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Sénégal

Coronavirus: Macky Sall interdit à ses ministres de quitter le territoire sénégalais

Le président du Sénégal Macky Sall, le 24 septembre 2019.

Le président sénégalais Macky Sall a ordonné à ses ministres de ne pas quitter le territoire en raison du nouveau coronavirus, a indiqué la présidence.

M. Sall a "décidé de réduire au strict minimum les missions des agents publics à l'étranger", et "demandé aux ministres de ne pas effectuer de mission en dehors du territoire national", dit un communiqué publié par la présidence mercredi soir.

Il a décidé de reporter des évènements officiels hors de Dakar comme un prochain conseil des ministres délocalisé, et a recommandé de faire de même pour des manifestations comme celles accompagnant la Journée de la femme dimanche, dit la présidence. Il ne se prononce pas sur un certain nombre de festivals religieux prévus dans les semaines à venir à travers le pays.

Le président sénégalais a confirmé avoir validé l'octroi immédiat de 1,44 milliards de francs CFA (2,19 millions d'euros) au plan de riposte contre le nouveau coronavirus.

Le Sénégal a annoncé avoir détecté quatre cas confirmés de coronavirus, dont trois sur des Français ayant séjourné dans leur pays en février et un quatrième sur une Anglaise venue de Londres.

La presse sénégalaise a relevé que deux ministres s'étant rendus en France pour le récent Salon de l'agriculture étaient absents du conseil des ministres mercredi, une mise à l'écart qu'elle a présentée comme prophylactique.

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

Le Sénégal s'inquiète de la "recrudescence" des tentatives d'émigration clandestine
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