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Côte d'Ivoire

Grève des enseignants à l’université de Cocody

L’université Félix-Houphouët-Boigny au cœur de la commune de Cocody, à Abidjan, Côte d’Ivoire, le 7 novembre 2012. (CC/Serein)

En Côte d’Ivoire, la principale université du pays, l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, est depuis lundi en proie à une grève des enseignants. Un mouvement qui mécontente les étudiants.

Les étudiants de l’université de Cocody se disent exaspérés. La grève, entamée lundi dernier à l'appel de la Coordination nationale des enseignants-chercheurs et chercheurs de Côte d'Ivoire (CNEC), est, pour eux, une source de perturbation en cette période d’examens.

Johnson Kouassi Zamina, secrétaire général de la CNEC, confie que "ce mouvement de protestation n’est que la conséquence d’une série de mesures prises par la direction de l’université." Le syndicat souhaite que cette grève nationale s'échelonne sur une période d’une année.

Le président de l’université de Cocody balaie d'un revers de main ces explications. Cette grève, dit-il, "est en réalité liée à la question des heures complémentaires. On me combat parce que j’ai décidé de mettre de l’ordre dans cette pagaille", dit Abou Karamoko.

Le président de l’établissement dénonce, par ailleurs, ce qu'il qualifie de violences exercées sur la direction de l’université par les enseignants de la CNEC, le 17 décembre dernier.

Deux enseignants, accusés de faits de violence, ont été suspendus de toute activité académique pour une période d’un an. Une période pendant laquelle les enseignants membres de la CNEC entendent rester en grève.

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Quatre morts dans des violences liées à la candidature d'Alassane Ouattara

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Quatre Ivoiriens morts lors des manifestations contre le 3e mandat de Ouattara

Un homme tient une machette alors que des habitants en colère brûlent des pneus et bloquent la rue pendant des manifestations qui avaient tué au moins six femmes, le 3 mars 2011 à Abobo, un quartier ouvrier de Abidjan. PHOTO AFP / ISSOUF SANOGO (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

En Côte d'Ivoire, au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi dans des violences liées à la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

L'opposition et des membres de la société civile avaient appelé à manifester jeudi alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement pour non-respect "des procédures appropriées".

A Bonoua (Sud-Est), fief de l'ex-première dame Simone Gbagbo, un jeune de 18 ans a été tué lors de heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé à l'AFP Jean-Paul Améthier, le maire de la ville.

"Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère", a témoigné Hervé Niamkey, un habitant. La situation était tendue jeudi soir dans cette ville traversée par la voie internationale qui relie Abidjan au Ghana.

Des violences ont fait trois morts mercredi lors de violences à Daoukro, fief de l'ancien président Henri Konan Bédié également candidat à la présidentielle, entre ses partisans et des jeunes favorables au président Ouattara.

"Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts" a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts.

"Nous avons entamé des pourparlers avec la population pour ramener le calme" a annoncé le maire de la ville, Aubin Djè Koffi.

- "ADO, dégage !" -

D'autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l'ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Ces manifestation ont rassemblé plusieurs centaines de personnes.

"Nous manifestons pour le départ du président Ouattara, parce que sa candidature viole la Constitution. Nous ne voulons pas accepter un troisième mandat", a expliqué Hervé Séka, dans le quartier d'Anono.

Dans le quartier populaire de Yopougon, des affrontements entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation.

A Port-Bouet, quartier donnant sur la mer et abritant le port et l'aéroport d'Abidjan, des dizaines de manifestants ont bloqué la voie principale, certains brandissant des pancartes "ADO dégage!" en référence aux initiales du président Alassane Dramane Ouattara.

Dans le quartier chic de Cocody, où résident beaucoup de hauts fonctionnaires et où se trouvent la plupart des ambassades, les forces anti-émeute avaient été déployées en grand nombre. Les policiers y ont interpellé un groupe de femmes chantant l'Abidjanaise (l'hymne national).

La situation restait volatile dans le reste du pays. Des incidents ont notamment eu lieu à San Pedro, deuxième port du pays (sud-Ouest).

Dans la région d'Adzopé (proche d'Abidjan), des femmes vêtues de blanc en signe traditionnel de colère ont envahi la voie principale.

- "On a tous peur" -

Des arbres ont été abattus pour paralyser l'axe routier Abengourou-Agnibilekro, dans l'Est.

Jeudi à Ferkessédougou (nord), fief de Guillaume Soro, ancien allié de Ouattara passé dans l'opposition et aujourd'hui en exil en France, le marché hebdomadaire s'est vidé après des rumeurs sur une marche de protestation.

"Aujourd'hui on a tous peur" , a témoigné Mourlaye Koné, employé d'une société sucrière.

"Ce n'est pas fini. Tant que Guillaume Soro n'est pas rentré au pays nous allons continuer", a promis un partisan de l'ancien chef de la rébellion, visé par plusieurs procédures judiciaires mais qui ambitionne toujours d'être candidat à la présidentielle.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, avait été élu en 2010 face au chef d'Etat sortant, Laurent Gbagbo. Ce dernier avait refusé de reconnaître sa défaite, plongeant le pays dans la crise jusqu'à son arrestation par les forces de son rival, appuyées par les forces française et de l'ONU.

Alassane Ouattara avait été réélu en 2015, puis avait annoncé en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour le scrutin d'octobre. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

L'ex-président Henri Konan Bédié a dénoncé comme "illégale" la candidature de M. Ouattara, son ancien allié. Agé de 86 ans, il est lui-même le candidat désigné du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), la principale formation d'opposition).

La situation se tend de plus en plus à l'approche du scrutin du 31 octobre, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts et vu Alassane Ouattara accéder au pouvoir.

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