a pas été confirmé, mais le ministre ivoirien de la Défense Hamed Bakayoko, chiffrait en octobre à environ 20 millions d'euros le coût total de l'Académie qui doit être située dans la station balnéaire de Jacqueville, à une cinquantaine de km d'Abidjan.

"Ce projet d'académie est un projet majeur (...) parce que la formation est essentielle pour lutter contre le fléau du terrorisme : formation au renseignement, formation pour les forces d'intervention, d'interpellation, de sanction", a souligné M. Castaner.

Le chantier, qui devrait durer 12 mois, a pris du retard, mais "la première pierre devrait être posée" au dernier trimestre 2019, a indiqué Christophe Castaner.

L'académie comprendra une école à vocation régionale, un centre d'entraînement pour les unités d'intervention avec notamment un champ de tir ainsi qu'un centre de prospective et d'analyse de la menace terroriste qui s'étend à différents pays d'Afrique de l'Ouest.

La Côte d'Ivoire a été elle-même la cible d'une attaque djihadiste en mars 2016 où 15 personnes ont été tuées dans la station balnéaire de Grand-Bassam, proche d'Abidjan.

Après deux jours à Abidjan où il a notamment travaillé sur l'immigration et la lutte anti-terroriste, Christophe Castaner devait rejoindre Dakar lundi en fin d'après-midi.

Un migrant ivoirien tué par deux militaires maltais, Premier ministre

Des personnes d’un groupe de 58 migrants à la base maritime de Hay Wharf à Floriana, à Malte, le 30 septembre 2018.

Un migrant ivoirien a été "tué de sang froid" par deux soldats maltais, a affirmé samedi le Premier ministre maltais Joseph Muscat, en faisant état de l'arrestation de ces deux suspects.

"J'aimerais remercier la police de Malte d'avoir résolu cet important cas du meurtre de sang froid d'un migrant ivoirien", a-t-il écrit sur son compte Tweeter, tout en postant des photographies du jeune homme, et de la partie ensanglantée de la route où il a été assassiné début avril.

"Les deux personnes arrêtées ne sont pas représentatives de l'éthique des forces armées maltaises, qui font un travail très important pour notre société", ajoute-t-il.

Le chef du gouvernement maltais précise qu'une enquête interne est en cours pour déterminer s'il s'agit "d'individus voyous isolés ou s'ils font partie de quelque chose de plus large".

"Les mots de haine et de division n'ont pas de place dans notre société", a-t-il insisté, en dénonçant tous ceux qui "répandent un message de haine".

Selon le journal Times of Malta, les responsables présumés du meurtre, intervenu le 6 avril, ont été arrêtés vendredi et samedi. Des sources proches de l'enquête, citées par le quotidien, affirment que l'un des présumés meurtriers a admis cibler des migrants "parce qu'ils sont noirs".

Lassana Cissé, qui travaillait dans une usine, a été tuée sur une route par des tireurs passant en voiture. Deux autres migrants, un Guinéen de 27 ans et un Gambien de 28 ans, ont été blessés dans cette attaque, selon le journal.

Des sources estiment que les deux militaires arrêtés pourraient avoir été impliqués dans une autre attaque sur une route visant aussi des migrants, au cours de laquelle un adolescent avait été blessé.

Salon du livre d’Abidjan : Tadjo veut inciter à lire en Afrique francophone

12e Forum à Abidjan, le 4 avril 2019. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

L'écrivaine ivoirienne à succès Véronique Tadjo, invitée d'honneur du 11e salon du livre d'Abidjan (15-19 mai), veut inciter à lire en Afrique francophone, région où le taux d'alphabétisation reste faible.

"Je suis persuadée qu'une fois qu'on apprend à lire, cela donne envie d'aller vers les livres, qui sont un accès au savoir et un droit au savoir", explique l'auteure qui a signé de nombreuses oeuvres pour la jeunesse inspirés de l'imaginaire de contes africains.

En Côte d'Ivoire, le taux d'alphabétisation des adultes de plus de 15 ans était de 44% en 2017. Le pays fait partie des vingt pays dont le taux est le plus bas, aux côtés du Sénégal (43%), du Burkina Faso (35%), du Bénin (33%) et du Niger (15%) selon les données de l'Unesco pour l'année 2017.

"La littérature générale n'a pas encore percé en Côte d'Ivoire, mais le recul de l'analphabétisme représente un potentiel énorme", assure Véronique Tadjo.

Auteure d'une dizaine de romans traduits dans plusieurs langues dont "Loin de mon père" et "L'ombre d'Imana", Véronique Tadjo plaide aussi pour la création de bibliothèques, peu nombreuses dans les capitales et souvent inexistantes dans les villes de moindre importance ou villages.

"Nous n'avons pas encore développé toutes les bibliothèques nationales, y compris les bibliothèques de proximité", dit-elle.

Elle souligne aussi que "la chaîne du livre n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Mais il y a un potentiel, auquel je crois".

"Il faut mettre en valeur le travail des éditeurs africains, qui doivent faire face à de nombreux défis", a défendu l'écrivaine franco-ivoirienne.

Le secteur de l'édition en Afrique francophone fait face à des difficultés comme le problème de distribution dans le pays et entre les pays, la concurrence européenne ou encore le piratage.

"Publier sur le sol africain est une proposition de plus en plus attrayante", a conclu la romancière.

Conflit communautaire entre Baoulé et Dioula

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