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Guinée Équatoriale

Coronavirus: sept journalistes équato-guinéens suspendus après un débat

Le palais de justice de Malabo, le 25 janvier 2015.

Les sept journalistes d'une émission de débats de l'unique chaîne privée équato-guinéenne ont été suspendus après avoir critiqué des violences militaires durant le confinement dû à la pandémie du coronavirus, a déploré lundi l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

"Buenos dias Guinea", ou "Bonjour la Guinée (équatoriale)", émission d'opinion et d'analyse, n'a plus été diffusée depuis le 1er mai, et ses sept journalistes ont été suspendus sans motif, selon RSF et plusieurs sources contactées par l'AFP.

Dans un pays souvent critiqué par des ONG pour le manque de liberté de la presse, la radiotélévision Asonga, qui diffuse l'émission, est la seule privée, mais elle appartient à Teodorin Obiang, vice-président du pays et fils du chef de l'Etat, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 40 ans.

La veille de la suspension, les journalistes avaient critiqué à l'antenne des violences militaires contre les civils, évoquant des passages à tabac en pleine rue pour faire respecter les mesures de confinement.

"En Guinée équatoriale, même le coronavirus n'échappe pas à l'hyper contrôle de l'information et à la censure. Ces journalistes qui n'ont rien fait d'autre que leur travail doivent être réhabilités dans leur fonction", demande Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF dans un communiqué publié lundi.

La Guinée équatoriale, petit pays d'Afrique centrale peuplé de 1,3 million d'habitants, compte officiellement 594 cas de coronavirus depuis le début de l'épidémie.

Le confinement total des deux plus grandes villes, Malabo et Bata, a été annoncé mi-avril.

L'année dernière, deux journalistes de la même chaîne avaient été arrêtés et détenus pendant douze jours après avoir réalisé l'interview d'un juge qui critiquait la suspension dont il avait fait l'objet. Depuis leur sortie, ils n'ont toujours pas été rétablis dans leur fonction.

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Libération de trois marins kidnappés par des pirates au large du Gabon

Les forces spéciales nigérianes naviguent pour intercepter des pirates lors d'un exercice conjoint entre des personnels navals nigérians et marocains dans le cadre d'un exercice maritime multinational impliquant 33 pays au large des côtes de Lagos, le 20 mars 2019. (UTOMI EKPEI)

Trois marins, deux marocains et un équato-guinéen, enlevés il y a près de deux mois dans l'attaque de leur navire marchand au large du Gabon, dans le golfe de Guinée, épicentre de la piraterie maritime mondiale, ont été libérés au Nigeria, a annoncé la Guinée Equatoriale.

Le 21 mars, un navire marchand battant pavillon équato-guinéen, le Elobey 6, a été attaqué par des pirates non identifiés au large du port gabonais de Port-Gentil. Les trois marins avaient été kidnappés.

Vendredi, "le gouvernement de la République de Guinée équatoriale a obtenu la libération des hommes séquestrés (...), un Equato-guinéen et deux Marocains", a indiqué le gouvernement de Malabo dans un communiqué rendu public samedi.

L'Equato-guinéen, Santos Ndong Mba, et les Marocains, Abaamrane Hamid et Chalabi Abdelaziz, sont arrivés vendredi "à l'aéroport international de Malabo à bord d'un vol spécial en provenance de Calabar, au Nigeria", selon le communiqué de Malabo.

Rien n'a filtré sur la nationalité de leurs ravisseurs, les conditions de leur détention ou celles de leur libération, Malabo a simplement "remercié toutes les parties impliquées" dans l'élargissement des otages.

Au moment de l'attaque, l'Elobey 6 naviguait entre Bata, la capitale économique située dans la partie continentale de la Guinée Equatoriale, et l'île équato-guinéenne d'Annonbon, à 700 km du nord de Malabo.

Le golfe de Guinée, qui s'étend sur 5.700 km, des côtes du Sénégal à l'Angola en passant par celles du Nigeria, est devenu, ces dernières années, un repaire de pirates, notamment nigérians, et le nouvel épicentre de ce type d'attaques dans le monde, pillages de navires et kidnappings contre rançon, ravissant cette place au golfe d'Aden.

Le 9 mai, cinq marins, dont un Equato-guinéen et trois Russes, ont été kidnappés dans l'attaque de deux navires par des pirates dans les eaux territoriales de la Guinée Equatoriale. Le 4 mai, c'est au large de Libreville, la capitale gabonaise, que six membres de l'équipage de deux bateaux de pêche, ont été enlevés: trois Indonésiens, deux Sénégalais et un Sud-Coréen.

La Guinée équatoriale prolonge le confinement in extremis

Des gens en train de traverser la frontière équatoriale Guinée à pied le 23 mai 2015. (Photo: Sylvain Andzongo/Reuters)

La Guinée équatoriale a prolongé en dernière minute le confinement total des deux plus grandes villes, Malabo et Bata, et les autres mesures visant à limiter la propagation du nouveau coronavirus, par un décret du Premier ministre.

Alors que le 30 avril devait être le dernier jour de confinement des deux villes, "l'état d'urgence sanitaire a été prolongé pour une période de 15 jours avec toutes les mesures de prévention", explique le Premier ministre Francisco Pascual Obama Asue, dans le décret publié en ligne et daté de mercredi.

La Guinée équatoriale, petit pays d'Afrique centrale peuplé de 1,3 million d'habitants, décompte officiellement 315 cas de coronavirus depuis le début de l'épidémie.

Début avril, le gouvernement avait d'abord fermé les frontières et interdit les déplacements entre les régions, interdisant notamment la circulation maritime entre la capitale, Malabo, située sur une île, et la partie continentale du pays, où se trouve Bata, capitale économique du pays.

Le confinement total de ces deux villes avaient ensuite été annoncé pour deux semaines mi-avril.

Liberté provisoire pour une infirmière équato-guinéenne qui avait critiqué l'hôpital

Des médecins testent la température des passagers à leur arrivée à Bata, en Guinée équatoriale.

Une infirmière équato-guinéene qui avait été emprisonnée à Malabo jeudi dernier pour avoir affirmé que l'hôpital où sont soignés les malades du coronavirus n'avait pas d'oxygène, a été remise en liberté, a appris l'AFP de source judiciaire.

"Elle a été remise en liberté mardi (...) avec l'obligation de se présenter devant un juge tous les 15 jours", a indiqué à l'AFP Honorio Ndong Obama, le premier juge d'instruction de Malabo.

Libre, Nuria Obono Ndong Andem reste toutefois poursuivie pour "violation de secrets", un délit passible de 10 à 12 ans d'emprisonnement.

"L'hôpital de Sampaka, dont la télévision nationale vante la capacité à traiter les malades du coronavirus, n'a pas d'oxygène pour les malades du Covid-19", avait déclaré l'infirmière dans un message audio envoyé à une amie sur l'application de messagerie Whatsapp.

Le message avait ensuite circulé sur les réseaux sociaux équato-guinéens, et l'infirmière avait été convoquée par le ministre de la Santé, Salomon Nguema Owono, qui lui avait promis des poursuites judiciaires.

La chaîne de télévision nationale, TVGE, avait par ailleurs diffusé un démenti des autorités sanitaires et diffusé des images de bonbonnes d'oxygène.

L'incarcération de Nuria Obono Ndong Andem en pleine lutte contre le covid-19 a provoqué l'indignation d'une partie du pays.

Le parti d'opposition Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) avait exigé dans un communiqué sa libération immédiate. Selon lui, le commentaire ayant été fait dans un cadre privé, il ne devrait pas être sanctionné par la loi.

"La liberté d'expression est garantie par la Constitution", déclarait pour sa part Citoyens pour l'innovation, un autre parti d'opposition dissous par les autorités en février 2018.

Un mouvement pro-démocratie et de droits de l'homme, SOMOS+, avait entamé une campagne revendiquant la liberté de l’infirmière baptisée: "Je suis Nuria Obono Ndong".

En Guinée équatoriale, les autorités ont déclaré 83 cas positifs au coronavirus, et un premier décès jeudi.

Coronavirus: une infirmière équato-guinéenne emprisonnée pour avoir critiqué un hôpital

Un agent de santé vérifie la température d'un homme arrivant à l'aéroport de Bata, à Litoral, en Guinée équatoriale, le 14 janvier 2015.

Une infirmière équato-guinéenne a été placée en détention préventive à Malabo pour délit de "violation de secrets" après avoir affirmé que l'hôpital où sont isolés et traités les malades du nouveau coronavirus n'a pas d’oxygène, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Le ministère public a sollicité la prison préventive contre la présumée auteure du délit de violation de secrets, Mme Nuria Obono Ndong Andem", a indiqué jeudi le tribunal de première instance dans son ordonnance, que l'AFP a pu consulter vendredi.

"L'hôpital de Sampaka, dont la télévision nationale vante la capacité à traiter les malades du coronavirus, n'a pas d'oxygènes pour les malades du Covid-19", avait affirmé l'infirmière dans un message audio envoyé à une amie sur l'application de messagerie WhatsApp.

Le message avait circulé mercredi sur les réseaux sociaux équato-guinéen, et l'infirmière avait été convoquée le jour même par le ministre de la Santé, Salomon Nguema Owono, qui lui avait promis des poursuites judiciaires.

La chaîne de télévision nationale, TVGE, avait par ailleurs diffusé un démenti des autorités sanitaires et diffusé des images de bonbonnes d'oxygène.

"Nous avons plus de 80 bonbonnes d'oxygène et une entreprise américaine nous a garanti qu'elle nous offrira de l'oxygène à chaque fois que nous en aurons besoin", a déclaré à la TVGE le docteur Dr Manuel, haut fonctionnaire au ministère de la santé.

L’incarcération de l'infirmière a suscité une polémique.

Le parti d'opposition Convergence pour la démocratie sociale, CPDS, exige dans un communiqué sa libération immédiate car "une soignante est plus importante en ce moment que la colère d'un ministre".

Selon le parti d'opposition, comme le commentaire était fait dans un cadre privé, il ne devrait pas être sanctionable par la loi.

"La liberté d'expression est garantie par la constitution", argue pour sa part Citoyens pour l'innovation, parti d'opposition dissous par les autorités en février 2018.

Un mouvement pro-démocratie et de droits de l'homme, SOMOS+, a quant à lui entamé une campagne revendiquant la liberté de l’infirmière baptisée "Je suis Nuria Obono Ndong".

En Guinée équatoriale, les autorités ont déclaré 79 cas positifs au coronavirus, et aucun décès.

Une batterie de mesures a été prise pour limiter la pandémie, dont le confinement entre la partie continentale et la partie insulaire du pays.

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