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Coronavirus: la Colombie en confinement général

Des employées colombiennes désinfectant un bus à la gare routière de Bogota, afin de prévenir la propagation du nouveau coronavirus, 15 mars 2020. (Photo AFP/Raul Arboleda)

La Colombie est entrée en confinement général obligatoire mercredi pour près de trois semaines, afin d'enrayer la pandémie du nouveau coronavirus.

Cette expérience a débuté mercredi à 00H01 (05H01 GMT) sur ordre du président Ivan Duque. Le confinement est imposé jusqu'au 12 avril inclus aux quelques 48 millions d'habitants de ce pays, qui compte jusqu'à présent 378 cas confirmés du covid-19, dont trois décès.

"Restons à la maison, évitons que le virus ne se propage et sauvons des vies. C'est le grand objectif que nous avons fixé avec cette quarantaine générale", a déclaré le chef de l'Etat.

Ce pays rejoint ainsi d'autres de la région, comme l'Equateur voisin, ainsi que l'Argentine, la Bolivie, le Salvador, qui ont adopté cette restriction drastique de circulation de leurs habitants.

Les Colombiens ne peuvent sortir de chez eux que pour faire des courses ou promener leur chien, à raison d'une personne par famille, ou en cas de force majeure. Les infractions sont passibles d'amendes, voire de prison.

Sont exemptés les personnels des services de santé, d'hygiène, de télécommunication, des établissements financiers ainsi que des médias.

La Colombie a déjà pris plusieurs mesures pour endiguer la pandémie avec le confinement depuis vendredi de plus de la moitié de sa population, notamment dans les principales villes, à l'initiative de la maire de Bogota, Claudia Lopez.

M. Duque a ordonné de surcroît la fermeture des frontières, l'interdiction des vols de passagers, la suspension des cours en présentiel et des rassemblements, ainsi que le confinement jusqu'au 30 mai des plus de 70 ans, vulnérables à la maladie.

Mardi, plusieurs dizaines de personnes se sont agglutinées au terminal routier pour quitter Bogota, tandis que des travailleurs informels manifestaient dans le centre de la capitale pour réclamer des aides, se confrontant aux forces de l'ordre. M. Duque a annoncé des allocations, ainsi que le reversement de la TVA aux plus défavorisés.

Quelque 60.000 militaires et policiers seront déployés pour "faire respecter" le confinement, surveiller les frontières, les hôpitaux, ainsi que les aéroports, a annoncé le ministre de la Défense, Carlos Holmes Trujillo.

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Premier cas de coronavirus chez des indigènes Yanomami au Brésil

Réunion d'indigènes Yanomami de deux villages à Novo Demini à la frontière entre les États d’Amazonas et de Roraima, Brésil, 15 octobre 2012. (Reuters/Odair Leal)

Un premier cas de Covid-19 a été confirmé au sein des populations indigènes Yanomami, au Brésil. Il s'agit d'un adolescent de 15 ans, selon le ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta, qui s'est dit très préoccupé par cette nouvelle.

L'adolescent a été admis à l'unité de soins intensifs de l'hôpital général de Boa Vista, capitale de l'Etat de Roraima (nord), a précisé M. Mandetta lors d'une conférence de presse. Avec ce nouveau cas, ce sont au moins sept indigènes brésiliens à avoir été infectés par le coronavirus, selon le journal O Globo.

Le premier cas confirmé avait été rapporté le 1er avril: une jeune femme de l'ethnie Kokama, âgée de 20 ans, professionnelle de santé vivant à Santo Antonio do Iça, dans l'Etat d'Amazonas (nord).

Les Yanomami, qui sont environ 27.000 au Brésil, ont été décimés à l'instar d'autres ethnies dans les années 1970 par les maladies propagées par les colons européens et l'arrivée de chercheurs d'or sans scrupules.

Le Brésil compte près de 800.000 Amérindiens de plus de 300 ethnies.

Le Venezuela reçoit 90 tonnes de matériel de l'ONU

Deux médecins prenant une collation pendant dans une station-service lors de la quarantaine nationale en raison de l'épidémie de coronavirus, Caracas, Venezuela, 7 avril 2020. (Reuters/Manaure Quintero)

Du matériel envoyé par l'ONU, dont des kits de protection pour les soignants, sont arrivées par avion mercredi à Caracas pour aider le Venezuela dans sa lutte contre le coronavirus, a annoncé le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Le chargement comprend entre autres "28.000 kits de protection personnelle pour les soignants qui sont en première ligne, des concentrateurs d'oxygène, des lits pour les services pédiatriques, des produits permettant de vérifier la qualité de l'eau et des kits d'hygiène", a précisé OCHA.

Les dons sont destinés "dans une première phase à 14 hôpitaux (...) et à 50 cliniques ambulatoires et centres pédiatriques", a détaillé Herve Ludovic de Lys, représentant de l'UNICEF au Venezuela.

La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a exprimé sa "profonde gratitude" aux Nations Unies, dans une allocution télévisée. 167 cas de coronavirus et neuf décès liés à la maladie ont été recensés au Venezuela jusqu'à présent. Fin mars, le pays a reçu 55 tonnes d'aide envoyées par la Chine avec une dizaine de médecins.

L'ONU et la Croix Rouge ont également expédié plus de 16 tonnes de matériel médical dans une vingtaine de pays d'Amérique latine et des Caraïbes pour les aider à lutter contre la pandémie, selon les deux organisations qui prévoient d'envoyer des cargaisons supplémentaires.

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Le Nicaragua libère des détenus mais retient les prisonniers politiques

Affiche du président nicaraguayen Daniel Ortega avec la vice-présidente, son épouse Rosario Murillo, Managua, 27 mars 2020. (Reuters/Oswaldo Rivas)

Au Nicaragua, 1700 détenus ont été libérés sous la supervision de la Croix-Rouge, a annoncé mercredi le ministère de l'Intérieur. Aucun prisonnier politique n'en fait partie, dénoncent des avocats ce jeudi.

Selon les organisations de défense des droits humains, aucun des 70 prisonniers détenus pour s'être opposés au gouvernement du président Daniel Ortega n'a été libéré.

"Toutes les personnes emprisonnées ont droit à la santé et à la vie", a fait valoir sur Twitter l'avocate Yonarqui Martínez. "Nous réclamons l'égalité et la liberté". L'avocate a porté plainte contre le ministère de l'Intérieur pour le forcer à appliquer les recommandations des organisations internationales et humanitaires.

La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet a appelé mercredi à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que la pandémie de Covid-19 ne fasse des "ravages" dans les prisons souvent surpeuplées.

Après l'Organisation Mondiale de la Santé lundi, la Haut-Commissaire a exhorté "les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention", en libérant par exemple "les détenus les plus âgés et ceux malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible".

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