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Virus: 361 morts dont un premier hors de Chine

Le coronavirus s'est propagé dans 24 pays. REUTERS/Ringo Chiu/Photo d'archives

L'annonce dimanche du premier décès hors de Chine lié au nouveau coronavirus, survenu aux Philippines, relance les inquiétudes sur la propagation de l'épidémie qui a fait 360 morts en Chine, où la métropole de Wenzhou a rejoint la liste des villes confinées.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les Philippines ont signalé dimanche la mort à Manille d'un Chinois de 44 ans, originaire de la ville de Wuhan où l'épidémie de pneumonie virale a démarré en décembre. "Il s'agit du premier décès signalé en dehors de la Chine", a déclaré le représentant de l'OMS aux Philippines, Rabindra Abeyasinghe.

Cette annonce survient alors qu'un nombre croissant de pays ferment leurs frontières aux personnes venant de Chine. Le virus s'est propagé dans 24 pays.

Les pays du G7 vont se concerter pour apporter une réponse "uniforme" face à l'épidémie, a annoncé dimanche le ministre allemand de la Santé. "Nous sommes convenus qu'il doit y avoir une conférence téléphonique des ministres de la Santé du G7", a expliqué Jens Spahn.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son allié russe vont tenir une réunion technique mardi et mercredi à Vienne pour analyser la baisse des cours du brut en lien avec l'épidémie, a indiqué dimanche à l'AFP une source proche de l'organisation.

La Chine, qui souffrait déjà d'un ralentissement de sa croissance avant l'épidémie, a annoncé dimanche l'injection de 1.200 milliards de yuans (156 milliards d'euros) pour soutenir son économie. La banque centrale effectuera l'opération lundi à la réouverture des marchés financiers chinois après le long congé du Nouvel An lunaire, prolongé en raison du virus.

Après s'être rendus pour beaucoup dans leurs familles durant ce congé, les Chinois ont commencé durant le week-end à rentrer chez eux, en avion et en train. De nombreux commerces devraient toutefois rester fermés pour encore une semaine au moins.

L'OMS a classé jeudi l'épidémie comme "une urgence de santé publique de portée internationale" et de nombreux pays ont annoncé des mesures exceptionnelles.

- Frontières fermées -

Les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Irak et Israël notamment ont interdit l'entrée sur leur territoire aux étrangers s'étant récemment rendus en Chine.

La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leurs frontières terrestres avec la Chine et la Papouasie-Nouvelle Guinée a fermé mercredi ses ports et ses aéroports à tous les voyageurs en provenance d'Asie.

Le décès aux Philippines a été annoncé juste après que Manille eut décrété l'arrêt immédiat des arrivées de tous les voyageurs étrangers depuis la Chine.

Pour leur part, la Grande-Bretagne, la Russie et la Suède ont annoncé leurs premiers cas confirmés durant le week-end.

Parallèlement, les opérations de rapatriement d'étrangers se trouvant en Chine se poursuivent: un deuxième avion français ramenant des étrangers de 30 nationalités différentes depuis Wuhan a atterri dimanche sur une base militaire dans le sud-est de la France. Au Maroc, un avion transportant 167 Marocains de Wuhan a atterri dans la matinée à Benslimane, entre Rabat et Casablanca.

En Italie, un avion militaire a décollé dimanche de Rome à destination de Wuhan, d'où il doit rapatrier 67 personnes. L'Algérie a aussi annoncé qu'elle allait rapatrier, à la demande de leurs gouvernements, dix Tunisiens et des étudiants libyens toujours à Wuhan, avec les 36 Algériens, majoritairement des étudiants, qui s'y trouvent bloqués.

En Chine, selon un dernier décompte annoncé dans la nuit de dimanche à lundi, le nombre de morts s'élevait à 360, dont 56 décès lors de la journée de dimanche. Il y a désormais eu en Chine continentale plus de morts dus à ce coronavirus qu'à l'épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes.

Le nombre d'infections confirmées a grimpé à plus de 16.480, dépassant largement celui du Sras, qui avait tué, au total, 774 personnes, majoritairement en Chine continentale et à Hong Kong.

Pékin a pris des mesures sans précédent pour limiter les déplacements des personnes. Depuis le 23 janvier quelque 56 millions d'habitants sont confinés dans la province du Hubei et sa capitale Wuhan (11 millions d'habitants) où le virus a déjà contaminé 661 personnes.

- Wenzhou confinée -

Dimanche, le confinement a été étendu à Wenzhou (prononcer Wenn-djo), ville portuaire de plus de 9 millions d'habitants située à quelque 800 km à l'est de Wuhan.

Avec 265 cas de contamination, Wenzhou est l'une des villes chinoises les plus touchées. Les habitants ont désormais l'obligation de rester chez eux. Seule une personne par foyer est autorisée à sortir une fois tous les deux jours pour faire les courses.

Les transports publics sont suspendus ainsi que les autocars longue distance. Les grands axes routiers sont presque entièrement fermés.

Ce virus est apparu au pire moment pour la Chine, des centaines de millions de Chinois voyageant lors des congés du Nouvel An lunaire qui a commencé officiellement le 24 janvier.

Ces congés devaient prendre fin vendredi mais ont été prolongés jusqu'à lundi pour donner plus de temps aux autorités contre la crise.

Même si le Hubei et certaines grandes villes comme Shanghai ont encore rallongé les vacances, de nombreux habitants regagnaient leur domicile dimanche.

Une jeune femme de 22 ans, arrivant dans une gare de Pékin en provenance du nord-est, explique que sa famille souhaitait qu'elle retarde son retour. "Mais je craignais que cela n'affecte mon travail", déclare-t-elle.

Du Guiliang, un agent de sécurité originaire également du nord-est, dit reprendre le travail dès dimanche. "De nombreux collègues (du Hubei) n'ont pas pu revenir. Maintenant, ceux qui travaillent de jour dans notre entreprise doivent aussi faire le travail de nuit", explique-t-il.

Selon l'agence Chine nouvelle, les autorités ont ordonné des contrôles de température à tous les points de sortie et d'entrée de la capitale. La température est aussi contrôlée dans des stations de métro et de nombreux bureaux et cafés.

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

Coronavirus et stress: comment rester calme pendant ces moments difficiles

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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