Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

République du Congo

Un fils Sassou accusé par une ONG de détournement de 50 milions de dollars

Denis Christel Sassou Nguesso, à Brazzaville, le 28 août 2018. (VOA/Arsène Séverin)

L'ONG britannique Global Witness a, dans un rapport rendu public mardi, accusé le fils cadet du président congolais, Denis Christel Sassou Nguesso, d'avoir détourné à son profit plus de 50 millions de dollars (30 milliards de francs CFA) des fonds publics en 2014.

"Au total, en 2014, les entreprises détenues par Denis Christel Sassou-Nguesso ont reçu près de 50,5 millions de dollars qui auraient été détournés des comptes du Trésor congolais", écrit l'ONG britannique spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles.

"Selon des documents étudiés par Global Witness, le véritable propriétaire du réseau chypriote d'entreprises qui a reçu les 50 millions de dollars du Trésor congolais était Denis Christel Sassou-Nguesso", affirme le rapport.

Les fonds détournés par Denis Christel, 44 ans, auraient servi à mettre en place "une structure d'entreprise complexe et opaque dans plusieurs pays", indique le document.

"Six pays européens différents, les Îles Vierges Britanniques et l'État américain du Delaware ont été impliqués dans ce qui s'avère être une manoeuvre de blanchiment d'argent", ajoute le rapport de Global Witness.

"Ces faits ont été découverts. Ils cachent ces choses très bien", a réagi Mariana Abreu de Global Witness pour expliquer le temps pris pour la publication de ce rapport presque cinq années après.

Député d'Oyo (nord), fief de son père Denis Sassou Nguesso qui cumule 35 ans à la tête du Congo, Denis Christel Sassou Nguesso a été jusqu'en 2016 la deuxième personnalité de la puissante Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Selon une enquête de Global Witness publiée en avril, sa soeur Claudia Sassou Nguesso, 46 ans, députée et également responsable du Département de la communication à la présidence du Congo, aurait reçu près de 20 millions de dollars (12 milliards de FCFA) de fonds publics apparemment détournés et utilisés pour l'achat d'un appartement de luxe dans le Trump Hotel & Tower à New York.

L'homme d'affaires portugais José Veiga "se trouve au coeur de l'apparente stratégie de blanchiment d'argent des Sassou-Nguesso", écrit l'ONG. "Ce célèbre homme d'affaires portugais est connu pour être un homme de main de la famille présidentielle congolaise pour ce qui concerne les entreprises", affirme-t-elle.

A Brazzaville un porte-parole du gouvernement contacté par l'AFP n'a pas souhaité commenter les révélations de Global Witness sur Denis Christel Sassou Nguesso.

Riche en pétrole, le Congo est régulièrement épinglé par des ONG à propos de détournements de fonds impliquant son président ou sa famille.

Avec AFP

Toutes les actualités

L'OMS appelle à la solidarité des voisins de la RDC dans la lutte contre Ebola

L'OMS appelle à la solidarité des voisins de la RDC dans la lutte contre Ebola
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:19 0:00

Denis Sassou Nguesso promet de relancer l'économie

Denis Sassou Nguesso promet de relancer l'économie
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:23 0:00

L'orchestre les Bantous de la capitale fête ce 15 août ses 60 ans

L'orchestre les Bantous de la capitale fête ce 15 août ses 60 ans
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

Les ex-Ninjas toujours en stand-by dans le Pool

Des ex- rebelles Ninjas réclament leur réinsertion socio-économique, 20 juin 2019 à Kinkala, Congo-Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)

Au Congo-Brazzaville, les ex-combattants Ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique, malgré la signature de l'accord de paix en décembre 2018. Ils sont des centaines à languir dans les villages, faute d'activités lucratives.

Les ex-Ninjas appellent les autorités à accélérer le processus de leur prise en charge.

Désarmés et cheveux rasés, on reconnaît désormais ces ex-combattants Ninjas par des petits groupes qu'ils forment dans les villages, ou par les motos dites "Jakarta" que de rares ex-miliciens fortunés utilisent pour se déplacer. Ils vivent, pour la plupart, dans une grande misère.

Brazzaville: les ex-combattants ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:39 0:00

L'ex-combattant Kongo Bololo s'interroge sur l'effectivité de l'accord de paix signé avec le gouvernement, à Sofico au Congo-Brazzaville, le 4 août 2019. (VOA/Arsène Séverin)
L'ex-combattant Kongo Bololo s'interroge sur l'effectivité de l'accord de paix signé avec le gouvernement, à Sofico au Congo-Brazzaville, le 4 août 2019. (VOA/Arsène Séverin)

"Depuis qu'on est sorti de la guerre, cela fait déjà trois ans, aucune assise. Cela nous fait pitié. Je ne sais pas l'accord qu'on a signé entre le pasteur Ntumi et le gouvernement, si c'est un vrai accord ou un faux. Nous avons remis les armes au gouvernement ou à l'armée, jusqu'aujourd'hui, aucune assistance", se plaint Koko Bololo, un ex-Ninja bien connu dans la zone de Ninzi.

Dieudonné Goma, un autre ex-combattant ajoute : "Depuis la fin des hostilités, nous n'avons rien. Les jeunes manquent d'activités et ne peuvent subvenir aux besoins de première nécessité de leur famille".

Malgré les travaux agricoles dans des champs, l'ex-Ninja Oussama ne s'en sort pas. "Nos familles nous ont abandonnés parce que nous aurions fait du tord au pays. Mais à bien voir, nous avons correctement agi. Pour manger, je fais l'agriculture, mais je ne peux pas avoir une bonne vie seulement en cultivant les champs", indique-t-il.

Les populations qui côtoient ces jeunes constatent la pauvreté des ex-combattants Ninjas, en stand-by depuis trois ans, attendant leur réinsertion socio-économique.

"Ils ont parfois des champs et fabriquent l'huile de palme, mais ils doivent aller dans les villages lointains. Je les vois souvent avec les bidons d'huile sur la tête, avec les enfants, marchant. En tout cas, ils sont en difficulté", reconnaît Carole Diankouika, une habitante de Sofico, à Lombolo.

Assistant aux travaux de réhabilitation d'une piste agricole à Lombolo, le sous-préfet de Mindouli estime que les petits boulots peuvent permettent aux ex-Ninjas de subsister en attendant de pouvoir entreprendre d'autres activités dans l'avenir.

A la suite de l'accord de paix signé en décembre 2018 avec le gouvernement, les ex-miliciens Ninjas ont été démobilisés et désarmés. Aujourd'hui, ils s'impatientent de voir que leur réintégration n'a toujours pas lieu. Ané Philippe Bibi, l'un des porte-paroles du pasteur Ntumi relativise.

"Nous avons dit, à plusieurs reprises, que pour le DDR, nous avons déjà organisé deux aspects les plus importants, à savoir la démobilisation et le désarmement des ex-combattants, à hauteur de 8.007 armes qui ont été ramassées, ce n'est pas rien", a expliqué, poursuivant qu'il ne restait plus que le grand "R", que les autorités doivent rapidement mettre en oeuvre.

Pour leur part, lee gouvernement et ses partenaires continuent de rechercher les 12 milliards de francs CFA nécessaires à la réinsertion des ex-combattants dans le Pool.

Brazzaville: les ex-combattants ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique

Brazzaville: les ex-combattants ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:39 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG