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Coronavirus : plus de 630 morts, dont le médecin qui avait sonné l'alarme

Un centre de conférence à Wuhan est converti en hôpital pour les patients infectés par le coronavirus - Wuhan, Chine le 4 février 2020. (Reuters)

Des mesures de plus en plus draconiennes sont prises pour faire face à l'épidémie de pneumonie virale qui a fait plus de 630 morts en Chine, dont, vendredi, un des premiers médecins à avoir sonné l'alarme quant aux dangers du nouveau coronavirus.

Des mesures de plus en plus draconiennes sont prises pour faire face à l'épidémie de pneumonie virale qui a fait plus de 630 morts en Chine, dont, vendredi, un des premiers médecins à avoir sonné l'alarme quant aux dangers du nouveau coronavirus.

Plus de 30.000 personnes sont désormais contaminées sur le territoire chinois où un nombre croissant de villes imposent à des dizaines de millions d'habitants d'y rester confinés.

C'est à cet égard à l'hôpital central de Wuhan, la métropole où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, que Li Wenliang, un ophtalmologue qui avait un des premiers donné l'alerte, s'est éteint tôt vendredi, victime de l'épidémie.

Il avait eu maille à partir avec les autorités qui l'accusaient de "propagation de rumeurs".

Hors de Chine continentale, plus de 240 cas de cette maladie sont désormais confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

Des milliers de voyageurs et de membres d'équipage sont consignés sur deux navires de croisière en Asie.

Au Japon, le Diamond Princess est maintenu en quarantaine après la confirmation de 20 cas à son bord. Quelque 3.700 personnes y sont cloîtrées dans leur cabine.

A Hong Kong, quelque 3.600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont trois anciens passagers ont été testés positifs.

Et selon un communiqué des autorités japonaises, un autre énorme bateau, le Westerdam, est en route vers le Japon avec au moins un cas de coronavirus confirmé à son bord.

Suspensions de vols prolongées

De nombreux pays musclent leurs dispositifs pour tenter d'endiguer l'épidémie.

Le Vietnam est ainsi devenu le dernier pays en date à interdire l'entrée aux voyageurs arrivant de Chine. Plus radicale, l'Arabie saoudite a prohibé les voyages sur le territoire chinois aux Saoudiens et à ses résidents étrangers, sous peine de sanctions.

L'Italie surveille la température de tous les passagers en provenance de l'étranger et l'Autriche impose de tels contrôles à l'aéroport de Vienne à ceux arrivant de Pékin.

L'Indonésie a interrompu ses liaisons aériennes avec la Chine, bloquant sur l'île de Bali des milliers de touristes chinois -auxquels les autorités chinoises proposeront vendredi des vols pour les rapatrier.

Dans ce contexte, les compagnies aériennes Air France et KLM ont annoncé la prolongation jusqu'au 15 mars de la suspension de leurs vols vers la Chine continentale. La britannique Virgin et l'espagnole Iberia ont pris des dispositions similaires concernant la desserte de Shanghaï.

Sous pression, les autorités hongkongaises ont fermé la quasi-totalité des postes-frontières avec le reste du pays et imposeront à partir de samedi une quarantaine de deux semaines à tous les visiteurs en provenance de Chine continentale.

Paniqués par un risque supposé de pénuries, les Hongkongais se sont rués dans les supermarchés pour constituer des stocks de papier toilette.

Alors qu'ils s'étaient dits mercredi "extrêmement inquiets", les organisateurs des jeux Olympiques de Tokyo-2020 ont assuré que l'événement se déroulerait "comme prévu".

Le bilan de l'épidémie s'élève à plus de 630 morts en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), la province du Hubei ayant fait état vendredi de 69 nouveaux décès (et de 2.447 nouveaux cas). Ailleurs, deux décès ont déjà été imputés à la maladie, l'un aux Philippines et l'autre à Hong Kong.

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus, autour de 2%, reste pour l'heure très inférieur à celui du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

Hôpitaux de fortune

Deux semaines après la mise en quarantaine de facto de la ville de Wuhan puis d'une grande partie de sa province, le Hubei (centre), le berceau de l'épidémie, le système de santé local reste débordé par l'afflux de patients.

Dans cette métropole, un hôpital de fortune de 1.000 lits construit en dix jours a accueilli mardi ses premiers malades. L'ouverture d'un deuxième établissement du même type, d'une capacité de 1.600 lits, doit suivre.

Et les autorités ont annoncé la conversion d'une dizaine de bâtiments publics de Wuhan, dont des centres culturels et des gymnases, en cliniques improvisées.

Cette agglomération connaît un "grave" manque de lits, ainsi que d'"équipements" et de "matériel", s'est désolé Hu Lishan, un haut responsable local.

Parallèlement, le groupe chinois de biotechnologie BGI annonçait jeudi l'entrée en service à Wuhan d'un laboratoire capable de traiter chaque jour plus de 10.000 tests de dépistage du virus.

Ailleurs en Chine, les mesures de confinement s'étendaient dans un nombre toujours croissant de villes.

De nombreuses localités, jusqu'aux régions de l'extrême nord-est, proposent des primes en cas de dénonciation de personnes arrivées du Hubei.

A Nanchang (centre), les pharmacies sont tenues de rapporter aux autorités l'identité des personnes achetant des médicaments contre la toux ou la fièvre.

L'économie chinoise pourrait être durablement plombée, car, dans de nombreuses provinces, la plupart des entreprises et des usines ne reprendront pas leurs activités avant le 10 février au mieux.

Le géant électronique taïwanais Foxconn, un fournisseur clé de l'américain Apple, a annoncé que les ouvriers d'un de ses établissements au Henan (centre de la Chine), un site géant de production d'iPhones, seraient placés en quarantaine pour au moins une semaine.

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Yémen: les bélligérants pour un cessez-le-feu face au coronavirus

Le personnel médical se protège de l'épidémie de Covid-19 dans un hôpital à Sanaa, Yémen, le 17 mars 2020. (Reuters / Khaled Abdullah)

Les parties en conflit au Yémen disent soutenir l'appel de l'ONU à un cessez-le-feu général face à la propagation mondiale du nouveau coronavirus, alors que ce pays pauvre de la péninsule arabique est déjà dévasté par la plus grave crise humanitaire au monde.

La guerre au Yémen oppose depuis plus de cinq ans les rebelles Houthis soutenus par l'Iran aux forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale et appuyée par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.

"La situation politique, économique et sanitaire au Yémen nécessite de cesser toute escalade et de se rallier aux efforts internationaux et humanitaires pour préserver la vie des citoyens", a déclaré le gouvernement yéménite dans un communiqué, saluant l'appel de l'ONU.

Lundi, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé un appel "à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde" afin de préserver les civils de la "furie" du nouveau coronavirus.

"La coalition militaire (dirigée par Ryad) soutient la décision du gouvernement yéménite d'accepter (cet) appel", a-t-elle affirmé par la voix de son porte-parole Turki al-Maliki, cité par l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

De leurs côtés, les Houthis se sont dits "ouverts à tous les efforts et initiatives". Dans un communiqué, un haut responsable politique du mouvement, Mehdi al-Machat, a appelé "au calme complet et réel, à instaurer la confiance et créer une atmosphère propice au succès d'une solution politique globale".

Contrairement à la Syrie ou la Libye, le Yémen n'a enregistré aucun cas d'infection à la maladie de Covid-19 mais les ONG redoutent une catastrophe si la pandémie arrivait dans le pays où plus de trois millions de personnes vivent entassés dans des camps de déplacés.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d'après diverses ONG et environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'aide humanitaire, estime l'ONU.

Menacé de famine, le pays est également régulièrement frappé par des épidémies, comme la dengue ou le choléra, en raison d'un système de santé déliquescent et de la rareté de l'eau potable.

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Les JO de Tokyo reportés, victimes du coronavirus

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe lors d'une conférence de presse, le 14 mars 2020. (AP Photo/Eugene Hoshiko)

Face à la pandémie de coronavirus, les Jeux olympiques de Tokyo prévus initialement en 2020 ont été officiellement reportés mardi, "au plus tard à l'été 2021", une première pour des JO de l'ère moderne en temps de paix.

Auparavant seuls les deux conflits mondiaux du 20e siècle avaient entraîné le report technique puis l'annulation de Jeux.

"Dans les circonstances actuelles et sur la base des informations fournies aujourd'hui (mardi) par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le président du CIO et le Premier ministre du Japon ont conclu que les Jeux olympiques de Tokyo doivent être reprogrammés après 2020 et au plus tard à l'été 2021, afin de sauvegarder la santé des sportifs et tous ceux impliqués dans les JO ainsi que la communauté internationale" a annoncé le CIO dans un communiqué.

Peu avant, à Tokyo, à l'issue d'un conférence téléphonique avec le président du CIO, Thomas Bach, le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait annoncé qu'il avait "proposé de reporter (les JO) d'environ un an" et que le président du CIO avait "accepté à 100%".

Ces Jeux olympiques, qui s'appelleront toujours JO-2020, seront "le témoignage de la défaite du virus" face à l'humanité, a lancé Shinzo Abe.

En attendant, le relais de la flamme olympique, qui devait débuter jeudi, a été lui aussi reporté.

C'est un énorme coup dur pour la ville de Tokyo et le Japon, qui se préparaient minutieusement depuis des années à accueillir le plus grand événement sportif de la planète du 24 juillet au 9 août, suivis des Paralympiques du 25 août au 6 septembre.

Avant de s'y résoudre, les autorités japonaises et le CIO avaient été longtemps réticents à envisager officiellement de modifier le calendrier des JO.

Le CIO avait indiqué dimanche qu'il se donnait quatre semaines pour prendre une décision mais la pression d'athlètes, puis de fédérations sportives nationales et internationales, devenait de jour en jour plus forte avec la propagation inexorable du coronavirus, apparu en Chine fin 2019 et qui sévit désormais massivement ailleurs dans le monde, notamment en Europe.

- "Ni faisable ni souhaitable" -

Dès lundi, certaines voix du CIO avaient plaidé pour un report.

"Mon interprétation de l'annonce du CIO (de dimanche) est qu'ils ne veulent pas annuler les JO et qu'ils ne pensent pas pouvoir continuer de les maintenir à la date du 24 juillet", avait expliqué à l'AFP le Canadien Dick Pound, membre historique du CIO.

La très puissante fédération internationale d’athlétisme, sport numéro un aux JO, avait pris clairement position, estimant qu'ouvrir les Jeux le 24 juillet n'était "ni faisable ni souhaitable", selon son président Sebastian Coe.

Une prise de position tranchée qui est intervenue alors que la plupart des compétitions sportives sont à l'arrêt sur l'ensemble des continents, où plus d'un milliard de personnes doivent rester chez elles, avec des mesures de confinement souvent drastiques.

Le coronavirus Covid-19 a fait au moins 16.961 morts dans le monde depuis son apparition en décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi à 11h00 GMT.

Plus de 386.350 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués dans 175 pays et territoires depuis le début de l'épidémie.

- Le Canada ne voulait pas y aller -

Un nombre grandissant de fédérations sportives nationales avaient appelé ces derniers jours à un report de l'événement, emboîtant le pas à des critiques d'athlètes d'abord isolées.

Les comités olympique et paralympique du Canada sont allés jusqu'à annoncer dimanche qu'ils n'enverraient pas leurs athlètes si les JO étaient maintenus cet été. "La bonne décision à prendre", a jugé le Premier ministre Justin Trudeau.

Le Comité national suisse a officiellement demandé lundi le report des JO. Le Comité australien a estimé que les Jeux ne pourraient se tenir en juillet.

Se rangeant derrière l'avis de ses sportifs, consultés dimanche, et favorables pour les deux tiers à un report des Jeux, le comité olympique américain, plus grosse délégation aux JO, s'est positionné en faveur d'un renvoi de l'échéance.

En France le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'était aussi déclaré dimanche peu enclin à envoyer des sportifs au Japon dans quatre mois.

Au-delà des questions de santé, la pandémie actuelle de coronavirus pose d'énormes difficultés pour les sportifs qui ne peuvent ni s'entraîner en vue des JO, ni même, dans un certain nombre de disciplines, tenter de se qualifier, faute de compétition.

Un report d'un événement aussi gigantesque est toutefois une "opération très complexe", a prévenu samedi le président du CIO, Thomas Bach, dans un entretien avec le média régional allemand SWR. "Reporter les Jeux olympiques n'est pas comme décaler un match de football au samedi suivant". Voilà le défi auquel le CIO et le Comité organisateur vont devoir s'atteler.

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