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Confinement national après un premier cas de Covid en Corée du Nord

De la fumée s'élève des usines au-dessus du centre de Pyongyang, en Corée du Nord, le 9 décembre 2011.(AP)

L'apparition du coronavirus pourrait perturber les essais d'armement du pays.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a ordonné des mesures de "confinement" à l'échelle nationale après que le pays a détecté son tout premier cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie, selon les médias d'État jeudi.

M. Kim "a appelé toutes les villes et tous les comtés du pays à confiner minutieusement leurs territoires et à organiser le travail et la production après avoir isolé chaque unité de travail, chaque unité de production et chaque unité d'habitation les unes des autres", afin de bloquer la propagation du "virus malveillant", a déclaré l'agence de presse officielle KCNA.

Après deux ans de lutte contre la pandémie, des échantillons prélevés sur des patients fiévreux à Pyongyang "coïncident avec le variant Omicron BA.2", a rapporté l'agence officielle KCNA.

"Pour que Pyongyang admette publiquement des cas d'Omicron, la situation de santé publique doit être grave", a estimé Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.

Le site spécialisé NK News, basé à Séoul, citant des sources à Pyongyang, a rapporté que des quartiers de la capitale nord-coréenne avaient été confinés pendant deux jours, faisant aussi état d'achats paniques.

Selon les experts, le système de santé déficient du pays aurait du mal à faire face à une épidémie majeure, d'autant que la Corée du Nord n'a vacciné aucun de ses 25 millions d'habitants, ayant rejeté les offres de vaccination de l'OMS, de la Chine et de la Russie.

Accepter les vaccins par le biais du programme Covax de l'OMS requiert la "transparence sur la façon dont les vaccins sont distribués", a déclaré à l'AFP Go Myong-hyun, chercheur à l'Asan Institute for Policy Studies, "c'est pourquoi la Corée du Nord l'a rejeté".

La Corée du Nord s'est longtemps vantée de sa capacité à tenir le virus à distance, et n'avait pas signalé à l'Organisation mondiale de la santé le moindre cas confirmé de Covid-19.

Selon l'institution, la Corée du Nord avait mené, en 2020, 13.259 tests anti-Covid, qui se sont tous révélés négatifs.

Lors d'une parade militaire en 2020, Kim Jong Un avait remercié les citoyens et les militaires pour leur loyauté et pour être restés en bonne santé face à la pandémie mondiale. Les médias d'Etat avaient déjà évoqué des mesures de "prévention des épidémies", et des civils ont parfois été vus portant des masques sur des photographies officielles.

Mais lors de l'énorme défilé militaire à Pyongyang fin avril diffusé par les médias d'Etat, aucune des milliers de personnes présentes n'a été vue portant un masque.

Essai nucléaire retardé?

La Corée du Nord est entourée de pays qui ont lutté ou luttent encore pour éradiquer d'importants foyers d'Omicron.

La Corée du Sud, où les taux de vaccination sont élevés, a récemment assoupli la quasi-totalité des restrictions sanitaires, les cas ayant fortement diminué après une flambée en mars.

La Chine voisine, seule grande économie du monde à maintenir une politique zéro Covid, est aux prises avec de multiples foyers d'Omicron, et a confiné plusieurs grandes villes dont la capitale financière Shanghai.

Selon les analystes, la crise sanitaire en Corée du Nord pourrait perturber les essais d'armement du pays.

Pyongyang a déjà effectué plus d'une douzaine de tests d'armement cette année, dont un missile balistique intercontinental à longue portée, pour la première fois depuis 2017.

Des images satellites indiquent que la Corée du Nord se prépare à effectuer un essai nucléaire, et les Etats-Unis ont prévenu que cela pourrait arriver dès ce mois-ci.

"Il est possible que l'essai nucléaire soit retardé afin de se concentrer sur la maîtrise du coronavirus", a déclaré à l'AFP Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul.

Mais il a ajouté que si les craintes de la population concernant une épidémie se répandaient, Kim Jong Un pourrait procéder à un essai "pour détourner cette peur".

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Joe Biden se rend en Corée du Sud et au Japon

Joe Biden se rend en Corée du Sud et au Japon
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La Corée du Nord "prête pour un essai nucléaire", Biden attendu à Séoul

Le président Joe Biden s'exprime depuis les jardins de la Maison Blanche à Washington, le 17 mai 2022.

La Corée du Nord a achevé les préparatifs en vue d'un essai nucléaire et pourrait le réaliser à tout moment, a averti jeudi un député sud-coréen, les Etats-Unis prévenant qu'il pourrait avoir lieu durant la visite du président Joe Biden à Séoul.

Malgré la récente vague de Covid-19 en Corée du Nord, "les préparatifs d'un essai nucléaire sont terminés et ils ne cherchent que le bon moment" pour le réaliser, a déclaré le député Ha Tae-keung à la presse, citant des informations du Service national de renseignement de Séoul.

Il existe une "réelle possibilité" que la Corée du Nord choisisse d'organiser une "provocation" après l'arrivée de Joe Biden à Séoul vendredi en fin de journée pour son premier voyage en Asie en tant que président, a déclaré l'un de ses conseillers.

Cela pourrait signifier "de nouveaux essais de missiles, des essais de missiles à longue portée ou un essai nucléaire, ou carrément les deux", avant, pendant ou après la tournée de M. Biden dans la région, a indiqué Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

L'imagerie satellite a montré des signes d'une nouvelle activité dans un tunnel du site d'essais nucléaires de Punggye-ri. Pyongyang avait assuré avoir démoli ce sit en 2018 avant un sommet historique entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque, Donald Trump, début d'une phase de dialogue qui a depuis fait long feu.

- "Détourner l'attention" -

Le régime de Kim Jong Un lutte contre une vague de Covid, avec près de deux millions de cas de "fièvre" signalés, mais Washington et Séoul affirment que cela n'a pas remis en cause le projet de Pyongyang de procéder à un essai nucléaire, qui serait le septième.

Le dirigeant Kim Jong Un pourrait chercher à détourner l'attention des Nord-Coréens de la spirale de la crise sanitaire en procédant à un essai nucléaire, estiment les analystes.

"La Corée du Nord voudra attirer l'attention mondiale en procédant à un essai nucléaire pendant la visite du président Biden en Corée du Sud et au Japon", a déclaré à l'AFP Cheong Seong-chang, du Centre d'études sur la Corée du Nord de l'Institut Sejong à Séoul.

M. Biden atterrit en Corée du Sud vendredi pour son premier sommet avec le nouveau président du pays, Yoon Suk-yeol, qui a pris ses fonctions la semaine dernière.

Sous le coup de sanctions internationales, la Corée du Nord a considérablement intensifié ses tests de missiles cette année, tout en ignorant les propositions de négociation des Etats-Unis.

Le pays avait cessé en 2017 les tirs de missiles balistiques intercontinentaux et les essais nucléaires. Il a déjà en partie rompu ce moratoire en tirant fin mars un missile intercontinental.

Washington condamne le tir d'un projectile en mer par la Corée du Nord
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Les pourparlers sont au point mort depuis l'échec du sommet Trump-Kim en 2019, et Kim Jong Un a récemment déclaré son intention de renforcer son arsenal nucléaire "le plus rapidement possible".

La responsabilité de cette situation est en partie imputable à la "négligence stratégique" de la Corée du Nord par le président Biden depuis son entrée en fonction, a jugé Park Won-gon, professeur à l'université Ewha à Séoul.

"Il n'y a aucun moyen de vraiment arrêter la Corée du Nord maintenant", a-t-il ajouté.

Biden accueille l'Asie du Sud-Est, un accord commercial allégé en ligne de mire

Joe Biden lors de sa première conférence de presse officielle dans la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 25 mars 2021.

Joe Biden accueille jeudi les dirigeants des pays d'Asie du Sud-Est à Washington pour afficher l'engagement concret des Etats-Unis dans cette région face aux appétits croissants de la Chine, qui pourrait prendre la forme d'une initiative commerciale revisitée.

Avant l'invasion russe de l'Ukraine, le président américain avait clairement défini sa première priorité sur la scène internationale: la compétition teintée de confrontation avec Pékin.

Le sommet avec l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui s'ouvre jeudi par un dîner avant d'autres rencontres vendredi, doit permettre au démocrate, accaparé depuis des mois par le conflit russo-ukrainien, de remettre l'accent sur sa politique asiatique.

Son principal conseiller pour l'Asie, Kurt Campbell, a expliqué que les Etats-Unis entendaient évoquer avec l'Indonésie, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie, les Philippines, le Vietnam, le Cambodge, le Laos et Brunei les domaines de coopération comme la lutte contre le Covid-19.

Il a aussi dit s'attendre à "un intérêt important", de certains de ces pays, pour le Cadre économique pour l'Indo-Pacifique (Indo-Pacific Economic Framework, IPEF), la dernière initiative commerciale américaine annoncée fin 2021 par le secrétaire d'Etat Antony Blinken lors d'une visite à Jakarta.

"Nous avons bon espoir de pouvoir avoir un lancement substantiel avec un panel très large d'acteurs potentiels", a assuré Kurt Campbell, invité mercredi du cercle de réflexion United States Institute of Peace.

- Pas de "nouvelle Guerre froide" -

Koji Tomita, l'ambassadeur du Japon à Washington, a précisé lors d'un autre événement qu'il s'attendait à ce que l'IPEF soit lancé formellement la semaine suivante, lors d'une visite très attendue de Joe Biden à Tokyo et à Séoul.

L'ancien président démocrate Barack Obama avait proposé un traité de libre-échange transpacifique (TPP), présenté à l'époque comme un instrument-clé pour que les Etats-Unis soient en première ligne dans cette région dont il avait, déjà, fait une priorité.

Mais son successeur républicain Donald Trump, dans son tournant souverainiste, avait tourné le dos à cet accord, qu'il jugeait défavorable aux travailleurs américains. Joe Biden, pourtant vice-président de l'ère Obama, a clairement fait comprendre qu'il n'avait aucune hâte de relancer de grands accords de libre-échange, à l'unisson avec une opinion plus protectionniste.

Selon des experts, l'IPEF prévoit d'engager formellement les Etats-Unis à travailler avec leurs partenaires sur des priorités économiques, comme l'amélioration des chaînes d'approvisionnement perturbées depuis la pandémie, la lutte anticorruption ou la promotion d'énergies propres.

Mais contrairement aux accords commerciaux traditionnels, cette initiative ne garantira pas l'accès au marché des Etats-Unis, la première économie mondiale -- qui est d'ordinaire octroyé pour obtenir les concessions des autres pays.

Kurt Campbell a assuré que le président Biden n'entendait pas embarquer l'Asie "dans une nouvelle Guerre froide", et que les éventuelles ententes commerciales devraient répondre aux "besoins" des populations de la région.

La Chine est le premier partenaire commercial de l'Asean depuis plus de dix ans, malgré d'intenses tensions territoriales entre Pékin et plusieurs membres du forum comme le Vietnam et les Philippines.

Le sommet de Washington intervient aussi alors que les Etats-Unis n'ont cessé depuis plus d'un an d'accroître leur pression sur la Birmanie en riposte au coup d'Etat militaire de février 2021.

Des responsables américains ont dit qu'ils afficheraient leur soutien aux forces démocratiques de Birmanie, et que le pays serait probablement représenté par une chaise vide pendant les réunions.

La Corée du Nord annonce son tout premier cas de Covid-19

Un homme en tenue de protection transporte du désinfectant à l'aéroport de Pyongyang en Corée du Nord, le 1er février 2020.

Le premier cas d'infection au Covid-19 depuis le début de la pandémie a été signalé en Corée du Nord, a annoncé jeudi la presse officielle, qualifiant cela de "grave urgence nationale".

Ce premier cas, détecté lors de tests effectués dimanche à Pyongyang sur des personnes malades et fiévreuses, "correspond" au variant Omicron, hautement transmissible, a précisé l'agence officielle KCNA.

Le dirigeant du pays Kim Jong Un a annoncé la mise en place d'un système de contrôle du virus d'"extrême urgence" à l'issue d'une réunion de crise du bureau politique.

"L'objectif était d'éliminer la racine dans les plus brefs délais", a affirmé le leader cité par l'agence d'Etat KCNA. "Il nous a assuré que du fait de la forte conscience politique de la population [...], nous surmonterons sûrement l'urgence et réussirons avec le projet de quarantaine d'urgence", a précisé l'agence de presse.

Kim Jong Un a demandé un contrôle plus strict des frontières ainsi que des mesures de confinement, demandant aux habitants "d'empêcher complètement la propagation du virus malveillant en bloquant totalement leurs quartiers dans toutes les villes et tous les comtés du pays", selon KCNA.

Toutes les activités productives et commerciales seront organisées de manière à ce que chaque unité de travail soit "isolée" pour éviter la propagation du virus, a-t-il ajouté.

Le pays a complètement fermé ses frontières dès le début de la pandémie en 2020, aux dépens de son économie.

Pyongyang n'avait annoncé aucun cas confirmé de Covid-19 jusqu'à jeudi.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, la Corée du Nord avait mené, en 2020, 13.259 tests anti-Covid, qui se sont tous révélés négatifs.

Les observateurs estiment que le système de santé du pays, très déficient, aurait dû mal à surmonter une épidémie d'ampleur.

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