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La fête de l'Abissa gâchée par les dissensions à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire

La fête séculaire de l'Abissa, un des événements touristiques majeurs de Côte d'Ivoire, n'a pas eu lieu dans la cité historique de Grand-Bassam, 10 novembre 2018. (Facebook/Memel Lafoi)

La fête séculaire de l'Abissa, un des événements touristiques majeurs de Côte d'Ivoire, n'a pas eu lieu dans la cité historique de Grand-Bassam samedi, en raison des dissensions qui persistent un mois après les élections municipales aux résultats contestés.

Cette fête, qui dure normalement une semaine, attire 300.000 à 400.000 touristes en une semaine, ivoiriens et étrangers, selon le président du comité d'organisation, Jean-Baptiste Amichia. Son annulation représente une grosse perte pour l'économie de cette ville de 100.000 habitants située à 30 kilomètres d'Abidjan.

"Normalement il y a plein de monde, mais ce soir il y a très peu de clients", regrette Denise Adja, qui tient un maquis (petit restaurant) de poisson et de poulet braisés non loin de la place où devait se dérouler la fête. "J'avais acheté beaucoup (de stock), on va mettre au congélateur pour essayer de vendre plus tard".

Tout le quartier "France" de la cité balnéaire, dont les bâtiments coloniaux sont classés au patrimoine mondial par l'Unesco, était quadrillé par la police qui avait déployé des centaines d'hommes.

L'Abissa, qui marque le passage à la nouvelle année pour le peuple n'Zima kotoko, est une danse sacrée pour éloigner les calamités. C'est aussi un moment de dialogue entre les sept grandes familles N'Zima et avec le roi, qui permet de régler pacifiquement les querelles par le dialogue.

Or une partie du peuple conteste le roi Amon Tanoe, depuis qu'il a pris parti pour le candidat du pouvoir aux élections municipales du 13 octobre, sortant de son rôle traditionnellement apolitique.

Depuis, des troubles ont lieu régulièrement à Grand-Bassam. La ville est devenue l'épicentre des contentieux électoraux après les élections municipales et régionales, qui se chiffrent à plus d'une centaine à travers toute la Côte d'Ivoire.

Samedi après-midi, la cérémonie de l'Abissa s'est limitée à une sortie des tam-tams sacrés, qui ont résonné une vingtaine de minutes, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Le peuple n'a pas dansé, et le roi n'est pas sorti de son palais pour saluer.

- Boycottage -

"La tradition a été respectée, la famille détentrice des tam-tams a satisfait ses obligations pour éloigner les calamités du peuple pour l'année à venir en jouant les trois rythmes traditionnels", a tenté de justifier Jean-Baptiste Amichia, manifestement embarrassé.

"Il y a eu un boycottage, la crise n'est pas éteinte", a cependant confié à l'AFP le président du comité d'animation, Antoine Eboï.

"Je suis déçue, on ne comprend pas ce qui s'est passé", s'attriste Emmanuella Akoblan Ahoubé, une habitante d'Abidjan originaire de Bassam venue pour la fête.

L'annulation de la fête, "c'est une grande perte pour nous, une baisse de 70% de notre chiffre d'affaires sur deux semaines par rapport aux années passées", a expliqué Alassane Ouattara, président de l'association des hôteliers et restaurateurs de Grand Bassam. "Normalement nos réceptifs font le plein, les hôtels comme les restaurants, là nous n'avons eu personne".

"Les retombées financières de l'Abissa sont estimées à 500 millions de francs CFA (750.000 euros) pour l'économie locale", selon Jean-Baptiste Amichia.

"Ce n'est pas seulement une perte économique, c'est une perte d'image aussi. Il a fallu 15 à 20 ans pour faire de l'Abissa un rendez-vous touristique international", a-t-il expliqué.

"Depuis les élections, même les gens d'Abidjan ont peur de venir", explique M. Ouattara. "Déjà on a eu du mal à se remettre de l'attaque jihadiste" (qui avait frappé Grand-Bassam en mars 2016, faisant 19 morts), on avait passé quasiment un an sans travailler".

Mercredi pourtant, les prêtresses de l'Abissa avaient procédé à une cérémonie de purification de la place pour que l’évènement puisse se tenir.

Pendant trois heures, elles avaient prié, chanté et dansé pour apaiser les esprits et chasser les malheurs vers l'océan, aspergeant la place de l'Abissa d'une potion faite d'un mélange de plantes médicinales et de kaolin, additionné d'œufs et de rhum, pour éteindre symboliquement le feu de la discorde.

La cérémonie minimum avec les tam-tams samedi permettra cependant de faire de nouveau l'Abissa l'an prochain, sinon il aurait fallu attendre cinq ans, a justifié M. Amichia après l'annulation de la fête.

Avec AFP

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Le président de la fédération ivoirienne de football est mort

Sidy Diallo lors d'une conférence de presse à Abidjan, le 22 mars 2017

Le président de la fédération ivoirienne de football (FIF) Augustin Sidy Diallo est décédé samedi à 61 ans, a annoncé à l'AFP un vice-président, Omer Déhoulé, alors que son poste fait l'objet d'une âpre lutte de succession.

"Le président Sidy Diallo est décédé. Je viens de chez lui", a déclaré M. Déhoulé, se disant "abattu".

La FIF avait annoncé dans un communiqué le 9 novembre qu'Augustin Sidy Diallo avait été diagnostiqué positif au coronavirus. Selon le portail d'informations Abidjan.net, M. Diallo est mort de la maladie Covid-19.

Élu président de la FIF en 2011, puis réélu quatre ans plus tard, Sidy Diallo avait décidé de ne pas briguer un troisième mandat, même si les textes de la fédération l'y autorisaient.

Il devait quitter son poste en août dernier, mais assurait depuis les affaires courantes, la Fifa ayant suspendu le processus électoral devant lui désigner un successeur, après le rejet de la candidature de Didier Drogba.

En neuf ans de présidence de la FIF, Sidy Diallo a gagné deux Coupes d'Afrique des Nations (CAN), l'une avec les seniors en 2015, l'autre avec les cadets en 2013, et la Côte d'Ivoire a participé au Mondial-2014 au Brésil, mais a été éliminée dès le premier tour.

La FIF connaît une crise autour de la succession du président sortant depuis des mois. Trois candidats sont en lice, à savoir Sory Diabaté, Idriss Diallo et Didier Drogba.

Après les troubles, des stars ivoiriennes chantent "on veut la paix"

Le chanteur Molare lors d'une cérémonie de remise des prix de coupé-décalé le 15 octobre 2016 à Abidjan.

"Nous on veut la paix": une quinzaine de musiciens ivoiriens, dont des stars comme Molare, Ariel Sheney et Bebi Philip ont lancé mercredi un titre pour appeler à la fin des troubles électoraux en Côte d'Ivoire.

"Tu es du Sud, je suis du Nord, ça ne change rien, tu es mon frère. Il est de l'Ouest, tu es du Centre, ça ne change rien, on est Ivoiriens", chantent les artistes réunis par DJ Lewis, initiateur du projet.

Leur but est d'apaiser les tensions qui ont fait au moins 85 morts et près de 500 blessés depuis août, notamment dans des affrontements intercommunautaires liés à l'élection présidentielle du 31 octobre.

"J'ai voulu faire une chanson pour dire non à ce qu'on voyait venir: la guerre civile, intercommunautaire, interreligieuse", a expliqué lors d'une conférence de presse à Abidjan DJ Lewis, musicien de "coupé-décalé", le style le plus en vogue en Côte d'Ivoire.

"On a déjà vécu ça en 2010", lors de la crise post-électorale qui avait fait 3.000 morts, rappelle-t-il.

"Nous on veut la paix en Côte d'Ivoire, on ne veut plus la guerre dans notre pays", reprennent en choeur Abou Nidal, Affou Keita (seule femme du groupe), Didier Bilé, Jim Kamson et les autres.

Pour donner un retentissement maximum au message, les musiciens viennent de toutes les régions du pays, sont de plusieurs religions et chantent en plusieurs langues locales (outre le français). Ils représentent aussi tous les grands styles musicaux : coupé-décalé, zouglou, reggae, rap et variétés.

"En Côte d'Ivoire, les artistes sont plus respectés que les hommes politiques, la population nous écoute", a assuré la star du coupé-décalé Molare.

Après le lancement du clip, le groupe doit donner des concerts dans tous le pays, particulièrement dans les zones touchées par les troubles dans le Centre. Le calendrier n'est pas encore arrêté, mais la tournée se fera "le plus rapidement possible", selon DJ Lewis.

Les troubles se sont apaisés depuis une semaine avec le début d'un dialogue entre le pouvoir et l'opposition, mais la crise politique n'est pas réglée.

"Les hommes politiques doivent désarmer leurs coeurs pour que la Côte d'Ivoire demeure dans la paix et la cohésion sociale", a plaidé le chanteur Abou Nidal.

Le groupe star Magic System accompagné de nombreux artistes avait déjà donné une série de concerts dans le cadre d'une "caravane de la paix" en Côte d'Ivoire avant l'élection présidentielle.

A M'Batto, les séquelles des violences post-électorales

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Emmanuel Macron félicite Alassane Ouattara pour sa réélection

Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron participent à une cérémonie de pose de la première brique du futur marché de Bouaké, le 22 décembre 2019, à Bouaké, en Côte d'Ivoire.

Le président français Emmanuel Macron a félicité le président ivoirien Alassane Ouattara pour sa réélection à un troisième mandat . Il l' a encouragé  à poursuivre le "dialogue" avec l'opposition, alors que la star du foot Didier Drogba, appelait dimanche à la paix.

Dans un courrier daté du 11 novembre et dont l'AFP a eu copie dimanche, M. Macron a écrit: "A la suite de la confirmation par le Conseil constitutionnel de votre réélection, je tenais à vous féliciter et vous transmettre ainsi qu'au peuple ivoirien tous mes vœux de succès".

"Au regard des violences et des tensions qui ont ressurgi à l'occasion de ce scrutin, le dialogue que vous avez initié le 11 avec le président Henri Konan Bédié est porteur d'espoir", poursuit M. Macron alors que les violences électorales ont fait au moins 85 morts depuis le mois d'août.

S'il est vrai que la rencontre Bédié-Ouattara a fait baisser la tension, l'avenir reste incertain car l'ensemble de l'opposition demande, comme préalable à la poursuite du dialogue, la libération de tous les prisonniers politiques. Parmi eux, on compte l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, porte-parole de l'opposition.

L'opposition insiste aussi sur la fin des poursuites judiciaires contre tous ses leaders, ainsi que le retour des exilés comme l'ancien président Laurent Gbagbo et l'ancien chef de l'assemblée nationale et ex-Premier ministre Guillaume Soro.

Didier Drogba lance un appel à la paix

Pour sa part, la star ivoirienne du football, Didier Drogba, a appelé ses concitoyens dimanche à la paix.

M. Drogba, 42 ans, s'exprimait à l'occasion de la célébration de la Journée nationale de la paix, instaurée en 1996, selon L'Intelligent d'Abidjan.

"En ce jour de la célébration de la paix dans notre cher pays, je m'associe à toutes les démarches et voeux dans ce sens", écrit l'ancien capitaine des Éléphants sur ses comptes Facebook et Twitter.

Crainte d'une escalade

La crainte d'une escalade des violences reste présente en Côte d'Ivoire, dix ans après une crise post-électorale qui avait fait 3.000 morts, ainsi que 300.000 réfugiés et un million de déplacés internes, selon l'ONU.

Rencontre de Ouattara et Bédié: André Silver Konan nous en dit plus

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