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Droits humains

La contestation contre le 3e mandat a fait 90 morts, selon l'opposition guinéenne

Les membres du FNDC à Conakry avant la marche funèbre, Guinée, le 4 novembre 2019. (VOA/Zakaria Camara)

L'opposition guinéenne a chiffré lundi à 90 au moins le nombre de personnes tuées en un an au cours de la répression du mouvement contre un 3e mandat du président sortant Alpha Condé.

Pour le gouvernement, ce chiffre est dénué de fondement.

Six jours avant une élection où M. Condé cherche à se succéder, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a publié une liste des victimes selon lui de la contestation, au nombre de 90 depuis le 14 octobre 2019, 92 en comptant deux personnes mortes auparavant en juin.

Au moins 45 ont été tuées par balles, a dit le collectif réunissant des partis, des syndicats et des membres de la société civile.

Sur les 92 morts, huit ne sont toujours pas identifiés pour avoir été enterrés de nuit à la suite de violences survenues à Nzérékoré (sud) autour du référendum constitutionnel controversé du 22 mars, d'après un responsable du FNDC, Sékou Koundouno.

M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, a fait adopter une nouvelle Constitution qui l'autorise selon ses partisans à briguer un troisième mandat consécutif dimanche prochain.

Depuis un an, le FNDC a mobilisé à plusieurs reprises des milliers de personnes contre cette candidature. La protestation a été plusieurs fois durement réprimée.

Les défenseurs des droits humains ont reproché aux forces de sécurité un usage excessif de la force, notoire de longue date. Ils ont aussi fustigé une tradition ancienne d'impunité.

Les évènements ont systématiquement donné lieu à des versions contradictoires de l'opposition et des autorités.

Albert Damantang Camara, ministre de la Sécurité, a refusé de se prêter à une "comptabilité macabre" servant à "une exploitation politique".

"Il y a eu des morts violentes, que nous regrettons, et nous travaillons à ce que cela ne se reproduise pas", a-t-il reconnu, "mais ça m'étonnerait beaucoup qu'il y en ait 92".

Il a reconnu au minimum 42 morts pouvant être liées au contexte politique. Mais il a refusé qu'elles soient imputées aux forces de sécurité sur "de simples témoignages".

Il a réaffirmé la volonté des autorités de rechercher les coupables et indiqué que, depuis le 22 mars, un élève gendarme et un militaire avaient été mis en cause par la justice pour leurs agissements.

Le ministre a invoqué la faiblesse des moyens d'enquête dans son pays, mais a aussi accusé les leaders d'opposition d'avoir appelé à la violence, bien que la contestation se soit toujours proclamée pacifique.

Les violences ont suscité la crainte de tensions autour de la présidentielle.

Le FNDC a repoussé à vendredi une marche initialement prévue jeudi, jour où est attendu à Conakry le principal opposant à M. Condé, Cellou Dalein Diallo, de retour de campagne à l'intérieur du pays. Il devrait être accueilli par des foules de partisans.

Albert Damantang Camara a dit que "ça m'étonnerait beaucoup" que la marche du FNDC ait lieu.

"Elle est clairement destinée à perturber le processus électoral", a-t-il dit.

Il a dit s'attendre à une élection "en principe apaisée", en raison du choix de Cellou Dalein Diallo et d'autres membres de l'opposition de concourir, rompant avec la position de boycott du FNDC.

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Hausse des violations des droits humains en 2022 au Mali

Des attaques contre les civils dans la région du centre, un phénomène alimenté par le "règne de l'impunité", a déclaré jeudi la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) Tcherina Jerolon

L'année 2022 s'annonce comme l'année la plus meurtrière au Mali et a été marquée par une hausse sans précédent des attaques contre les civils dans la région du centre, un phénomène alimenté par le "règne de l'impunité", a déclaré jeudi la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).

Après deux coups d'Etat successifs en 2020 et 2021, les militaires désormais au pouvoir ont poussé en 2022 vers la sortie leur partenaire français pour se tourner vers la Russie, des "instructeurs" selon la junte, des mercenaires du groupe Wagner impliqués dans de multiples exactions, selon l'ONU, les Etats occidentaux et les organisations des droits humains.

L'armée malienne a lancé début 2022 une offensive dans le centre du Mali. "Ce retour violent de l'Etat a contribué à l'exacerbation des violences au niveau local et provoqué un niveau jusque-là jamais atteint de violations des droits humains envers les populations civiles", a souligné la FIDH à l'occasion du lancement de leur rapport d'enquête "Dans le centre du Mali, victimes et bourreaux vivent ensemble".

La FIDH a constaté une augmentation et une diversification des cas de violences perpétrées par les militaires et leurs partenaires, comme la mise en place d'un camp de torture à Pergue, dans la région de Ségou, niée par les autorités.

L'ONG note également une forte hausse des cas de violences sexuelles, notamment des dizaines de viols de femmes au cours d'une opération menée à Moura fin mars.

Le rapport note toutefois qu'il est quasiment impossible de quantifier le nombre de victimes d'abus sexuels mais explique leur augmentation par la dégradation de la situation sécuritaire, l'absence de l'Etat et la prolifération des armes.

Les délégations de la FIDH ont recueilli et recoupé des dizaines de témoignages accusant des jihadistes, des miliciens ou des membres de l'armée malienne et leur partenaires de viols dans le centre du Mali.

La FIDH dénonce aussi le règne de l'impunité. "Il y a eu beaucoup de procédures ouvertes mais elles laissent en marge les violations des droits de l'homme", a estimé Drissa Traoré, son secrétaire général, qui rappelle "l'insuffisance de volonté politique, l'accès impossible de certaines zones, le manque de moyens et une protection des victimes pas du tout assurée".

Le Mali, peu développé et enclavé, fait face depuis 2012 à la propagation jihadiste et aux violences de toutes sortes, mais aussi à une crise politique et humanitaire grave.

Le procureur de la CPI veut engager des poursuites contre le fugitif ougandais Joseph Kony

Joseph Kony. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré jeudi avoir demandé aux juges de confirmer les charges retenues contre le fondateur de la brutale rébellion ougandaise

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré jeudi avoir demandé aux juges de confirmer les charges retenues contre le fondateur de la brutale rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony, en cavale depuis plus de 17 ans.

"Cela fait plus de 17 ans que M. Kony cherche à se soustraire à la justice de cette Cour", a déclaré dans un communiqué le procureur de la CPI, Karim Khan, ajoutant que c'était la première fois que son bureau demandait une audience de confirmation des charges en l'absence d'un suspect.

Un mandat d'arrêt a été délivré en 2005 contre Joseph Kony, fondateur et chef de l’Armée de résistance du Seigneur, accusé de 33 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, parmi lesquels le meurtre, les traitements cruels, la réduction en esclavage, le viol et les attaques dirigées contre une population civile.

"J'estime qu'il est à présent opportun et nécessaire de faire avancer la procédure intentée à son encontre dans la mesure où le permettent les dispositions du Statut de Rome", texte fondateur de la CPI, a affirmé M. Khan.

"En parallèle, mon bureau intensifiera ses efforts pour obtenir l'arrestation de M. Kony, qui demeure par ailleurs le suspect en fuite le plus longuement recherché par la CPI", a-t-il ajouté. "La confirmation des charges en l'absence de M. Kony et son arrestation ouvriraient la voie à l'organisation de son procès dans les meilleurs délais", a-t-il souligné.

Fondée en Ouganda dans les années 1980 par l'ex-enfant de choeur Joseph Kony en vue d'établir un régime fondé sur les Dix Commandements, la LRA a terrorisé pendant 30 ans de larges zones d'Afrique centrale en kidnappant des enfants, mutilant des civils à grande échelle et asservissant des femmes.

Elle est responsable de la mort de plus de 100.000 personnes et de l'enlèvement de 60.000 enfants, garçonnets transformés en soldats et fillettes en esclaves sexuelles.

Chassée d'Ouganda, elle s'est éparpillée dans les forêts de République démocratique du Congo, de Centrafrique, du Soudan du Sud et du Soudan et, traquée, ses quelques centaines de membres restants semblent tout juste survivre.

La CPI ne peut pas juger un suspect en son absence mais elle peut tenir une audience de confirmation des charges en son absence, selon M. Khan.

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